La Ligue continentale de hockey (KHL) est une compétition eurasiatique qui a remplacé la Superliga russe. Créée en 2008, cette ligue est considérée comme la meilleure ligue de hockey sur glace en Europe et la deuxième au monde après la National Hockey League (NHL).
L'histoire de la KHL est marquée par des moments clés et des évolutions significatives. Voici un aperçu de son parcours :
Les Débuts et l'Expansion
En 2013, le KHL Medveščak Zagreb a obtenu le droit de concourir au circuit de la KHL, devenant ainsi un nouveau prétendant à la Coupe Gagarine. La KHL ne se contente plus de s'étendre aux pays de l'ex-U.R.S.S. Son président, Aleksandr Medvedev, avait clairement l'intention d'étendre la ligue à travers l'Europe.

Le nombre d'équipes de la compétition a connu une croissance, passant de 18 franchises en 2014 à 19 en 2017. La saison 2021-2022 a vu jouer 22 équipes avec la participation de Pékin.
Les Défis Financiers et les Changements de Format
Vendredi, les dirigeants de la KHL ont fait des annonces sur le futur de la Ligue, dont certaines équipes ont connu des difficultés financières. Mais surtout, la Ligue russe a décidé d'abandonner le format européen des patinoires, soit 60 mètres sur 30, d'ici la saison 2021-2022. Ce changement peut paraître anecdotique, mais c'est loin de l'être. Le format européen est reconnu pour son jeu plus tactique, mais plus lent, vis à vis du format NHL. Les équipes nord-américaines ont eu des difficultés à s'adapter à ces dimensions, et inversement, pour les équipes européennes avec une glace plus petite. Beaucoup de joueurs européens internationaux évoluent dans le championnat nord-américain, se familiarisant avec le format local. Le public veut du spectacle, de la vitesse.
Les Compétitions Européennes et la KHL
Le 9 décembre 2013, la Fédération internationale de hockey sur glace avait annoncé par l’intermédiaire de son président, René Fasel, le retour de ce qui reste comme une chimère dans l’histoire du hockey européen. Après un premier épisode il y a cinq ans, le projet était finalement tombé à l’eau. Mais la compétition n’est même pas encore (re)lancée que les critiques se font déjà entendre. En cause : le refus des équipes de KHL d’y participer. La KHL, c’est 28 équipes sur huit pays et une ligue considérée comme la deuxième meilleure au monde après la NHL nord-américaine.
Certains ont également pu soulever le problème de la taille de la Champions League, regroupant 44 équipes s’affrontant durant 149 rencontres, ce qui implique des problèmes de calendrier et de budget pour les équipes.
La Domination du Hockey Soviétique et les Nouvelles Compétitions
Concernant l’organisation d’une compétition de hockey, l’Europe ne part pas d’une feuille blanche. En effet c’est en 1966 que se dispute la première Coupe des champions, laquelle a vu s’opposer des clubs européens jusqu’en 1997. Une compétition marquée par la domination du hockey soviétique par l’intermédiaire du HK CSKA Moscou : le club de l’armée rouge totalise vingt trophées de la Coupe des champions ! Entre 1969 et 1990, il ne laissa son titre qu’à trois reprises. En 1975, au Krylia Sovetov Moscou. En 1977, au Poldi SONP Kladno (République Tchèque), soit la seule fois où le titre quitta Moscou en 21 ans.
En 1996, une autre compétition, la Ligue européenne de hockey, prend le relai. Elle ne durera que quatre saisons. Le Mettalurg Magnitogorsk remporte les deux dernières éditions de la compétition. Cette compétition se distingue de la précédente de par son format de ligue et non de coupe. Même durée, pour le retour de la Coupe des champions, sous le nom cette fois de « Coupe d’Europe des clubs champions », entre 2005 et 2008.
Avec l’arrivée d’une méga Coupe d’Europe, l’existence de la Continental Cup est remise en cause. Créée en 1997, succédant ainsi à la Coupe de la Fédération, la Continental Cup devait accueillir les équipes de pays non représentés en Coupe d’Europe. Elle permettait donc à des nations comme la Biélorussie, la France et le Grande-Bretagne d’avoir tout de même un représentant en coupe d’Europe. Du fait de l’histoire mouvementée de la principale coupe d’Europe, elle fut parfois la seule compétition opposant des clubs européens.
Les Enjeux Économiques et la Rivalité avec la NHL
Alors pourquoi vouloir faire beaucoup plus grand ? Car, à l’instar de son homologue du ballon rond, cette Ligue des Champions pourrait rapporter gros. Les clubs détiennent 63% de la société d’actionnaire de la compétition basée en Suisse, les ligues nationales 25% et la Fédération internationale 12%. Les trois actionnaires comptent sur un engouement médiatique européen voir mondial.
Plus d’un million et demi d’euros : la somme que la Fédération internationale distribuera aux équipes participantes aidera sûrement à améliorer le prestige de la compétition. Entre la NHL et la KHL, la Champions Hockey League tente de se frayer un chemin. En attendant, l’épisode de 2011, où la compétition avait été annulée après avoir été annoncée par la fédération, rappelle qu’il reste beaucoup à faire pour monter un tel géant.
La KHL a - une fois de plus - copié le modèle NHL en devenant une ligue « pirate », en dehors de la juridiction de sa fédération (FHR), et donc de l’IIHF. Une décision dans l’intérêt à court terme d’un seul club, le CSKA Moscou, qui défie les sanctions de la fédération internationale en recrutant sans « transfer card ».
