Le CSKA Sofia, l'un des plus grands clubs de football bulgare, a une histoire riche et tumultueuse, marquée par des succès retentissants, des crises financières profondes et des moments de controverse.

Un Club Légendaire
Fondé en 1948, le CSKA Sofia (Club sportif central de l’armée) a rapidement acquis une image de club du pouvoir, favorisé par le régime en place en raison de sa proximité avec l’armée. L'équipe évolue au stade de l’Armée bulgare.
Le CSKA, c’est 31 titres de champion de Bulgarie, 19 coupes nationales, deux demi-finales de Coupe d’Europe en 1967 et 1982, et un derby éternel face au voisin du Levski Sofia, qui endosse lui le rôle de l’équipe du peuple qui trime et qui s’oppose aux élites.
Le club formateur du Ballon d'or 1994 Hristo Stoitchkov a également connu plusieurs campagnes glorieuses dans les coupes européennes, parvenant notamment en 1982 jusqu'en demi-finale de la Coupe des clubs champions, ancêtre de la Ligue des champions.
Malgré ses difficultés, il reste l'un des deux clubs les plus populaires du pays avec le Levski Sofia, son rival historique de la capitale.
Domination Nationale
Le CSKA Sofia a dominé le football bulgare pendant des décennies, remportant de nombreux titres de champion et coupes nationales. Voici un aperçu de son palmarès:
- Championnat Bulgarie: 31
- 1948, 1951, 1952, 1954, 1955, 1956, 1957, 1958, 1959, 1960, 1961, 1962, 1966, 1969, 1971, 1972, 1973, 1975, 1976, 1980, 1981, 1982, 1983, 1987, 1989, 1990, 1992, 1997, 2003, 2005, 2008
- Coupe Bulgarie: 21
- 1951, 1954, 1955, 1961, 1965, 1969, 1972, 1973, 1974, 1983, 1985, 1987, 1988, 1989, 1993, 1997, 1999, 2006, 2011, 2016, 2021
Le DERBY ÉTERNEL de SOFIA | VLOG #82 - CSKA Sofia/Levski Sofia - Vassil Levski Stadium
Dernières Nouvelles et Difficultés Financières
Alors que le football bulgare actuel n’a qu’un seul visage, celui du Ludogorets Razgrad, quadruple champion du pays en titre et présent la saison dernière en Ligue des champions, les clubs historiques se dirigent rapidement et peu sûrement vers le mur.
Le CSKA Sofia, légende criblée de dettes du football bulgare, perd son statut professionnel et devra repartir à zéro, a confirmé lundi la Fédération bulgare de football.
Ses dettes s'élèvent à 30 millions de leva (15 M EUR) dont 11 millions (6,5 M EUR) au fisc.
Les propriétaires actuels, deux hommes d'affaires bulgares, se sont déclarés incapables de rembourser la dette.
Selon les médias bulgares, le club pourrait être liquidé plutôt que d'évoluer en troisième division.
Le CSKA éprouve des difficultés financières depuis une dizaine d'années. En 2008, l'UEFA lui avait retiré sa licence pour disputer le troisième tour préliminaire de la C1, en raison d'une dette d'un million d'euros.
« Le CSKA Sofia n’a pas reçu de licence et, selon les règles de l’Union bulgare de football, doit jouer en troisième division. » C’est par cette phrase laconique que Borislav Mihaïlov, le président de la Fédération bulgare de football, a annoncé lundi dernier la sentence au CSKA.
Une conclusion somme toute logique pour un club qui avait fait grimper sa dette à douze millions d’euros, dont six qu’il devait à l’État bulgare.
Les salaires n’étaient plus versés aux joueurs ni au personnel depuis plusieurs mois, et Maksims Uvarenko, le gardien letton de l’équipe, avait déclaré il y a peu : « Le manque d’argent est problématique, je n’ai toujours pas reçu de salaire. Ma femme et moi attendons un enfant et nous ne pouvons pas nous permettre de rester sans argent. J’ai été obligé d’accepter de l’argent de mes parents pour payer le loyer de notre appartement à Sofia. »
La première alerte pour le CSKA Sofia avait eu lieu en 2008, au moment où l’UEFA lui avait refusé la participation aux barrages de Ligue des champions, déjà à cause de problèmes de dettes.
