Au loin, on entend la sirène de la moto de police qui ouvre le cortège. C'est le signal. D'un coup, les milliers de supporters ramollis par l'attente sous la chaleur de ce dimanche parisien se réveillent.
Ceux qui profitaient du peu d'ombre offert par la structure du Stade Jean-Bouin s'amassent avec les autres aux barrières métalliques devant le Parc des Princes, à quelques mètres de là. Dans un peu plus d'une heure, le Paris Saint-Germain y affrontera le Toulouse Football Club pour la troisième journée de Ligue 1.
Ça y est : le car du PSG apparaît. Certains fans n'apercevront qu'un cheveu de Marquinhos ou un coude de Kylian Mbappé. Peu importe, les portables se lèvent sous les clameurs de la foule. C'est à ce moment qu'il est bon de prendre quelques pas de recul et d'observer le dos de tous ces fans parisiens. Et de faire un constat : les flocages Neymar se comptent sur les doigts d'une main.
Ironique quand on sait que c'est face à ce même adversaire, il y a précisément deux ans, que Neymar avait conquis le Parc des Princes pour la première fois. Une masterclass d'entrée, conclue par deux passes décisives et deux buts, dont un superbe après une série de dribbles dans la surface toulousaine.
Elle n'y sera pas, cette action qui aurait mérité sa place dans le clip du top buts du PSG face au TFC, diffusé sur les écrans géants du stade avant la rencontre du 25 août 2019. Dans les vidéos du club ou sur les tenues des supporters, les traces de la plus grosse recrue parisienne ont disparu peu à peu cet été.
La faute à un feuilleton éprouvant autour d'un éventuel retour au FC Barcelone voulu par le joueur mais aussi aux bons souvenirs de l'attaquant en juillet dernier concernant la fameuse remontada contre le PSG. Depuis, le mercato s'est terminé et Neymar est toujours à Paris. Prochaine mission du club donc : réhabiliter son Brésilien.
À l'époque, le Paris Saint-Germain vient d'arracher Neymar au FC Barcelone en payant les 222 M€ de sa clause libératoire. Le lendemain de l'officialisation, les images de la file d'attente devant la boutique des Champs-Élysées font le tour du monde. Un record pour le club.
On est donc loin de la razzia du 4 août 2017. « L'arrivée de Neymar a été un formidable coup de tonnerre, poursuit Virgile Caillet. Elle traduisait la volonté du PSG de devenir un club à la renommée mondiale et confirmait le potentiel du club. Et elle a été très rentable.
Le Paris Saint-Germain tient « sa tête de proue » : « Neymar était dans la lignée des Zlatan Ibrahimovic et autres David Beckham », selon l'expert marketing. Au départ d'Ibra en 2016, le PSG dépassait les 500 000 tenues vendues. Trois saisons plus tard, la barre du million a été franchie, avec Neymar en première ligne.
« En termes de ventes, son départ se serait fait ressentir, même si aujourd'hui le produit phare, c'est Mbappé », prévient Virgile Caillet. L'attaquant français est devenu la vraie star du PSG. Paris a eu la chance d'attirer deux météores et que l'une d'elles ait pris le relais quand l'autre commençait à décliner. » Et la tendance ne risque pas de s'inverser. Le Brésilien ne fait qu'un timide retour au Megastore en ce début septembre. Ces demandes sont rares et émanent plutôt d'une clientèle étrangère, confie-t-on à la boutique.
C'est surtout à l'étranger que Neymar conserve son aura, même si la cote de Kylian Mbappé est exponentielle aussi. « Certes, l'image du Français progresse mais il n'a pas encore la même valeur que Neymar », relativise Virgile Caillet. Il n'y a qu'à se replonger dans les images du dernier Trophée des champions à Shenzhen, en Chine (remporté 2-1 par le PSG face au Stade Rennais, le 3 août).
Oui, les milliers de supporters chinois présents acclamaient Mbappé à chaque accélération, voire à chaque passe quelconque. Mais tous les yeux du stade ont bien vite délaissé le terrain quand Neymar s'est montré en loges en plein milieu du match, donnant lieu à des scènes surréalistes où des tribunes entières tournaient le dos à la pelouse pour prendre en photo le crack brésilien.
« Autant, en France, on peut s'interroger sur le cours des ventes, en revanche, à l'international, le nom de Neymar reste une marque iconique », analyse l'expert marketing. Autrement dit, les sponsors. Et là encore, l'arrivée de Neymar a fait passer un cap au club de la capitale, tout comme l'avait permis Ibrahimovic à l'époque.
Grâce au Suédois, les contrats de Nike et Fly Emirates étaient passés de cinq millions d'euros par an (à l'arrivée de QSI) à 25 millions. Dès la signature de Neymar, le Paris Saint-Germain avait sondé ses partenaires dans l'éventualité d'une renégociation des contrats. Deux ans plus tard, les Parisiens rivalisent avec les meilleurs clubs européens grâce à un nouveau partenariat avec leur équipementier Nike, estimé à 80 M€ par saison.
