La Major League Soccer (MLS) a connu une évolution remarquable, passant d'une ligue naissante à une compétition de plus en plus populaire et influente sur la scène mondiale du football.
Comment l'Inter Miami est devenu le premier club de la MLS à atteindre 1,45 milliard de dollars.
Les débuts de la NASL et l'émergence du New York Cosmos
Au milieu des années 1970, les rois de l’Entertainment made in USA tentèrent tout pour attirer les meilleurs joueurs de football sur le sol américain, désirant convertir leur public au football. En un temps record, une ligue va se monter, des équipes vont se créer. Pour la première fois, le soccer, comme on le surnomme outre-Atlantique, va être diffusé sur les grandes chaînes nationales, touchant ainsi des dizaines de millions d’Américains intrigués par ce spectacle venu d’Europe.
Un sacerdoce que seule une franchise comme les New York Cosmos était à même de remplir. C’est ainsi que l’on moque Nesuhi Ertegun, Steve Ross et Ahmet Ertegun - puissant trio à la tête de la Warner - lorsqu’ils décident, en 1971, de doter la ville de New York d’un club de football de premier plan. Alléchés par la création récente de la North American Soccer League (NASL), les trois hommes vont alors monter un club de football de toutes pièces.
Les débuts seront modestes. Sans stade fixe, le club est nomade et son effectif se compose d’un sympathique et cosmopolite assemblage de bras cassés : des immigrés irlandais, italiens et latinos sont bientôt rejoins par une poignée d’ouvriers ; ils forment l’essentiel d’un effectif bientôt complété par des étudiants et quelques chômeurs tuant le temps.
Tandis que les frères Ertegun veulent imposer l’appellation «New York Blues», des voix dissonantes proposent le surnom de Cosmopolitans, plus proche de l’identité plurielle du jeune club sportif. Pour mettre un terme à la discorde, Clive Toye, son manager, organise un concours visant à nommer la franchise new-yorkaise. Dans son édition du 2 mai 1971, le New York Times passe une discrète brève annonçant qu’ « avec 3000 votes à son actif, c’est finalement le nom de Cosmos qui a été choisi pour nommer le club de football new-yorkais intégrant la NASL ».
Bien avant d’empiler les noms prestigieux, l’équipe dirigeante commence par construire les fondations d’un club pour lequel ils ont une ambition débordante. Fait plutôt rare et tout à fait caractéristique de l’esprit régnant alors aux Cosmos, il sera embauché en tant qu’entraîneur-joueur, un double poste difficile à tenir qu’il occupera pourtant jusqu’en 1975. Au cours de l’année 1971, celle de leur première participation à la NASL, les Cosmos joueront dans l’enceinte du mythique Yankee Stadium, devant 4517 spectateurs de moyenne.
Si l’heure n’est pas encore aux fortes affluences, le club continue de se structurer. Et très vite, les résultats sont au rendez-vous. En 1972, grâce à Randy Horton, un formidable goleador à la coupe afro en provenance des Bermudes, le club de la Big Apple emporte son premier titre national. En 1973, il brille à nouveau et atteint les demi-finales de la ligue.
La ligue, elle, ne cesse d’évoluer. Des clubs apparaissent et disparaissent chaque année, le calendrier est incertain. La franchise des Washington Darts, jouant contre toute attente en Southern League (Ligue des clubs du Sud), devient subitement les Miami Gatos. L’année suivante les Gatos deviennent les Toros et la franchise de Kansas City disparaît. Les clubs de Philadelphie, Montréal et Toronto font quant à eux leurs débuts en NASL.
Alors que les franchises adverses se renforcent et se professionnalisent, les Cosmos stagnent. Les affluences déjà faibles pâtissent du manque de spectacle offert par les joueurs new-yorkais et la concurrence des autres sports. Des Giants aux Mets en passant par les Knicks, à New York, ce ne sont pas moins de huit franchises qui se partagent les faveurs du public. Pour remédier à la situation, Steve Ross et les dirigeants de la Warner vont alors décider de frapper un grand coup.
L'arrivée de Pelé et l'âge d'or de la NASL
Les américains veulent du spectacle ? Au milieu des années 1970, la Warner décide donc de mettre sa toute puissance au service des Cosmos. Les petits investisseurs initiaux ont, entre temps, cédé la totalité de leurs parts au géant américain du divertissement. Désormais, l’objectif est clair : faire de New-York une place forte du football mondial, attirer les meilleurs joueurs, enthousiasmer les foules. Pour ce faire, Steve Ross et Clive Toye font de la star brésilienne Pelé un objectif primordial.
Enrôler le génie auriverde n’est pourtant pas une mince affaire. Malgré sa retraite sportive, l’ancien joueur du Santos FC est depuis quelques mois convoité par le Real Madrid et la Juventus Turin. En proie à de lourdes difficultés financières, Pelé sait qu’il devra rapidement rechausser les crampons s’il veut se sortir de l’ornière.