Les alarmes avaient à nouveau retenti en 2013, lorsque le fisc bulgare avait à nouveau menacé le club de liquidation. Le CSKA avait alors réussi à éviter le pire, mais cela avait simplement retardé l’échéance.
Tentatives de Sauvetage
Plusieurs solutions ont été envisagées pour sauver le club de la disparition:
- Fusion avec Litex Lovetch: Le propriétaire actuel du CSKA, Yulian Indzhov, avait imaginé une alliance avec Grisha Gantchev, propriétaire du club du Litex Lovetch, pour renommer ce dernier « CSKA » et lui attribuer les logos et symboles du club de Sofia. Quant au CSKA historique, il se retrouverait en amateurs. Un projet bancal stoppé illico presto par l’UEFA, qui a déclaré l’opération illégale.
- Création d'un nouveau club par Vasil Bozkhov: Vasil Bozkhov, l’homme le plus riche de Bulgarie et qui avait dirigé le CSKA entre 2000 et 2006, a proposé de créer de zéro un nouveau club, également nommé CSKA Sofia, qu’il promet de mener vers les sommets. Là encore, l’ancien CSKA serait laissé à l’abandon.
Malgré ces trésors d’imagination, le CSKA devrait bel et bien être une équipe de troisième division la saison prochaine.
L'Affaire Grégoire Akcelrod: Une Supercherie Étonnante
L'été dernier, un des plus grands clubs bulgare s'est fait piéger par un jeune joueur français. Son rêve, devenir footballeur professionnel.
L'histoire se déroule en juin 2009. Le CSKA Sofia, 31 fois champion de Bulgarie et 18 fois vainqueur de la coupe nationale, vient de reprendre l'entraînement et débute un stage de préparation en Autriche. Le club annonce alors qu'il va mettre à l'essai un Français de 26 ans.
Les dirigeants flairent le bon coup quand un jeune joueur français frappe à leur porte. Il est rapidement mis à l'essai lors du stage de préparation qui a lieu en Autriche. Nous sommes le 26 juin 2009.
Mais le joueur aurait fréquenté quelques très bons clubs de la planète football, comme River Plate, en Argentine et... le Paris Saint-Germain à partir de 2006. Le joueur aurait quitté la capitale en 2008 pour partir à Brunei. Mais son aventure exotique prend fin rapidement à cause d'un problème administratif. Pas grave, il a de la ressource et aime les voyages. Il tente de percer en Argentine, d'abord au Tigre de Victoria puis à River Plate. Mais là encore, pas de contrat pour lui. Les dirigeants du légendaire club blanc et rouge n'auraient pas souhaité le faire signer en pleine période de crise.
Le lendemain, un fan du CSKA, avide de renseignements, se rend sur un forum de supporters du PSG. Il demande aux Parisiens quelques infos sur cette nouveau recrue. Et c'est là que la supercherie est découverte. Il n'a jamais joué pour le PSG, ni même fait d'essai pour River Plate ou le Brunei DPMM.
Rapidement, l'information remonte jusqu'en Bulgarie et le 29 janvier, il est exclu du stage de préparation. Pour Grégoire, c'est la fin d'un rêve qui aura duré seulement deux jours.
Pas même retenu par des clubs de D4 anglaise, il s'est aussi inventé une carrière internationale. Belgique, Pays de Galles, Angleterre, Ecosse, Allemagne, Argentine, États-Unis. Sauf que tout est faux. Enfin presque, puisque le Parisien de 27 ans a tout de même effectué quelques essais pour d'obscurs clubs britanniques de quatrième division comme Bournemouth ou Swindon. Des essais restés sans suite.
Alors mythomane invétéré, passionné près à tout pour réussir ou simple imposteur? Difficile à dire. Mais aux dernières nouvelles, le joueur, que nous n'avons pas réussi à joindre (voir encadré), n'a pas abandonné ses rêves de gloire. Il a participé récemment à l'émission de TF1 Tournez Manège.