L'Histoire du Maillot PSG Colette : Quand le Football Rencontre la Mode

Le Paris Saint-Germain (PSG), bien plus qu'un club de football, est devenu un véritable symbole de la mode et du style parisien. Représentant une ville capitale de la mode, le PSG se doit d'innover, d'inspirer et de refléter l'air du temps. Cette aspiration a conduit à des collaborations audacieuses et à des designs novateurs, marquant l'histoire du club et de ses maillots.

Depuis sa nomination en 2011, le président du club martèle la même ambition : faire du PSG l’une des plus grandes marques de sport au monde, une qui résonne et rassemble dehors les stades. Le PSG rêve en grand. De trophées européens mais aussi de conquête marketing mondiale. Il faut dire qu’entre temps, la tendance athleisure est passée par là, celle qui prône le vêtement de sport pour tous les jours. Fatalement, la mode qu’on dit d’en haut n’avait pas tardé à revisiter la panoplie du supporter. Façon de « faire peuple ».

En février 2013, le PSG dévoilait un logo tout neuf, qui réaffirmait sa filiation à la Ville Lumière. On avait effacé la date de création - 1970 - parce qu’elle sentait trop le frais, avec son âge pas même cinquantenaire. En revanche, on avait écrit « Paris », la sublime, la pleine d’histoire, en lettres bien grosses, reléguant « Saint-Germain » tout bas, en petit. Elément toujours central du logo, la Tour Eiffel est, elle, depuis presque toutes les communications.

« Paris symbolise la mode, le style, la créativité et l’énergie », pose Nasser al-Khelaïfi. « Nous voulons que le PSG embrasse ces valeurs, qui font la singularité de la ville. »

Aujourd’hui, il se fait voir en ville, flashy sur un jogging ou sage avec un jean.

La Mode à Travers les Siècles | MEGA EPISODE | SLICE HISTOIRE

« Les codes ont changé. Cet été, Virgil Abloh et Kim Jones révélaient même chacun une collection-capsule pour Nike, Gosha Rubchinskiy pour adidas, rapport au Mondial en Russie. Adoubé par l’élite créative, le foot convoque un nouvel imaginaire, à contre-pied du bar PMU et des bières qu’on siffle en hâte.

Puis voilà que le gratin médiatique mondial - sportifs de haut niveau (LeBron James, Stephen Curry, Ben Simmons, Kevin Durant, Jimmy Butler…), chanteurs (Jay-Z, Beyoncé, Rihanna, 6ix9ine, Lil Pump, Tyga, Ciara…) ou figures mode (Virgil Abloh, Kendall Jenner, Gigi & Bella Hadid, Naomi Campbell…) - porte beau le rouge et bleu ou se presse en tribune VIP. Des idoles qu’on adule, qu’on écoute, qu’on imite.

Les Collaborations Branchées du PSG

Ç’avait vraiment commencé au printemps 2014, les collab’ branchées. Avec une dizaine d’œuvres hommage et une ligne de produits dérivés, exposés chez colette. Pour conforter sa légitimité toute fraîche, le club a continué de collaborer avec l’avant-garde de la création parisienne. Des pièces offertes au regard des modeux du monde entier pendant la sacro-sainte Fashion Week.

La pré-collection Automne 2018 récidivait, en apposant le logo du club sur des survêtements, des chemises d’homme et des robes. « Koché porte dans son ADN un mix entre la Couture et le streetwear. Il était naturel pour moi de travailler avec ce club emblématique qui lie tous les parisiens et fans du PSG, quelles que soient leurs origines », explique Christelle Kocher.

« Le PSG a découvert un nouvel univers, celui de la mode. » À la rentrée 2018, le PSG s’était piqué d’audace et avait vu plus grand, avec un co-branding sans précédent.

« C’est une exclusivité, c’est ça qui est important. Ce n’est pas comme si c’était quelque chose de beau que quelqu’un avait déjà, tu en es l’unique détenteur », soufflait Thomas Meunier dans une vidéo de promotion de la collaboration. La valeur d’un objet est d’autant plus grande qu’il est rare.

Le communiqué de presse s’était enorgueilli, comme quoi c’était « une nouvelle ère dans l’alliance du football et du style ». « La rue, c’est de là d’où tout part. » Des modèles de la collection avaient été offerts en avant-première à une sélection pointue de personnalités ; ça avait renforcé le sentiment d’exceptionnalité. Sur les vedettes, l’ordinaire devient extra. Ici, Justin Timberlake en veste coach (lors d’un concert à Bercy).