Finalement, les deux parties trouvent un terrain d’entente. L’accord consistera en un contrat complexe, en cinq parties, d’une valeur totale d’environ 4,5 millions de dollars. Mais ce qui est interpelle le petit monde du ballon rond est surtout le curieux contrat de « recording artist » que la Warner fait signer à Pelé, un dispositif servant surtout à éviter les impôts… Aussitôt le contrat paraphé par le Roi Pelé, l’euphorie règne parmi l’équipe dirigeante de la Warner.
Considéré comme « trésor national » par le gouvernement brésilien qui refuse de le laisser partir vers les Etats-Unis, Pelé se retrouve bloqué dans son pays natal. Le transfert de l’attaquant revêt désormais une importance stratégique, diplomatique. Seul recours pour la Warner, faire appel au secrétaire d’Etat Henry Kissinger, féru de football, pour convaincre son homologue brésilien de « libérer » Pelé. La manœuvre fonctionne.
Le 10 Juin 1975, Pelé donne une conférence de presse devant un impressionnant parterre de journalistes. L’attente est énorme. Sa condition physique laisse à désirer, tout comme les infrastructures de son club. Qu’importe, 22000 heureux spectateurs surexcités se sont massés dans le Downing Stadium, une enceinte vétuste et sans eau courante de la petite Ile de Randalls. A l’extérieur, la sécurité est débordée. Plus de 30000 personnes ne disposant pas du précieux sésame tentent de resquiller dans l’espoir d’apercevoir quelques bribes de l’élégante foulée du plus grand des footballeurs.
Diffusé par la chaîne CBS, l’évènement connaît alors une résonance planétaire. L’audience dépasse les 10 millions de spectateurs. par son style spectaculaire et ses dribbles chaloupés. Pour sa première sortie, l’attaquant brésilien est l’auteur d’une passe décisive venue d’ailleurs. Déjà décisif…
D’anecdotique, le soccer va devenir, dans les années 1970, un sport majeur aux USA. Les stades vont se remplir et, suivant l’exemple du Cosmos, les autres franchises vont étoffer leurs effectifs à grands coups de dollars. A l’Ouest, les Los Angeles Aztecs cassent leur tirelire en s’attachant les services de deux magiciens : George Best et Johan Cruyff.
En 1976, le buteur italien Giorgio Chinaglia, quitte la Lazio de Rome pour rejoindre New York. Il y empilera les buts et gagnera une influence majeure au sein de la franchise new yorkaise. Jusqu’à orienter progressivement chacun des choix sportifs du Cosmos et à précipiter la chute du club. Une influence que d’autres recrues, à commencer par Franz Beckenbauer et Carlos Alberto ne comprendront jamais…
Sur le terrain et en dehors, l’arrivée de ces galactiques d’un autre temps entraîne de drôles de situations. A l’entrainement, les joueurs locaux s’arrêtent souvent pour admirer la technique des superstars à même d’inverser, en un éclair, le cours d’une partie. En tribune, on croise le tout Hollywood: Mohammed Ali, Steven Spielberg, Bjorn Borg et Robert Redford se pressent pour poser avec les stars du ballon rond. Après le match, tout ce beau monde finit régulièrement au Studio 54 où les sportifs côtoient l’avant-garde artistique new-yorkaise.
Comme prévu, le Cosmos brille sur le terrain. New York atteint régulièrement les playoffs et remporte trois fois le championnat (1977, 1978, 1980). En 1977, lorsque Pelé quitte le club, c’est le début de la fin pour les Cosmos et la NASL dans son ensemble. La chaîne NBC va décider de ne pas renouveler son contrat pour la diffusion des matchs et les salaires des superstars deviennent de fait trop lourds à supporter pour des franchises dont la gestion laisse à désirer.
La renaissance du soccer et la création de la MLS
L’illusion va néanmoins durer un temps. Le Cosmos gagnera ainsi son ultime titre national en 1982 puis fera l’objet d’une tentative de rachat par le magnat australien Ruppert Murdoch. Puis arrive la chute, inéluctable. Lorsqu’en 1984, la NASL ferme ses portes, New York aligne son effectif au calendrier d’une ligue anecdotique de football en salle. Les stars ont déserté, la formidable histoire du Cosmos aura duré une décennie.
On pense alors que le soccer n’arrivera plus jamais à conquérir l’Amérique. Pourtant, dix années plus tard, en 1994, les Etats-Unis obtiennent l’organisation de la Coupe du Monde. Dans la foulée, un championnat se recrée. La Major League Soccer succède à la NASL. Les erreurs du passé semblent hanter ses dirigeants. Une gestion stricte des clubs est imposée. Peu à peu, le football reprend vie outre-Atlantique.
