Ancré au Parc des Sports d’Aguiléra à Biarritz, le Biarritz Olympique (BO) est bien plus qu’un club de rugby à XV : c’est une institution, un héritage, et une fierté pour sa région. Avec cinq titres de champion de France (1935, 1939, 2002, 2005, 2006) et trois finales nationales supplémentaires (1934, 1938, 1992), le club a marqué l’histoire du rugby français. Plus récemment, il a également été vice-champion de Pro D2 en 2021.
Les Débuts du Biarritz Olympique
C’est en avril 1913 que le BO naît de la fusion des équipes du Biarritz Stade et du Biarritz Sporting Club.
L'Ascension dans les Années 1930-1940
La décennie 1930-1940 marque les premiers succès nationaux du Biarritz Olympique. Durant la saison 1933-1934, l’équipe accède à la finale du championnat de France contre Bayonne pour son retour. Le BO s’incline 13 à 8 lors de cette finale et l’équipe devient vice-championne de France. Ce goût amer laissé par cette seconde place sera effacé l’année suivante, lorsque les rouge et blanc s’imposent 3 à 0 contre Perpignan en finale du championnat de France. Le BO gagnera ensuite le challenge Yves du Manoir en 1937 et terminera deuxième au championnat de France en 1938.
Durant la seconde guerre mondiale le Championnat de France s’arrête et le club est privé d’une grande partie de ses joueurs. Durant cette période, le club remportera tout de même la Coupe des XV en 1942 et atteindra la demi-finale du championnat de la zone occupée en 1943.
Les Moments Historiques du Biarritz Olympique
Les Années de Transition
Les rouges et blancs atteignent presque chaque année les phases finales du championnat mais ne parviennent pas à se hisser plus haut dans la compétition.
Le Renouveau des Années 1970 et 1980
La saison 1976/1977 marque l’arrivée d’une nouvelle génération : Serge Blanco, Jean-Pierre Béraud, Roger Aguerre, Alain Mourguiart entre autres. Cette équipe nouvelle renforcée par ses nouvelles recrues parvient à se qualifier pour les quarts de finale du championnat, une première depuis 1939. Les saisons suivantes confirment le renouveau du BO. En effet le club atteint, les seizièmes de finale en championnat en 1980, 1981 et 1982, les huitièmes de finale en 1978 et 1979, et les quarts de finale en 1985 et 1986.
Après une longue disette, le BO dispute enfin en 1989 une finale en challenge Yves-du-Manoir mais est tenu en échec 18 à 12 face à Narbonne.

Le maillot du Biarritz Olympique
Le Drop Mythique de Corrihons en 1992
En 1992 Biarritz réitère l’exploit et se qualifie cette fois ci en finale du championnat de France. Le 16 mai 1992, l’ailier du BO décochait un coup de pied céleste, qui faisait basculer le match entre les frères ennemis. C’était en quart de finale du championnat de France. Le ballon en cuir vintage se perd dans le ciel noir de Tarbes. « Il n’en finit plus de voler, voler… », revit péniblement Serge Cazaban, l’ancien demi d’ouverture bayonnais. La caméra, débordée par l’imprévisibilité du geste et l’ampleur de la parabole, rate même une partie de la trajectoire (à partir de 6’45 sur la vidéo). Le temps se suspend. Trois secondes. Un haut-le-cœur d’incrédulité se répand dans les travées du stade Maurice-Trélut. Pas possible.
Franck Corrihon, à la lutte avec Patrice Lagisquet, avait ajouté un essai à son drop phénoménal. L’ailier a joué deux saisons au BO, de 1991 à 1993. Samedi 16 mai 1992. Franck Corrihons entre dans la légende du derby basque, d’un drop de l’espace botté depuis la ligne médiane, côté droit, non loin de la ligne de touche - soit plus de 50 mètres, peut-être autour des 52-53. Le BO de Serge Blanco file vers Paris, où il échouera sur la dernière marche face à Toulon (14-19).
Dans son compte rendu du lendemain, titré « Un monument signé Corrihons », le journaliste de « Sud Ouest » Jean-François Mézergues semble encore se pincer : « Sur une chandelle bayonnaise des 50 m, Corrihons tente l’impossible. Presque du bord de touche, un coup de pied tombé de desesperado. On croit à l’inconscience. Stupéfaction, c’est un monument.
Le Jour de Grâce des Taupes
L’improbable de la prouesse ajoute au mythe pixelisé. « C’est quelque chose d’irrationnel, ce drop. Parce que Franck, il n’en tapait jamais ! », n’en revient toujours pas son coéquipier d’alors, le dix David Arrieta. Encore moins son ami de jeunesse, le troisième ligne Hervé Durquety, dans le camp d’en face sur ce match : « Je ne sais pas comment il a fait. Quand on jouait ensemble, il tuait les taupes. » Le héros rouge et blanc, aujourd’hui directeur du centre de formation de Grenoble, consent que le « coup de pied tombé » n’était pas sa spécialité, même s’il avait quelques prédispositions du bas des jambes : « Quand j’étais minot, j’ai toujours buté. Mais je ne faisais pas de drop, parce que je ne jouais pas en 10. Ce n’était pas mon rôle. Je ne sais pas pourquoi, c’est très instinctif, j’ai saisi ma chance. Sans trop réfléchir.