Preuve que le Brésilien est un élément phare de ce contrat, fin août, l'Instagram officiel du PSG a mis en story (photo qui n'est visible que l'espace de 24 heures) une publicité pour un gilet « PSG Jordan » porté par Neymar, drapé dans une bannière aux couleurs du club. Une image anodine il y a quelque temps mais assez extraordinaire en cette période où les informations sur son départ étaient de plus en plus insistantes et alors que le PSG effaçait quasiment Neymar de toute stratégie de communication. Voir la tête du Brésilien sur les publicités du club pourrait donc vite redevenir une banalité.
Car le club de la capitale va bien devoir faire briller à nouveau sa pépite. « Il faut que Nike et le PSG mettent en scène le Brésilien pour une réhabilitation progressive, insiste Caillet. « De son côté, Neymar devra envoyer des signaux, sinon d'amour, au moins d'affection pour le club et ses supporters, nuance-t-il.
Certains supporters avouent l'avoir chez eux mais ne plus jamais vouloir le porter. La plupart du temps floqué Mbappé, évidemment. Comme ils ne peuvent plus mettre la tenue du Brésilien, il faut bien en acheter une neuve.
Le Parc des Princes a vécu samedi l’une des soirées les plus étranges de son histoire. Après son exfiltration avortée du Paris Saint-Germain cet été, trois semaines après la première salve d’insultes et de banderoles incendiaires lors du match contre Nîmes, Neymar retrouvait pour la première fois le public parisien à l’occasion de la réception de Strasbourg. On s’attendait à ce que la Porte d’Auteuil se transforme en coupe-gorge pour le Brésilien et on n’a pas été déçu.
Samedi, le Parc a inventé la « Fiorèse inversée ». En 2004, l’ancien Parisien retrouvait son ancien club avec, sacrilège, la tunique de l’OM sur le dos, dans un stade incandescent bien décidé à lui faire regretter d’être un jour sorti du ventre de sa mère. Dans le cas du Brésilien, et c’est en cela que la soirée de samedi restera gravée dans les mémoires, c’est un des leurs - si l’on ose dire - que les ultras du PSG ont pourri de bout en bout. Ils ont tenu parole.
Pourtant, en arrivant au Parc des Princes sous un soleil à vous faire regretter la fin des vacances et les apéros entre potes, on pensait que les ultras allaient avoir à l’égard de Neymar une attitude indifférente, comme ils l’avaient laissé entendre en conclusion de leur communiqué. Mais on était passé à côté de la subtilité qui voulait que la tactique du « you’re dead to me » ne débuterait qu’à partir de dimanche…
Gambadant tranquillement sur le terrain pendant l’échauffement comme si l’été dernier n’avait jamais existé, c’est ensuite que Neymar a compris ce qui l’attendait. Dans le couloir qui mène à la pelouse, au moment de l’annonce de la compo d’équipe quand le speaker a scandé son nom « Da Silva Santos Junior… » et n’a eu droit en retour que sifflets et majeurs en érection.
Le virage Auteuil n’a même pas attendu que l’arbitre donne le coup d’envoi pour balancer un chant bruyant et sans équivoque « Neymar, hijo de puta ! ». Comme si le sac de la colère était trop lourd à porter et qu’ils ne pouvaient pas attendre une seconde de plus pour le vider. S’en est alors suivi des nuées de huées à chacune de ses prises de balle et le déploiement de trois banderoles assassines (étrange d’ailleurs que le PSG ait pu laisser passer ça au moment de la fouille).
- « 20 millions d’euros pour rejoindre Messi, pas de putain à Paris »
- « Neymar Sr, venda tu filho na vila mimosa »
- « Ton nom sur la Tour Eiffel, les millions d’euros sur ton compte, tes virées open-bar : bienvenu en enfer Caliméro »
En zone mixte après la rencontre, Keylor « les gants d’acier » Navas a esquivé nos questions et sorti la langue de bois à base de « on essaye de rester unis et de rentrer sur le terrain pour donner du plaisir à nos supporters. », tandis qu’Abdou Diallo jouait, lui, la carte « il est au-dessus de tout ça » : « C’est un grand garçon, il sait gérer ce genre de situation ».
En effet, c’est aussi l’impression qu’on a eue scrutant l’attitude de Neymar à la loupe. Le Brésilien a semblé faire fi de tout cela et on a retrouvé un joueur hyper fit, toujours aussi sexy balle aux pieds et se dépensant énormément pour un gars qui avait à peine un match et demi dans les guibolles cette saison. Et s’il n’a pas réussi à faire la différence avant la pause, c’est aussi et surtout parce que l’équipe parisienne tout entière était d’un niveau cataclysmique. Du rien enrobé dans du vide. Dans le public, à part le virage Auteuil qui est parvenu à se contenir, le reste du stade n’a pu que saluer le génie.
