La Ligue Élite Canadienne de Basketball (CEBL) est une ligue de basketball professionnelle canadienne. Bien que relativement jeune, son histoire est déjà riche en événements marquants et en figures emblématiques. Cet article explore l'évolution de cette ligue, de ses racines à son essor actuel.
Pour comprendre les origines de cette évolution, il faut effectuer un retour en arrière de quarante ans. À la fin des années 70, la NBA est vérolée par les problèmes de drogue et violence : c’est une ligue en manque d’identité et d’audiences, au point que certaines Finales ne sont diffusées qu’en différé à la télévision américaine. À cette même période, au Canada, est votée une nouvelle Loi sur l’immigration, qui entre en vigueur en 1978. Elle déclare l’égalité pour tous et stipule, en substance, qu’il n’est désormais plus question d’empêcher des catégories de personnes toutes entières - les ressortissants non-Européens notamment - de s’installer dans le pays.
Cette nouvelle législation provoque une hausse massive de l’immigration au Canada, notamment en provenance de l’Afrique, de l’Asie et des Caraïbes. Le pays devient rapidement un modèle de diversité ethnoculturelle : des millions d’immigrants et de réfugiés obtiennent le statut de résident permanent. En 2011, la part de la population canadienne née à l’étranger franchissait la barre des 20%, soit la plus forte proportion parmi les pays du G8.
La discipline aurait pu se ghettoïser, rester l’apanage des minorités visibles sans jamais se faire une place dans la culture populaire, mais l’arrivée de la NBA à Toronto et Vancouver, en 1995, se charge de propulser le basket canadien dans une nouvelle dimension.

Les Débuts Difficiles du Basketball au Canada
Il fut une époque pas si lointaine où personne ne voulait y mettre les pieds. Damon Stoudemire, le premier joueur sélectionné par la franchise, a demandé son départ dès qu’il en a eu l’occasion, soit avant même la fin de sa troisième saison. Quelques années plus tard, plus à l’ouest du pays, c’est Steve Francis qui fera le même cinéma. Drafté en deuxième position par Vancouver en 1999, il a carrément refusé d’aller y jouer.
L’ouverture voulue par la ligue vers le voisin Nord-Américain en 1995 ressemble alors à un échec cuisant. Malgré la proximité (relative) de New York (pour Toronto) et de Los Angeles (pour Vancouver), les joueurs n’y trouvent pas leur compte. Pour eux, le Canada reste loin et froid. Ce n’est pas leur championnat.
La franchise de Vancouver a même disparu depuis, délocalisée à Memphis. D’où le fait que l’équipe porte le nom des Grizzlies aujourd’hui malgré la faible probabilité de croiser un ours dans le Tennessee.
Comme l’expliquait Lamond Murray, vétéran qui a passé onze saisons dans la ligue entre 1994 et 2006, "être envoyé à Toronto, c’était comme atterrir aux Clippers." L’autre équipe de Los Angeles, les Clips, avaient une réputation de losers ultimes pendant plus de vingt ans. Voilà à quoi la jeune franchise de l’Ontario était comparée.
De toutes ces moqueries - parfois venant même des médias US - est née une unité entre les supporters des Raptors. Une fierté. Ils ont été récompensés avec l’évolution progressive de DeMar DeRozan.
LE SLAM DUNK CONTEST 2000 DE VINCE CARTER - LE FLASHBACK #7 - L'HISTOIRE DU ELBOW DUNK
L'Ascension des Raptors et l'Impact de Vince Carter
Il a fallu attendre l’arrivée de Vince Carter, en 1998, pour que Toronto soit placée sur la carte du basketball. Uniquement par les cartons du jeune homme très spectaculaire et, à l’époque, très prometteur. Mais si les Raptors étaient acceptés dans l’univers NBA, ils ne faisaient toujours pas rêver les meilleurs joueurs du championnat (à défaut d’inspirer des générations de jeunes passionnés). Vince Carter a fini par demander son transfert, lui aussi. Chris Bosh a pris le relais au début des années 2000.
Carter et DeRozan ont ouvert la voie. Le jeune homme est arrivé dans le grand Nord en 2009, après avoir été drafté en neuvième position. Il y a grandi. Au point de devenir le meilleur joueur de Toronto. Puis un All-Star. Il y a battu les records de Carter. Il s’est imposé comme le visage de l’organisation. Le visage d’une nation, et ce malgré les échecs répétés en playoffs. Surtout, il a vraiment tenu à représenter la région. Lui qui est pourtant originaire de Los Angeles et de son climat bien plus doux.
