Fonctionnement de la loterie NBA : Tout ce que vous devez savoir

La NBA a décidé de s'attaquer au problème du "tanking", une pratique où les équipes perdent intentionnellement des matchs pour améliorer leurs chances à la draft. La ligue explore plusieurs pistes pour modifier le système actuel, notamment en ce qui concerne les protections de picks et la loterie elle-même.

Ce mardi aura lieu la 38e loterie NBA de l’histoire. Rien de neuf pour les vieux loups du basket-ball, dont le fonctionnement de cette soirée est déjà acquis. Mais pour les autres - aux connaissances plus mesurées - la rédaction de TrashTalk a contacté le professeur Sebastiano Drafto, un Chilien de 57 ans qui n’existe pas, titulaire d’un doctorat en explications synthétiques de l’Université de Boulogne.

La Loterie NBA est une cérémonie annuelle qui se tient en mai, à Chicago, et précède d’un bon mois celle de la Draft. Elle vise justement à déterminer l’ordre des choix de draft entre les quatorze équipes n’ayant pas accédé aux Playoffs.

Elle ne concerne que quatorze équipes ! Pas de cas de figure représentatif cette année. Les 9e et 10e de chaque conférence n’ont pas réussi à accéder aux Playoffs par le play-in tournament. Mais la saison dernière, les Cavaliers avaient terminé 8e de saison régulière… et se sont fait sortir au play-in tournament par les Hawks !

Principes de la loterie NBA

La loterie est un tirage au sort inéquitable. Toutes les équipes n’ont pas les mêmes pourcentages de chances de tirer le gros lot (le 1er choix de la prochaine draft). Plus le bilan d’une équipe est mauvais, et plus elle aura de chances de drafter haut.

Pour illustrer ce propos, rien de mieux que le fabuleux tableau du site Tankathon. Petite précision, vous pouvez constater que le choix de Chicago va pour l’instant au Magic. Pourquoi ? Eh bien car les Bulls ont donné leur choix à Orlando lors d’un précédent échange. Autre exemple, le choix des Mavericks est protégé 1-10 : si Dallas obtient un choix hors Top 10, alors ce dernier ira directement aux Knicks.

Les pires bilans de NBA sont les grands favoris pour tirer les plus hauts choix de draft. Mais ce n’est pas aussi rangé : les trois pires bilans ont autant de chances de tirer le first pick et d’obtenir un choix du Top 4. Cela pour éviter que les mauvaises équipes « tankent » trop pendant la saison régulière, c’est-à-dire qu’elles fassent exprès de perdre pour obtenir les meilleurs pourcentages à la loterie de fin de saison - et finalement drafter très haut.

Cette saison, alors qu’ils jouaient le Top 10 - et donc une qualification pour le play-in tournament - les Dallas Mavericks ont rangé Luka Doncic, Kyrie Irving, Tim Hardaway Jr., Maxi Kleber, Josh Green et Christian Wood au placard sur les deux derniers matchs de régulière.

Ah oui. En terminant 11e de la Conférence Ouest, les Mavericks ont 3% de chances de tirer le first pick, et 13,9% d’obtenir un choix du Top 4.

Mais quand vous dites « 3% de chances » toussa toussa, comment - concrètement - la NBA procède-t-elle pour respecter les pourcentages lors de son tirage au sort ?

Fonctionnement du tirage au sort

Le système de la Loterie est super simple. La NBA utilise des balles de ping-pong, numérotées de 1 à 14. Ces balles vont être placées dans un tambour qui va tourner pendant 20 secondes. Au bout de 20 secondes de mélange, une balle sort du tambour : le premier numéro est le 11. Ensuite, on prend les mêmes boules (sans le 11) et on recommence. Le second numéro est le 7 !

Au total, il y a 1001 combinaisons possibles. L’équipe qui possède la combinaison finale, celle de quatre chiffres, repart avec le first pick.

Non ! Ce processus de tirage au sort (déterminer une combinaison de quatre chiffres) est réutilisé pour les deuxième, troisième et quatrième choix. Le reste de la draft se déroulera dans l’ordre du classement de la saison régulière.

Le 8e pire bilan - si pas inclus dans le Top 4 - draftera en 8e position ou plus bas. Eh oui, illustration : si les Mavericks, qui ont 30 combinaisons à disposition, n’obtiennent pas de choix du Top 4, et que le Thunder, qui n’en a que 17, obtient un choix du Top 4, alors le Thunder va doubler les Mavericks qui vont perdre une place et ne sélectionner qu’en 11e.

C’est un principe simplissime. Tu as une pile de bouquins, tu enlèves celui du bas pour le mettre tout en haut : l’avant-dernier sera désormais dernier.

