La Ligue du Bien Public : Révolte de la Noblesse contre Louis XI

La Ligue du Bien Public, un événement marquant de l'histoire de France, symbolise le soulèvement de la haute noblesse contre la puissance grandissante de l’autorité royale qu’incarne Louis XI. Cette coalition féodale s'est dressée contre Louis XI et, en fait, contre le développement des prérogatives royales, contre le poids de l'administration et les exigences du fisc, contre le rôle accru des gens de peu dans le gouvernement.

Le serment des princes réunis au sein de la Ligue du Bien public. Maître de la Chronique scandaleuse, Interpolation de la Chronique de Louis XI de Jean de Roye.

Les causes de la Ligue

Louis XI, durant les trois premières années de son règne, a multiplié mesures vexatoires et impopulaires : disgrâces, suppression de privilèges et de pensions, querelles suscitées à la Bretagne, augmentation des tailles pour financer le rachat (1463) à la Bourgogne des villes de la Somme.

Les féodaux reprochent à Louis XI de les dépouiller de leurs fiefs, de réduire leurs pensions, de leur imposer des mariages à son avantage et de gouverner avec des bourgeois. Le manifeste prétend remédier au « désordonné et piteux gouvernement » de Louis XI, qui intègre des bourgeois et des membres de la petite noblesse dans son Conseil, menaçant les privilèges de la haute noblesse.

Les acteurs principaux

L’année 1465 voit le déclenchement de la Guerre de la « Ligue du Bien Public » entre le Roi de France Louis XI et les « deux cornes » menaçant sa Couronne, à savoir le Duc de Bourgogne Charles Comte de Charolais dit « Le Téméraire » et François II de Bretagne. Outre ces figures majeures, d'autres seigneurs ont rejoint la ligue :

  • Le frère du roi, le léger et vaniteux Charles de France, était à la tête du mouvement.
  • Les ducs d'Alençon, de Bourbon et de Bretagne en particulier.
  • Les ducs de Bourgogne et de Lorraine, les comtes d'Armagnac et de Saint-Pol, le sire d'Albret et quelques moindres seigneurs.
  • Le duc de Bavière, celui de Clèves et l'Électeur palatin apportèrent leur alliance.

Hormis Charles Téméraire, qui trouve-t-on dans cette Ligue du Bien Public ? Tout d’abord François II de Bretagne, lui aussi à la tête d’un puissant duché. Jean II de Bourbon Comte de Clermont, ancien favori de Charles VII et vainqueur de la bataille de Formigny (1450), mécontent de la politique du nouveau souverain. Enfin, d’éminentes figures de la Guerre de Cent-Ans se joignent à la Ligue comme Jean de Dunois bâtard d’Orléans et compagnon de Sainte Jeanne d’Arc, ainsi qu’André de Montmorency-Laval Comte de Lohéac vainqueur des Anglais à Castillon en 1453 et Antoine de Chabannes Comte de Dammartin (qui lâchera ses nouveaux amis quelques temps plus tard).

Déroulement des événements

C’est donc une guerre ouverte contre le Roi que déclenchent ces représentants de la Haute-Noblesse. Louis XI, qui bénéficie du soutien efficace de Gaston de Foix, dispose d'une armée de 30 000 hommes. Dès le début des hostilités, en mars 1465, il marche contre le Bourbonnais, au centre du pays. La révolte éclata en mars 1465, mais, dès le début, les vassaux des princes les suivirent fort mal, en sorte que la lenteur des événements laissa Louis XI préparer sa riposte.

Il manqua cependant sa campagne contre le duc de Bourbon et dut rejoindre d'urgence Paris pour empêcher les armées de Bourgogne et de Bretagne de faire leur jonction dans la capitale. La bataille indécise de Montlhéry, le 16 juillet 1465, au sud de Paris, ne désigne pas de vainqueur clair. Le choc se produit à Montlhéry, au sud de Paris, le 16 juillet 1465. Le résultat de la bataille est indécis et permet à chacun de s'attribuer la victoire. Louis XI profite de la confusion pour s'esquiver. Il s'empresse d'entrer à Paris et d'y affermir son autorité.

Les Parisiens, en refusant d'ouvrir leurs portes aux coalisés, et les Normands, en ravitaillant l'armée royale, sauvèrent Louis XI (août).

Le roi signe des traités de paix séparés : Conflans (5 octobre) avec Charles de France, Saint-Maur (29 octobre) avec Charles le Téméraire et les Bourbons, et Caen (23 décembre) avec François II. Louis XI feint de s'incliner. Quelques jours plus tard, par la paix de Saint-Maur, il cède aux revendications des princes. Reste que le peuple devra supporter de nouveaux impôts en sus des violences des bandes armées.

Voici quelles furent les conditions de cette paix : « Afin de pourvoir aux désordres du royaume, aux exactions, charges et dommages du peuple, et aux doléances des seigneurs du sang et autres sujets, le roi commettra trente-six notables hommes du royaume, savoir : douze prélats, douze chevaliers et douze notables du conseil, se connaissant en justice. Il leur sera donné pouvoir d’informer les fautes commises dans le gouvernement du royaume, et d’y mettre remède convenable. Ils s’assembleront le 15 décembre, et auront terminé leur travail en deux mois au moins, et trois mois et dix jours au plus. Le roi promet, par parole de roi, de tenir ferme et stable ce qu’ils ordonneront. Toute division sera mise à néant, et nul ne pourra reprocher à autrui le parti qu’il a tenu. Puis, venaient les conditions accordées à chacun des princes ou seigneurs.

Ce traité de paix, qui a conservé le nom de Traité de Conflans, fut signé à Conflans, le 5 octobre 1465, avec le comte de Charolais, et à Saint-Maur, le 29 octobre seulement avec les princes ligués. Le parlement s’y opposa, et il ne fut enregistré qu’après de vifs débats. Le roi, qui n’avait signé le traité que pour dissoudre la ligue, ne fut pas fâché de ces résistances. Il avait de secrets desseins qu’il ne tarda pas à mettre à exécution. La paix fut proclamée le 30 octobre.

La politique de Louis XI se manifesta dans la conduite qu’il tint après le traité de Conflans. Il annonça l’intention de réparer les désordres de la guerre civile, et appela dans ses conseils les grands du royaume, les magistrats, les bourgeois dont le zèle et les lumières pouvaient concourir au bien de l’État. Pour s’attacher le bâtard de Bourbon, il lui donna en mariage Jeanne, sa fille naturelle, et pour dot, Usson en Auvergne, et plusieurs villes en Dauphiné. Il rétablit dans leurs charges ceux qu’il crut en avoir été dépouillés injustement, ou les donna à ceux qu’il en jugea le plus dignes. La place de chancelier fut rendue à Guillaume Juvénal des Ursins. Charles le Téméraire en 1460.

Afin de plaire au parlement, le roi ordonna que, lorsqu’il vaquerait un office de président ou de conseiller, le parlement présenterait trois candidats parmi lesquels il choisirait le plus digne. La cession des domaines faite aux princes ligués laissait la France ouverte de toutes parts aux invasions des Bourguignons, des Bretons et des Anglais ; Paris était devenue presque ville frontière. Il fallait entretenir dans les places de fortes garnisons.

Conséquences et portée historique

Cette lutte marque une étape vers la suprématie royale, qui atteint son apogée sous Louis XIV deux siècles plus tard. Les traités de Conflans et de Saint-Maur (octobre 1465) marquent un recul de la royauté, non son effondrement.

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