Le 13 septembre, quelques dizaines de journalistes et influenceurs s’étaient serrés dans les entrailles du Parc, pour le lancement de la collection. Dans un décor tamisé, des danseurs se contorsionnaient sur une bande-son lo-fi hip hop, autour d’une installation à base de filets de buts qui se croisent et de paniers de basket éclairés par des tubes néons. Puis les spots crachaient leur lumière blanche sur Kylian Mbappé et Dani Alves, entourés de Wale, de Fabolous, d’Aleali May et des Twins, étendards de la culture street. C’était frais, bien senti. Comme l’ensemble du projet, abouti.

Quelques semaines plus tard, le frisson était à peine retombé quand le PSG et BAPE livraient main dans la main une collection streetwear ultra limitée. Sa production bien serrée, sa rangée de prix élevés (jusqu’à 750€ pour la doudoune) et sa distribution sélective avaient fonctionné comme des marqueurs de préciosité, créant de la survaleur, excitant la désirabilité.

Pour l’incarner, on avait tranché pour un visage street mais un peu niche, le rappeur Kekra. Un référent pour la jeunesse urbaine, le cœur de cible du PSG. « Cette collection s’adresse à une communauté qui aime le foot mais surtout la rue », commente Fabien Allègre. « La rue, c’est de là d’où tout part. Quoi de plus urbain que la ville de Paris. »

Dans la même veine, le logo du PSG s’était récemment décliné sur des planches de skate Primitive à Los Angeles, Andrew à Miami. La rue inspire, contamine. Elle dicte les goûts, les tendances. La nouvelle génération, celle qu’on appelle Y ou Z, lui emprunte ses codes esthétiques comme une norme.

Le PSG s’était associé à BAPE pour son identité territoriale, aussi. Le Japon et le PSG se ressemblent, dans leur approche créative. Question technicité, design et excellence.

En 2015, déjà, le club confiait la conception d’une collection à Hirofumi Kiyonaga, l’une des figures les plus influentes du streetwear nippon. Le PSG a étendu son univers et son expertise, vers plus de style, de savoir-faire, d’innovation.

Sur la seule année 2018, le PSG a inspiré une dizaine de collaborations, dont certaines exclusives à des marchés spécifiques, comme Edifice à Tokyo ou Dover Street Market à Singapour. Une volonté d’envelopper le monde tout entier.

Avec du Hello Kitty pour les adolescentes, du Levi’s pour le grand public, du Manish Arora pour les gens du luxe. Le PSG ne veut pas faire dans l’élitisme, le triage. Designé par la marque Jordan, partenaire du club de la capitale depuis plusieurs saisons, il entend "incarner la volonté des supporters et des athlètes de s’imposer avec assurance, sur et en dehors des terrains", selon la communication officielle du club.

Un "symbole d’appartenance et de fierté", toujours pour reprendre le discours du PSG, qui aurait donc une vocation sociale. Sachant que l’on part de loin au regard de la représentation historique de cette couleur dans la culture populaire.

L'Évolution des Couleurs et du Design des Maillots du PSG

En dix ans, le PSG n’aura joué sous ses véritables couleurs que durant… trois saisons. Le col est noir et blanc. La bande rouge est réduite et décalée sur le cœur, toujours sans liseré blanc. Le col est bleu nuit et blanc. Dorénavant, la bande rouge ne se prolonge plus dans le dos des joueurs. Le col est rond. Mais la bande rouge reste réduite et décalée sur le côté. Le col et les manches sont blancs. Le short est blanc avec une bande rouge et bleue sur le côté, les chaussettes sont blanches avec une bande rouge et bleue. Pour la première fois depuis 1994, le sponsor interrompt la bande rouge pour des questions de visibilité. Le col présente des petites touches de blanc et de rouge.

Moins de dix ans plus tard, hormis pour les spécialistes, il est impossible d’identifier le PSG à la vue de cette tenue innovante. Le short est bleu, les chaussettes sont bleues à bande B-B-R-B-B. Le col, arrondi, est bleu. Le col est bleu. Et à l’extérieur, Paris joue en… marron ! Le col est rouge et bleu. L’ensemble rappelle la marque LVMH.

Comme c'est désormais de coutume, les ténors européens disposent sur la scène européenne d'un haut collector pour marquer les esprits et doper le business. Par exemple, la Juventus Turin a joué en rose, le Real Madrid en noir et le FC Barcelone en jaune fluo la saison passée.

Il tranche radicalement avec les codes traditionnels du club en arborant une couleur chocolat, associée à des motifs en monogramme représentant à la fois la Tour Eiffel et la fleur de lys, clin d'oeil direct à l'univers du luxe parisien. Une première dans l'histoire du football français, et une étape fondatrice dans la stratégie lifestyle du PSG.

