Tensions au Vestiaire du PSG : Luis Enrique Face aux Frustrations Croissantes

L'histoire du football regorge de situations similaires à celle que vit le Paris-Saint-Germain actuellement. Même le PSG de Luis Enrique, censé symboliser une oeuvre collective, ne déroge pas à la règle. Il suffit de quelques résultats jugés décevants pour que les langues se délient et que les mécontents se lâchent.

Actuellement deuxièmes de Ligue 1 après 22 journées, les Parisiens s’apprêtent à disputer une double confrontation face à Monaco en barrages de Ligue des Champions. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le club de la capitale n’a jamais été autant déstabilisé qu’aujourd’hui depuis bien longtemps.

Même si aucune crise sportive ne semble poindre du côté du Parc des Princes, encore largement capable de réaliser une saison pleine de titres malgré l’élimination en Coupe de France, des frustrations sont nées dans le vestiaire parisien qui semble frustré ces derniers temps.

Manager autoritaire, le technicien espagnol connaît le refrain : si les victoires ne s'enchaînent pas, la lassitude et la grogne gagnent du terrain, puis finissent par pointer le bout de leur nez en dehors du centre d'entraînement.

Samedi soir dans le vestiaire parisien, Luis Enrique n’a rien dit. Comme il le fait souvent, l’Espagnol ne débriefe pas la rencontre avec ses joueurs, ne fait pas de commentaires sur la prestation de son équipe, surtout après une deuxième période plus qu’insipide contre le FC Nantes (1-1), qui aura vu Paris faire tourner le ballon comme jamais en L1 mais sans idée, sans frisson. Comme si les maux de la Ligue des champions venaient se transposer au championnat.

Sur le banc, l’ancien sélectionneur de l’Espagne a montré des signes d’agacement, comme en témoignent ses nombreux gestes au cours du match mais surtout ce coup pied dans une bouteille au coup de sifflet final. Une manifestation d’humeur qui aurait pu paraître anodine si l’objet n’était pas arrivé tout près du Carré VIP, où se trouvent les invités du PSG et les membres importants de la direction parisienne.

Dans le vestiaire du PSG, il n’y a pas de conflits profond, assurent RMC. Bien au contraire, les joueurs seraient unis… contre le critiques venant de l’extérieur.

Dimanche matin, les révélations de L'Équipe au sujet des états d'âme d'Ousmane Dembélé et de Presnel Kimpembe ont lancé la vague. Parmi ceux qui ne sont pas toujours en phase avec la méthode Luis Enrique, les deux champions du monde 2018 sont parmi les joueurs les plus en colère. L'ancien joueur de Barcelone juge injuste la manière dont il est traité publiquement par Luis Enrique.

Kimpembe, lui, ne comprend pas ce qui l'empêche de se retrouver dans le groupe le week-end alors qu'il est apte depuis plus d'un mois. Auprès de certains salariés, il émet également des réserves sur le management du club ces derniers mois.

Ces sensations sont partagées par plusieurs éléments du vestiaire. Parmi eux figurent des joueurs très influents, qui ont l'impression de se retrouver dans un jeu vidéo où l'entraîneur utilise une manette pour les manipuler sur le terrain. Certains regrettent le manque d'échange avec un entraîneur jugé « fermé aux changements », « dogmatique », notamment sur les transitions offensives et constatent un manque de travail des coups de pied arrêtés défensifs.

« Il est fort pour parler en conférence de presse et envoyer de grandes phrases contre ses propres joueurs, explique un proche du vestiaire. Mais en face, il est toujours plus doux que ce qu'il vous dit. Il peut, par exemple, consoler un joueur après une mauvaise prestation, et le critiquer quelques minutes après en conférence de presse. Deux personnalités qui agacent. »

À titre d'exemple, Gonçalo Ramos a été un sujet régulier lors des conférences de presse durant son absence sur blessure mais Luis Enrique n'a jamais caché qu'il ne l'attendait pas comme le messie. Samedi, après le nul contre Nantes, il s'en est servi pour dire que ce n'était pas mieux avec un véritable numéro neuf, tout en feignant l'ironie.

