Pour tous les inconditionnels de la balle orange, le Madison Square Garden, la mythique salle des New York Knicks, est un véritable sanctuaire. Un parquet que tout joueur professionnel rêve de fouler un jour - et que pourrait, un jour prochain, découvrir l'éphémère Veynois Louis Labeyrie.
Louis Labeyrie a commencé le basket à Veynes lorsqu'il était minime. Huit ans plus tard, le voilà sélectionné par la plus célèbre des équipes de NBA, les New York Knicks.

Une ascension fulgurante
Celui qui a amorcé sa carrière dans le petit club haut-alpin a vu son nom être appelé dans la nuit de jeudi à vendredi, à l'occasion de la Draft (une soirée où les clubs NBA sélectionnent des jeunes joueurs pour intégrer leurs effectifs). Louis Labeyrie a été choisi en 57e position par les Indiana Pacers, avant d'être transféré dans la foulée à New York, dans la plus emblématique des franchises nord-américaines.
Une évolution fulgurante pour ce natif de la région parisienne, qui a débuté le basket à 14 ans, à Veynes. "Il n'avait jamais touché un ballon, se souvient Daniel Callebaut, le président de l'époque. Mais déjà, pour un garçon qui faisait plus d'1,90m, il avait une très bonne coordination, il était très délié. Et surtout, il apprenait très rapidement."
L'ancien président de l'US Veynes assure d'ailleurs que "si nous n'avions pas existé, peut-être que Louis n'aurait jamais fait de basket. Sa maman a élevé seule ses trois fils et n'avait sans doute pas les moyens de l'amener jusqu'à Gap." Le petit Louis survolera le championnat - et ses adversaires - tout au long de la saison, avant de rejoindre le centre de formation de Fos-sur-Mer. C'est là qu'il y façonnera les contours de sa carrière, des cadets France au banc de la Pro B à 18 ans, avant de rejoindre Hyères-Toulon, puis, l'année dernière, la Pro A avec Paris-Levallois.
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Un pas de géant vers la NBA
La sélection de Louis Labeyrie par les New York Knicks ne signifie pas pour autant qu'il ira rejoindre le fort contingent de joueurs français en NBA dès l'année prochaine. Mais c'est un pas de géant pour ce jeune intérieur, âgé de 22 ans et sélectionné avec l'équipe de France A' - même si, pour l'heure, une blessure à la main l'empêche de s'entraîner avec les Bleus. Du haut de ses 2,09m, il peut contempler le chemin parcouru depuis "son" village des Hautes-Alpes, où sa mère et ses frères vivent toujours.
"Nous l'avons d'ailleurs élu, il y a deux ans, meilleur espoir de la Ville, se souvient Daniel Callebaut. C'est une certaine fierté pour nous de le voir monter si haut." Et l'ascension de Louis Labeyrie n'est sans doute pas encore terminée...
Suivi par les recruteurs NBA
Suivi depuis plusieurs années par les recruteurs NBA, ce sont finalement les New York Knicks qui ont jeté leur dévolu sur le longiligne intérieur du Paris-Levallois. La franchise, désormais présidée par la légende du basket américain Phil Jackson, a offert un contrat non-garanti à Louis Labeyrie. Ce qui signifie que ce dernier ne devrait pas, dans l'immédiat, rejoindre les États-Unis.
Toujours sous contrat avec Paris-Levallois - et encore un peu frêle pour se confronter aux "bêtes" physiques outre-Atlantique - il devrait poursuivre sa carrière sous les couleurs du club francilien au moins une année de plus. Et continuer son apprentissage aux côtés de Gregor Beugnot, l'un des entraîneurs les plus reconnus en Pro A.
Il est probable, en revanche, de le voir lors des Ligues d'été, qui permettent aux franchises nord-américaines de tester leurs jeunes joueurs.
Un potentiel immense
Tous ceux qui l'ont eu entre les mains sont unanimes : la principale qualité de Louis Labeyrie, c'est sa faculté d'adaptation et d'apprentissage au-dessus de la moyenne. "C'est une éponge, dit de lui Rémi Giuitta, entraîneur du Fos Ouest Provence Basket, qui a eu Louis sous ses ordres trois saisons. Il a une capacité d'apprendre les choses, et de les reproduire par la suite qui est exceptionnelle. Il a un côté "pâte à modeler" qui n'est pas donné à tout le monde. Son parcours, de Veynes jusqu'à la NBA aujourd'hui, est juste magnifique. Et nous sommes ravis que Fos ait été une belle étape dans sa progression."