Les Etats-Unis vont devenir une terre d’exil pour joueurs de football en quête d’un dernier défi sportif avant la retraite de Youri Djorkaeff à David Beckham en passant par le défenseur italien Alessandro Nesta ou le buteur tricolore Thierry Henry. En 2014, New York renoue avec ses rêves de grandeur. Le prolifique attaquant espagnol David Villa vient de rejoindre leurs rangs.
L'évolution de la MLS: Jeunes talents et influences étrangères
Si la MLS a longtemps été considérée comme une ligue de vétérans où les grands joueurs européens s'offrent un jubilé en vivant le rêve américain, la vérité est aujourd'hui bien différente. La Major League Soccer prône avant tout le développement des jeunes joueurs.
Deux ligues secondaires ont été créées : la MLS Next fondée en 2020 pour les académies et les équipes espoirs (13-19 ans) des franchises professionnelles, et la MLS Next PRO, lancée en 2021, servant de ligue semi-pro pour développer les jeunes joueurs de plus de 20 ans jugés encore trop frêles pour le haut niveau. La première saison de son histoire aura lieu en mars prochain avec plusieurs équipes affiliées aux franchises de MLS, leur permettant ainsi de bénéficier d'une équipe réserve.
« La MLS forme de plus en plus et de mieux en mieux en vue de la Coupe du Monde 2026 à domicile et forcément ça attire l'oeil des clubs européens, précise Arnaud Salas, journaliste spécialisé en MLS. Le niveau du championnat augmente, celui des défenses aussi ce qui fait que les jeunes qui en sortent sont davantage pris au sérieux. »
La section Foot de la NCAA, Championnat universitaire américain, se développe également en parallèle de la MLS et participe donc au rajeunissement de la ligue. Chaque année a lieu une SuperDraft, divisée en trois tours : les franchises les plus mauvaises ont droit de sélectionner les meilleurs talents en priorité dans le but de rééquilibrer les forces.
Pour attirer les regards du Vieux Continent, la MLS a dû s'imprégner du foot européen, dans un pays largement dominé par le basket, le foot US, le baseball et le hockey.
« La ligue a été créée dans l'urgence pour accueillir la Coupe du Monde 1994 car la FIFA posait comme condition d'avoir un championnat, rappelle Kevin Nieto, spécialiste de la MLS et du scouting de jeunes joueurs. Au-delà des joueurs comme Nesta, Beckham, Henry, Zlatan, la MLS a aujourd'hui assimilé un savoir-faire européen grâce à des acteurs étrangers présents dans les staffs et les directions des franchises. » Avant d'ajouter que « les infrastructures en MLS sont en moyenne bien meilleures qu'en France » - un atout majeur pour le développement des joueurs.
La MLS s'est donc aussi tournée vers l'Amérique du Sud afin d'accroître son attractivité, en ramenant des joueurs brésiliens, uruguayens, argentins, etc. Ce mariage est une réussite pour les deux parties : les joueurs sud-américains continuent leur développement sans pression avant de rejoindre l'Europe, tandis que la MLS améliore sa connaissance tactique et technique avec des profils de jeunes joueurs différents des Canadiens et Américains.
« La MLS possède aujourd'hui un vrai vivier sud-américain qui représente pour ces joueurs une passerelle naturelle vers l'Europe. C'est une bonne étape de développement », confirme Kevin Nieto, qui cite comme exemple l'attaquant argentin Valentín Castellanos (23 ans), meilleur buteur de MLS en 2021 avec 19 réalisations, ou encore l'Uruguayen Facundo Torres (21 ans), qui vient de s'engager à Orlando City.
La MLS aujourd'hui: Popularité croissante et défis à relever
Mise en lumière depuis plusieurs années par les recrutements de stars du football européen (Thierry Henry, David Beckham, Andrea Pirlo, Steven Gerrard, et plus récemment Wayne Rooney et Zlatan Ibrahimovic), la Major League Soccer a réussi à conjuguer croissance de notoriété et développement économique. Même si le plus dur reste à faire.
D’un point de vue purement financier, le développement économique de la MLS est tout d’abord visible au niveau de la valorisation des différentes franchises. En novembre dernier, la revue américaine Forbes faisait ainsi le point sur leur valeur estimée des différentes équipes de MLS, qui se situe pour la plupart au-dessus des $200M, avec 4 franchises dépassant la barre des $300M. Ces valorisations sont en partie dues aux infrastructures ultra-modernes exploitées par les franchises - à l’image du Mercedes-Benz Stadium de l’Atlanta United - mais également aux grandes perspectives de développement de ces franchises, encore très jeunes par rapport aux clubs européens ou sud-américains. De 2007 à 2017, les revenus globaux générés par les franchises sont ainsi passés de $166M à $763M.
