Scandale Potentiel à la Ligue Contre le Cancer : Plaintes et Turbulences Financières

C'est une affaire qui pourrait gravement entacher l'image de la Ligue contre le cancer. Le 26 octobre dernier, neuf comités départementaux de l'association ont porté plainte contre sa présidente et un directeur scientifique.

Plainte pour Gabegie Financière

En effet, le 29 octobre dernier, neuf comités départementaux ont déposé une plainte à l'encontre de la présidente de la Ligue contre le cancer, ainsi qu'un directeur scientifique. Selon Le Canard Enchaîné, la plainte déposée au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris parle d'"une gabegie financière" et de "dissimulation délibérée de l'absence d'intérêt".

En cause, une dépense de 30 millions d'euros sur quinze années pour financer un programme de recherche. Selon eux, la Ligue contre le cancer a assuré à tort son efficience, alors qu'il n'aurait pas porté ses fruits.

Une mauvaise gestion pointée du doigt qui passe très mal au niveau du conseil d'administration. Un administrateur parle d'une démarche "délirante et suicidaire pour l'image de la Ligue".

La genèse du conflit remonte à 2015, après qu'un rapport de la Cour des comptes ait ciblé la crédibilité de ce programme de recherche lancé en 2003.

Objectifs du Programme de Recherche et Critiques de la Cour des Comptes

Cette "carte d'identité des tumeurs" avait pour objectif de créer une base de données après l'analyse de milliers d'échantillons pour "mettre au point des thérapies ciblées et affiner les traitements". Problème, la Cour des comptes avait noté que malgré l'investissement de deux millions d'euros par an, le projet ne faisait "pas l'objet d'évaluations scientifiques internes et externes régulières". Le rapport osait même parler d'"évaluations très épisodiques" et s'interrogeait sur l'existence de "conflits d'intérêts".

Pour sa défense, la présidente de la Ligue contre le cancer Jacqueline Godet assure avoir "pris en compte les remarques de la Cour et nommé un jury international qui a rendu un rapport d'audit en juin dernier qui (leur serait) favorable".

Mais les comités frondeurs avaient noté l'influence du directeur scientifique Aurélien de Reyniès sur une première version beaucoup moins favorable afin que l'audit soit modifié à l'avantage de la Ligue contre le cancer. Selon un document consulté par le Canard Enchaîné, il aurait ainsi demandé des corrections à l'auteur du premier audit en expliquant qu'une formulation pouvait "être vue comme une critique majeure" et "faire courir des risques pour la continuation du programme".

Facture Controversée du Directeur Scientifique

Le 1er février dernier déjà, après une première enquête de neuf comités de l'association, un huissier avait saisi 2.000 pièces informatiques au siège de la Ligue contre le cancer et pris connaissance d'une facture de 15.000 euros réalisée par le directeur scientifique Aurélien de Reyniès en tant que consultant pour Integreagen, une société de biotechnologies à qui la Ligue passe environ 600.000 euros de marché.

La Ligue Contre le Cancer et le Prix des Traitements

La Ligue contre le cancer se lance dans un bras de fer avec les laboratoires pharmaceutiques. La Ligue contre le cancer dénonce les prix exorbitants des traitements. Glivec, 37 000 euros par an, Sovaldi, 41 000 euros ou encore le Keytruda, bientôt vendu à plus de 100 000 euros.

Pour les industriels du médicament, ces prix s'expliquent par le coût de la recherche et pour eux, il faut prendre en compte les économies que ces traitements permettent de réaliser. "Quand vous transformez une chimiothérapie qui s'administrait à l'hôpital, en comprimés que vous prenez en ville, vous générez des économies extraordinaires", note ainsi Éric Baseilhac, directeur des affaires économiques du LEEM.

Cependant, pour le moment, les traitements contre le cancer ne cessent de flamber. Des prix qui devraient être multipliés par sept entre 2004 et 2020. Ils représentent désormais 10% des dépenses de la Sécurité sociale.

Une situation que dénonce la Ligue contre le cancer, d'autant que les laboratoires adaptent leurs prix en fonction des pays.

Scandale financier chez l'association EQUALIS !

