L'histoire et l'utilité du masque noir dans la NBA

Aux États-Unis, pays où le port du masque est autant un enjeu politique que sanitaire, la NBA a très tôt commercialisé des produits aux couleurs des franchises de basket. Au départ uniquement accessibles aux supporters nord-américains, ces masques sont désormais commandables en France.

Cependant, l'histoire du masque dans la NBA ne se limite pas à un simple accessoire de mode ou de protection sanitaire. Il est parfois devenu un symbole d'engagement politique et un accessoire de performance pour certains joueurs.

Kareem Abdul-Jabbar : Un pionnier de l'engagement politique

En 1965, Kareem Abdul-Jabbar, alors connu sous le nom de Lew Alcindor, n'est qu'une poussière de l'étoile qui va éclairer la NBA pendant vingt ans. Ses papiers d'identité indiquent encore Ferdinand Lewis Alcindor Jr, né à New York en avril 1947 d'un père officier de police de la Transit Authority (le métro) et d'une mère employée de commerce.

L'histoire de Lew Alcindor prend un tournant décisif à la suite d'un dérapage d'un entraîneur à la mi-temps d'un match de lycée en 1965. Touché dans son orgueil, le pivot de la Power Memorial Academy de Manhattan va tout ravager en deuxième mi-temps, contribuant à la victoire de son équipe. Sans le savoir, Jack Donohue a contribué à forger l'un des basketteurs les plus dominants de l'histoire, tout en éveillant la conscience politique d'un jeune homme.

Il traversera la fin des années 1960 en première ligne dans le combat pour les droits des Afro-Américains aux côtés de ses aînés, le boxeur Mohamed Ali, le basketteur Bill Russell, l'athlète Tommie Smith ou le joueur de football américain Jim Brown, boycotter les JO de Mexico, s'affranchir de son éducation religieuse pour se convertir à l'islam et changer d'identité (1968), publier dix-sept ouvrages, produire et écrire des documentaires sur les héros noirs et oubliés de l'Amérique avant, au soir de sa vie, de livrer régulièrement des chroniques de soutien au mouvement « Black Lives Matter » dans de grands médias.

Quelques mois avant la remarque de Donohue, le futur pivot des Milwaukee Bucks (1969-1975) et des Los Angeles Lakers (1975-1989) avait assisté de très près aux émeutes raciales de Harlem en juillet 1964 qui, à la suite du meurtre d'un jeune Noir de 15 ans par un policier blanc, firent un mort et une centaine de blessés. Fuyant les combats de rue, Alcindor en tira pourtant un enseignement : « À partir de là, j'ai su qui j'étais, qui je devais être. »

En 1965, devant 80 journalistes réunis dans une salle de son lycée new-yorkais, Alcindor annonce son départ pour le campus de UCLA. En trois ans à Los Angeles, il révolutionne le basket universitaire sous la coupe du coach John Wooden : 88 victoires en 90 matches en trois ans, trois couronnes NCAA d'affilée. Le pivot domine tant son époque qu'on bannit le dunk des parquets de « college basketball » jusqu'en 1977 ! Il prendra ce changement de règle comme une offense aux capacités athlétiques des Noirs.

La nouvelle star prend place dans le train des revendications frénétiques de l'époque. Mohamed Ali refuse la conscription pour le Vietnam, est menacé d'être déchu de sa ceinture de champion du monde des lourds ? Le footballeur vedette Jim Brown convie Alcindor, encore universitaire, et les champions noirs professionnels les plus fameux de l'époque à un rassemblement à Cleveland en juin 1967 pour mobiliser et évaluer le soutien des « frères » face à la nation inquisitrice.

« Être là et entendre Ali plaider pour ses croyances morales revigora mon engagement pour m'impliquer davantage politiquement », écrira KAJ en 2017 dans Becoming Kareem : growing up on and off the court (Devenir Kareem : grandir sur et en dehors du terrain).

Au plus fort de ces mouvements pour les droits civiques, il n'est qu'un teenager avec une personnalité timide, ce qui le place dans une situation paradoxale comme on le verra lors du boycott des JO de Mexico.

Quelques semaines plus tard, il renoncera aux sélections américaines prétextant officiellement que « manquer la classe » lui « ferait manquer ses examens ». Avant de produire nombre de déclarations contradictoires sur ses réelles motivations.

En 1969, numéro 1 de la draft, il entamera à Milwaukee une carrière NBA éblouissante par sa longévité (champion en 1988 à 41 ans) et ses triomphes. Il plaça alors en sourdine sa conscience politique pour mieux embrasser l'islam (voir par ailleurs), auquel il se convertit dès 1968 avant d'apparaître dans quelques divertissements cultes au cinéma à la fin des années 1970 (Le Jeu de la mort, Y a-t-il un pilote dans l'avion ?).

Depuis 2017, en marge des livres et des films qu'il consacre à des figures historiques noires, Kareem Abdul-Jabbar, fait ambassadeur culturel des États-Unis par Hillary Clinton en 2012 et décoré de la médaille présidentielle de la liberté par Barack Obama en 2016, est un chroniqueur régulier pour la version US en ligne du grand quotidien britannique The Guardian.

