L'histoire et la signification du maillot bleu de l'équipe de France de football

Indissociable de l’Équipe de France, le maillot bleu est utilisé depuis 1908. Il incarne une identité, un symbole de fierté nationale et une source d’émotions pour des millions de supporters. Chaque édition raconte une histoire, témoignant des succès sportifs tout autant que des échecs.

Ces tenues représentent bien plus qu’un équipement de jeu : elles marquent le passage à un niveau supérieur de la compétition. Pour les joueurs, il ne s’agit pas seulement d’une tunique à porter pendant les matches, mais bien d’un honneur. En effet, un joueur tel que Hugo Lloris a souvent fait part de l’émotion qu’il ressentait à revêtir les couleurs de son pays. Par conséquent, ces vêtements prennent une signification qu’ils ne peuvent avoir indépendamment de l’histoire qui les entoure.

Les centres de formation ont compris l’importance d’assurer une bonne transition entre le monde amateur et professionnel, en intégrant des programmes éducatifs qui mettent l’accent sur l’honneur de porter ces couleurs. Ces valeurs sont chères aux supporters, qui les vivent intensément lors des matchs, que ce soit dans les stades ou à la maison devant leur écran.

La passion pour le football transcende les classes sociales et les provinces. Des personnes issues de milieux différents se rassemblent pour célébrer l’amour du football et exprimer leur soutien. La couleur bleu royal, emblématique des Bleus, crée un sentiment d’unité et d’appartenance.

Les supporters expriment leur passion en allant dans les stades, en organisant des soirées dédiées aux matchs, ou en déroulant des banderoles colorées aux quatre coins des stades. Ce phénomène a également des implications sociales, car il rapproche les gens.

Pour terminer, plusieurs initiatives communautaires ont vu le jour pour promouvoir le football chez les jeunes. Ces initiatives sont essentielles pour garantir que le football continue à inspirer et à unir les générations futures.

Où sont passés les joueurs blancs en équipe de France ? La question que tout le monde se pose

Les origines du bleu et des autres couleurs

Avant d’arborer le bleu comme couleur dominante, L’Équipe de France a porté d’autres teintes principales. Les Français ont probablement porté ces couleurs pour la première fois le 23 mars 1908 face à l’Angleterre. Cependant, les photos d’époque étant en noir et blanc, on ne peut pas l’affirmer avec certitude. Les joueurs apportaient leur short et chaussettes.

Un peu plus tard, en 1906, les joueurs de l’Équipe de France ont affiché une autre couleur. Le rouge. C’est à l’occasion d’un match face à l’Angleterre que les Français ont dû évoluer avec ce coloris inhabituel à l’époque. La raison ? Et c’était de nouveau face à la sélection des Three Lions. Équipés d’un short blanc et des chaussettes rouges, les Bleus n’ont malheureusement pas pu se venger avec une nouvelle défaite (12-0).

Quelques mois après la fin de la Première Guerre mondiale, en 1919, la Fédération Française de Football naît. C’est lors de cette année que l’Équipe de France se voit imposer par Jules Rimet, le premier président de la FFF le bleu comme couleur principale.

Le drapeau français associe le bleu et le rouge, couleurs de la ville de Paris, au blanc, couleur de la royauté. C’est le marquis de Lafayette qui aurait obligé Louis XVI à porter pour la première fois une cocarde tricolore, le 17 juillet 1789, en signe de réconciliation entre le roi et le peuple. Mais dans ses mémoires, le maire parisien de l’époque, Jean Sylvain Bailly, affirme que c’est lui qui est à l’origine de cette cocarde.

Pour d’autres, ces trois couleurs étaient tout simplement très à la mode à l’époque, car elles faisaient référence au drapeau des États-Unis, nés à peine 13 ans auparavant.

A l’issue de la première guerre mondiale, les fédérations sportives gérant le football (USFSA, CFI) se regroupent sous l’égide de la FFF. A partir du milieu des années 1990, ces trois couleurs ne seront plus systématiquement utilisées. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution.

