Maladrerie : Histoire et Architecture des Léproseries Médiévales

Comme hors du temps, cet ensemble architectural renferme une histoire mystérieuse liée à celle des lépreux. Au Moyen-Age, ces malades, exclus, isolés du monde, étaient déclarés morts pour la société. La Maladrerie Saint-Lazare a été fondée par l'évêque-comte de Beauvais à la fin du 11e siècle pour accueillir les malades de la lèpre : une maladie infectieuse touchant les nerfs, la peau et les muqueuses, très présente en France du 11e siècle à la moitié du 14e siècle.

La Maladrerie est implantée en périphérie de ville, sur l'ancien axe Paris-Beauvais, à la fois par crainte de la contagion mais également pour favoriser les actes de charité de la part des voyageurs. En effet, quand le malade intégrait la Maladrerie, il abandonnait tous ses biens et était déclaré mort pour la société. L’institution vivait ainsi de dons mais aussi des revenus provenant des terres et biens dont elle était propriétaire.

Les lépreux n’y vivaient pas seuls, une communauté religieuse mixte (hommes et femmes) gérait la vie du site, dirigée par le « Maître » de la Maladrerie. À la fin du 16e siècle, la lèpre a quasiment disparue mais la peste lui succède. La Maladrerie est donc agrandie pour accueillir des pestiférés dans un enclos séparé.

Distribution de la lèpre dans le monde

Architecture et Vestiges des Maladreries

Sur un site de trois hectares entièrement clos, la maladrerie conserve encore trois chefs-d’œuvre de l’architecture médiévale des 12e et 13e siècles. L’église est l’édifice le plus ancien du site. Elle a été entièrement construite au 12e siècle à l’exception de deux chapelles et du clocher, élevés au 13e siècle. Par sa corniche ornée de têtes humaines et de motifs floraux ainsi que son portail, elle est un bel exemple de l’architecture romane du Beauvaisis. Le tympan qui surmonte cette porte principale est décoré de motifs géométriques enserrant de petits compartiments losangiques qui devait être incrustés de carreaux de terre cuite colorés comme d’autres exemples d’art roman à Beauvais.

À sa proximité immédiate, s’élève le logis dont la charpente est datée de 1270-1271. Si la qualité de son architecture avec ses baies de style gothique rayonnant laisse supposer qu’il abritait la résidence du maître de la Maladrerie, son organisation interne correspond à celui d’un bâtiment à vocation communautaire.

La léproserie était construite autour d’une cour oblongue parallèle à la Liane. Ruinée par l’occupation anglaise de 1544 à 1550, sa reconstruction fut achevée en 1557, et présentait alors plusieurs bâtiments une chapelle, le logis du Chapelain, le logement de l’aumônier, une sacristie avec logement du sacristain, et onze à douze maisonnettes appelées “logettes” qui possédaient d’étroites fenêtres sur l’extérieur autour de l’endroit qui devint la cour Grebet.

Toutefois, les bâtiments subsistèrent et d’après Camille Enlart en 1899 “les bâtiments de la Maladrerie offraient un grand intérêt architectural car Boulogne possédait un ensemble complet d’une léproserie du XIIème- XIIIème siècle, dont la chapelle considérée comme la deuxième en date des édifices religieux dans le Pas-de-Calais pour sa partie carolingienne. Existant encore partiellement après la guerre, tout a disparu avec la construction de la nouvelle gare.

Tout près de Périgueux, une maison en bord de rivière, remontant au XIIe siècle, est connue sous le nom de Maladrerie. On pourrait penser qu’elle se trouve à Périgueux (Dordogne), mais administrativement, la Maladrerie est rattachée à la ville voisine de Coulounieix-Chamiers. Il n’en reste pas moins que tout, y compris une confusion quant au nom et à l’histoire de cette vieille bâtisse des bords...

« Aux archives, cet endroit apparaît sous plusieurs appellations, témoigne Martine Balout, guide-conférencière locale qui connaît bien la maison. À l’origine, la Maladrerie était un hospice, fondé au XIIe siècle au pied de la colline d’Écornebœuf, entre autres par le commandeur Hélie de Charroux.

Pendant longtemps, « elle a eu une double fonction, rappelle Martine Balout : elle accueillait les pèlerins allant jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle par la voie de Vézelay, mais elle fut aussi un hôpital. » Un hôpital malmené et appauvri durant la guerre de Cent ans, époque de laquelle il tira sa troisième dénomination, empreinte d’ironie.

La Maladrerie : Entre Histoire et Nature

Ce site unique en son genre, classé au titre des Monuments Historiques, offre aussi aux amateurs de jardins une vision moderne du jardin médiéval. Ce jardin, bien que d’inspiration médiévale, est une création résolument contemporaine. Clos par des haies de charmilles et de hêtres, ce jardin comprend plusieurs espaces thématiques, les jardins contemplatifs de Marie et du cloître, le jardin des simples, celui des plantes potagères, des céréales, des petits fruits et de la vigne.