Kareem Abdul-Jabbar : La Légende Inébranlable du Basket

LeBron James : Le Dark Knight des parquets

Le 27 février 2014, LeBron James portait un mythique masque noir face aux Knicks. Le King devenait le Dark Knight pour une seule soirée, mais suffisante pour marquer toute une génération. Alors que le Heat est champion en titre et enchaîne les victoires en ce mois de février 2014, il se déplace dans l’Oklahoma pour affronter le Thunder.

Miami domine assez largement mais à cinq minutes de la fin du match, Serge Ibaka envoie sa main dans la tête de LeBron James qui va vers le panier tout en douceur, évidemment (non). Avis aux hématophobes, ne regardez pas la vidéo puisque le nez du King va beaucoup saigner. Le pivot espagnol vient de lui casser le nez mais LBJ va tout de même conclure l’action par un gros dunk sur la tête du coupable du soir. LeBron James, définition.

Absent contre les Bulls, il revient le 27 février contre les New York Knicks de Carmelo Anthony. Il revêt alors son plus beau masque, tout noir, qui lui donne un air de méchant. Le flow est démentiel pour le King, qui est donc devenu le Dark Knight le temps d’un match et qui va assumer ce surnom. 31 points à 13/19 au shoot et un blow-out contre la Grosse Pomme qui n’a rien pu faire face à l’armada floridienne.

Après le match l’engouement est énorme et Miami ira même jusqu’à vendre des t-shirts avec LeBron James portant son masque. Un one-shot qui reste encore en tête et un truc à voir au moins une fois pour se rendre compte de qui était ce mec à Mayami.

Malheureusement, l’expérience ne durera qu’un seul match car la NBA va par la suite lui demander de passer à un masque transparent, ce que LBJ va faire - à contre cœur. La raison est simple, cela cacherait ses yeux et empêcherait les adversaires d’anticiper les mouvements qu’il fait… Raison simple mais raison étriquée.

La légende va donc se stopper ici ? Oui, en partie. En partie parce que le King va continuer à porter un masque et va faire des dingueries avec. Une dinguerie en particulier face aux Bobcats où il va tout simplement envoyer son record en carrière : 61 points à 22/33 dont un 8/10 à 3-points pas piqué des hannetons, le tout en accordant encore une fois son « déguisement » de super-héros avec sa tenue.

LeBron James rentre alors dans la classe très fermée - et très sérieuse - des joueurs ayant porté le masque avec classe. Rip Hamilton et Kobe Bryant lui font de la concurrence… mais n’ont pas leur avatar masqué sur 2k.

LeBron James dépasse Kareem Abdul-Jabbar

LeBron James a dépassé Kareem Abdul-Jabbar et ses 38.387 points inscrits au classement des scoreurs les plus prolifiques de l’histoire de la NBA. A 38 ans, après 20 saisons sur les parquets depuis la saison 2003-04, LeBron James se hisse seul au sommet de la pyramide, avec des chiffres à vous donner le vertige, et un maître mot : constance.

Dans sa course à la greatness, LeBron James a délivré toutes sortes de performances, dont on se souviendra bien longtemps après que le King ait raccroché les baskets.

Parmi ses performances mémorables, on peut citer :

  • Le 27 mars 2004, face aux Nets, où il inscrit 41 points.
  • Le match face aux Raptors où il inscrit 56 points à 20 ans.
  • Lors du match 3 des playoffs face aux Wizards, où il inscrit 41 points et l’action du match pour venir faire triompher les siens.
  • Le match 5, remporté par les Cavs, avec 45 points, à 14/23 aux tirs et 17/18 aux lancers-francs.
  • Lors des Finales de conférence face aux Pistons, où il inscrit 48 points.
  • Le match au Madison Square Garden où il inscrit 50 points.
  • Le match 6 des Finales de conférence face aux Celtics, où il inscrit 45 points.
  • Le match face aux Bobcats où il inscrit 61 points.
  • Le match face aux Wizards où il inscrit 57 points.
  • Le match 1 des Finales NBA 2018 face aux Warriors où il inscrit 51 points.
  • Le match face aux Cavaliers où il inscrit 46 points.
  • Le match face aux Warriors où il inscrit 56 points.

LeBron James est un joueur qu’on ne voit qu’une fois dans son Histoire. Depuis 20 ans, on connaît LeBron James. On connaît ses records, sa tendance à surpasser le réel pour aller dénicher l’impensable. Mais comment expliquer qu’à 37 ans, il reste capable d’envoyer sa deuxième meilleur saison au scoring en carrière ? 30,3 points de moyenne.

LeBron a toujours été catégorisé à part, c’est ainsi. Souvent cité lorsque viennent les qualités de polyvalence, constante, régularité, all-around, il l’est plus rarement parmi les meilleurs scoreurs qu’ait connu la Grande Ligue. Est-ce que sa trop grande polyvalence lui joue des tours ? Sûrement.

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