L'histoire et la signification du maillot blanc du PSG

Le football est une partie intégrale du sentiment patriotique pour de nombreux fans, et peu de clubs en France ont autant de fierté et de renommée que le Paris Saint Germain. Le club de football français le plus titré est évidemment le Paris Saint-Germain F.C.

La tenue du Paris Saint-Germain a, depuis la création du club en 1970, sensiblement évolué et connu un nombre significatif de changements. Issu de la fusion entre les clubs du Stade Saint-Germain et du Paris Football Club, le Paris Saint-Germain est officiellement créé le 12 août 1970. Ces deux couleurs, historiquement associés aux couleurs de la ville de Paris, donneront plus tard le surnom de Rouge et Bleu au PSG.

Les premiers logos du PSG

Depuis 50 ans, le logo du club a subi de nombreuses transformations apportant ou non une satisfaction visuelle aux yeux des supporters. Initialement, le premier logo du Paris Saint-Germain était dédié au Paris FC. Un ballon bleu et un nef voile au vent, présent sur le blason de Paris et symbole de la ville avec sa devise « Fluctuat nec mergitur », qui signifie en français « fluctue pas couler » .

Après la scission avec le Paris FC en juin 1972, le PSG, rétrogradé en D3, doit se réinventer et se reconstruire. Cela passe par un logo redessiné qui deviendra la base de ceux que nous connaissons désormais depuis 20 ans. Un écusson rond bleu avec une tour Eiffel rouge et liseret blanc. Entre les pieds de la tour on retrouve un berceau, celui de Louis XIV né à Saint-Germain-en-Laye et une fleur de lys, elle aussi en référence à la ville.

Si l’écusson en lui-même reste identique, c’est l’ajout du Parc des Princes en dessous, soutenant le logo parisien, qui fait son arrivée en 1982 de façon officielle. Si ce visuel était déjà utilisé dans du merchandising des années 1970, il n’apparaitra sur les blasons parisiens qu’à compter de cette date.

En soutien à la candidature de Paris aux jeux-olympiques de 1992, le PSG a arboré durant plusieurs mois un écusson à cette éfigie jusqu’à l’annonce des résultats avant de revenir au logo classique. En 1992, Canal+ devenu propriétaire du PSG 1 an plus tôt décide de refondre l’écusson parisien pour en créer un nouveau. En 3 lettres, exit la tour eiffel et les symboles de Saint-Germain, il est sur fond de couleurs « Hechter » avec Paris Saint-Germain inscrit en blanc sur noir au dessous.

Retour aux sources en 1995/96, synonyme de victoire européenne. On retrouve le logo des années 70 et 80 avec désormais un cercle blanc qui entoure le blason avec inscrit en bleu Paris Saint-Germain sur la partie haute et, pour la première fois, la date de création du club (1970). En 2002, la variante est plutôt légère. Le cercle est devenu bleu avec un liseret bleu en guise de séparation. Le bleu est plus foncé que le blason précédent.

Edition spéciale en 2010/11 pour le quarantenaire du Paris Saint-Germain. Un cercle doré avec 40 ans et 2010 inscrits viennent marquer la date anniversaire. En 2013, QSI propriétaire du PSG depuis 2 ans décide de modifier l’écusson du club à plusieurs niveaux. Exit le berceau de Louis XIV, une fleur de lys en or et plus grande prend désormais une placé prépondérante. Le bleu est plus vif et le PARIS est nettement plus visible en haut.

Depuis 2013, le logo du PSG n'affiche plus le berceau, ni l'année 1970, sous la tour Eiffel. Deux ans après le rachat du PSG par le Qatar en 2011, le logo a donc évolué. Les nouveaux propriétaires, voulant privilégier Paris à Saint-Germain-en-Laye, ont décidé de faire disparaître le berceau. C'est pourquoi le nouveau logo, depuis 2013, présente Paris écrit en lettres capitales au-dessus de la tour Eiffel. Elle a été "grossie et même dorée".