L'ascension de Louis l'a emmené jusqu'au Paris-Levallois Basket, où il a connu quelques difficultés à s'imposer. "Mais il doit sa sélection à sa bonne deuxième partie de saison, confirme Jacques Monclar, conseiller du président du PLB et consultant phare du basket sur le petit écran. Louis, c'est un jeune joueur de 22 ans, athlétique, physique, qui a encore une grosse marge de progression. Après, il ne faut pas s'enflammer. Un second tour de draft, cela veut simplement dire que les Knicks vont le mettre en couveuse. À lui désormais de démontrer qu'il mérite sa place, et qu'il assume les progrès qu'il a réalisés tout au long de la saison. Mais je suis ravi pour lui."
Un sentiment partagé par Rémi Giuitta. "Tout le mérite lui revient, glisse-t-il. Lorsqu'il est arrivé à Fos, on espérait de Louis qu'il soit un futur grand. Au centre de formation, nous avons beaucoup de jeunes qui ont du potentiel, mais peu "d'élus". Il fait partie de ceux-là. Je suis très content pour lui, mais pas forcément surpris, au vu de son parcours fulgurant. C'est un jeune qui est promis à l'équipe de France dans les années à venir." C'est tout le mal que l'on souhaite à Louis Labeyrie...
La SIG Strasbourg : Une nouvelle étape
C'est avec l'objectif de constituer l'équipe la plus compétitive possible que la SIG Strasbourg annonce, après les prolongations de Jérémy Leloup et d'Olivier Cortale, sa première recrue de l'intersaison avec la signature pour deux saisons de Louis Labeyrie. Elu meilleur sixième homme de la saison passée en ProA, Louis Labeyrie est un poste 4 de 2m09 en provenance du club de Paris-Levallois, avec lequel il s'est hissé en demi-finale des Playoffs 2017.

Formé à Fos-sur-Mer, le jeune intérieur (25 ans) a passé trois saisons dans son club formateur en étant, au passage, élu meilleur Espoir de ProB en 2011. Attirant alors les projecteurs sur lui, il signe l'année suivante à Hyères-Toulon découvrant ainsi la ProA. Auteur d'une bonne année avec 9,1pts et 6,5rbs, il finit troisième au classement du meilleur jeune de ProA et deuxième joueur ayant le plus progressé de la saison. Une récompense méritée pour le natif de Gonesse.
Vice-champion d'Europe avec l'équipe de France U20 en 2012 aux côtés de Rudy Gobert et Axel Toupane, il a montré au fil des cinq dernières années une évolution constante lui permettant d'être l'un des meilleurs JFL du championnat. Sa sélection au second tour de la Draft NBA en 2014 (57ème position) par Indiana, avant d'être envoyé à New York, ne lui garantissant pas de contrat, il avait fait le choix de rester en France pour poursuivre sa carrière.
Présent aux Summer Leagues en 2016 et 2017 avec New York, il avait pu montrer toutes ses capacités sans pour autant obtenir de contrat. Lui qui compte 25 matches d'Eurocup et 15 d'Eurochallenge à son actif avec Paris-Levallois, découvrira une troisième compétition européenne avec la SIG Strasbourg. Très athlétique et dominateur aux rebonds, il fait partie des joueurs apportant une énergie considérable à son équipe des deux côtés du terrain.
Retenu dans la liste des 18 du Team France Basket pour la préparation à l'Euro basket 2017, il était l'un des joueurs les plus courtisés durant cette intersaison.
L'impact de la Draft NBA 2014
Cette draft 2014 a permis à deux français d'être draftés par des franchises NBA : Damien Inglis par les Milwaukee Bucks avec le #31 pick et Louis Labeyrie par les New York Knicks via le #57 pick des Indiana Pacers. Avec ces deux joueurs, le nombre de français draftés en NBA depuis 1960 est dorénavant de 25.
