Le match entre le Brésil et l'Allemagne est entré dans l'histoire de la Coupe du Monde et du football en général.
Retour sur la demi-finale de la Coupe du Monde de football, ce fameux 8 juillet 2014, qui restera un jour noir pour le peuple brésilien.
Il y a d'abord eu cette vibrante reprise a cappella d'Hino Nacional Brasileiro, l'hymne national, entonné jovialement par la coulée jaune et verte massée dans les travées du stade Mineirao de Belo Horizonte. Puis les supporteurs de la Seleçao, cueillis à froid, se sont tus. Soudainement. Au fil des minutes, la tristesse, la colère et la honte ont pris le pas sur la stupeur et la confusion. Sur les joues des spectateurs, les larmes ont abondamment coulé. Avant même la mi-temps, certains ont choisi de quitter précipitamment l'enceinte, refusant d'assister à la débâcle. Enfin, c'est sous les huées et un tonnerre d'applaudissements narquois que s'est refermée la page la plus sombre de l'histoire du sport brésilien.
Mardi 8 juillet, au terme d'un match surréaliste, les Auriverde ont sombré en demi-finales de « leur » Mondial, pulvérisés (7-1) par l'équipe d'Allemagne. Plus qu'une humiliante déroute, le crash de la Seleçao dans son jardin constitue un fiasco cauchemardesque.
Les hommes du sélectionneur Felipe Scolari - lui-même sacré champion du monde douze ans plus tôt - rêvaient pourtant de se qualifier pour la finale, programmée le 13 juillet au mythique Maracana de Rio de Janeiro. Les Auriverde aspiraient surtout à venger leurs illustres aînés, humiliés, eux, par l'Uruguay (2-1) au Maracana en 1950, lors de l'ultime match de la première Coupe du monde organisée au pays du futebol.
Loin d'effacer le souvenir encore vivace du « Maracanaço », les joueurs brésiliens devront à jamais porter sur leurs épaules ce que les observateurs ont rapidement appelé le « Mineiraço ».
Depuis 1920 et un revers (6-0) contre l'Uruguay, la Seleçao n'avait jamais subi une défaite d'une telle ampleur.
Après 1950, c’est la deuxième fois que le Brésil accueille la grand-messe du football mondial, avec comme objectif un sixième titre mondial attendu depuis 2002 et une victoire contre... l’Allemagne.
Après des parcours presque similaires, les deux équipes terminent en tête de leur poule, avec le même bilan et la même différence de buts. Privé de Thiago Silva (suspendu) et de Neymar (blessé), le Brésil va alors vivre 90 minutes en enfer. Il encaisse un 5-0 dans les 29 premières minutes avant qu’André Schürrle inscrive un doublé dans la seconde période pour mettre fin aux rêves de toute une nation.
Ce résultat historique provoque un traumatisme aussi grand que celui face à l'Uruguay en finale de la Coupe du monde 1950. Plus lourde défaite de l'histoire du Brésil et le plus gros revers d'une nation hôte d'un Mondial, elle marquera cette génération brésilienne.
Il s'agit aussi du plus gros score pour une demi-finale de Coupe du monde. Un match qui laissera des traces puisque le Brésil terminera finalement quatrième après s'être incliné 3-0 face aux Pays-Bas en petite finale.
On le sait désormais. La blessure de Neymar a cassé le ressort d’une équipe qui en manquait déjà singulièrement.
Impitoyable, l’Allemagne a démontré que, vraisemblablement, ce Brésil-là n’avait rien à faire en demi-finale de sa Coupe du monde. Une place due en bonne partie aux circonstances favorables qui portent un pays organisateur, plus encore lorsqu’il s’agit du quintuple champion du monde. C’est passé, et encore, devant le Chili, la Colombie.
Car les Brésiliens n’avaient vraiment que ça à opposer. Pendant quelques minutes, leur pressing a contrarié la circulation de balle allemande qui fait merveille depuis le début de la compétition.
