Les Règles et Spécificités de la Pelote Basque : Un Sport Traditionnel en Pleine Evolution

Au Pays basque français, la pelote basque est bien plus qu'un simple jeu ; c'est une tradition ancrée dans la culture locale. Avec ses 23 spécialités différentes, ce sport offre une diversité de pratiques et de règles. De la plus simple, la pala, à la plus complexe et ancienne, le rebot, la pelote basque est un univers riche et varié.

La pelote basque est un ensemble de jeux de balle, issus des jeux de courte et de longue paume. En effet, les joueurs de paume se renvoient la balle face à face et comptent par quinze : 15, 30, 40 puis jeu. La paume est pratiquée dans toute l’Europe dès le Moyen-Age.

Bien des historiens du jeu s’accordent à penser que la pelote basque provient d’une évolution des jeux de paume. Mais quand et comment le jeu de longue paume a-t-il pris des tournures originales, une ampleur considérable, des règles, un matériel de jeu et des instruments qu’on ne trouve pas ailleurs, et en quoi serait-il l’ancêtre de la pelote basque ?

Le jeu de paume est avant tout considéré comme le jeu des rois et des nobles, le royal jeu de la paume. Aussi Jeanne d’Albret fait-elle construire un jeu de paume au château de Pau. Son fils deviendra un joueur infatigable et passionné.

Il est avéré que le jeu de Paume est connu, pratiqué par les nobles et le peuple, en terre de Béarn, dans le Royaume du roi Henri de Navarre, au XVIe siècle.

Si le jeu de balle est connu, peu de détails sont donnés quant à sa pratique. Le premier élément remarqué, essentiel, est l’aire où l’on joue, dont la description figure dans le récit d’un ambassadeur de Venise.

Andrea Navagero, ambassadeur de la République de Venise auprès de Charles Quint, est présent en Pays basque en 1524. Après avoir traversé le Guipuzcoa, il arrive en pays labourdin et signale la jovialité de ses habitants, qui contraste avec l’attitude des Espagnols. Voici un texte assez convaincant pour affirmer qu’au XVIe siècle, on joue, vraisemblablement à la longue paume, sur un terrain situé hors du village.

Le plus ancien témoignage connu permet de conclure à l’existence de terrains où les Labourdins jouent souvent, notamment à la balle, au XVIe siècle. Le soin qu’ils mettent à entretenir ces lieux montre déjà l’importance du jeu.

Des textes situent le jeu sur une place, en ajoutant des détails sur les conditions de la pratique et son impact sur la population.

Il est clair, avec ce témoignage, que l’on joue en plein air à la pelote, terme donné ici en lieu et place du jeu de paume, utilisé dans d’autres documents officiels de Bayonne. A propos des acteurs, il n’est pas fait de distinction entre paysans et docteurs ou notables, que ce soit dans le choix des équipiers ou dans leur tenue. Ils jouent tous en chemise, ce qui facilite les mouvements, et se couvrent la tête, pratiques similaires à la courte paume, mais ici c’est un béret qui sert de bonnet. A propos des spectateurs, il est précisé que les Basques sont friands du spectacle. On remarque ici que notables, jeunes filles ou curés sont aussi intéressés par le jeu.

Ce récit découvre un jeu de balle, appelé pelote, joué dehors, sur une place de la ville de Bayonne, en 1755. Il est populaire dans les provinces basques et rencontre l’adhésion d’un public nombreux, socialement hétérogène, qui vient de loin, même en semaine, hors d’une circonstance festive. Il mêle des hommes de toute condition ou de tout statut social. La chemise et le « berret de paisan » constituent le costume des joueurs. La revanche est au rendez-vous.

Le jeu de paume a souvent été objet de suspicion, voire de répression, par les Seigneurs ou baillis qui entendent asseoir leur autorité en régissant les activités de leurs sujets. Il en va de même pour le jeu de pelote. Ainsi, comme dans de nombreuses villes, au Moyen-Âge et au XVIe siècle, il faut que les autorités interviennent pour essayer de régler les problèmes d’entrave à la circulation ou d’accidents liés à la pratique de la longue paume dans les rues des villes. Ceci montre également la fréquence des jeux et des accidents.