Dans la chaleur moite du printemps bigourdan, Franck Corrihons porte le numéro 14, celui d’ailier droit. Son dépassement de fonction soudain reste inexpliqué. Lui-même s’en gratte la tête. « On essaie de marquer, on n’y arrive pas. Et puis je ne sais pas pourquoi, c’est très instinctif, j’ai saisi ma chance. Sans trop réfléchir. » Sans trop écouter non plus. S’il avait tendu l’oreille gauche, il aurait entendu son capitaine l’exhorter de lui passer le ballon.
Crime de Lèse-Majesté
C’est l’histoire dans l’histoire de ce missile sol-air, passé à la postérité. Lors de cette saison 1991-1992, le petit gars du Seignanx vit un rêve éveillé. « J’étais venu à Biarritz pour jouer avec Serge Blanco, qui était mon idole ». Après un début d’exercice perturbé par une blessure au scaphoïde (un os du poignet), il intègre le groupe à l’orée des phases finales. Les dernières de l’arrière international, de 12 ans son aîné et qui s’apprête à raccrocher. Neuf fois sur dix, il aurait fait la passe à Blanco. Mais là, il a désobéi.
La fameuse action de la 69e minute part d’un dégagement de Christophe Lamaison : « Il y a une mêlée à 10 mètres de notre ligne. Je suis dans l’axe. (Richard) Pool Jones monte sur mon pied droit. Je me décale sur le gauche. J’envoie le ballon le plus loin possible. Malheureusement, il ne sort pas en touche », décrit le Bayonnais, 21 ans à l’époque et placé en quinze. À la retombée, Franck Corrihons. Serge Blanco lui réclame son jouet (1) : « Il lui crie dessus pour que ce soit lui qui relance », se souvient le Peyrehoradais. Hervé Durquety aussi. Le flanker en dévie sa course : « Au départ, je monte plein fer sur Franck, mais quand j’entends Serge l’appeler, je me dis : ‘Le gamin, il va lui donner le ballon.’». Mais non : « Neuf fois sur dix, il lui aurait fait la passe.
Agé de 21 ans, Christophe Lamaison était l’un des plus jeunes joueurs sur la pelouse. Le fan n’a plus mémoire de ce crime de lèse-majesté : « Je sais que Serge est à ma gauche. Il avait l’habitude qu’on le serve. Mais je n’ai pas un souvenir précis de l’entendre m’appeler. » Cette surdité opportune a conduit à son « éclair de génie », comme n’hésite pas à le qualifier Hervé Durquety. Une fulgurance, qui aurait pu se muer en boulette sèchement réprimandée : « Je pense que si je ne l’avais pas passé, j’aurais pris une petite secouée », peut aujourd’hui en plaisanter son pote « Coco ».
Le Traumatisme Bayonnais
Mais que pouvait-il vraiment arriver au Landais ce soir-là ? « C‘était son jour de toute manière, soupire avec tendresse son vis-à-vis bayonnais Patrice Lagisquet. Il marque un essai sur une attaque côté fermé. On se tire la bourre avec Serge Blanco après un coup de pied à suivre de Jean-Luc Rivière. Le ballon me rebondit devant et nous lobe. C’était une vingtaine de minutes avant son drop d’anthologie. Le premier de sa carrière en senior. Il en passera ensuite quelques autres avec Grenoble, entre 1993 et 2002. Évidemment aucun de cette trempe.
« Les premières années, quand je descendais dans le Sud-Ouest en vacances, il n’y avait pas une seule occasion, pour les Fêtes de Bayonne ou autre, où je ne me faisais pas interpeller, où on ne me parlait pas de ce drop », confie-t-il, conscient que son tir a été vécu de manière différente de part et d’autre : « Il a plus marqué les Bayonnais que les Biarrots, c’est plus souvent eux qui m’en ont parlé. Les Biarrots ont eu la chance de vivre d’autres grands moments avec le BO. Les Bayonnais, ça les a crucifiés.
L'Ère Professionnelle et la Reconnaissance
Depuis le début de l’ère professionnelle en 1995, le Biarritz Olympique est honoré d’être l’un des clubs les plus reconnu de France, juste derrière des références comme le Stade Toulousain, le Stade Français Paris, le SU Agen, l’AS Béziers ou encore le Racing 92. Mais ce qui le distingue, ce n’est pas seulement son palmarès, c’est sa passion et ses valeurs.
Que vous soyez ici pour suivre les actualités du club, découvrir ses équipes ou partager son histoire, le Biarritz Olympique remercie ses supporters de faire partie de sa grande famille.