Quelques minutes seulement. Très vite, la tendance s’est inversée, le pressing allemand mettant au supplice le milieu de terrain de la Seleçao.Comme face à la France en quart de finale, mais même deux minutes plus tôt, l’Allemagne a débloqué la situation sur coup de pied arrêté.
Un corner de Toni Kroos, le régulateur de la machine allemande, trouvait Thomas Müller incroyablement seul dans les 5m d’un Julio Cesar battu de près (11e ’).
Quatre buts en six minutes
Les absences de Neymar et de Thiago Silva n’allaient pouvoir expliquer à elles seules la déroute à venir. À cette impardonnable erreur de marquage à ce niveau faisait suite à la 23e ’ une faute de placement de Marcelo dont profitait Klose, servi au cœur de la surface par Kroos, encore lui.
L’attaquant du Bayern s’y reprenait à deux fois pour battre Julio Cesar et, comme par hasard face au Brésil, le record de buts marqués en Coupe du monde par Ronaldo (16).
Pour les Brésiliens, le calvaire était en marche. En six minutes, ils encaissaient quatre buts. Özil décalait Lahm dont le centre tendu derrière la défense était repris sans contrôle par Kroos (24e ’). Ce dernier signait le doublé en deux minutes suite à un une-deux dans la surface avec Khedira. Au passage ? Un nouveau cadeau sous forme de perte de balle à 30m de son but de Fernandinho.
Au milieu de défenseurs brésiliens mués en plots, Khedira et Özil s’amusaient, avec le Gunner à la conclusion (0-5, 29e ’)!
La messe était dite, et pourtant il restait une heure de jeu. Un long chemin de croix pour la pauvre, la triste Seleçao. Celle-ci tenta bien un baroud d’honneur à la reprise, mais tombait à ce moment-là sur celui que l’on avait oublié, et pour cause, Manuel Neuer.
Doublé pour Kroos,doublé pour SchürrleLe gardien du Bayern voulait lui aussi contribuer à une soirée qui, pour des raisons diamétralement opposées, restera historique pour les Allemands aussi. Ou plutôt, avant tout pour les Allemands.
Oscar, servi par Ramires (52e ’), Paulinho par deux fois à bout portant (53e ’), échouaient sur un mur toujours infranchissable. Dès lors, l’Allemagne reprenait sa marche triomphale, parachevée par le doublé d’André Schürrle.
Sur un débordement de Khedira relayé par Lahm d’abord (69e ’), sur un modèle de passe de Thomas Müller ensuite (79e ’).
Oscar sauvera bien l’honneur à la 90e ’. Enfin. Cela ne pouvait plus suffire à maître du baume au cœur brisé depuis bien longtemps des supporters brésiliens, lesquels ont subi de plein fouet l’implosion de leurs favoris pour finir par applaudir et saluer par des «olé» la démonstration de l’équipe visiteuse.
Ces spectateurs, la Seleçao désemparée a tenté de les remercier à la fin de la rencontre mais elle n’a reçu que huées et sifflets.La Mannschaft, elle, est en finale, sans avoir puisé dans ses ressources.
Joachim Low a pu préserver Hummels, Klose et Khedira, sortis bien avant la fin. Qui défiera-t-elle dimanche? Les Pays-Bas 40 ans après? L’Argentine 28 et 24 après? Réponse ce soir.

Presque quatre ans après la déroute historique contre l'Allemagne en demi-finale du Mondial 2014, le Brésil retrouve pour la première fois mardi la Mannschaft à Berlin, où l'enjeu émotionnel sera au moins aussi fort que le défi sportif.
Le match de mardi "a une très grande importance psychologique, il ne faut pas se voiler la face, le 7-1 du Mondial est un fantôme qui nous hante", reconnaît Tite, le sélectionneur brésilien, dans une interview vérité publiée lundi par le magazine allemand du football Kicker."La blessure est encore ouverte (...) ce match de Berlin fait partie du processus de cicatrisation", dit-il, avant d'admettre sans gêne ressentir "de la peur" avant cette rencontre.