Quels que soient les lieux, les époques et les dénominations, les jeux de longue paume, nommés ici pelote, sont frappés d’interdictions. Bayonne n’échappe pas à la règle. Comme ailleurs, les ordonnances s’y révèlent sans effet, tant l’engouement pour le jeu est vif.

En 1782, le Comte d’Artois (futur Charles X), grand amateur de paume, puisqu’il fit construire le jeu du boulevard du Temple à Paris en 1786, s’arrête à Bayonne en se rendant au siège de Gibraltar et à son retour. Il s’agit, pour les autorités bayonnaises, de présenter le jeu pratiqué dans cette région. Celui-ci diffère de la courte paume connue par l’Altesse Royale. Le terme paume et non pelote est utilisé pour la même place de Gramont que plus haut, d’où l’hypothèse d’une filiation entre paume et pelote. La partie est jouée « à la main. », précision due sans doute à la raquette utilisée dans le jeu Maubec par le Comte, mais peut-être aussi au fait que ce n’est pas la seule façon de jouer à l’époque, même sur une place, en plein air.

Que fait le XIXe siècle de ces pratiques ancestrales ?

Un premier témoignage, se trouve dans le rapport que Joseph Dominique Garat adressa, à Napoléon Ier, sur sa demande.

En effet, plusieurs instruments et plusieurs aires de jeu sont combinables en des « spécialités », dont chacune dispose de sa propre pelote (balle), qui varie dans ses matériaux, son diamètre et son poids notamment. Chaque spécialité sollicite des compétences physiques, techniques et stratégiques particulières.

Parmi toutes les spécialités pratiquées en France, on peut distinguer les jeux directs, qui se jouent face-à-face (comme le tennis), et les jeux indirects, qui se jouent par l’intermédiaire d’un mur (comme le squash). Tous les jeux ne sont pas pratiqués partout. Par exemple, les jeux directs (qui sont les plus anciens) ne sont considérés que par la FFPB, qui est ainsi la seule des fédérations nationales à organiser des tournois et championnats dans ces spécialités.

D’abord joués en extérieur, des jeux de pelote basque ont peu à peu investi les tripots de la courte paume, rebaptisés « trinquets », pendant qu’au Pays basque d’Espagne furent construits les premiers frontons de type « mur à gauche ».

Le rebot se joue en place libre, où deux équipes se font face sur une aire de cent mètres de long et seize mètres de large environ. Chaque équipe se compose de cinq joueurs, dont trois sont équipés d’un gant d’osier (appelé « petit chistera ») et deux d’un gant de cuir. Un système de chasses, les arraya, provoquées par certaines fautes, permet l’alternance de la possession du petit camp.

Au pasaka deux équipes de deux pelotaris s’affrontent en treize jeux, dans un trinquet où un filet tendu marque la limite entre les deux camps. Chaque joueur porte un gant de cuir et la pelote pèse entre 235 et 245 grammes.

Dans les jeux indirects, les pelotaris (ou équipes) frappent la pelote à tour de rôle ; un joueur (ou une équipe) perd le point lorsqu’il ne parvient pas à renvoyer la pelote contre le mur, au-dessus d’un raie métallique à 80 centimètres au-dessus du sol, que ce soit à la volée ou après le premier rebond au sol. La main nue ne nécessite aucun instrument, même si depuis les années 1980 les pelotaris se protègent les mains avec des « pansements » ou tacos.

Le joko garbi se joue en place libre de mars à octobre. Une partie oppose, en 40 points, deux équipes de trois pelotaris, équipés chacun d’un « petit chistera ».

La cesta punta se pratique en mur à gauche long, appelé jaï alaï, en tête-à-tête ou en équipes de deux. Le grand chistera utilisé est identique à celui en place libre. La pelote par contre est « plus vive », pesant entre 125 et 130 grammes (dont 100 à 110 grammes de latex) et pouvant atteindre 300 km/h.

Le frontenis se joue deux contre deux, en mur à gauche court de 30 mètres, avec une raquette de tennis dont le cordage est renforcé au centre pour résister à l’impact d’une balle très vive. Une partie se joue en 30 points. Spécialité d’origine mexicaine, retenue par la Fédération Internationale il y a quelques années et diffusée alors au Pays basque.