Quatorze personnalités, choisies directement par les franchises. Elles ont souvent (toujours) un lien très étroit avec les franchises qui les envoient : GM, anciennes gloires, joueurs actuels, directeur des opérations basket, président… everything’s possible.

On se souvient du « F**K YEAH ! » de Alvin Gentry - alors entraîneur des Pelicans - quand son équipe a tiré le first pick en 2019.

Le Français Victor Wembanyama est annoncé comme l’un des meilleurs prospects de tous les temps. Mais l’équipe qui tirera le 2e choix sabrera elle aussi le champagne : Scoot Henderson - qui a évolué cette saison avec l’Ignite Team en G League - a tout d’un phénomène.

4 minutes pour tout savoir de la loterie de la draft NBA

Dans la nuit de mardi à mercredi, prise d’antenne à 1h30 sur la chaîne Twitch de TrashTalk, pour le début de la Loterie à 2h30. Et si vous voulez les images de l’évènement, c’est sur ESPN ou l’application « WatchESPN ». Autrement dit, armez-vous d’un bon VPN et ne cherchez surtout pas un site pirate qu’en tant que média, TrashTalk ne pourrait pas vous recommander. Ce serait vraiment pas chouette. N’allez pas non plus en navigation privée pour minimiser l’ouverture de fenêtres pop-up sur ce site pirate.

Récentes amendes et surveillance du "tanking"

Le système de loterie et de draft en NBA, qui récompense les moins bonnes équipes avec les meilleurs jeunes joueurs, "ne fonctionne pas", a déploré le commissionnaire Adam Silver samedi, ciblant le tanking pratiqué par certaines équipes, qui perdent volontairement des matches.

La NBA a infligé jeudi pour cette raison une lourde amende d'un demi-million de dollars au Utah Jazz, et de 100.000 dollars aux Indiana Pacers, un signal envoyé par Adam Silver.

"La pratique a empiré ces dernières années et c'est ce qui a mené à ces amendes", a expliqué le patron de la NBA lors d'une conférence de presse à Los Angeles, en marge du All-Star Game prévu dimanche.

"On va surveiller de près ces comportements et on voulait prévenir les équipes".

Silver a toutefois reconnu que le système en place "ne fonctionnait pas" et incitait même à recourir à ces pratiques antisportives.

La Draft NBA : Une porte d'entrée pour les jeunes talents

La Draft est un concept typiquement américain, que l’on retrouve dans les 4 sports majeurs, et donc forcément, la NBA. Première étape pour la plupart des futures stars de la NBA, la Draft constitue pour beaucoup d’équipes le point de départ d’une potentielle période de succès.

Le principe ? Chaque équipe sélectionne à tour de rôle un joueur dans un ordre prédéfini bien précis. Ces joueurs sont issus du système universitaire américain, la NCAA, mais également des joueurs de l’étranger. Ils doivent être âgés d’au moins 19 ans durant l’année civile de la Draft (donc être nés avant le 31 décembre 2001), ou, dans le cas des joueurs dits internationaux (ceux de l’étranger), il doit s’écouler un délai de un an entre la dernière année de lycée et l’année de présentation à la Draft. Les internationaux sont toutefois automatiquement éligibles dès l’âge de 22 ans.

Pour définir cet ordre de sélection, on distingue les 16 équipes jouant en Playoffs et les 14 non qualifiées. Les 16 ayant fait la post-season disposent des choix 15 à 30, dans l’ordre inverse du bilan de chaque équipe. Cette année, le plus mauvais bilan parmi les équipes était le Orlando Magic (33-40) quand le meilleur était celui des Milwaukee Bucks (56-17).

Pour les équipes n’étant pas qualifiées en Playoffs, le format est différent.

La Loterie ne s’applique que lors du premier tour.

On évoquait tout à l’heure le fait que Milwaukee ne choisirait pas de joueur en trentième position malgré le fait qu’ils aient de droit ce choix. Par exemple en 2018, les Hawks d’Atlanta ont envoyé Luka Doncic, choisi en troisième position à Dallas en échange de Trae Young (choix 5) et le tour de Draft 2019 des Mavs protégé top 5.

La Draft a également des expressions, des termes et des rituels qui lui sont propres, et sont nécessaires pour comprendre de manière parfaite son fonctionnement.

Termes et expressions clés

  • Protection : option que peuvent prendre les équipes qui échangent leur choix.
  • Swap : échange de choix entre deux franchises.
  • First pick : premier choix de Draft.

Les choix de Draft sont soumis à la règle Stepien, qui énonce qu’on ne peut échanger ses choix de Draft deux années consécutives.

Si l’on échange son choix sur l’année 1, on ne pourra le faire que 2 ans plus tard lors de l’année 3. Pour contourner cette règle, les équipes effectuent ce qu’on appelle un swap. C’est simplement un échange de choix entre deux franchises.