Aujourd’hui, le basket canadien est à un tournant. C’est une valeur montante à l’échelle mondiale. Vince Carter et DeMar DeRozan ont fait des petits. Ils ont suscité l’intérêt des jeunes générations qui ont grandi en les regardant jouer avec un rêve : faire pareil. Ils se sont dit que c’était possible, même dans un pays où le hockey sur glace reste le sport numéro un.
D’ailleurs, ce n’est certainement pas un hasard si la plupart des talents prometteurs canadiens sont issus de la région de Toronto. Ils ont suivi l’exemple. Il y a, entre autres, Jamal Murray, le meneur des Nuggets, Andrew Wiggins, le premier choix de la draft 2014 et star des Timberwolves, Shai Gilgeous-Alexander, le rookie surprenant des Clippers, ou encore R.J. Barrett, prospect sensationnel attendu dans le top trois de la prochaine draft.

Kawhi Leonard et le Tournant Historique des Raptors
Masai Ujiri, le Président du club, en a décidé autrement. Il n’a pas fait d’état d’âme et il l’a échangé contre Kawhi Leonard (entre autre) l’été dernier. Et ce malgré la fin de contrat qui approche pour l’ancienne superstar des Spurs. En huit mois, Leonard a complètement fait oublier DeRozan. Il a mené l’équipe à ses premières finales avec des performances exceptionnelles. Il a écrit la plus grande page de l’histoire de la franchise.
Aujourd’hui, le basket canadien est à un tournant. C’est une valeur montante à l’échelle mondiale. Vince Carter et DeMar DeRozan ont fait des petits. Ils ont suscité l’intérêt des jeunes générations qui ont grandi en les regardant jouer avec un rêve : faire pareil. Ils se sont dit que c’était possible, même dans un pays où le hockey sur glace reste le sport numéro un.
Les jeunes canadiens n’ont plus peur de jouer yeux dans les yeux avec leurs homologues américains, et ce dès le lycée. Le pays est le plus représenté dans la ligue après les Etats-Unis. Ses joueurs sont fiers de mettre en avant leur attachement à la bannière rouge et blanche, les couleurs du drapeau également reprises par les Raptors depuis.
Parce que la franchise symbolise maintenant plus qu’une ville. Mais tout un état. Même Justin Trudeau, le Premier Ministre, s’est dit "excité" par la qualification pour les finales. Le phénomène a pris de l’ampleur. C’est une nouvelle ère pour la franchise.
Il y a là un groupe compétitif, une ville multiculturelle où il fait bon vivre, un public fidèle et bouillant… Kawhi Leonard pourrait faire passer une nouvelle étape à l’organisation en prolongeant son bail dans l’Ontario en juillet prochain. Il pourrait contribuer à faire (enfin) de Toronto une destination attractive auprès des joueurs NBA, même les meilleurs d’entre eux. Contrairement à de nombreuses franchises, les Raptors sont la fierté de tout un peuple.
La large majorité des passionnés de basket aux Etats-Unis, en dehors de la Californie, veulent voir Golden State tomber. Ils sont tous derrière Toronto. Ce n’est plus seulement l’équipe du Canada.
L'Arrivée de J. Cole et l'Attrait de la CEBL
Après une saison rookie du côté des Rwanda Patriots, c’est au tour des Shooting Stars de Scarborough d’annoncer la signature de J. Cole pour la saison 2022 de la ligue canadienne. Les Scarborough Shooting Stars vont disputer leur première saison au sein de la Canadian Elite Basketball League (CEBL) et ils s’offrent là un joli coup de projo.
L’équipe basée dans un quartier de Toronto, nommée après une chanson des Bag Raiders - qui a donné lieu à l’une des séries de mèmes les plus drôles d‘Internet en 2017 (allez, un petit pour s’en souvenir) - est donc la troisième équipe de basket de la ville. Avec les Raptors et les 905 Raptors - équipe de G-League basée à Mississauga en banlieue - la nouvelle franchise de CEBL a de la concurrence et essaie de sortir du lot comme elle peut.
Donc pourquoi pas signer J. Cole pour attirer du monde et redorer le blason de la ligue ? Parce que oui, le niveau du championnat canadien n’est pas très flamboyant.
Pour J. Cole, la saison débutera le 10 juin et durera tout l’été. En espérant qu’il ait su tirer des leçons de sa saison rookie en BAL pour mieux rebondir au Canada, et qu’il nous sorte au moins un son en featuring avec Drake pendant l’été.
