Tenues Anti-Voyeurisme : Une Innovation Japonaise pour Protéger les Athlètes Japonaises

Au Japon, le voyeurisme visant les femmes athlètes est un véritable fléau. Des mesures innovantes ont été mises en place pour protéger les athlètes féminines. Face à la multiplication des cas de voyeurisme visant les femmes athlètes au Japon, notamment au moyen de caméras infrarouges, l’équipementier de sport Mizuno a mis au point un tissu spécial, qui sera porté par des sportives japonaises de plusieurs disciplines lors des Jeux olympiques de Paris.

Match de volley-ball féminin Italie-Japon, à Bangkok, le 23 juin 2024. photo LILLIAN SUWANRUMPHA/AFP

Le Voyeurisme : Un Fléau au Japon

Des personnes assistent à des compétitions sportives, notamment de gymnastique ou d’athlétisme, dans le but de photographier ces jeunes femmes en tenue de sport, en soulignant leurs parties intimes. Certains vont jusqu’à se servir de caméras infrarouges, qui permettent de “dévêtir” les sujets visés…

Pour répondre à ce fléau, l’équipementier Mizuno a conçu des tenues spécifiques qui empêchent la captation des sous-vêtements des sportives par des dispositifs à rayonnement infrarouge. Ces tenues antipervers permettent de « résister » aux appareils à rayonnement infrarouges. L’objectif : éviter que des individus malveillants filment les sous-vêtements des joueuses à leur insu.

Cette mesure a été introduite pendant les Jeux Olympiques de Paris, où les volleyeuses japonaises, malgré leurs performances en demi-teinte avec deux défaites, ont attiré l’attention en raison de ces nouveaux vêtements de protection. Les volleyeuses japonaises n’ont pas vraiment réussi leur entrée dans le tournoi olympique avec déjà deux défaites en deux matchs. Mais elles se sont démarquées d’une autre manière à Paris.

Ces tenues innovantes ne sont pas limitées au volleyball, mais sont également adoptées par d’autres sports comme le tennis de table, le tir à l’arc et le hockey, selon le Yomiuri Shimbun. « Six autres disciplines, comme le tennis de table, le tir à l’arc ou encore le hockey ont fait le même choix », rapporte le quotidien japonais Yomiuri Shimbun, selon une traduction de Courrier international.

Kazuya Tajima de Mizuno a déclaré que ces vêtements destinés aux athlètes de haut niveau visent à envoyer un message fort contre le voyeurisme, soulignant que ce comportement est inacceptable. « Ce tissu sera porté par des athlètes de haut niveau. J’espère que cela enverra à la société entière le message selon lequel le voyeurisme est inacceptable », a affirmé Kazuya Tajima, responsable de la marque Mizuno, cité par le même quotidien.

Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large pour combattre le voyeurisme au Japon. Cet exemple s’inscrit dans un cadre plus global de lutte contre le voyeurisme dans le pays.

Récemment, des mesures de contrôle ont été instaurées, telles que l’interdiction des téléobjectifs de plus de 201 millimètres lors des compétitions de gymnastique pour jeunes filles. Ces derniers mois, plusieurs dispositifs de contrôle ont été mis en place, comme l’interdiction d’utiliser des téléobjectifs de plus de 201 millimètres dans les championnats de gymnastique des collégiennes et des lycéennes, rapporte le quotidien Mainichi Shimbun. Le conseil départemental de Fukuoka, dans le sud du Japon, est allé encore plus loin, avance le Huffington Post.

Logo du manga Haikyuu!!

Qui est le MEILLEUR JOUEUR de HAIKYUU ?

Dans le cas de la gymnastique rythmique et sportive, la fédération nationale de la discipline et les organisations départementales qui gèrent les compétitions de collégiennes et de lycéennes mettent en place un dispositif de contrôle, interdisant par exemple l’usage de téléobjectifs de plus de 201 millimètres dans les championnats, explique le quotidien Mainichi Shimbun.

Le conseil départemental de Fukuoka, dans le sud du Japon, est allé jusqu’à faire voter en mars un décret contre le voyeurisme, rapporte l’édition japonaise du Huffington Post. Le texte qualifie de “violence sexuelle” tout acte consistant à filmer ou à prendre en photo dans les centres sportifs les personnes à des fins sexuelles sans l’accord de celles-ci, qu’elles soient habillées ou non.