Le premier choix de Draft est appelé le first pick. Les projecteurs sont de fait très souvent braqués sur lui, et si d’une manière générale il répond aux attentes (LeBron James, Hakeem Olajuwon, Tim Duncan ont été des first picks), d’autres ne l’ont pas été (Kwame Brown, Andrea Bargnani, Anthony Bennett).

Ce n’est pas parce que l’on dispose d’un choix de Draft pas très haut placé que l’on ne peut pas faire un grand coup. Pourtant All-Star et double défenseur de l’année, Rudy Gobert n’a été appelé qu’à la 27ème position de la Draft 2013, une place plus haut que Tony Parker en 2001. Notons aussi Lance Stephenson (#40), Nikola Jokic (#41), Isaiah Thomas (#60) mais bien sûr, et c’est le plus marquant, Manu Ginobili, choisi en 57ème position en 1999.

La Draft est importante tant pour les équipes que les jeunes joueurs. Pour les jeunes, il s’agit comme évoqué précédemment de la porte d’entrée en NBA. Pour les équipes, c’est l’occasion de renforcer son équipe ou même de choisir sa star de demain.

La Draft peut faire changer une équipe de dimension, mais il arrive que certaines fassent de mauvais choix regrettables encore aujourd’hui. En 1984, Portland utilise son deuxième choix pour sélectionner le pivot Sam Bowie. Les Chicago Bulls ne se sont pas fait prier, et ont choisi en troisième position un certain… Michael Jordan.

La Draft 2023 et Victor Wembanyama

Comme chaque année, la draft est le rendez-vous d'avant-saison à ne pas manquer en NBA. Voici le fonctionnement de cette soirée exceptionnelle, où les meilleurs jeunes joueurs de la planète basket sont sélectionnés pour intégrer les clubs de la NBA.

La draft se déroule toujours fin juin (dans la nuit du 22 au 23, à 2h du matin), après la finale de la NBA. Les fans du championnat américain vont enfin savoir qui seront les joueurs sélectionnés par leur club préféré. Pour les basketteurs, c'est l'occasion d'entrer dans la cour des grands.

Le Barclays Center de Brooklyn, à New York, est le lieu choisi pour cette soirée de gala.

Les équipes ayant connu des difficultés au cours de la saison précédente ont l'occasion de se renforcer lors de la draft. Cela permet de réduire les écarts avec les clubs ayant triomphé. Il faut rappeler que la relégation n'existe pas en NBA. Ce sont les mêmes franchises qui s'affrontent d'années en années.

On retrouve les meilleurs joueurs des universités américaines, de la fameuse G-League, et des championnats étrangers, soit 84 nouvelles promesses potentielles. Si l'on fait le calcul : 84 propositions de joueurs et seulement 58 heureux élus, on se retrouve avec 26 joueurs qui n'intégreront pas la NBA lors de la draft.

En revanche, les joueurs professionnels peuvent toujours être recrutés « normalement », par la voie classique.

Par ailleurs, plus le joueur est choisi en premier, plus son contrat élevé.

Les premiers choix de la draft reviennent aux 14 équipes les moins bien classées à l'issue de la saison régulière. Plus précisément, il s'agit de celles qui n'ont pas vu la couleur des play-offs. Le ratio victoires/défaites, puis une loterie, détermine l'ordre de passage des clubs.

Les 3 équipes ayant le plus mauvais bilan sur la saison comptent 14% de chances de sélectionner le joueur de leur choix en premier. La quatrième plus mauvaise équipe a 12,5% de chances, la 5e 10,5%, etc., jusqu'à la 14e qui n'en a que 0,5%.

La loterie sert à déterminer qui choisira en premier, en second, en troisième et en quatrième. Les dix autres vont dans l'ordre du plus ou moins mauvais.

Pour mieux comprendre, cette année, Détroit, Houston et San Antonio faisaient partie du trio à 14%. Après la loterie, ce sont les Spurs qui ont été choisis. Ils devraient donc choisir, sans surprise, la pépite du basket français, Victor Wembanyama.

Les Charlotte Hornets choisiront en deuxième et les Portland Trail Blazers suivront. Ensuite, les Houston Rockets, les Détroit Pistons, etc. enchaîneront.

Vu qu'il y a deux tours de draft et 30 équipes, 60 choix sont donc possibles... en temps normal.

Cependant, cette année, il n'y en aura que 58, car Philadelphie et Chicago n'auront pas droit au second tour. En effet, ils ont approché des joueurs en dehors de la fenêtre prévue à cet effet et ont donc été sanctionnés.

Un choix permet d’acquérir les droits exclusifs de signer le joueur sélectionné, qui n’a pas joué en NBA. Le montant et la nature (protégés ou non) des contrats sont fixes et dépendent de la position de la sélection.