Luis Enrique pendant un match. Source: Eurosport

Divergences et Manque d'Investissement

En effet, depuis qu’Ousmane Dembélé a mis la main sur ce manque d’investissement de certains joueurs en comparaison à la saison dernière, les avis divergeraient dans le vestiaire parisien. Incertain pour le match aller contre Monaco ce mardi, le Ballon d’Or en titre peut néanmoins compter sur l’appui de certains cadres au sein du vestiaire parisien, comme l’a souligné Canal+ ce lundi soir.

En effet, dans le Late Football Club, les journalistes de la chaîne cryptée ont affirmé que Marquinhos et Vitinha sont absolument sur la même longueur d’onde que Dembélé. Ainsi, plusieurs leaders tirent la sonnette d’alarme sur le manque d’investissement de certains joueurs par rapport à la saison dernière, même si aucune prise de parole publique en ce sens n’a encore été faite par les deux hommes.

Toujours selon les dires des journalistes de Canal+, Marquinhos aurait fait part de son mécontentement sur certaines situations qui auraient dû être mieux jouées lors de l’élimination face au Paris FC en Coupe de France.

Voilà les propos d’Ousmane Dembélé qui ont déchaîné les réseaux sociaux après la défaite face à Rennes vendredi dernier (3-1) : « Je pense qu’on doit mettre plus d’envie, on doit surtout jouer pour le Paris Saint-Germain pour pouvoir gagner des matchs. Parce que si on joue tout seul sur le terrain, ça ne va pas aller, on ne va pas gagner les titres qu’on veut ».

Des propos lourds de sens et qui n’ont forcément pas donné le sourire à Luis Enrique, qui s’est fendu d’une sortie sèche pour désamorcer cette polémique après le match.

Les Cas Skriniar et Kolo Muani

L'origine des réprimandes est à chercher dans les trois marchés des transferts de l'ère Luis Enrique. Les joueurs ne sont pas naïfs, ils observent le comportement de leur entraîneur - et du club en général - envers leurs coéquipiers. Et une question en ressort : « Que fera le club le jour où le coach aura décidé qu'il fallait se passer de moi ? »

Les cadres les plus anciens ont vu Marco Verratti être exfiltré au Qatar et Neymar en Arabie saoudite parce que Luis Enrique ne voulait plus d'eux. D'autres ont vu, à l'été 2023, le conseiller sportif Luis Campos conditionner les prolongations du « Petit hibou », de Marquinhos ou de Kimpembe à l'insertion d'une clause liant leur rémunération aux nombres de matches joués. Des orientations qui ont laissé des traces et fait naître des inquiétudes. Mais tant que les résultats suivent, tout le monde suit.

Prenons deux cas concrets : le premier concerne Milan Skriniar (29 ans). À l'été 2022, le Paris-Saint-Germain, via Campos, est prêt à envoyer une offre de 70 M€ pour faire venir le défenseur. À l'époque, c'est le défenseur qu'il faut, pensent les dirigeants. Certaines voix, en interne et en externe (notamment celle d'Antero Henrique), se sont élevées pour ne pas payer une telle somme alors que le joueur pouvait arriver libre un an plus tard.

La suite de l'histoire ? Une signature sans indemnité en 2023 - avant que Luis Enrique n'arrive -, une première année à 32 matches toutes compétitions confondues et un entraîneur qui décide l'été dernier qu'il n'entre plus dans ses plans (5 apparitions en L1 cette saison).

Vient enfin le dossier le plus illisible du moment : Randal Kolo Muani. Un achat de 90 M€, en 2023, pour un attaquant qui n'a même plus le droit de quitter le banc les soirs de match, ni même de s'échauffer dans l'espoir de gratter quelques minutes au bout du bout (103 minutes en Ligue des champions cette saison, 322 en Ligue 1 dont 33 seulement depuis la mi-octobre).

Pour le moment, l'international français de 25 ans (27 sélections, 8 buts) ne s'en est jamais plaint publiquement mais, en privé, il ne cache plus son désarroi. Ses proches au sein du vestiaire sont alignés : eux non plus ne comprennent pas qu'il soit cantonné à un rôle de figurant.