Raymond Domenech, sélectionneur des Bleus entre 2004 et 2010, a aussi influencé cette évolution. Il aimait, esthétiquement parlant, que son équipe évolue avec une seule couleur (bleu ou blanc).

Depuis que Nike est devenu l’équipementier des Bleus en 2011, il alterne les combinaisons de couleurs. Le bleu, blanc, rouge est pour l’instant utilisé lors des phases finales de Coupe du monde. Ces changements ont évidemment pour objectif de faire vendre.

D’où l’importance d’utiliser les couleurs nationales, ou historiques comme l’Allemagne qui joue en blanc, l’Italie en bleu, les Pays-Bas en orange...

Pendant la Coupe de France, certains clubs, y compris professionnels, ne portent pas toujours leurs couleurs habituelles, comme on a pu le voir avec des équipes telles que Guingamp, Nîmes ou Toulouse. Les équipes recevant doivent choisir entre le blanc et le rouge, tandis que les visiteurs peuvent opter pour le bleu, le jaune ou le vert. Cette directive est mise en place pour éviter que les couleurs des équipes ne se confondent sur le terrain.

Je ne connais que très peu d’exemples pour les sélections nationales. On pourrait quand même citer l’Angleterre qui a déjà joué en jaune (1973) ou bleu ciel (1992), ou l’Ecosse, dont j’ai déjà parlé, qui portait un modèle à motifs écossais entre 1994 et 1996.

Lors du dernier match face à la Hongrie, les deux équipes se sont présentées en blanc. Les Français ont déniché en dernière minute la tenue d’un club local, le FC Kimberley. Ces couleurs n’ont rien a voir avec celle du drapeau, mais cela aurait quand même du sens historiquement parlant.

On pourrait quand même citer l’Angleterre qui a déjà joué en jaune (1973) ou bleu ciel (1992), ou l’Ecosse, dont j’ai déjà parlé, qui portait un modèle à motifs écossais entre 1994 et 1996.

L’Allemagne évolue effectivement en blanc. Cette couleur a été utilisée dès le premier match de la Mannschaft en 1908. Le noir et le blanc étaient les couleurs impériales de la Prusse et le drapeau était à cette époque noir, blanc et rouge. Le jaune n’a remplacé le blanc qu’après la première guerre mondiale.

Pour l’Italie et les Pays-Bas, l’explication est la même. Il s’agit d’une référence aux couleurs des familles royales de ces nations : le bleu pour l’Italie (Maison de Savoie) et le orange pour les Pays-Bas (famille Orange-Nassau). On peut aussi citer l’exemple de l’Ecosse, dont la tenue de rechange est régulièrement composée de rose et de jaune.

Enfin, pour la petite histoire, le Brésil a attendu les années 1950 pour jouer en jaune. Le traumatisme de cette défaite a été si grand que l’équipe n’a pas joué pendant près de deux ans.

En mars 2013 face à la Géorgie, puis en juin de la même année face au Brésil. Il faut toutefois savoir que cette teinte avait déjà été utilisée dans les années 30.

Par contre, les marinières qu’a proposées Nike en 2011 (blanc avec des rayures bleues) et 2014 (blanc avec des rayures grises) pourraient prendre ce qualificatif.

Le Coq Gaulois : un emblème historique

Si sa forme a changé au fil des années, le coq a toujours été l'emblème de l'équipe de France de football depuis 1909.

Créée en 1904, l'équipe de France de football dispute les premiers matches de son histoire sans le coq. Celui-ci ne va faire son apparition qu'en 1909, au terme d'un conflit ponctuel entre l'Union des sociétés françaises de sport athlétiques (USFSA) et la Fédération internationale de football.

Chargée d'organiser des rencontres internationales, l'USFSA cède sa mission au Comité français interfédéral (CFI), qui, pour se démarquer, va choisir le coq comme symbole pour affirmer ainsi sa dimension nationale. En 1919, la Fédération française de football qui succède au CFI, choisit de conserver le coq comme emblème. Dans un premier temps, son écusson est blanc et rouge mais dans l'après-guerre, il va devenir brodé multicolore.