En 2017, la MLS était notamment le 11ème championnat en termes de chiffre d’affaires moyen par franchise à l’échelle mondiale avec 39 M€, juste derrière la Super Lig turque et la Premier League russe.
Enfin, le développement économique général du championnat a aussi été le résultat d’une stratégie d’expansion du nombre de franchises. De 16 il y a 10 ans, 24 franchises évoluent désormais en MLS. Cette volonté de se rapprocher de la trentaine de franchises - à l’image de la NFL, de la NBA ou de la NHL - est adaptée à l’étendue du territoire américain, afin que chaque ville majeure ait une équipe de football.
En effet, d’après un sondage réalisé par l’institut Gallup, le soccer est désormais le 4ème sport le plus populaire du pays, avec 7% des suffrages. Il devance notamment le hockey sur glace, les sports mécaniques et le golf ; mais surtout, il n’est qu’à 2% du podium, où se trouvent le baseball (9%), le basketball (11%), et bien sûr l’indétrônable football américain (37%).
A l’origine de ce gain de popularité : la construction de nouveaux stades modernes. Les chiffres d’affluence dans les stades sont quant à eux à la fois flatteurs et prometteurs : de 2008 à 2018, l’affluence moyenne de MLS est passée d’environ 16 000 spectateurs, à près de 22 000 la saison dernière, avec une affluence record de 73 019 fans présents lors de la finale de la MLS Cup entre Atlanta United et Portland Timbers.
Notons d’abord que le modèle économique de la plupart des clubs de MLS est toujours principalement axé autour des revenus matchday, témoignant de la faiblesse des recettes audiovisuelles perçues par le championnat nord-américain. L’écart de recettes commerciales est notamment visible au niveau des contrats de sponsoring négociés. Les franchises de MLS sont encore à des années lumières des principaux clubs européens.
Plus important encore, l’écart en termes de droits TV entre le championnat américain et ses homologues européens se creuse d’année en année. Si en l’espace de 2 cycles, la MLS est parvenue à passer de $27M / an à $90M / an, ce montant n’est toujours en rien comparable au milliard d’euros annuel (et plus) que perçoivent la Liga, la Bundesliga, la Serie A et bientôt la Ligue 1 !
La MLS surpasse la Ligue Nationale de Hockey (NHL) en termes de nombre de spectateurs dans les stades, devenant ainsi le troisième sport en termes d'affluence moyenne par match.
Aux États-Unis, le soccer attire de plus en plus de spectateurs dans le pays, avec une moyenne de 38.496 par match.
Le soccer doit tout d’abord devenir un sport majeur aux Etats-Unis, en collant de très près la popularité du football américain et du basketball. Cette affaire sera une question de temps et de génération mais aussi de marketing. La société américaine a un rapport très particulier au sport, en le percevant souvent comme un show. Les instances du soccer US doivent ainsi accentuer leurs efforts sur le côté entertainment recherché par le public.
En acquérant cette popularité, la MLS mettra ainsi le cap vers un autre défi, qui est de devenir une puissance économique comparable à ce que sont actuellement la NFL et la NBA sur le sol américain. Rappelons qu’à l’heure actuelle, l’écart économique entre la MLS et ses homologues européens est le même qu’avec la NFL ou la NBA, fers de lance du show à l’américaine qui génèrent des sommes colossales, notamment grâce aux redevances TV.
Si cela passera vraisemblablement par une croissance de l’attraction sportive des équipes, la ligue et les clubs doivent aussi faire des concessions sur leur modèle pour pouvoir rivaliser avec les écuries européennes. L’adoption d’un système de relégation d’abord, est un moyen naturel d’installer plus de compétitivité, plus d’enjeu … et donc de rendre le championnat plus attractif aux yeux du public européen.
Ensuite, le salary cap peut également poser un problème de compétitivité sportive à long terme pour les clubs. Actuellement fixé à un peu plus de $4M pour chaque franchise - mais avec néanmoins une exception pour 3 joueurs désignés avant chaque saison, tels que Zlatan Ibrahimovic aux LA Galaxy - cette règle imposée par la MLS dès sa création est pour l’instant ce qui l’empêche de développer de manière très rapide et très efficace sa compétitivité sportive.
L'essor de la MLS est indéniable, et la ligue continue d'évoluer pour attirer de nouveaux talents et séduire un public toujours plus large. Les défis à relever sont nombreux, mais les perspectives d'avenir sont prometteuses pour le soccer aux États-Unis.

Tableau récapitulatif des données clés de la MLS
| Aspect | Données |
|---|---|
| Date de création | 1993 (première saison en 1996) |
| Nombre de franchises | 24 |
| Affluence moyenne (2018) | Environ 22 000 spectateurs par match |
| Valorisation des franchises | Majoritairement au-dessus de $200M |
| Chiffre d'affaires moyen par franchise (2017) | 39 M€ |
| Droits TV annuels | $90M |