La Ligue de l'enseignement est la plus ancienne organisation d'éducation populaire encore vivante. Fondée en 1866 par Jean Macé, la Ligue de l’enseignement rassemble aujourd’hui 30 000 associations affiliées et constitue en France, le plus important mouvement d’éducation populaire. L'idée en a été lancée par Jean Macé en 1866, moment où l'instruction du peuple apparaissait à de nombreuses personnes comme la clé du progrès collectif. Le mouvement d’éducation populaire est créé en 1866 par Jean Macé qui s’inspire de l’exemple de la Belgique où avait été fondée, en 1864, une Ligue destinée à défendre la laïcité.
La Ligue de l’enseignement fédère des associations et des personnes morales qui encouragent toutes les initiatives individuelles et collectives, en vue de développer l’éducation tout au long de la vie, de favoriser l’engagement civique et de faire vivre la solidarité. Fidèle au projet de ses fondateurs, la Ligue de l’enseignement invite les citoyens à s’associer pour comprendre les mutations de notre époque et pour contribuer à l’évolution de notre société, la faire progresser, promouvoir la construction d’une Europe politique et sociale, s’impliquer dans un développement durable et solidaire de la planète.
Pour cela, la Ligue de l'Enseignement suscite la création d’associations et d’institutions laïques éducatives, culturelles, sportives et sociales. A travers ses publications, ses sites, ses blogs, ses colloques, ses rencontres et débats la Ligue de l’enseignement propose aux citoyens de connaître et de comprendre les questions de société pour exercer une pleine citoyenneté.
Le 25 octobre 1866, sous le Second Empire, le journal L’Opinion nationale publie un article dans lequel Jean Macé appelle au rassemblement de tous ceux qui désirent contribuer à l’enseignement du peuple. Cet appel est en fait, une exhortation à la formation des citoyens que lance Jean Macé, journaliste républicain, professeur en Alsace depuis que le coup d’État du futur Napoléon III supprimant la République l’a contraint à quitter la capitale. Ayant constaté que le peuple peut élire un dictateur, il considère que, pour garantir la démocratie, « l’éducation au suffrage universel » est indispensable.
Le 15 novembre, il lance dans le même journal un « Appel » à la création d’une Ligue semblable en faveur de l’enseignement populaire en France, en la situant « sur un terrain neutre, politiquement et religieusement ». Le projet a été précédé par le lancement des bibliothèques populaires, par des contacts au sein de la Franc-Maçonnerie, ainsi qu’avec les milieux de la coopération et le patronat protestant de l’Est. Le succès est immédiat. Macé récolte de nombreux engagements personnels, accompagnés de souscriptions. L’année suivante, le premier cercle de la Ligue est fondé à Metz, ils seront une soixantaine en 1870.
Ces cercles regroupent principalement des membres de l’élite éclairée et de la classe moyenne en ascension sociale (journalistes, avocats, médecins, négociants…) qui croient au progrès par l’éducation. Les minorités religieuses (protestants surtout) y sont en nombre ainsi que les républicains qui cherchent à tirer parti du climat plus libéral de la fin des années 1860, pour sortir de la clandestinité où les a confinés le régime autoritaire issu du coup d’Etat de décembre 1851. L’Église condamne la Ligue naissante. Elle y voit un mouvement hostile à la religion, ce qui oblige les catholiques qui avaient adhéré, à se retirer. Jusqu’à la chute de l’Empire, le fondateur se refuse par prudence à solliciter l’autorisation du pouvoir pour fédérer le mouvement au plan national.

Jean Macé, fondateur de la Ligue de l'enseignement
Actions et Évolutions de la Ligue
Un an plus tard, la Ligue compte 5 000 membres répartis dans 72 départements. De nombreux « cercles de la ligue de l’enseignement » se constituent dans les principales villes du pays pour regrouper ces adhérents. Le succès est donc considérable à une époque où n’existent véritablement ni syndicats, ni forces politiques organisées. L’initiative de Jean Macé vient à son heure : la France, en pleine mutation économique, vit un profond désarroi social. Tandis que l’industrie nécessite, pour son développement, une main-d’oeuvre mieux qualifiée, les manifestations de mécontentement se multiplient, les humanistes s’indignent.
Au lendemain de la Commune de Paris, à l’automne 1871, le cercle parisien lance le « mouvement national du Sou contre l’ignorance » et organise, avec le soutien de nombreux journaux, une grande pétition en faveur de l’enseignement primaire, qui revendique d’abord la gratuité et l’obligation et dans un second temps, la laïcité. Le 1er juillet 1901, les républicains votent la loi sur les associations, à l’élaboration de laquelle la Ligue a pris une part importante. Toute association qui ne porte pas atteinte à l’intégrité du territoire et aux bonnes mœurs peut avoir une existence juridique par une simple déclaration à la préfecture.
La fondation de la Ligue française de l’enseignement a inspiré les lois sur l’école « gratuite, obligatoire et laïque » à la fin du XIXè siècle. En 1905, face à certains ligueurs qui, comme Émile Combes, veulent une loi contrôlant les Églises, Aristide Briand fait finalement voter, avec l’appui de Jaurès, une loi qui précise : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes, sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public, […] la République ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte.