Évolution du logo du Paris Saint-Germain au fil des ans

L'ère Daniel Hechter et le design iconique

Celui-ci s'appelle « Hechter » du nom de celui qui l'a imaginé, Daniel Hechter, créateur de mode français qui a été président du Paris-Saint-Germain de 1974 à 1978. Le look « Hechter », c'est une allure linéaire. Un style que le PSG a adopté au début des années 70, lorsque le club accède à la Première Division. Un Championnat qu'il ne quittera plus, tout comme cet uniforme qui a suivi le club pendant près de 30 ans. Avant d'être revu, imité ou gâché.

Disparue en 2012, rétablie en 2020 à l'occasion des 50 ans du club parisien, la tunique Hechter sera de nouveau à l'honneur pour la saison 2024-2025. Ce dernier était simplement de couleur rouge de 1970 à 1973. « On appelait alors les Parisiens "les diables rouges" », explique Jean-Baptiste Guégan, auteur du livre Une histoire populaire du PSG (édition Hugo Sport). Le styliste repart de zéro, griffonne des lignes, intègre plusieurs couleurs.

« J'ai dessiné une dizaine de tenues en deux heures, et j'ai éliminé petit à petit celles qui me plaisaient le moins, se souvient Daniel Hechter. J'ai eu la même démarche que quand je dessinais mes collections. »« Je me suis inspiré du capot d'une Mustang que j'avais vu dans la rue » Le couturier l'a d'ailleurs imaginé « comme un spectacle ». « Pour moi, le stade, c'est l'opéra. Le sport est aussi un spectacle. Alors j'ai imaginé un costume pour ce spectacle. J'ai voulu quelque chose de très esthétique. » Il opte donc pour les couleurs de Paris, le bleu et le rouge, tout en gardant le blanc de Saint-Germain-en-Laye.

Cette identité visuelle tricolore a d'ailleurs été baptisée BBRBB (bleu-blanc-rouge-blanc-bleu). Et elle n'a plus quitté le club de la capitale. « Hechter a été un pionnier, c'était la première fois qu'un couturier s'intéressait et désignait le football, explique Jean-Baptiste Guégan. « Hechter ne venait pas de milieux industriels, il était créateur de mode, ce qui était rare dans le milieu du football à l'époque, indique Yvan Gastaut, historien du football. Il a pris le soin de relier les mondes du football, de la mode, de l'art et du design. »

La tunique de la montée en D1 Une tunique qui bouleverse donc le milieu du football de l'époque et qui accompagne la montée en Première Division du club en 1974 à la suite d'un match épique face à Valenciennes.

Le maillot Hechter, un classique indémodable

Évolution du design et des équipements

Cette tenue est associée à un short blanc, couleur de Saint-Germain-en-Laye. Principalement bleu marine, la nouvelle tenue comporte une large bande rouge verticale au niveau du torse, encadrée par deux liserés blancs. Le couturier affirme avoir trouvé l'inspiration en observant une Ford Mustang et sa large bande centrale sur le capot. « L’inspiration c’est comme la mode, ça vient tout d’un coup. On ne sait pas pourquoi. Dans la rue, j’ai vu une Ford Mustang avec sa bande centrale sur le capot qui se prolonge sur le toit et j’ai transposé ça. Seul l’Ajax Amsterdam avait une bande centrale ; certains ont d’ailleurs cru que je m’en étais inspiré, ce qui n’étais pas le cas.

Le club n'oublie toutefois pas la couleur rouge et opte pour une version alternative du BBRBB comme tenue extérieure, avec un rouge dominant et une bande centrale bleue. Ce design sera repris par Nike en 2019, à l'occasion des 50 ans du club de la capitale. La saison 1973-1974 est également la première où les sponsors et les équipementiers seront pleinement visible sur les tenues du PSG. Ainsi, Le Coq sportif est l'équipementier des Rouge et Bleu de 1970 à 1975, avant de laisser sa place à Kopa pour la saison 1975-1976. L'équipementier français récupère un contrat avec le PSG la saison suivante, puis laisse une nouvelle fois sa place en 1977-1978 au profit de Pony.