Fait nouveau, sont soulignées les souffrances psychologiques des victimes provoquées par la diffusion ou la réutilisation de ces images. Une avancée “significative”, saluait alors Tomoshi Sakka, avocat et fin connaisseur du dossier, interrogé par le site.

Les Uniformes des Autres Pays aux Jeux Olympiques

Outre les tenues japonaises, d'autres pays ont également mis en avant des créations uniques pour habiller leurs athlètes lors des Jeux Olympiques.

  • États-Unis : Habillés par Ralph Lauren, les Américains mettent en avant des tenues durables avec des matières végétales et sans plastique. Pour la compétition, la Team USA sera équipée par Nike et Speedo ou encore The North Face.
  • Grande-Bretagne : Ben Sherman réalise les tenues de présentation, rendant hommage aux Jeux Olympiques de 1964 à Tokyo.
  • Russie : Participant sous la bannière du comité olympique russe (ROC), les athlètes sont habillés par la griffe russe Zasport.
  • Allemagne : Adidas, partenaire de longue date, s'occupe des tenues officielles et de sport.
  • Japon : Aoki habille la délégation japonaise pour la cérémonie d'ouverture avec des hauts blancs et des bas rouges, en référence au drapeau national. Asics s'occupe des tenues de sport.
  • France : Lacoste, partenaire officiel depuis 2012, a créé une collection inspirée par le Japon.
  • Australie : Sportscraft rend hommage aux médaillés d'or australiens avec des blazers portant leurs noms.
  • République tchèque : Zuzana Osako a imaginé un uniforme original avec une technique de teinture imprimée appelée blueprint.
  • Belgique : Caroline Biss et Scabal s'occupent respectivement des tenues féminines et masculines pour les événements officiels.
  • Espagne : Joma a réalisé des tenues durables, fabriquées à partir de plastique recyclé.
  • Canada : La Baie d'Hudson s'est inspirée de l'art urbain pour les uniformes canadiens.
  • Italie : Emporio Armani habille les athlètes italiens, y compris pour les tenues de sport.
  • Mexique : Les Mexicains porteront des vêtements de la marque High Life avec des imprimés floraux.
  • Israël : Castro a conçu des uniformes comprenant des t-shirts, des shorts et une veste en nylon transparent, inspirés par l'étoile de David.
  • Liberia : Telfar Clemens, créateur de mode, a créé les uniformes du Liberia, rendant hommage à ses origines.

Focus sur le Libéro au Volley-Ball

Curieusement, le poste de libéro n’existe pas depuis si longtemps. Il a été créé en 1998 lors des Championnats du monde au Japon par la FIVB (Fédération Internationale de Volley-Ball). Jenia Grebennikov, à gauche en blanc, est le libéro de l'équipe de France de volley-ball. Ce joueur est le libéro. Quel est son rôle ? Il est là pour réceptionner et défendre et entre seulement sur la ligne arrière. Il peut entrer et sortir autant de fois qu’il le souhaite pendant la rencontre à la place de n’importe quel joueur.

Kageyama : Un Joueur Clé de l'Équipe Nationale Japonaise

Ancien élève du lycée Karasuno, où il occupait le poste de passeur titulaire, Kageyama a gravi les échelons pour devenir un membre clé de l'équipe nationale japonaise à seulement 19 ans, participant même aux Jeux olympiques de Rio en 2016.

Son parcours est marqué par une transformation personnelle significative. Initialement perçu comme un joueur solitaire et arrogant, Kageyama a appris l'importance du respect, de la tolérance et du travail d'équipe au sein de Karasuno. Il a compris que la confiance mutuelle est essentielle pour exceller dans ce sport.

Avant les qualifications, Kageyama a même eu l'idée d'observer le club de volley-ball d'Aoba Johsai. Déguisé pour ne pas être reconnu, il a suivi le conseil de Yachi en portant des vêtements de sport pour se fondre dans la masse. Cette démarche témoigne de sa volonté d'apprendre et de s'améliorer, même en observant ses rivaux.

Bien que Kageyama soit parfois remplacé par Sugawara, son rôle de passeur reste crucial.

Une conversation avec Eikichi Chigaya et les réflexions de Sugawara sur sa brouille passée avec ses coéquipiers au collège ont permis à Kageyama de réaliser qu'il pouvait lui aussi être dans l'erreur. Cette remise en question a été un facteur déterminant dans sa croissance en tant que joueur et en tant que personne.