La laïcité au cœur des valeurs de la Ligue de l'enseignement
En 1925, après la première guerre mondiale, une « assemblée constituante de la Ligue régénérée », modifie ses structures en se décentralisant. Elle est reconnue d’utilité publique par le décret du 31 mai 1930. La Ligue est au cœur du rassemblement des organisations laïques qui lutteront sans trêve en faveur de l’École de la République. Mais elle se déploie bien au-delà de l’école et du périscolaire, tout en restant ancrée dans le monde rural, elle s’investit dans les quartiers urbains.
En 1958, le général de Gaulle revient au pouvoir, la société française vit de profondes transformations. Le déplacement de populations rurales vers la périphérie des villes crée de nouvelles habitudes et provoque de nouveaux besoins. La vie associative, elle aussi, se transforme, l’augmentation de la population scolaire, notamment dans le secondaire, accompagnée de nombreuses fermetures d’écoles en milieu rural, modifie profondément les liens entre l’école et la vie associative.
En 1961, au congrès de Toulouse, la Ligue s’interroge sur son adaptation à la société moderne et à la vie urbaine. Mai 1968, dans le grand mouvement contestataire de Mai 68, la Ligue revisite ses principes fondateurs, déplace son domaine d’action et prend parti dans l’évolution politique. Le forum jeunesse BOURGES 7O réunit près de 2 000 jeunes pour l’animation de la cité. En 1980, la Ligue, estimant la réponse du service public insuffisante, pour la formation professionnelle, crée « l’Institut national de formation et de Recherche pour l’éducation permanente » (INFREP) et des instituts régionaux.
La Ligue et sa structure régionale d’Aquitaine organisent à cette même époque. "L'université de la communication" qui sera, pendant longtemps, le grand le rendez-vous annuel de tous ceux qui se préoccupent de communication et d’évolutions technologiques : de nombreux ministres, industriels, professionnels des médias ou responsables associatifs y participent. En 2014, pour valoriser son histoire exceptionnelle au service de l'éducation populaire et pour la partager avec tous, la Ligue dépose ses archives aux Archives Nationales.
Organisation Actuelle
Ce grand mouvement d’éducation populaire est partenaire de la vie associative, de l’école publique et disposant d’un réseau national de fédérations. Son organisation s’appuie sur 103 fédérations départementales, elles-même regroupées au sein d’unions régionales. Mouvement laïque d’éducation populaire, la Ligue de l’enseignement propose des activités éducatives, culturelles, sportives et de loisirs. En Mayenne, depuis 1946, la Ligue de l’enseignement - FAL 53 anime la vie locale, développe des solidarités et contribue à la formation de citoyens égaux et responsables.
La Ligue de l'enseignement, ce sont des centaines de milliers de bénévoles et plusieurs milliers de professionnels membres des associations locales et d’un important réseau d’entreprises de l’économie sociale mobilisés partout en France. Tous trouvent au sein de l’organisation, les ressources, l’accompagnement et la formation nécessaires pour concrétiser leurs initiatives et leurs projets. Présente dans tous les départements au travers de son réseau de fédérations, la Ligue a développé un projet et des compétences mis au service des associations, des écoles, des collectivités et de tous leurs partenaires.
Animée par des élus, eux-mêmes responsables d’associations affiliées,les fédérations départementales animent la vie locale, développent la solidarité et contribuent à la formation de citoyens libres, égaux et responsables dans une société laïque. Ses fédérations initient et mènent de nombreuses actions portées par un important réseau d’acteurs locaux dont l’ambition est de faire vivre la citoyenneté et la solidarité.
L’Union sportive de l’enseignement du premier degré (USEP) est la fédération de sport scolaire de l’école primaire française. L’USEP souhaite construire les citoyens de demain, responsables, critiques, émancipés. Pour cela le projet de la fédération promeut des valeurs de vivre ensemble, de laïcité, de solidarité, de tolérance. L’UFOLEP (Union Française des Œuvres Laïques d’Education Physique), secteur plein air de la Ligue de l’Enseignement, est la première fédération affinitaire multisports de France.
La Ligue est organisée en fédérations départementales encadrées par environ 500 enseignants détachés de l'Éducation nationale (ou mis à disposition) et emploie plusieurs milliers de salariés.
La Ligue de l'enseignement, un avenir par l'éducation populaire
Chronologie des événements clés
| Année | Événement |
|---|---|
| 1866 | Création de la Ligue de l'enseignement par Jean Macé |
| 1871 | Lancement d'une pétition pour une instruction gratuite, obligatoire et laïque |
| 1901 | Vote de la loi sur les associations, avec la participation de la Ligue |
| 1905 | Adoption de la loi de séparation de l'Église et de l'État |
| 1930 | Reconnaissance d'utilité publique de la Ligue |
| 2014 | Dépôt des archives de la Ligue aux Archives Nationales |
tags: #ligue #des #enseignants