L'Histoire Épique du Maillot de Gardien de l'Équipe de France de Football

L'histoire de la tenue de l'équipe de France recèle de nombreuses anecdotes moins connues. Les succès de l’équipe de France ont longtemps été synonyme d’une large bande rouge porte-bonheur, avant que Nike et ses 50 millions annuels ne soient associés à la seconde étoile.

A l’instar du libéro en volley qui ne porte pas les mêmes couleurs que le reste de son équipe (Il est le seul joueur dédié uniquement aux tâches défensives), le gardien de but se distingue de ses coéquipiers par son rôle à part mais aussi et surtout par ses tenues.

Les Premiers Gardiens et Leurs Tenues

Les tout premiers jouaient dans les mêmes couleurs que le reste de l’équipe, avant que la FIFA n’impose en 1909 une couleur différenciée. Ils étaient la plupart du temps vêtus d’un chandail de grosse laine (comme Pierre Chayriguès en 1924) qui devait leur donner l’aspect d’un chien mouillé par temps de pluie, avec toutefois le blason du coq bordé dessus (comme Julien Darui à la fin des années 40).

Évolution des Tenues au Fil des Décennies

Au début des années 1950, au temps de René Vignal, la plupart des gardiens portaient encore une tenue unie plutôt neutre. Cette bande passera au blanc sur Claude Abbes lors de la Coupe du monde 1958. Celui de Dominique Baratelli, en 1972, arbore le logo du Coq sportif, juste avant l’arrivée d’Adidas. A noter que le portier français a les mêmes chaussettes (rouges) que ses coéquipiers, ainsi qu’un short noir.

Il sera encore porté par Joël Bats lors de l’Euro 1984. Les années 90 voient arriver un gardien atypique, Bernard Lama, qui joue systématiquement avec un bas de survêtement. Après Lama couvert de pied en cap, voici Fabien Barthez en mode short/manches courtes, même par les températures glaciales de France-Espagne en janvier 1998.

Anecdotes et Particularités

La FIFA (et l’UEFA) sont très regardantes sur les tenues que portent les joueurs lors de leur épreuve reine. Les choses étaient beaucoup plus simples une soixantaine d’années plus tôt. Mais cette cinquième coupe du monde a vu l’arrivée de la télévision et certains problèmes de couleur ont été mis en évidence. Les Français ont affronté (en rouge) les Yougoslaves (en bleu) et la retransmission a suscité beaucoup de critiques. En effet, les rares possesseurs de téléviseurs ont vu une rencontre opposant des joueurs en gris clair contre des gris foncé.

Pendant très longtemps, à de rares exceptions près, les joueurs qui débutaient les matches portaient des numéros allant de 1 à 11, sauf lors des phases finales où la numérotation était définie pour l’ensemble de la compétition. Mais les numéros sont aussi devenus un moyen de remerciements. Ainsi, Jacques Chirac s’est vu offrir un numéro 23 avant la coupe du monde 1998 (seuls 22 joueurs étaient sélectionnés) en tant que premier supporter des Bleus. En 2018, c’est le numéro 80 qui a été offert à Didier Deschamps lorsqu’il a atteint ce cap, devenant le sélectionneur le plus capé des Bleus. Récemment, l’entrée dans le club des centenaires a valu un numéro 100 à Olivier Giroud.

Les 20 Arrêts de Gardien les plus INCROYABLES de la Coupe du monde

Les Gardiens de But et Leurs Tenues Iconiques

Son surnom, l’araignée noire, fait référence à la tenue que portait le gardien russe, restée célèbre grâce à ses exploits et son Ballon d’Or obtenu en 1963. Habillé en noir de la tête au pied en sélection, à une époque où les seules couleurs autorisées pour les gardiens étaient le vert, le bleu, le rouge et le blanc ; excepté pour les matchs internationaux ou le jaune et le noir étaient autorisés. Le haut de pyjama le plus célèbre de l’histoire du foot.

Valentino Rossi et son casque illustré d’un dessin en référence à son surnom (The doctor) tiennent de qui s’inspirer. Le légendaire gardien paraguayen peut se permettre cette fantaisie, en plus d’avoir été élu 2 fois meilleur gardien de l’année en 1997 et 1998, il a marqué un total de 62 buts dans sa carrière professionnelle, dont huit lors de rencontres internationales et un coup du chapeau lors d’un match.