En 1989, Nike devient l'équipementier du club de la capitale, et le sera toujours en 2020. Toujours blanc, la tunique domicile comporte désormais une bande rouge et bleu en forme de Tour Eiffel partant de l’épaule gauche et allant jusqu'au bassin. Ce design est inspiré du logo de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques 1992. C'est à partir de la saison 1992-1993 que Nike va réellement vouloir se démarquer de ses prédécesseurs. La tenue extérieur est identique, mais le blanc et bleu sont inversés.

Après plusieurs tentatives d'innovation, Nike décide de revenir au modèle Hechter, qui reste unique pour les supporters. La tenue domicile ne changera plus jusqu'en 2001, seul le col subira quelques légères modifications. Il disparaîtra la saison suivante pour ne laisser que les tuniques Hechter et grise. Le sponsoring tend également vers une certaine stabilité. En 2001, Nike décide de poursuivre ses idées d'innovation et abandonne définitivement le bleu roi au profit d'un bleu nuit, tirant presque sur le noir. Le modèle Hechter est aussi, une nouvelle fois, abandonné.

La bande centrale rouge est considérablement réduite et déplacée au niveau du cœur. Ce modèle sera conservé pendant quatre saisons, au plus grand dam des supporters. Ces derniers iront même jusqu'à manifester devant la boutique des Champs-Élysées à l'été 2001. La tenue crème devient alors la troisième tenue. La marque à la virgule reviendra aux fondamentaux la saison suivante en proposant un Hechter traditionnel ainsi qu'un Hechter inversé. C'est la première fois depuis 1970 que le club abandonne la bande rouge. Enfin, à l'occasion des quarante ans du club, Nike décide de réhabiliter une nouvelle fois le Hechter lors de la saison 2010-2011 avec bande blanche légèrement déstructurée.

À partir de cette saison, Nike tentera de rester fidèle au Hechter, tout en modernisant ses designs. Lors de la saison 2016-2017, la bande centrale est remplacée par 14 fines rayures rouges bordées de chaque côté par deux fines rayures blanches, le tout faisant 16 bandes pour évoquer le 16e, arrondissement où se situe le Parc des Princes. Cette année-là Nike décline sa template chez tous ses Clubs phares ainsi que chez une grande partie de ses équipes nationales. Un principe qui sera une grande première mondiale.

La saison suivante, la marque à la virgule dévoile un domicile bleu avec manches et épaules bordeaux, tout en conservant une fine bande rouge sur le torse. La saison 2018-2019 marque le début d'une collaboration entre Jordan, filiale de Nike, et le club de la capitale. Les dirigeants s'engagent donc avec la marque américaine jusqu'en 2021. Pour leur troisième saison exclusive avec le Jumpman, le club finaliste de la dernière Ligue des Champions fête ses 50 ans. Les couleurs sont donc le bordeaux pour le torse accompagné d’une touche de noir et de blanc au niveau des épaules et d’une note de doré sur le logo Jordan et sur l'écusson.

Lors de saison 2021-2022 le Paris Saint-Germain signera pour sa quatrième année consécutive avec Jordan. Il sera blanc avec des touches de rose pâle, les tout avec des motifs de fleur des lys formées par des numéros représentant la ville de Paris. Il reprenaient tous la virgule de Nike et la forme de lignes horizontales et déformées. Ces lignes étaient soit légèrement plus foncé, soit légèrement plus clair que la couleur d'origine. Encore une fois, les mains reprennent tous la même forme :des lignes arrondies qui partent dans tous les sens. 2 jaune, 2 vert et 2 gris clair.

