Imane Khelif : Entre Triomphe Olympique et Polémiques Persistantes

Un combat éclair à l'origine d'une polémique en marge des Jeux olympiques de Paris. L'Algérienne Imane Khelif, championne olympique de boxe en 2024, s'est retrouvée au cœur d'une controverse sur son genre lors des Jeux Olympiques de Paris.

La polémique a débuté lors d'un match de boxe aux Jeux Olympiques de Paris. Alors qu'elle devait affronter en huitième de finale de boxe l'Algérienne Imane Khelif ce jeudi 1er août, l'Italienne Angela Carini a décidé d'abandonner à peine le premier round entamé.

"Je suis montée sur le ring pour combattre. Je ne me suis pas rendue, mais un coup de poing m'a fait trop mal", a-t-elle déclaré a posteriori, citée par l'Agence Ansa. Un abandon qui a donc permis à Imane Khelif de l'emporter.

L'Algérie et le CIO apportent leur soutien à la boxeuse Durant son combat, Imane Khelif a reçu le soutien appuyé du public de l'Arena de Villepinte, avec des drapeaux algériens dans les tribunes, a constaté une journaliste de l'AFP. Autre soutien de poids, le CIO, a défendu l'athlète algérienne, soulignant par le biais de son porte-parole Mark Adams qu'il est établi que toutes les boxeuses alignées aux Jeux olympiques "sont des femmes".

Dans un communiqué publié dans la soirée, le CIO a ajouté : "Comme lors des précédentes compétitions olympiques de boxe, le genre et l'âge des athlètes se fondent sur leur passeport".

Des personnalités, notamment issues du monde politique et connues pour leurs positions réactionnaires, ont saisi l'occasion de raviver le débat sur le bannissement des sportives transgenres des compétitions féminines. Donald Trump, qui avait fait de l'exclusion des personnes transgenres - ce qui n'est donc pas le cas de la boxeuse - son cheval de bataille, a ajouté sa pierre à l'édifice sur son réseau social Truth Social : "Je garderai les hommes hors du sport féminin !", a-t-il promis en lettres majuscules.

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Une Bataille Judiciaire Contre les Tests de Féminité

Au cœur d’une polémique sur son genre lors des Jeux de Paris, l’Algérienne, 26 ans, conteste devant la justice l’interdiction qui lui a été faite de participer aux compétitions internationales sans subir au préalable un test chromosomique, informe ce lundi 1er septembre le Tribunal arbitral du sport (TAS). La date de l’audience n’est pas encore fixée.

Concrètement, Imane Khelif demande l’annulation de cette décision prise fin mai par World Boxing qui l’a privée d’un retour à la compétition initialement prévu une semaine plus tard, lors du tournoi d’Eindhoven, premier événement soumis à la nouvelle réglementation. Elle veut également pouvoir participer «sans test» aux Mondiaux à Liverpool, qui débutent jeudi jusqu’au 14 septembre.

Cette dernière requête n’a quasiment aucune chance d’aboutir puisque le TAS, dont les procédures sont confidentielles et les audiences presque toujours à huis clos, précise avoir refusé d’accorder un effet suspensif à l’appel de la boxeuse algérienne, formé le 5 août.

Aux Jeux de Paris, Khelif avait été la cible d’attaques et d’une campagne de désinformation, tout comme la Taïwanaise Lin Yu-ting, la présentant comme un «homme combattant des femmes». La boxeuse de 26 ans s’était imposée en finale des -66 kg, tout comme Lin Yu-ting chez les poids plumes. La controverse s’est poursuivie bien au-delà des JO : en février, l’IBA a ainsi annoncé qu’elle poursuivrait le CIO pour avoir autorisé Khelif à boxer aux Jeux.

L’athlète a répliqué que ces accusations étaient «fausses et insultantes». En ajoutant : «C’est une affaire qui ne concerne pas que moi, mais aussi les principes plus larges d’équité et de respect des procédures dans le sport.» Elle a promis d’engager sa propre action en justice pour réfuter les accusations.

«Je ne vais nulle part. Je me battrai sur le ring, je me battrai devant les tribunaux et je me battrai au grand jour jusqu’à ce que la vérité soit indéniable», assurait-elle alors. L’Algérienne, devenue véritable icône dans son pays, a d’ores et déjà annoncé au printemps qu’elle viserait une nouvelle médaille d’or aux JO de Los Angeles en 2028.

En attendant, son action en justice offrira la première occasion d’un débat judiciaire sur le rétablissement dans le sport mondial - par World Boxing mais aussi en natation et athlétisme - des tests génétiques destinés à établir le sexe biologique, en vigueur aux JO entre 1968 et 1996.

Par un test PCR, il s’agit de conditionner l’accès à la catégorie féminine à l’absence de «gène SRY», situé sur le chromosome Y indicateur de masculinité, méthode vantée pour sa simplicité par ses promoteurs.