Le Scandale de l'ARC (Association pour la Recherche sur le Cancer)

Aujourd’hui dans Affaires sensibles, le scandale de l'Association pour la Recherche sur le Cancer, l'ARC, accusée de détournements de fonds, de gestion financière opaque et d’abus de bien sociaux. Montant estimé du préjudice : plus de 600 millions de francs soit plus de 140 millions d’euros.

Au mois de janvier 1996, un séisme ébranle le monde de la recherche médicale en France. Lorsqu’il éclate, le scandale de l’ARC réveille avec lui le souvenir de deux autres drames sanitaires : celui du sang contaminé et celui des hormones de croissance. Deux histoires terribles dans lesquelles l’argent a là aussi pris le pas sur les règles - balayant tous les garde-fous du système de santé.

Dans le cas de l’ARC, les victimes ce sont bien sûr les malades du cancer, certains laboratoires de recherche, mais surtout les millions de français qui ont donné pendant des années - souvent un petit chèque, parfois un gros héritage - au profit de l’association.

L’enquête judiciaire lève le voile sur un véritable système d’enrichissement crapuleux. Des sommes colossales - issues des dons à l’ARC - ont effet été détournées pour servir les intérêts d’un petit cercle de privilégiés, à leur tête : Jacques Crozemarie, le président de l’association.

Achat de voitures de sport italiennes, voyage sur des îles paradisiaques, rétribution d’escortes girls, paiement de travaux somptueux dans ses résidences de la Côte d’Azur, enveloppes de cash, la vie de Jacques Crozemarie « Le Monsieur Cancer de la télévision » ressemble à celle d’un Prince de la Jet-set.

Alors, comment l’ARC a-t-elle pu devenir une nébuleuse quasi-mafieuse ? Pourquoi, malgré de premiers soupçons apparus très tôt a-t-il fallu attendre près de 20 ans pour que la vérité sur la gestion calamiteuse de l’association n’éclate ?

Un récit documentaire de Adrien Carat Invitée :Sophie Coignard, Journaliste et essayiste, elle est l’auteur de nombreux livres d’enquête dont l’un d’eux fait figure d’ouvrage de référence sur cette affaire. Intitulé « L’Omerta Française » - co-écrit avec Stéphane Wickham, il a été réédité chez Albin Michel en 2014.

Impact sur les Dons et la Confiance du Public

LA CHUTE des dons est vertigineuse. En un an, les ressources de la Ligue nationale contre le cancer ont baissé d'environ 25 %. L'association s'efforce pourtant de minimiser les retombées de l'affaire de l'ARC.

« Le scandale est venu s'inscrire dans une conjoncture qui n'était déjà pas favorable à l'évolution des dons », explique Jean Lambert, porte-parole de la Ligue. En 1995, le montant des dons à l'association s'est en effet élevé à 154 millions de francs, contre 173 millions en 1994.

Plusieurs sondages effectués par la Ligue au printemps ont mis en évidence deux facteurs d'explication annexes aux révélations sur les détournements de fonds réalisés à l'ARC, précise M. Lambert : d'une part, « la morosité générale, psychologique et sociale », qui entraîne « un repli des donateurs vers des causes de proximité, la plupart du temps familiales » et, d'autre part, « un scepticisme sur l'efficacité des associations caritatives d'une manière générale ».

Le scandale de l'ARC aurait donc seulement « accéléré le mouvement ». Les quelque trente mille bénévoles de la Ligue se font pourtant souvent éconduire « parce qu'on les confond avec l'ARC », raconte encore le porte-parole.

Un sondage réalisé auprès d'un échantillon représentatif de la population française devait être rendu public, vendredi 18 octobre. 48 % des personnes interrogées estiment que « ce qui s'est passé à l'ARC pourrait très bien arriver à la Ligue » et que « les deux associations se valent », tandis que 30 % les jugent « très différentes ».

8 % seulement des sondés déclarent avoir « l'intention de faire prochainement un don pour la lutte contre le cancer » et 52 % pensent « attendre un peu, pour voir comment les choses évoluent ». Parmi ces donateurs potentiels, 38 % donneraient à la Ligue et 9 % à l'ARC.

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