Les maillots du PSG à travers les époques

L'importance des supporters et le retour du Hechter

Au cœur de la tribune Auteuil, Le 21 juillet dernier, Michaël Tommasi est debout au moment où le PSG et le Celtic Glasgow font leur entrée sur la pelouse verdoyante du Parc des Princes. Membre du bureau du Collectif Ultras Paris, « Mika » sait que ce match amical face aux Ecossais relève d’un double enjeu pour les ultras parisiens. D’une part, montrer à la France entière que les supporters peuvent se rendre au stade tout en respectant les gestes barrières après la polémique qu’il juge disproportionnée.

Cela faisait près de vingt ans, depuis la saison 1999/2000, que les plus attachés aux symboles du club espéraient la retrouver. Une longue attente, expliquée surtout par les excentricités de Nike à ce niveau mais aussi par le conflit ouvert entre les ultras et le club lors de la mise en place du plan Leproux en 2010 rendant le dialogue à ce sujet impossible.

Pour des raisons de santé ou d’engagements pris en amont, seuls Cyril Dubois et Mickaël Tommasi peuvent se rendre au siège du Paris Saint-Germain à Boulogne-Billancourt. À l’intérieur, dans l’une des salles du bâtiment, le directeur de la communication du club, Jean-Martial Ribes, les reçoit en compagnie des référents supporters ainsi que des représentants et designers américains de Nike. Le but ? Montrer en direct à des gens qui ne connaissent pas grand-chose à l’histoire du club - et qui pensent avant tout business - ce qui compte réellement aux yeux des supporters du PSG.

Et ça marche. Je leur ai dit que quand j’étais en voyage, à 300 mètres, je pouvais d’ores et déjà reconnaître un supporter de Liverpool. Les discussions se poursuivent, la bande rouge historique qui traverse le dos est écartée assez rapidement à cause des normes de l’UEFA. Ce qui n’empêche pas Mickaël Tommasi d’en remettre une couche : « Moi, j’en avais un peu rien à foutre de leurs statistiques économiques. Je leur ai dit qu’on pouvait comparer avec d’autre clubs qui sont économiquement bien placés. Le Real, ils jouent en blanc ? Oui. Le Barça, ils ont leurs couleurs traditionnelles à domicile ? Aussi. Tous les grands clubs ont cela, sauf nous. Si eux s’en sortent, pourquoi pas nous ? Il n’est pas orange ou violet, il est rouge et bleu. C’est l’histoire du club, de notre ville. Les designers américains, ils ne sont pas vraiment au courant de ça.

Les deux hommes ne peuvent alors absolument pas mesurer l’impact de ce qui vient de se produire. Ils savent simplement déjà que, pour des questions de délais, leurs remarques ne pourront pas êtres prises en compte pour la saison 2019-2020 à cause du temps de fabrication. « On était un peu déçus, mais on a eu une bonne surprise en voyant ceux qui sont prévus pour cette saison des 50 ans, complète Mickaël Tommasi. C’est une belle victoire, vu qu’en plus il est magnifique. Honnêtement, je ne sais pas si cette réunion a vraiment compté dans leur choix, mais le rendu nous plaît. »

Même Daniel Hechter en personne, malgré le logo qui coupe la bande sur le devant, le trouve « à peu près fidèle » . C’est celui que les supporters historiques du club aiment et veulent, conclut Cyril Dubois. Nous, on a fait ce qu’on a pu à notre niveau, mais c’est maintenant à tous les fans du PSG et au club de faire en sorte que ça ne reparte pas dans deux, trois ans sur d’autres motifs.

Une tendance qui ne ravit pas les supporters de la première heure du club parisien, tant l’histoire derrière cette tenue est iconique dans le football français. Le designer n’a qu’une contrainte de couleurs : le blanc pour les couleurs de Saint-Germain-en-Laye et le bleu et rouge, couleurs royales symbolisant la capitale.

C'est avec cet ensemble que le club parisien s'inscrit dans l'élite française, sans remporter pour autant ces premiers titres.

Le PSG réédite le maillot siglé RTL de 1975

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