"Nous n'avons pas le droit de nous laisser intimider ou de céder à la panique. Ce sera un match difficile, oui, qui va nous demander beaucoup émotionnellement. Mais notre préparation a visé à cela", assure le coach qui a pris en main l'équipe aux cinq étoiles en juin 2016.
Forcément plus relax, son homologue allemand Joachim Löw admet lui aussi que la partie de Belo Horizonte a marqué sa vie : "Ce match, c'est un sujet de conversation pour le siècle. Il m'arrive moi-même de revoir les buts, avoue-t-il. Quand on gagne 7-1 en demi-finale d'un Mondial contre le pays organisateur, oui, ça reste en mémoire..."
"Mais je ne crois pas qu'ils auront peur mardi, je crois qu'ils seront simplement sur-motivés", ajoute-t-il.

"Par rapport à 2014, ils sont deux divisions au-dessus"
Au Brésil, la presse et les réseaux sociaux se chargent de garder vivante la mémoire d'une humiliation qui a secoué le pays du football-roi. A la douleur de la défaite s'ajoute celle du ridicule.
"Quand les blagues vont-elles s'arrêter ?", s'interroge le site Folha Vitória, qui goûte assez peu l'humour du net autour du "Mineirazo". Ces derniers jours, des journaux ont rapporté que le défenseur Dante, qui jouait au Bayern Munich à l'époque, avait souffert des taquineries de Thomas Müller dans le vestiaire.
En public, les joueurs allemands font preuve cependant du plus grand respect pour leurs adversaires : "Quand je regarde leur équipe par rapport à 2014, ils sont deux divisions au-dessus", a mis en garde Toni Kroos, auteur de deux buts lors du carton de Belo Horizonte. "Ils ont de très bons joueurs, un bon collectif, et sont à coup sûr l'un des favoris du Mondial".
"Le 7-1 ? On n'en parle pas entre nous", promet Ilkay Gündogan. "Pour nous c'est du passé lointain, nous nous concentrons sur le duel de mardi. Contrairement à 2014, leur équipe est plus équilibrée", analyse le milieu de Manchester City, "des joueurs comme Paulinho et Casemiro leur apportent quelque chose qu'ils n'avaient pas à l'époque. Ils sont redevenus le Brésil que tout le monde connaît".
Pour les deux entraîneurs, qui visent tous les deux une victoire en finale le 15 juillet, le match sera donc tout sauf amical, d'autant qu'il sera le dernier avant la publication des listes des 23 au mois de mai.
Côté allemand, Löw devrait procéder à six ou sept changements par rapport à l'équipe qui a fait match nul contre l'Espagne vendredi. Gündogan et son jeune coéquipier de Man City Leroy Sané seront titularisés, et les deux gardiens remplaçants Kevin Trapp et Bernd Leno joueront une mi-temps chacun.
Müller et Özil ayant déjà quitté la sélection, leur absence offre en outre à Löw la possibilité de tester une animation offensive totalement différente.
Pour Tite, ces retrouvailles contre l'Allemagne ne sont évidemment pas propices à des expérimentations. Le coach ne prévoit qu'un seul changement par rapport à l'équipe vainqueur de la Russie (0-3) vendredi à Moscou. Fernandinho devrait prendre la place de Douglas Costa, ce qui modifiera légèrement le schéma du départ.
Coutinho sera replacé sur l'aile gauche tandis que Willian occupera le couloir droit, Fernandinho et Paulinho étant plus centraux, devant le pivot Casemiro.
Le monde entier est resté interloqué devant le spectacle d’une sélection brésilienne humiliée par l’Allemagne en demi-finale de « sa » Coupe du monde.

Briseurs de rêves : Dans l’intimité du Brésil-Allemagne 2014 - Documentaire HD L'Équipe (2015)
| Équipe | Score |
|---|---|
| Brésil | 1 |
| Allemagne | 7 |