L'entraîneur Ukai a souligné l'importance pour Kageyama de pouvoir communiquer ses idées à ses coéquipiers, tout en se demandant si ces derniers seraient capables de critiquer son jeu. Cette dynamique met en lumière les défis de la communication au sein d'une équipe de haut niveau.

Les citations de Kageyama, telles que "Seuls les gagnants peuvent rester sur le terrain" et "Je veux être dans le match", révèlent sa passion inébranlable pour le volley-ball et sa détermination à se battre aux côtés de ses coéquipiers.

Le créateur de Haikyū !!, Furudate, a choisi le nom de Kageyama en pensant à une "ombre forte" et au "vol", suggérant ainsi une destinée exceptionnelle pour ce personnage.

Le personnage de Yamaguchi illustre l'importance du service au volley-ball et les défis que rencontrent les jeunes joueurs pour maîtriser cette technique.

Les doutes et la nervosité de Yamaguchi, notamment lors des échauffements et des matchs importants, mettent en évidence la pression psychologique à laquelle sont soumis les athlètes.

Markettés comme des boys bands, les joueurs de volley-ball au Japon provoquent une furie contagieuse. Reportage au milieu des fans à Tokyo.

Quatre mètres. C’est la distance entre l’immense téléobjectif de Sonoko et le dos du n° 8 des Tokyo Great Bears qui s’apprête à servir. Elle l’a déjà shootée des milliers de fois, alors cette colonne vertébrale, elle la connaît par cœur. C’est celle de Masahiro Yanagida, l’étoile du club. Près de la baie de Tokyo, dans un Ariake Coliseum plein à craquer et rempli à 90 % de spectatrices, Sonoko fait des envieuses avec son siège au premier rang. Sur les 10 000 places que compte l’enceinte, elles sont vingt comme elle à profiter de chaises au bord du terrain. « À ma place, je suis un peu sur le côté, ça me permet aussi de voir son visage », précise-t-elle en réglant également une petite caméra qu’elle a fixée sur un trépied. Une affection méthodique qui rappelle celle que leurs fans portent aux idols, les stars de la J-pop.

Face aux Osaka Blazers Sakai, les supportrices tokyoïtes agitent des cartons fuchsia. En haut, en bas ou sur les côtés selon les indications du speaker. Des lames roses déferlent vers le terrain comme des vagues de love. Pliés en accordéon, les cartons sont ensuite frappés en rythme dans un bruit de crépitement XXL. La température monte encore quand l’écran géant qui surplombe le filet affiche un à un les profils des joueurs posant comme des mannequins en tenue de ville. Pour un peu, on dirait des spots Uniqlo. Les supportrices s’époumonent à chaque nouvelle apparition. Surtout quand vient le tour du n° 8. Ce défilé, c’est un incontournable chez les Great Bears, le club de Tokyo qui participe à la V.League, la première division masculine de volley-ball. Sho Nose, le responsable de la communication, résume : « Sur le terrain, on essaie de jouer vite car notre taille moyenne est assez basse. Ça crée beaucoup de spectacle. Et, indépendamment du résultat, on essaie surtout de faire passer un bon moment aux spectateurs en développant une atmosphère excitante avec des DJ et des MC. » Pour resserrer les liens en dehors du championnat, les Ours organisent aussi des événements « meet and greet » où, pendant quelques secondes, les fans peuvent saluer et échanger quelques petits mots avec les joueurs. Un classique du show-business japonais.

Assise à côté de sa mère au 5e rang, Mari est, comme Sonoko, une inconditionnelle de Masahiro Yanagida dont elle est membre du fan-club personnel : « Je l’ai découvert pendant la Coupe du monde 2015. J’ai adoré son magnifique service. Ce n’était pas que de la force, c’était aussi très fin. » Le match lui donne raison alors que le n° 8 se montre précieux pour que Tokyo fasse la course en tête. Et Mari a de qui tenir : « Ma mère a 60 ans et elle était déjà dans le même état d’excitation quand elle était étudiante dans les années 1980. » Une transmission ancrée dans le patrimoine japonais et qui trouve des racines encore plus lointaines.