Reconstitution d'un jardin médiéval

Renaissance et Activités Contemporaines

Devenu édifice privé après la Révolution, la Maladrerie mal nommée fit l’objet, au fil du temps, de plusieurs campagnes de restauration. Malgré tout, elle n’a rien perdu de son cachet originel. Aujourd’hui encore, elle renferme notamment deux belles cheminées du XIIe siècle et des vitraux du XVIIe siècle. Des trésors qui ne sont plus accessibles au public puisque la maison, propriété de la famille Gibon depuis les années 1930, ne se visite plus.

Classée à l’inventaire des Monuments Historiques en 1994, la Maladrerie Saint-Nicolas est un lieu chargé d’histoire dont les pierres reviennent à la vie grâce à l’association des amis de la Maladrerie. Nous entrons par une porte charretière, témoignage de son passé de ferme. Rachetée par la mairie de Gravigny en 1991, il y avait alors des animaux, une bergerie, le bâtiment ayant été utilisé comme exploitation fermière à partir du XVIIIe siècle.

À l’époque, la Maladrerie était un lieu à l’écart de la ville où logeaient les malades de la lèpre, le site était bien plus grand, avec plusieurs bâtiments : une chapelle qui a aujourd’hui complètement disparu, un puits. Certaines bâtisses ou restes sont encore présents sur le site comme les ruines d’un pressoir au centre de la cour et d’autres demeurent un mystère.

Une thèse de doctorat sur la Maladrerie Saint-Nicolas a d’ailleurs été réalisée par un étudiant de la faculté de Rouen dans les années 1990 et c’est grâce au résumé de cette thèse qu’il a été possible de recueillir toutes ces informations sur le lieu ; au XIVe siècle, la lèpre disparaît peu à peu et la Maladrerie accueille des malades divers.

Aujourd’hui, l’association des amis de la Maladrerie s’occupe de faire vivre le site afin de « mettre les lieux en valeur et de les faire connaître du grand public, on organise des visites à la belle saison, en mars, mai et septembre lors des Journées du Patrimoine. Les amateurs d’architecture et de belles pierres aiment admirer ces arcs romans et ces fenêtres d’époque. Et puis on l’anime ! La mairie nous met le lieu à disposition et l’on y organise des évènements culturels ponctuels, concerts de musique ou théâtre ».

En effet, la belle salle en pierres datant du XIIIe siècle, ancienne « salle aux malades », s’y prête tout à fait. Le reste de l’année, la municipalité de Gravigny loue le site pour des évènements privés tels que des mariages, baptêmes, communions et fêtes de famille. Une cuisine, des sanitaires, une grande salle avec chaises et tables ainsi que tout le parc clôt est mis à disposition des locataires.

La Maladrerie d'Aubervilliers

Cette balade vous permettra de découvrir les singularités de cet écoquartier avant l’heure qu’est la Maladrerie à Aubervilliers réalisée par l'architecte Renée Gailhoustet entre 1977 et 1989. La MLCA est un lieu d’interaction et d’échanges entre les habitants et les structures impliquées dans le multilinguisme et l’ouverture aux différentes cultures. Le Festival Sur les (4) Chemins des Cultures rassemble des visites, des ateliers, des concerts et des conférences autour de diverses thématiques telles que : l'art, le sport, les jeux, la poésie, la musique et les langues et la culture.

Transformation Après la Révolution

Après la Révolution française au 18e siècle, la Maladrerie est transformée en exploitation agricole. La maladrerie est vendue comme Bien national durant la Révolution française. Elle est occupée par des exploitations agricoles jusqu’à son achat par la ville de Beauvais en 2002.

Projets de Restauration et Perspectives d'Avenir

2006 : Une réflexion est engagée afin de déterminer un programme d’activités à l’échelle du Beauvaisis mais également à l’échelon national et international. Dans cette perspective, l’espace de la ferme (grange, bergerie, maison du fermier et abords) bénéficie d’un programme de restauration correspondant aux exigences patrimoniales du site.

Tout le monde connaît l’hôpital Saint-Louis où beaucoup d’agents ont travaillé. Ce qui est certain, c’est que l’établissement apparaît au XIIème siècle et que sa vocation est à l’origine celle des édifices “hospitaliers” de l’époque, c’est à dire lieu de refuge des pèlerins d’où son nom “Hostellerie” et non établissement de soins.

Boulogne est occupée par les Anglais de 1544 à 1550. Ils détruisirent ou emportèrent toutes les archives de la ville. A cette période, l’hôpital Sainte-Catherine ne répond plus aux besoins. Toutefois, l’hôpital Sainte-Catherine gardera sa destination d’établissement hospitalier jusqu’en 1692, date des lettres patentes de Louis XIV créant l’hôpital Saint-Louis.

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