Les Premiers Champions et l'Héritage Canadien
Les Raptors, qui sont depuis cette nuit du 14 juin la première franchise canadienne NBA titrée. Cette finale 2019 contre Golden State était aussi la première jamais disputée hors du territoire des États-Unis. L'histoire. Détail historique amusant pour ce jeu inventé par le docteur James Naismith, né dans l'Ontario : les Raptors sont actuellement la seule franchise canadienne depuis que les Grizzlies ont déménagé à Memphis en 2001.
Le basket s’y est fait une place significative. Il est entré dans la culture populaire - Drake, conseiller de luxe des Raptors, n’y est pas étranger et le vivier de prospects canadiens n’a jamais été aussi impressionnant.
Le premier match de NBA à Toronto
En ce 1er novembre 1946, l'agitation règne devant le Maple Leaf Gardens de Toronto. La célèbre franchise de hockey ne joue que le lendemain, pourtant, c'est bien soir de match dans la salle canadienne. La nouvelle équipe de basket de la ville, les Huskies, reçoit les New York Knicks pour le premier match de la Basketball Association of America (BAA).
Les autres équipes engagées dans la BAA lancent leur saison le lendemain. Cette toute jeune ligue prendra son nom définitif en 1949 : la NBA. Qui dit premier match dit aussi première promotion. Un ticket gratuit est offert à toute personne plus grande que George Nostrand (2 mètres), le géant des Huskies. Les autres curieux devront payer entre 75 cents et 2,5 dollars.
Au Canada, pays du hockey, la future NBA n'arrive pas en terrain conquis. Les Knicks s'en aperçoivent dès le passage à la douane. Loin de la puissance de la NBA en 2021, le premier match fait l'objet d'une attention polie des médias.
Quelques lignes dans le New York Times et dans les journaux canadiens annoncent la rencontre. « Personne ne connaissait les joueurs, il n'y avait pas eu de draft, chaque équipe avait recruté des joueurs universitaires des environs. Mais malgré ça, c'était quelque chose de nouveau et il y a eu 7 090 spectateurs », poursuit Charley Rosen.
Mais devant cette foule tout aussi curieuse que néophyte de la balle orange, un « tuto » s'impose. « Quand les Huskies sont arrivés sur le terrain, ils ont expliqué les gestes aux fans, les lay-ups, les lancers francs, pour que tout le monde comprenne », décrit l'écrivain, ami de Phil Jackson.
Ossie Schectman, deux points pour l'histoire Au Maple Leaf Gardens, Oscar dit « Ossie » Schectman est le premier héros de la soirée. Après un tir manqué de l'intérieur star des Huskies, Ed Sadowski, le joueur des Knicks inscrit le premier panier de l'histoire de la NBA. En plus des premiers points, les Knicks obtiennent aussi la première victoire, sur le score de 68 à 66, malgré les petites manigances des Huskies pour aider leur star.
Malgré l'affluence du premier match, les Huskies ferment boutique en un an. Derniers de leur division, ils ne disputent pas les play-offs et leurs propriétaires perdent de l'argent.
Tableau des Champions Canadiens en Sports d'Équipe
Voici un aperçu des succès canadiens dans d'autres sports d'équipe :
| Sport | Équipe | Nombre de Titres | Dernier Titre |
|---|---|---|---|
| Hockey sur Glace (NHL) | Canadiens de Montréal | 24 | 1993 |
| Hockey sur Glace (NHL) | Toronto Maple Leafs | 13 | 1967 |
| Baseball (MLB) | Toronto Blue Jays | 2 | 1993 |
Des Loirétains Trouvent le Succès au Canada
Le basketball occupe une place très importante dans la vie de nos trois Loirétains. Et même si en France tout ne s’est pas toujours passé idéalement, ils ont réussi à trouver leur second souffle au Canada. Sitiama Nzitongo, ainsi qu’Isaac Mayindu ont joué une dizaine d’années au CJF, à Fleury-les-Aubrais.
À la même période, en 2020, Sitiama Nzitongo a lui aussi été contacté via cette plateforme. Il joue également au cégep de Shawinigan et espère trouver un club dans une université prestigieuse pour l’année prochaine.
Quoi qu’il en soit le fait d’avoir fait le grand saut pour allier les études et le basketball au Canada est une décision qu’aucun ne regrette. Ils ont réussi à trouver une stabilité entre le monde du Basketball et celui des études, dans lesquels ils se plaisent bien plus qu’en France.
tags: #ligue #elite #canadienne #de #basketball