En 1964, Tokyo accueille les Jeux olympiques. Inscrit au programme, le volley-ball est le premier sport d’équipe à proposer une épreuve féminine. Bonne idée du comité d’organisation, puisque, lors de ce premier tournoi, l’équipe du Japon, dont les joueuses sont surnommées « Les Sorcières », triomphe. Un exploit qui allait faire germer dans la tête de la mangaka Chikako Urano l’idée d’un manga sur le volley féminin. Il sortira en 1968 sous le nom d’Atakku Nanbā Wan (dont l’anime sera traduit en français « Les Attaquantes »). Le premier à provoquer un phénomène et qui sera suivi d’Atakkā Yū! en 1984 qui arriva en France sous le nom de « Jeanne et Serge » avec une héroïne aux cheveux orange à la teinte introuvable dans le nuancier Pantone. La romance autour d’un ballon de volley suscita tant de vocations en France qu’elle engorgea les clubs jusqu’à les contraindre à jouer les physios pour ne pas laisser entrer tout le monde.

Quarante ans plus tard, le succès du volley n’a jamais été aussi franc au Japon. La V.League a ainsi battu ses records d’affluence lors de la saison 2023-2024. Pour encourager les Great Bears, le public ne force pas trop sur les textes, comme dans tous les stades du monde. Les « Bears, shori o tsukame » (« Bears, saisissez la victoire ! ») criés pendant les temps morts du match semblent porter leurs fruits. L’équipe locale remporte le deuxième set sur un dernier service gagnant provoquant un hurlement digne d’une fin de concert. Le lien entre volley et musique vient assez logiquement alors qu’il a été développé à dessein par la télévision japonaise : pendant des années, les matchs de volley diffusés sur Fuji TV étaient ainsi précédés de clips des Johnny’s, le nom d’une agence formant des boys bands très populaires dans l’archipel. Des chanteurs à l’eau de rose prônant l’amitié et les sentiments. Une façade qui cachait cependant les agressions sexuelles commises par le patron Johnny Kitagawa et qui n’ont été révélées qu’après sa mort. Glauque. Mais quand l’affaire n’était pas encore sortie, l’image des volleyeurs s’entrelaçait à la perfection avec celle des chanteurs. Un mélange des genres profitable pour les sportifs, leur accolant une image glamour.

Dans l’engouement pour les manchettes, les smashs et les belles gueules, 2014 est assurément une année décisive. Journaliste pour le Sports Nippon Shimbun, Hiroshi Yanagida replace : « En 2013, l’équipe nationale japonaise avait échoué à se qualifier pour le Championnat du monde masculin. L’année d’après, ils ont tout changé en rajeunissant l’effectif. » Le plan est simple : le sport universitaire étant adoré au Japon, quatre étudiants sont promus en sélection, les Next 4, un blase de groupe. « Bons et beaux, ils ont immédiatement marqué les jeunes japonaises et on en a vu de plus en plus dans les tribunes », se souvient le reporter. Parallèlement, le manga de volley-ball Haikyū!! lancé en 2012 décolle*. D’ailleurs, Production I.G, qui produit l’anime, est l’un des sponsors actuels des Tokyo Great Bears. La machine s’autoalimente en permanence. Et les résultats suivent. L’équipe nippone s’est classée 3e en 2023 lors de la Ligue mondiale, une compétition qui rassemble les meilleures sélections. Elle compte notamment sur trois stars : Ran Takahashi, Yuki Ishikawa et Yuji Nishida. Avec 1,86 m, ce dernier est considéré comme petit. Mais sa détente verticale est digne de Shōyō dans Haikyū!!. En plus, le garçon s’est marié avec la réceptionneuse-attaquante de l’équipe japonaise Sarina Koga. Les fans en transe.

Alors que les Jeux en France se profilent, Mari avoue n’avoir toujours pas pris sa décision pour en être ou pas. Qu’importe, Team Japan sera assurément l’une des plus encouragées aux JO. Comme elle, on croise d’autres supportrices dans l’immense queue qui conduit aux toilettes pour femmes. Compulsant son téléphone, Misato montre sa messagerie Line, la plus populaire au Japon. Elle n’échange pas avec n’importe qui, mais avec le compte de Yanagida. Il est partout ! De retour dans les tribunes pour voir les Ours s’imposer, Mari sourit, mais n’est pas dupe : « On se rend compte que les volleyeurs sont désormais traités comme des idols. Les clubs et les joueurs ont compris que c’était une bonne façon d’attirer les gens. Mais le problème, c’est peut-être que les clubs et la ligue présentent maintenant les joueurs de façon trop personnelle. C’est presque comme si l’équipe n’existait plus. » La jeune femme appartient, elle, a une équipe solide : les otakus du volley.* Le 12 juin prochain sortira d’ailleurs au ciné le film Haikyū!!

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