La pala corta est pratiquée deux contre deux, en mur à gauche court de 36 mètres. La pala est un peu plus courte que la pala utilisée en place libre, d’ou son nom « corta ». La pelote pèse de 85 à 90 grammes. Elle est assez vive, sa couverture parcheminée fait qu’elle glisse beaucoup au sol et au mur, ce qui rend sa pratique délicate et difficile. Une partie se joue en 40 points.

La paleta cuir se joue deux contre deux, en mur à gauche (en 35 points) ou en trinquet (en 40 points). La paleta pèse de 500 à 600 grammes et la pelote de 52 à 54 grammes.

La paleta gomme pleine (ou pala ancha) est vraisemblablement la spécialité la plus pratiquée en France, car accessible à tous et jusqu’à un âge avancé. Elle est l’une des trois disciplines pour lesquelles des compétitions officielles sont organisées pour les femmes.

L’apprentissage débute généralement dans le cadre d’une transmission familiale (d’un père à son fils ou d’un frère aîné à son cadet) mais aussi souvent par imitation, avec un pair du même âge. Il se poursuit au sein de la fratrie et/ou du groupe de pairs (à l’école, dans le quartier ou au village), et aussi par le biais des écoles de pelote créées au sein des clubs depuis les années 1970 et surtout 1980.

La création de cet instrument singulier est attribuée à un adolescent, Jean « Gaintchiki » Dithurbide, qui en 1857 aurait eu l’idée de créer un gant de même forme que celui de cuir mais à partir de baguettes de bois tressées (noisetier ou châtaigner) s’inspirant d’un panier servant à la cueillette, en forme d’œuf et aux deux extrémités pointues, avec lequel il avait essayé de jouer.

La FFPB promeut les mêmes quatorze spécialités que la FIPV et la Federación Española de Pelota (FEP), en y ajoutant toutefois les spécialités pratiquées en place libre (grand chistera, joko garbi, paleta gomme pleine) et deux des anciens jeux directs (rebot et pasaka), exclus des compétitions internationales.

L’institutionnalisation a permis à la pelote de rivaliser avec les autres sports apparus dans la région depuis, tels que le rugby, le tennis, le football, le surf, etc.

Afin de mieux comprendre les différentes spécialités de la pelote basque, voici un tableau récapitulatif :

SpécialitéAire de JeuNombre de JoueursInstrumentPoints
RebotPlace Libre5 vs 5Gant d'osier (chistera) et gant de cuir13 jeux
PasakaTrinquet2 vs 2Gant de cuir13 jeux
Main NueTrinquet, Place Libre, Mur à Gauche1 vs 1 ou 2 vs 2Aucun (ou pansements)40 points (trinquet), 30 points (place libre), 22 points (mur à gauche)
Joko GarbiPlace Libre, Mur à Gauche3 vs 3 (place libre), 2 vs 2 (mur à gauche)Petit Chistera40 points
Cesta PuntaJaï Alaï (Mur à Gauche Long)1 vs 1 ou 2 vs 2Grand Chistera-
XareTrinquet2 vs 2Xare (Raquette Argentine)40 points
FrontenisMur à Gauche Court (30m)2 vs 2Raquette de Tennis30 points
Pala CortaMur à Gauche Court (36m)2 vs 2Pala Courte40 points
Paleta CuirMur à Gauche, Trinquet2 vs 2Paleta35 points (mur à gauche), 40 points (trinquet)
Paleta Gomme PleinePlace Libre, Trinquet, Mur à Gauche2 vs 2Paleta35 points (place libre, mur à gauche), 40 points (trinquet)

Point sur les règles du jeu du robot | FAQ FLL Rivalise

Le site a été développé sur WordPress, offrant une plateforme robuste et flexible pour répondre aux besoins spécifiques de la FFPB. On retrouve des éléments clés de la compétition comme le règlement, les différentes disciplines avec leurs calendriers associés et les équipes participantes.

Discipline issue de la pelote basque, le frontball se joue à deux joueurs, l’un contre l’autre, qui doivent frapper la balle contre le mur autant de fois que nécessaire jusqu’à ce que le rival ne soit pas capable de la maintenir balle dans l’aire de jeu. Ils peuvent, pour cela, utiliser les deux mains, poing ouvert ou fermé.