Pour participer à la draft NBA, il faut avoir plus de 19 ans le jour de la draft, avoir quitté le lycée depuis plus d’un an et valider sa candidature avant la mi-mai.

Cette cérémonie est ouverte aux universitaires américains comme aux étrangers.

Tout au long de la saison précédent cette draft, les franchises NBA envoient des « scouts », des personnes liées à la franchise et spécialisées dans l’évaluation de ces jeunes joueurs. Certains talents générationnels, comme Victor Wembanyama, sont évalués depuis leur plus jeune âge.

Toutes leurs performances sont étudiées à la loupe, mais pas que. Une fois la saison terminée, les franchises peuvent aussi inviter plusieurs joueurs à venir effectuer des « workouts » privés, se déroulant souvent sous les ordres de l’entraîneur de la franchise. Les athlètes sont aussi passés au crible lors du « draft combine » qui a lieu mi-mai, un mois avant la draft. Détente, taux de graisse, envergure : toutes les caractéristiques physiques y passent.

Évidemment certains profils sont appréciés par les franchises, tandis que d’autres sont évités. Et ces évaluations servent à mettre les joueurs dans différentes catégories, entre talents générationnels, « prospects », « busts », ou encore des « steals ».

La draft commence quand Adam Silver, le commissionnaire de la NBA, annonce le joueur choisi en première position. La franchise suivante a ensuite cinq minutes pour annoncer son choix. Et ainsi de suite pendant les deux tours (30 joueurs sélectionnés dans chaque tour), jusqu’au choix du 60e (58e cette année, voir plus haut) et dernier joueur drafté.

Selon les besoins, les drafts peuvent être approchées de nombreuses manières différentes. En plus de Victor Wembanyama, quatre autres Tricolores pourraient être draftés : Bilal Coulibaly (coéquipier de « Wemby » à Boulogne-Levallois), Rayan Rupert (New Zealand Breakers), Sidy Cissoko (NBA G League Ignite) et Nadir Hifi (Paris Basketball).

Les Français à la Draft

  • Victor Wembanyama
  • Bilal Coulibaly
  • Rayan Rupert
  • Sidy Cissoko
  • Nadir Hifi

Ces derniers mois ont été intenses pour les passionnés du ballon orange, qui n’ont pas dû beaucoup dormir avec les rencontres qui se sont enchaînées durant les playoffs. À peine remis de leurs émotions, depuis le sacre des Denver Nuggets le 12 mai dernier, le tout premier titre de l’histoire de la franchise, les fans de basket sont de nouveau appelés au rendez-vous dans la nuit de ce jeudi 22 au vendredi 23 juin.

L'histoire de la Draft NBA

La Draft NBA a connu de nombreux changements sur ses différents aspects depuis sa première édition en 1947. Au début, le moins bien classé récupérait le premier choix et ainsi de suite, sans système de loterie. Les équipes pouvaient choisir autant de joueurs qu'elles voulaient, sans limite de tours.

La grande particularité des prémisses de la Draft reste le territorial pick. Il offrait la possibilité à chaque franchise de drafter en priorité un jeune joueur qui évoluait dans la même zone géographique d’une équipe. Si le gars jouait dans un rayon de 50 miles, la franchise pouvait, seulement au premier tour, user de son territorial pick pour le sécuriser, avant même que la Draft commence !

En 1966, une loterie est introduite pour les dernières équipes de chaque conférence, se jouant sur un pile ou face.

En 1985, la loterie est étendue à toutes les équipes non qualifiées en Playoffs pour minimiser le tanking.

Le nouveau CBA de 2005 instaure un âge légal de 19 ans minimum pour pouvoir être éligible à la Draft pour protéger les jeunes joueurs.

En 2019, la NBA change ses probabilités de loterie : les 3 derniers ont autant de chance (14%) de décrocher le premier choix.

Le Play-In, instauré en 2020, a un impact immédiat sur le tanking en incitant les équipes de milieu de tableau à batailler jusqu’au bout de la saison.

Après plusieurs décennies de calibrage aux évolutions de la ligue, aux envies des jeunots de sauter dans le grand bain, et surtout aux cancres qui organisent volontairement leurs défaites, la Draft NBA a toujours su répondre à ses différents défis d’équités.

Année Changement majeur Impact
1947 Première Draft NBA Début du processus de sélection des jeunes talents
Années 1950 Territorial Pick Possibilité pour les équipes de sélectionner des joueurs locaux
1966 Introduction de la loterie Pile ou face pour les dernières équipes de chaque conférence
1985 Loterie étendue Toutes les équipes non qualifiées en playoffs participent à la loterie
2005 Âge minimum de 19 ans Protection des jeunes joueurs
2019 Nouvelles probabilités de loterie Les 3 derniers ont 14% de chances de décrocher le premier choix
2020 Play-In Incite les équipes de milieu de tableau à se battre jusqu'au bout

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