L'Importance du Maillot de Gardien

Un retour aux origines en quelques sortes qui ne porte pas chance au gardien français lors de la Coupe du monde 2010. En 2011, Nike teste sur lui une marinière aux allures de pyjama avant de revenir à du classique tout en jaune d’œuf ou rouge à l’Euro. Ce sera à peu près le même en 2014. Celui de l’Euro 2016 sera alternativement noir avec des manches violettes, jaune fluo (face à l’Allemagne) ou blanc (en finale contre le Portugal).

Ce dernier ne resservira qu’une fois, contre les Pays-Bas en août 2017 avec un résultat bien meilleur (4-0). Lors de ses vingt dernières sélections (depuis juin 2018), il a porté cette tenue 18 fois, ne la troquant qu’à deux reprises contre le rouge (contre la Suède en septembre 2020) et le gris (toujours contre la Suède, en novembre 2020). Le jaune lui porte plutôt chance avec 36 victoires et 7 défaites sur 51 matchs joués, devant le rouge (13 victoires et 3 défaites en 20 rencontres).

Les Accessoires du Gardien de But

Combien de gardiens de l’équipe de France ont porté une casquette en match ? Difficile à dire. On se souvient de René Vignal au début des années 50, pour ne pas être ébloui par le soleil, les matchs se jouant à l’époque l’après-midi.

Difficile de dater précisément l’apparition des gants. Claus Abbes n’en portait pas contre le Brésil en 1958, alors que Pierre Chayriguès, emblématique portier des années 20, en avait. René Vignal en avait aussi en 1954, au contraire de Laurent Di Lorto en 1938. A noter qu’à l’époque, les gants n’avaient rien à voir avec ceux d’aujourd’hui. Ils étaient fins, en laine et plutôt ajustés aux doigts.

Les premiers gants spécifiques semblent arriver au milieu des années 60, tels ceux que portait Marcel Aubour en 1966. Depuis, ils n’ont cessé de se perfectionner, et portent même le nom de leur propriétaire au niveau du poignet.

Les Gardiens de But les Plus Capés de l'Équipe de France

Deux chiffres pour commencer : 931 et 81. Le premier, c’est le nombre de matchs disputés par l’équipe de France depuis 1904 (en novembre 2025). Le second, c’est le nombre de gardiens de but qui se sont succédé sur cette période. La réalité est bien sûr très différente. Les deux premiers, que ce soit au nombre de matchs joués, au palmarès ou en talent pur, comptent 232 sélections, soit près de 25% du total ! Aux 145 de Hugo Lloris s’ajoutent en effet les 87 de Fabien Barthez.

Une autre statistique intéressante, c’est le nombre de matchs consécutifs joués par chaque gardien (la dernière colonne du tableau en bas de l’article). Ou plus précisément sa meilleure série. Le record est détenu depuis juin 1986 par Joël Bats avec 29 matchs consécutifs entre septembre 1983 et la demi-finale de la Coupe du monde 1986.

Si l’on se penche sur l’histoire des gardiens, il y a clairement trois périodes distinctes. Avant-guerre, ils sont pas moins de 28 à défendre les cages françaises, de Maurice Guichard en 1904 à Julien Darui en 1939. Soit 154 matchs, pour 475 buts encaissés. Pas terrible (3,08 buts par match en moyenne)... Chaque gardien occupe le poste en moyenne 5,5 fois.

Période Nombre de gardiens Matchs Buts encaissés Moyenne de buts par match
Avant-guerre (1904-1939) 28 154 475 3.08
1940-1983 30 273 N/A N/A
Depuis 1983 22 446 328 0.724

La deuxième période va de 1940 à 1983, soit 273 matchs. Elle compte 30 nouveaux gardiens (Julien Darui fait l’essentiel de sa carrière internationale après 1945, mais il a débuté en 1939) desquels émergent, outre Darui (25), Georges Carnus (36 capes à partir de 1963), François Remetter (26 à partir de 1953), Pierre Bernard et Dominique Baratelli (21), sans oublier Marcel Aubour (20) et René Vignal (17).

La troisième période, celle qui commence en 1983 et dure encore aujourd’hui, compte 446 matchs et seulement 328 buts encaissés (0,724). Et il n’y a plus que 22 gardiens, qui ont donc disputé près de 21 matchs chacun en moyenne... C’est là que se retrouvent les quatre plus capés dont j’ai parlé plus haut, mais aussi le cinquième (Maignan, 37), le septième (Mandanda, 35), le huitième (Coupet, 34) et le neuvième (Martini, 31).

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