Un tel dépistage chromosomique écarterait ainsi les athlètes transgenres, ainsi qu’une partie de celles qui ont toujours été considérées comme de sexe féminin mais présentent des chromosomes XY, soit l’une des formes de «différences de développement sexuel» (DDS) ou intersexuation.

Représentation schématique des chromosomes XY.

Retraite Prématurée et Cyberharcèlement

Dans des propos rapportés par Nice Matin, l'ancien manager d'Imane Khelif, Nasser Yefsah, a déclaré qu'elle avait raccroché les gants sans préciser si c'était de manière définitive. La boxeuse algérienne avait décroché l'or aux Jeux olympiques de Paris, au coeur d'une polémique sur son genre qui ne s'est jamais arrêtée.

Reverra-t-on Imane Khelif sur un ring? Alors qu'elle avait quitté le club Nice Azur Boxe pour passer professionnelle après son titre olympique à Paris, et qu'elle avait annoncé son intention de participer aux JO 2028 à Los Angeles, l'Algérienne a raccroché les gants depuis sa médaille d'or.

"Imane n'a pas seulement quitté Nice, elle a quitté le monde de la boxe", a révélé son désormais ancien manager Nasser Yesfah à Nice Matin.

L'été dernier, la boxeuse de 26 ans avait été pointée du doigt pour son hyperandrogénie et avait été la cible d'une vague de cyberharcèlement. Pour rappel, l'hyperandrogénie est une présence excessive d'androgènes (hormones sexuelles mâles) circulant dans le sang chez une femme.

Elle se caractérise notamment par un taux plus élevé de testostérone, hormone qui favorise le développement des muscles et lui donnerait donc un avantage sur le plan sportif, selon ces mêmes critiques. Malgré la polémique, Imane Khelif avait décroché la médaille d'or chez les moins de 66 kilos contre la Chinoise Liu Yang.

A la suite de ce sacre, elle a souhaité faire entrer sa carrière dans une autre dimension. Pour passer professionnelle, quitter la Côte d'Azur s'imposait. "Le Nice Azur Boxe ne pouvait pas proposer de contrat pro à Imane, parce qu’il n’avait pas les moyens. Elle a fait un combat à Singapour, mais elle devait en faire cinq avant de signer pro, ce qui ne s’est pas fait à cause des polémiques", détaille Nasser Yesfah.

Après ce premier rendez-vous manqué, la poids welters avait prévu de faire son retour à la Box Cup d'Eindhoven (5-10 juin 2025). Sauf que la compétition néerlandaise exigeait elle aussi des tests de genre à ses participantes, selon le nouveau règlement de World Boxing. Fin mai, la jeune Fédération internationale de boxe - reconnue par le CIO en février dernier - a rendu les tests de genre obligatoires afin de pouvoir participer à une compétition. L'Algérienne a été exclue du tournoi néerlandais, sans que l'on ne sache si elle s'était soumise à ces tests.

Dans le même temps, les résultats d'un test effectué en Inde lors des Mondiaux 2023 - pour lesquels elle avait été disqualifiée avant son entrée en lice sans plus de précisions - ont fuité dans la presse: elle possèderait des caryotypes masculins, avec un marqueur "XY". De quoi relancer la polémique qui ne s'était jamais vraiment arrêtée et qui a même pris une tournure judiciaire avec une plainte de l'Algérienne pour cyberharcèlement aggravé et de la fédération internationale de boxe contre le CIO.

"Actuellement, elle a tout arrêté. Elle n’a même pas repris, elle ne boxe plus. Après ce qu’il s’est passé aux JO… De toute façon, elle sera soumise au même type de test si elle devient professionnelle", poursuit Nasser Yesfah. C'est désormais loin de la France qu'elle maintient simplement sa forme physique. "Elle fait des séances en Algérie ou se rend au Qatar, dans le centre de performance national pour continuer à s’entraîner, mais sans plus.

Depuis sa médaille d’or au JO de Paris, la boxeuse algérienne Imane Khelif, assaillie par les attaques en ligne en raison de son hyperandrogénie, a quitté peu à peu le monde de la boxe. Un an après son triomphe aux Jeux Olympiques, Imane Khelif raccroche les gants. Lors de l’olympiade, l’athlète de 26 ans s’était révélée en décrochant l’or dans la catégorie des moins de 66 kg. Malgré cette polémique, la boxeuse avait tenté de poursuivre sa carrière en passant au statut professionnel, encouragée par son ex-manager.

Pour cela, il lui fallait quitter Nice : "La Nice Azur Boxe ne pouvait pas proposer de contrat pro à Imane, faute de moyens. Assaillie par les critiques liées à son genre, la championne avait prévu de revenir lors de la Box Cup d'Eindhoven (5-10 juin 2025). Face à la vague de haine persistante sur les réseaux sociaux, Imane Khelif a déposé plainte et s’est progressivement éloignée des rings.

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