Très tôt, la FFF a pris l'habitude de broder sous la silhouette du coq un rectangle dans lequel est inscrit l'affiche du match et parfois sa date. Dans les années 1970, le coq devient entièrement doré avant qu'une étoile ne vienne s'ajouter en 1998, suite au titre de champion du monde de la bande à Zinédine Zidane.

En 1996, une mascotte nommée Jules est imaginée en prévision du Mondial en France pour soutenir les hommes d'Aimé Jacquet tandis que la mascotte de la compétition n'est autre qu'un coq appelé Footix, en référence au stéréotype des Gaulois dont le nom se terminerait systématiquement par «ix». Jules n'a eu qu'un succès très éphémère tandis que Footix est aujourd'hui devenu une injure pour se moquer de quelqu'un qui n'y connait rien sur un sujet.

L’Allemagne s’est choisi l’aigle comme animal, l’Angleterre le lion et l’Espagne le taureau. Mais qu’est-ce qui a bien pris à la France d’opter pour le coq, nettement moins chic ? D’abord, précisons que le coq n’est pas un symbole officiel prévu dans la Constitution. Son origine provient du latin gallus, qui signifie à la fois « gaulois » et « coq ».

Dès le Moyen-Âge, nos voisins associent l’animal, réputé stupide, fanfaron et colérique, aux Français… Il s’imposera pourtant peu à peu dans l’esprit de nos compatriotes, sous Louis XIV puis à la Révolution.

Comment le coq est-il devenu le symbole de la France ? Les Romains en sont à l'origine. Ils utilisaient le coq pour se moquer des Gaulois. Ce choix n'était pas le fruit du hasard. En latin, pour dire un Gaulois, on utilisait "Gallus" avec un g majuscule. Et pour un coq, on disait "gallus" avec un g minuscule. Ce symbole est donc né d'un jeu de mots romain.

Lors du siège de Gergovie, Vercingétorix a provoqué César en lui faisant porter un coq vivant. Il voulait faire passer le message que les Gaulois se battraient jusqu'au bout. Le lendemain, César invita alors Vercingétorix pour essayer de négocier et lui servit alors... le coq mariné dans du vin. Cette délicate attention resta en travers de la gorge du chef gaulois, très motivé.

Le coq avait porté chance aux Gaulois. Il a aussi porté chance à nos footballeurs. Les Bleus ont eu trois coqs comme mascotte : Peno en 1984 et on a gagné l'Euro.

Les Équipementiers et les Contrats

La première trace d’équipementier connue remonte au début des années 1920. Lors de la première victoire des Tricolores face à l’Angleterre, le 5 mai 1921, Ducim s’affichait comme l’équipementier de la sélection sur la photo de l’équipe victorieuse. A partir de 1923, c’est Allen qui reprend le flambeau en s’affirmant comme le seul « équipementier officiel de la FFFA » dans de nombreux tracts publicitaires.

A partir de 1955, c’est le Coq Sportif qui accompagne la sélection, mais cette information est sujette à débat. En effet, lors de la campagne suédoise de 1958, les deux marques s’affrontent à grand renfort d’encarts publicitaires dans le journal L’Equipe. Mais par la suite, on peut affirmer avec certitude que c’est le Coq Sportif qui collabore avec la FFF. Il a tout de même eu un intermède d’environ un an vers 1968-69 où c’est la marque Kopa, ligne de vêtements créée par l’ancien meneur de jeu des Tricolores, qui habille la sélection.

De nos jours, les contrats des équipes nationales avec les équipementiers atteignent des sommes considérables. En 1982, Adidas ne payait qu’environ 140 000 euros pour être l’équipementier de la sélection. Ce chiffre était de 6 millions d’euros lorsque la France est devenue championne du monde.