De quoi croire à un début de réconciliation ? Ce n’est pas impossible. D’autant que dans la foulée, au moment de revenir vers le rond central, Neymar a applaudi le Parc en retour. Pour ce qui est des ultras, on les plaint, les pauvres, partagés qu’ils sont entre la haine et l’inavouable admiration. Le genre de truc à rendre schizo le plus sain d’esprit des supporters parisiens.
Cette journée pas comme les autres ne pouvait pas se finir sans une apparition et une prise de parole publique du paria parisien. Et c’est ainsi que, dans une zone mixte étrangement clairsemée (nos confrères estimant sûrement que Neymar n’y pointerait probablement pas le bout de son nez), le héros du soir déboulait tout sourire pour nous donner son sentiment.
« On sait tous ce qui s’est passé [en référence à un été marqué par l’échec des négociations avec le Barça], je comprends que ce soit très difficile pour eux [les supporters parisiens]. Mais aujourd’hui je suis un joueur du PSG. S’ils veulent me siffler, il n’y a pas de problème. Moi je n’ai rien contre eux. Quand je suis arrivé ici ils m’ont fait une très belle fête et ça restera à jamais gravé dans mon cœur. Maintenant, à propos de ce qui s’est passé aujourd’hui, je sais que je jouerai tous mes matchs à l’extérieur. »
Et s’il n’a pas tenu, comme on lui a proposé parce qu’on est des gens adorables, à adresser un message particulier aux ultras du club, Neymar a habillement retourné contre eux leur propre principe « l’institution PSG est plus importante que n’importe lequel de ses joueurs » : « Je n’ai pas besoin qu’ils scandent mon nom ou qu’ils soient de mon côté. Je veux qu’ils soient avec le PSG. Ils disent que le club est plus grand que n’importe quel joueur donc ils n’ont qu’à oublier ce joueur et pousser l’équipe pendant 90 minutes. » Ça tombe bien, c’est ce qui est prévu.
Depuis le 4 août, date de la signature officielle de Neymar au Paris Saint Germain, 50 000 tuniques au nom du joueur brésilien ont été vendues, dont 11 000 le jour suivant l’annonce du transfert ! Mais cela contribue à renflouer les caisses du club, indéniablement. Au FC Barcelone, Neymar portait le n°11.
En plus d’Ibrahimovic, Neymar imite également son compatriote Ronaldinho, qui a passé deux saisons au PSG (entre 2001 et 2003) avant de prendre la direction de Barcelone. À cette époque, Ronnie portait en effet le fameux numéro 10. Neymar au Paris Saint-Germain, c'est fait. Après des semaines de rumeurs et de spéculation, l'attaquant brésilien du FC Barcelone a finalement tranché et portera désormais les couleurs du club de la capitale au prix d'un transfert record.
Si les supporters parisiens ont eu du mal à y croire -la rumeur d'une arrivée du joueur à Paris court depuis plusieurs années-, ils peuvent aujourd'hui se réjouir. Mais, en réfléchissant bien, auraient-ils pu anticiper et prévoir cette signature quelques mois en amont? de l'équipe nationale brésilienne. Un hasard? Pas du tout.
Il s'agit bel et bien d'«un hommage aux joueurs brésiliens qui ont fait la gloire du club», selon les mots du service de presse du club. Outre les anciennes gloires du club (Abel Braga, Valdo, Ricardo, Leonardo, Alex, Ronaldinho et plus récemment Maxwell), le club compte encore dans ses rangs plusieurs représentants de la Seleçao: Dani Alves, Thiago Silva, Marquinhos, Lucas ou encore, Thiago Motta -sélectionné en Italie, mais né au Brésil. Dans une année où l'on célèbre le Brésil, il aurait été logique de marquer le coup avec un transfert inoubliable.
Une fois la signature de Neymar actée, le 3 août 2017, certains supporters parisiens ont eu une révélation. Et si, en fait, tout était calculé depuis le début.

File d'attente devant la boutique du PSG lors de l'arrivée de Neymar en 2017.
Ventes de maillots de Neymar au PSG : un aperçu
Les chiffres de vente des maillots de Neymar au PSG ont connu des fluctuations importantes. Voici un aperçu :
| Période | Nombre de maillots vendus | Commentaire |
|---|---|---|
| Depuis le 4 août (signature officielle) | 50 000 | Forte demande initiale |
| Jour suivant l'annonce du transfert | 11 000 | Ventes record |
| Début septembre (après rumeurs de départ) | Faible | Demandes rares, surtout de clients étrangers |
Cette table illustre l'impact des événements entourant Neymar sur les ventes de ses maillots. L'enthousiasme initial a été tempéré par les rumeurs de transfert et les controverses.

Neymar présentant son maillot du PSG lors de son arrivée en 2017.