Le système secret de Luis Enrique qui a transformé le PSG

Réactions et Défis Futurs

À la veille du déplacement à Auxerre, l'entraîneur du PSG Luis Enrique a balayé les nombreuses rumeurs de tensions au sein du vestiaire parisien et répondu aux critiques sur son management strict.

Les tensions existent pourtant bel et bien: selon les informations de RMC Sport, Luis Enrique a pris la parole devant son groupe mercredi pour désamorcer les crispations naissantes chez ses joueurs. Devant les journalistes, il a tout de même préféré nier toute rumeur.

Luis Enrique traverse une mauvaise passe avec le PSG. Icon Sport/M.i.S./Bernd FeilSamedi soir dans le vestiaire parisien, Luis Enrique n’a rien dit.

« Ca fait déjà plus de 30 ans que je suis dans le monde du foot et je ne vais pas perdre mon énergie avec ce qui se dit dans la presse. Ce n'est pas ma bataille. Ma bataille, c'est aider l'équipe et représenter mon club. Lorsque je parle de laver son linge sale, je veux dire que vous m'entendrez difficilement dire du mal d'un joueur publiquement. Si je le fais dans le vestiaire, c'est quand je dois le faire, c'est l'endroit où je dois le faire et j'essaie de faire mon travail du mieux possible. Mais je ne vais pas entrer dans les spéculations concernant les mensonges et les fausses rumeurs. Je ne sais pas qui toutes ces rumeurs peuvent intéresser. Moi non, ça me touche très peu. J'apprends ces rumeurs pendant la réunion avec les chefs de presse. Pour moi, c'est triste parce que c'est faux. Tout ça, c'est faux. Mais bon, il y a des choses qui vendent du papier. Je suis très content du travail que je fais et je me concentre sur les choses que je peux contrôler. »

Dans le même esprit, Achraf Hakimi avait lui aussi répondu à sa manière en invitant les détracteurs à se taire lors de sa célébration.

Finalement, cet épisode pourrait bien avoir l’effet inverse de celui recherché : renforcer encore un peu plus la cohésion du groupe dirigé par Luis Enrique.

À la veille du barrage retour PSG-Monaco en Ligue des champions, Luis Enrique a haussé le ton. Dans l’auditorium, le regard était fixe, la voix posée mais ferme. Luis Enrique n’a pas voulu entendre parler de gestion ou de calcul, malgré le succès 3-2 décroché à l’aller sur la pelouse de l’AS Monaco.

Pour lui, le scénario est clair : « On est dans une compétition différente mais après le match il y aura une équipe éliminée. Monaco va commencer le match avec un but de retard. Le coach du Paris Saint-Germain insiste sur la gestion émotionnelle. « Nos supporters le savent. Il faudra savoir gérer ces moments. La meilleure manière de gérer c’est de faire comme d’habitude. Il n’y a pas de résultat à défendre, il y a un match à gagner. »

En clair, pas de calcul frileux, pas de repli stratégique. Autre onde de choc : l’absence d’Ousmane Dembélé. « Dembélé ? Non, il ne sera pas là demain. S’il y a un joueur qui n’a pas fait l’entraînement de pré-match, ce n’est pas possible de jouer demain. Nous ne voulons prendre de risque avec aucun joueur. Le message médical est clair, la prudence prime. Dans le même registre, Fabian Ruiz et Senny Mayulu manqueront également à l’appel.

Plus qu’un duel tactique, ce PSG-Monaco s’annonce comme un combat de nerfs. Luis Enrique le sait : la Ligue des champions ne pardonne aucune baisse de tension. Paris avance avec un but d’avance, certes, mais surtout avec une obligation : affirmer son statut. Mercredi soir, le Parc jugera.

Après la qualification en huitièmes de finale de Ligue des Champions, décrochée mercredi soir face à l'AS Monaco, l'entraîneur du PSG Luis Enrique a tenu un discours ambitieux en conférence de presse.

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