Damien Inglis était attendu dans ces eaux-là, choisi juste après la fin du 1er tour (et donc des contrats garantis), Inglis va avoir fort à faire pour se faire une place au sein des Milwaukee Bucks. En effet, la franchise est déjà bien fournie au poste 3 avec bien sûr l'apport de Jabari Parker, le #2 pick de cette draft. Le joueur de 19 ans, qui évoluait à Roanne la saison dernière (4,6 points, 3,6 rebonds), va devoir exposer ses qualités cet été pour faire sa place dans la plus mauvaise équipe de la NBA.
Pour Louis Labeyrie, la situation est toute aussi compliquée. Tout d'abord, il a bien failli ne pas être drafté vu qu'il a été choisi à la 57éme position (sur 60). Le pivot avait inscrit son nom à la draft 2013 mais il avait préféré se retirer pour s'aguerrir une saison de plus en NBA. Son année s'est plutôt bien déroulée avec 6,4 points et 3,7 rebonds de moyenne avec le Paris-Levallois.
Comme Inglis, il va jouer son avenir en Summer league mais plus étonnant, il a été précisément ciblé par les New York Knicks. En effet, la franchise de Phil Jackson a acheté le #57 pick aux Indiana Pacers pour drafter l'intérieur français de 22 ans. Alors quel est le plan des dirigeants new yorkais avec lui ? On ne sait pas vraiment mais il a sûrement une belle carte à jouer.
On suivra attentivement l'avenir de nos derniers français arrivés en NBA lors de la prochaine Summer League, ils joueront leur avenir.
Les Français à la Draft NBA : Un aperçu historique
Ce jeudi soir, on va vivre un grand moment d'histoire avec la sélection de Victor Wembanyama en première position de la Draft NBA. Une belle occasion pour revenir justement sur l'historique des Frenchies à la Draft.
Son nom ne vous dit peut-être rien, mais Jean-Claude Lefebvre est bien le premier Français à avoir été drafté en NBA. Le pivot de 2m21 pour 127 kilos (!) fut en effet sélectionné au neuvième tour de la Draft 1960, en 64e position exactement, par la mythique franchise des Minneapolis Lakers (aujourd'hui Los Angeles Lakers).
Né Olivier Saint-Jean puis prenant le nom de Tariq Abdul-Wahad après sa conversion à l'islam, celui qui a été sélectionné en 11e position de la Draft 1997 restera pour toujours le premier Français à fouler les parquets de la Grande Ligue. C'était le 11 novembre 1997 lors d'une rencontre opposant les Kings - sa nouvelle équipe - au Miami Heat en Floride. Tariq Abdul-Wahad a ensuite réalisé six saisons en NBA, de Sacramento à Dallas en passant par Orlando et Denver. Il totalise 236 matchs en saison régulière dont 145 comme titulaire, pour des statistiques de 7,8 points, 3,3 rebonds et 1,1 passe.
Exactement une décennie après Tariq Abdul-Wahad, on a vu pour la première fois un Français être sélectionné dans le Top 10 de la Draft. C'était Joakim Noah, drafté par les Bulls avec le neuvième choix en 2007. Encore dix ans plus tard, Frank Ntilikina est devenu à son tour le joueur français drafté le plus haut dans l'histoire, après sa sélection par les Knicks en numéro 8.
Si les meneurs Frank Ntilikina et Killian Hayes n'ont pour l'instant pas répondu aux espoirs accompagnant leur statut de Top 10 de Draft, il y a un autre Frenchie qui a surpassé toutes les attentes jusqu'à marquer l'histoire du basket français. Vous l'avez deviné, on parle de Tony Parker. Le meilleur Frenchie all-time a été sélectionné en 2001 à la fin de premier tour par les San Antonio Spurs, avant de s'imposer rapidement comme le meneur titulaire sous Gregg Popovich et un membre du Big Three aux côtés de Tim Duncan et Manu Ginobili.
Lors de la Draft NBA 2016, pas moins de cinq Français sont sélectionnés par les différentes franchises, un record. Guerschon Yabusele est celui qui a vu son nom être appelé en premier (16e choix, Boston Celtics), suivi ensuite de Timothé Luwawu-Cabarrot (24e choix, Philadelphia Sixers), David Michineau (39e choix, New Orleans Pelicans), Isaïa Cordinier (44e choix, Atlanta Hawks) et Petr Cornelie (53e choix, Denver Nuggets). Une belle brochette donc, même si seulement trois d'entre eux ont foulé un parquet NBA depuis.