La version actuelle est proposée avec le flocage Pauleta en édition limitée, renforçant l'aspect patrimonial et émotionnel de cette réédition. En l'enfilant, les supporters rendent hommage à une époque et à un joueur qui a marqué l'histoire du club de son empreinte.

Avec cette réédition, le Paris Saint-Germain poursuit le développement de sa gamme Héritage, dans laquelle figure également la mythique tenue extérieure 2000-2001. Cette absence volontaire du Swoosh confère à l'ensemble un aspect encore plus intemporel, et distingue clairement ces rééditions des modèles portés en match.

Les motifs choisis, la palette de couleurs, l'absence de sponsor central, tout contribue à redonner à cette tunique son caractère unique. Il rend hommage à l'histoire visuelle du club, à la culture parisienne et à une légende comme Pauleta. Toujours disponible sur la boutique officielle, il s'impose déjà comme une pièce culte pour les fans.

Son nom et son numéro 9 floqués dans le dos évoquent une période intense du club, marquée par des hauts et des bas, mais surtout par l'attachement viscéral des supporters à leur équipe. L'« Aigle des Açores » portait avec fierté cette tunique atypique, et incarnait l'esprit de combativité que les tribunes réclamaient.

En 2001-2002, pour diverses raisons et au grand dam de Nike, la tenue n'avait pas été appréciée par Luis Fernandez et son staff. Et ses joueurs ne l'avaient portée que lors d'un déplacement à Marseille. Battus (1-0), les Parisiens ne l'avaient plus jamais remise... « C'est différent aujourd'hui, confie Luis Fernandez.

Dès mardi pour l'entrée en lice en Ligue des champions contre Malmö ? Cette possibilité a été évoquée mais n'était pas validée mercredi.

Focus sur la Collaboration PSG x Colette

Un symbole fort de la « branchitude » parisienne va fermer ses porte, le 20 décembre qui arrive. Après vingt ans d’existence, c’est bientôt la fin du concept-store ultra-tendance, courtisé par de nombreuses et grandes marques, à des fins de collaborations exclusives.

Les jerseys officiels PSG 2017-2018 se voient légèrement retouchés par colette. Et forcément, ça fait mouche. L’un est floqué du nom colette et du numéro 75, tandis que l’autre rend hommage à Neymar Jr. et à son numéro 10.

Ce set collector est dès à présent proposé à la vente, au tarif unique de 380 euros. Oui, vous avez bien lu, mais il s’agit avant tout d’un set exclusif, voué à être distribué en très peu de quantités. Autant dire que c’est là une page qui se tourne.

Annoncée dans le courant de l’été dernier, la fermeture définitive de colette est prévue pour le 20 décembre prochain. Ouverte il y a 20 ans, sous l’impulsion commune de Colette Roussaux et de sa fille Sarah Andelman, le concept store de luxe était entre autre réputé pour accueillir les derniers drops de sneakers en vogue, en marge de collections exclusives de créateurs de renom.

Mais déjà, en juillet dernier, au moment d’annoncer la conclusion de l’histoire colette, il avait été confirmé que « jusqu’au dernier jour, rien ne changera. colette continuera de se renouveler toutes les semaines comme d’habitude ».

Soit une pièce sur fond de noir, accompagnée soit du « Bleu Colette » iconique, soit de rose et le logo du concept-store (deux ronds normalement bleus, adaptables selon les circonstances). Produits en série limitée, ils sont vendus 380 euros aux clients de la célèbre boutique francilienne, sis au 213 Rue Saint Honoré, dans le 1er arrondissement de la capitale.

Les réactions des supporteurs, environ une quarantaine, ne se font pas attendre. La jeune femme passait par là avec une amie et s'est arrêtée lorsqu'elle a aperçu la petite foule devant la vitrine. «140 â?¬ ? Ce sera sans moi !» finit par lâcher par ce fan déçu.

Le Rose : Une Couleur qui Brise les Stéréotypes

Depuis plusieurs années, cette couleur a su mettre fin à tous les stéréotypes. C’est l’histoire d’une belle revanche. Après avoir embrasé l’Allemagne, avec en toile de fond un débat entre deux visions de la société presque irréconciliables, la tunique rose portée par la Mannschaft à l’Euro 2024 est devenue le kit extérieur le plus plébiscité de l’histoire de la sélection allemande.

Pendant longtemps, le rose a été souvent qualifié de "couleur de filles", en opposition au bleu, dévolu aux garçons. Pourtant, ce cliché n'a aucun fondement historique. Autrefois, le rose était ainsi considéré comme une teinte masculine, les rois étant souvent représentés dans cette couleur au Moyen-Âge, tandis que le bleu - couleur de la vierge Marie - était associé aux femmes.