Les succès des Bleus ont bien entendu incité la marque aux trois bandes à prolonger avec l’équipe de France en revoyant régulièrement les chiffres à la hausse (presque 9 millions d’euros à partir de 1999, puis 10 millions cinq ans plus tard). C’est Nike qui a signé le premier très gros contrat avec une équipe nationale. En 1996, la marque américaine s’est unie pour 10 ans avec le Brésil pour 125 millions d’euros.

Mais les Brésiliens n’étaient pas les seuls à bénéficier d’un plus beau contrat que les Bleus. Profitant de cette bataille entre Nike et Adidas, et fort de sa place de vice-championne du monde en 2006, la FFF va lancer un appel d’offre qui débouchera début 2008 sur une victoire de Nike. Le contrat de 8 ans, à partir de 2011, offre aux Bleus 42 millions d’euros (plus gros contrat pour une équipe nationale).

En rugby, le Quinze de France a été l’une des dernières sélections nationales à céder à cette manne financière. Début 2018, la FFR a signé un contrat avec Altrad allant jusqu’en 2023 pour un montant d’au moins 35 millions d’euros. A cela s’ajoute, un accord d’équipement avec Adidas pour 5 millions d’euros annuels.

Les partenaires majeurs (Crédit agricole, EDF, PMU et Volkswagen) doivent payer un ticket d’entrée de 4 millions d’euros annuels. Ce prix leur permet entre autres de s’afficher sur les tenues d’entraînement et d’échauffement de la sélection.

Les Numéros des Joueurs

Le règlement impose également des restrictions sur les numéros des joueurs. Cette règle, différente des compétitions professionnelles où les joueurs peuvent choisir des numéros entre 1 et 99, renforce l’aspect traditionnel de la Coupe de France.

Cette utilisation s’est progressivement généralisée à tous les matches. Et effectivement, depuis cette époque, les joueurs cadres de la sélection conservent le même numéro toute leur carrière. Même si ce numéro ne correspond pas à leur poste. On a ainsi vu Marcel Desailly porter le numéro 8, alors que son rôle de stoppeur aurait plutôt dû l’orienter vers le 4.

Certains titulaires en puissance ont évolué toute leur carrière en Bleu avec un numéro qui les prédestinaient à un rôle de remplaçant.

Une étude récente expliquait qu’environ la moitié des flocages étaient personnalisés avec un patronyme sans lien avec un joueur. Par contre, pour les 50% restants, il est clair que le public crée une association entre un numéro et un joueur.

Par contre, en club, les numéros changent au gré des arrivées et départs des joueurs, ce qui n’est pas sans poser parfois des problèmes. En 2009, le Danois Nicklas Bendtner, qui évoluait à Arsenal, a décidé de changer son numéro 26 pour le 52.

Nicolas Anelka est le joueur qui s’est le plus démarqué en sélection, puisqu’il a porté le numéro 39 à partir de 2006. Le joueur attachait beaucoup d’importance à ce numéro, puisqu’en 2008 il a lancé une marque de vêtements sportwear qu’il a appelé 39Pro.

En 1981, Michel Platini avait également tenté de surfer sur sa notoriété et son fameux numéro 10 en lançant 10 Platini.

Enfin, la libéralisation dans l’utilisation des numéros peut servir à rendre hommage à un joueur. Par exemple, le gardien croate Drazen Ladic a porté le numéro 59, lorsqu’il a porté le record de sélections à ce chiffre en mai 2000 face à la France.

L'importance de l'écusson

J’attache de l’importance à l’écusson. Avec les changements constants d’équipementiers et de designs, je pense que c’est le seul élément qui pourrait rester stable dans le temps. Mais au cours des dix dernières années, le coq a eu trois représentations différentes, et l’une d’elle s’est même déclinée avec ou sans blason autour.

Cette idée d’ajouter un petit quelque chose caché peut être intéressante, même si je n’ai pas trop accroché à cette devise. La même idée a été utilisée par les Néerlandais mais avec la première phrase de leur hymne.

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