Le service s’effectue derrière la ligne de fond, dans la zone d’engagement dont le joueur ne doit pas sortir lors de cette phase. Le joueur peut faire rebondir la balle avant de la frapper. Elle devra ensuite aller toucher le frontis dans la zone valide, au-dessus de la ligne horizontale, et rebondir au sol, derrière la ligne médiane.

L’échange se poursuit ensuite jusqu’à ce qu’un joueur ne puisse renvoyer la pelote avant un deuxième rebond, ou la maintenir dans les limites de la cancha (11mX 7,5 m). Les parties se jouent en vingt points gagnants (deux manches de dix points).

Vous pensiez que le rebot était un sport mécanique ? Le terrain la cancha mesure 100 mètres. Elle est bornée à ses extrémités par deux frontons, l'un principal, l'autre en général plus petit. Le sol est normalement en terre battue, sauf devant chacun des murs, cimenté (1). "Le terrain se partage en deux camps, l'un de 30 mètres, l'autre de 70 mètres", détaille le champion du monde de main nue par équipes à Montevideo en 1966. Une ligne blanche tracée au sol matérialise la séparation, le paso. "Le camp de 30 m est dit du mur ou du refil." Il est adossé au mur principal.

Le rebot se joue à cinq contre cinq. "Dans chaque équipe, il y a trois joueurs avec des chisteras, un buteur de main nue aussi équipé d'un gant de cuir (ou gant de pasaka) et un autre pilotari qui a toujours le gant de cuir/pasaka." Dans chaque camp, les trois joueurs de chistera sont répartis de manière à couvrir l'ensemble du terrain à défendre. Les quatre autres (deux et deux), appelés les cordiers, se placent sur la ligne du paso.

Pour bien comprendre le principe général, il faut voir le paso comme un filet de tennis...sans filet. Les deux équipes s'affrontent de part et d'autre de celui-ci, en se renvoyant la pelote, "soit en l'air, soit en la faisant rouler". La plupart du temps, les échanges se cantonnent aux joueurs de chistera. Ceux munis de gant de cuir/pasaka peuvent intercepter la pelote pour l'empêcher de franchir la ligne du paso. L'engagement des points se fait par le buteur de l'équipe installée dans le camp du but/fond. Après avoir fait rebondir la pelote sur un butoir, situé sur la ligne du paso, il l'envoie vers le mur principal. Une fois renvoyée vers le fond par l'équipe du mur, les échanges peuvent commencer.

Une équipe marque un point (kintze) quand l'équipe adverse n'a pas été capable de franchir la ligne du paso, ou l'a franchi mais avec un rebond de la pelote hors des limites de la cancha. Les points se comptent comme au tennis : 0 ; 15 ; 30 ; 40 ; jeu. "Il n'y a pas d'égalité à 40 comme au tennis, précise toutefois Édouard Detchart. Quand une équipe a 40, l'autre 30 et que cette dernière marque le point, on revient à 30-30". La première équipe arrivée à 13 jeux remporte la partie.

C'est toute la différence entre le tennis, où les deux camps sont délimités de manière équitable, et le rebot, où celui du mur/refil offre un grand avantage par rapport à celui du but/fond. Tout l'enjeu consiste pour l'équipe cantonnée dans le camp du but/fond, à reprendre celui du mur/refil, pour marquer plus facilement des points. La ligne du paso se déplace lorsque les deux équipes jouent l'arraya. Plusieurs cas de figure sont possibles pour qu'il y ait arraya : un cordier bloque, dans la zone d'arraya, une pelote envoyée par le camp du mur ; une pelote envoyée par le camp du fond, après avoir touché terre, sort des limites du terrain dans la zone d'arraya ; la pelote est manquée par un joueur du mur/refil sur l'engagement du point. Cas particulier : le pic, qui consiste pour le buteur à envoyer la pelote exactement à l'angle formé par le mur et le ciment. Il donne lieu aussi à un arraya, à 5 mètres du mur.

"L'arraya est joué lorsque l'une des deux équipes est à 40 ou quand deux arraya surviennent dans le même jeu", cadre Édouard Detchart. Pour le disputer, le paso se trouve fictivement tracé (par deux petits drapeaux) à l'endroit où a été marqué l'arraya. Vu la complexité des règles, sept juges jugent les parties de rebot.

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