« Dans les grandes lignes, le rose a toujours été une couleur aristocratique qui n’était pas genrée à la base, ça a évolué par la suite », explique Pierre-Alain Perennou, responsable éditorial du site spécialisé Footpack. Des réactions indignées qui mettent en lumière des stéréotypes de genre particulièrement persistants dans le sport. Mais pourtant bien éloignés de l’évolution des mentalités.

« On voit beaucoup revenir le rose dans les collections masculines, donc on s’éloigne vraiment beaucoup du côté girly », indique Albane Desazars de Montgailhard, analyste en tendance pour Tagwalk, un moteur de recherche destiné à la mode. Elle cite plusieurs grandes marques qui ont mis en avant le rose dans leur collection masculine lors de la dernière saison, comme Dries Van Noten (25 % des looks avaient du rose pour la collection printemps-été 2025), Gucci (17 %), JW Anderson (16 %), Hermès (10 %) ou encore Prada (8 %). Preuve que le rose est devenu extrêmement tendance pour la gente masculine.

En France, le premier club sportif à avoir cassé les codes est évidemment le Stade Français. Les rugbymen parisiens ont arboré leur fameuse tunique rose pour la première fois en 2005, à une époque - pas si lointaine - où le choix de cette couleur, aux antipodes de la virilité qui colle à la peau du rugby, était une énorme transgression.

« Je me souviens de la tête des joueurs adverses dans les couloirs du vestiaire. Je pense que c’est bien calculé », ajoute Pierre-Alain Perrenou. Et ça le fait grave parce que peu d’équipes l’ont comme couleur principale.

La Source parisienne acquiesce: « C’est une couleur qui vise un public plus jeune, plus fashion mais aussi plus street. Beaucoup de jeunes en Île-de-France portent des survêtements aux couleurs fluo ou flashy », constate le compte suivi par plus de 130.000 personnes sur X.

« Les mentalités évoluent. Les gens sont plus ouverts. Ce glissement est révélateur de la façon qu'a la mode de puiser dans la culture de rue pour créer des pièces familières et novatrices. Un sentiment d'appartenance à une équipe, une ville, une région.

L'essentiel donc, c'est qu'il soit « accessible », « ample » et « frais », pour celle qui en porte au moins 3 fois par semaine et en compte une quinzaine sur son portant. Ce qui l'a même poussé au blasphème... Mes potes du foot me vannent. Quand je parle à des gens qui sont à fond foot, la mode ça compte pas, mais il est juste incroyable. On me fait des compliments dessus dans la rue.

Ce n'est pas leur comparse, Pauline, étudiante en cinéma qui se sape ainsi « 70 % du temps », qui dira le contraire. « Quand j'étais petite, je prenais ceux de mon frère. J'ai évolué dans un collège, puis un lycée catho privé... M'affirmer c'est passé par ce style. En plus, je kiffe la mode depuis toujours, donc tout s'est emboîté. »

Reste à savoir comment porter cette collection d'une vingtaine de pièces tout en restant stylé. Gaëtan, un avis expert ? « La tendance, c'est plus les années 2000, surtaillé avec un tissu très souple, satiné, comme celui de l'OM 93. Tu peux aussi le porter en layering (superposition de couches). De venir le mixer avec ta tenue classique, avec laquelle tu te sens bien. ».

Les Sponsors : Un Baromètre de l'Économie Française

L’étude des marques affichées sur la poitrine des footballeurs permet de suivre l’histoire de l’économie française depuis la fin des Trente Glorieuses. Jersey sponsorship appeared at the end of the 1960s in the French first and second division leagues. The study of the brands’ names displayed on the chests of footballers reveals the history of the French economy since the end of the “Trente Glorieuses”.

Certains noms de sociétés, parfois disparues, semblent indissociables de l’identité d’un club comme Manufrance et l’AS Saint-Étienne. Il s’est malgré tout imposé et a vu défiler un grand nombre de noms de sociétés appartenant à des secteurs économiques très différents.

Pour l’ensemble de la période de la fin des années 1960 jusqu’à la saison 2021-2022, l’industrie agro-alimentaire est le secteur d’activité le plus représenté, à la hauteur de 14 % des sponsors présents (153 occurrences sur 1 087). Sans doute doit-on y voir l’importance de ce secteur dans l’économie française.

Par la suite, les sponsors liés à l’industrie agro-alimentaire reflètent également les difficultés que peuvent avoir les petits producteurs dans la mondialisation ; face à la concurrence.

Secteur d'Activité des Sponsors du Football Français
Secteur d'Activité Pourcentage des Sponsors
Agro-alimentaire 14%

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