La Superliga et la Compétition avec la NHL
La Superliga a plus que jamais confirmé qu'elle est le deuxième championnat au monde derrière la NHL. Mais elle ne se contente pas d'être loin devant les autres : c'est avec la NHL qu'elle veut rentrer en compétition.
Les règles seront très clairement établies pour concurrencer une certaine ligue, puisque les clubs pourront déroger à la masse salariale dès lors que c'est pour recruter un joueur de NHL, ou pour répondre à une offre d'une franchise de NHL qui convoiterait un joueur.
Si la KHL fait fi des spécificités du hockey russe, elle fait aussi semblant d'occulter la raison très particulière pour laquelle elle s'annonce si puissante : la hausse du prix du pétrole et du gaz a fait exploser les bénéfices des géants du secteur, en premier lieu Gazprom. Le président du conseil d'administration du mastodonte gazier, Aleksandr Medvedev, est l'initiateur du projet de KHL, et il a fini par faire plier la fédération russe qui avait un temps essayé de résister à ses ambitions.
Les Clubs Phares et Leurs Parcours
Plusieurs clubs se sont distingués dans l'histoire de la KHL. Voici un aperçu de quelques-uns d'entre eux :
- Salavat Yulaev Ufa : À l'occasion du 450e anniversaire de l'intégration de la Bachkirie à la Russie, en 2007, les investissements ont été nombreux dans la capitale de la République. Ce titre "programmé", Ufa a eu l'intelligence de ne pas le construire en recrutant de grandes stars. La plus célèbre des recrues, le gardien international tchèque Milan Hnilicka, n'a finalement joué que dix matches en six mois.
- Lokomotiv Yaroslavl : Lors de son précédent passage au club en 2004/05, l'entraîneur finlandais Kari Heikkilä avait échoué en demi-finale. Cette fois, c'est lui qui a écoeuré les adversaires (et leur public) en barricadant son équipe. Alors que les règlements pour protéger les gardiens russes vont se durcir l'an prochain (ils devront obligatoirement jouer plus de 50% du temps), le jeune Varlamov n'a pas été en mal de temps de jeu puisqu'il a joué 60 matches.
- Metallurg Magnitogorsk : Juste avant Noël, Viktor Rashnikov, le président du combinat métallurgique de Magnitogorsk, avait décidé de changer d'entraîneur alors que le club occupait... la troisième position du classement. Pour sa défense, l'entraîneur Fedor Kanareïkin faisait valoir que son équipe avait besoin que ses leaders soient à leur meilleur niveau pour être performante.
- Ak Bars Kazan : La deuxième ligne avait été pillée par... Ufa, mais Kazan a sorti le carnet des chèques en novembre. Les Tatars se sont constitués un trio 100% "étranger" (si on considère qu'Oleg Petrov a passé quinze ans loin du pays et parle maintenant russe avec un accent) en allant chercher Hentunen et Petrov en Suisse, Cajanek en NHL.
- CSKA Moscou : Preuve que la demi-finale de l'an dernier n'était pas un accident, le CSKA a terminé cette année meilleure attaque de Superliga. L'international tchèque Ladislav Kohn, pas réputé pour son implication défensive, y a joué un rôle inattendu avec la meilleure fiche +/- de l'équipe (+22, à égalité avec le défenseur Andrei Shefer).
- SKA Saint-Pétersbourg : Maintenant qu'Aleksandr Medvedev a pris le pouvoir officieux dans le hockey russe (voire au-delà puisqu'il s'est déjà fait élire au Conseil de l'IIHF), on peut s'attendre à ce que son club devienne lui aussi un cador. On y a cru en début de saison, quand le SKA disputait la tête du classement à Ufa, mais les attaquants suédois Hannula et Johansson ont un peu décliné au fil du temps.
- Dynamo Moscou : Vladimir Vujtek avait cessé d'entraîner pendant deux ans pour raisons de santé, mais le Dynamo l'a rappelé en Russie. Ce leader ne pouvait pas être Aleksei Badyukov, meilleur marqueur et meilleur joueur de l'équipe mais naturellement discret.
- Severstal Cherepovets : Il y a des séparations douloureuses, brutales, qui font le malheur des deux parties. Celle entre Cherepovets et Aleksandr Astashev, mis à la porte alors qu'il était à l'hôpital, pouvait paraître assez cruelle pour s'inscrire dans cette logique conflictuelle. Et pourtant, Astashev a remercié son ancien club pour ce licenciement... après être devenu champion de Russie.
- Khimik Mytishchi : Les changements d'entraîneur positifs, on en a rarement vu au Khimik. En trois ans, le directeur général Leonid Weisfeld a consommé six entraîneurs, pour un piètre résultat par rapport au budget du club.
- Avangard Omsk : Depuis qu'on était entré dans le XXIe siècle, Omsk avait toujours fait partie du dernier carré. L'équipe a pâti en premier lieu de sa faiblesse dans les cages. Après sa pré-saison encourageante, Maksim Sokolov n'a pas réussi son retour à Omsk et a été renvoyé chez lui au bout de trois mois.
- HK MVD : Le club du Ministère de l'Intérieur reste un cas un peu particulier dans le championnat russe. Il est plus un acte politique qu'un projet sportif. Parallèlement, il se présente aussi comme société de sport-spectacle.
Les Champions de la Coupe Stanley
Voici une liste des vainqueurs de la Coupe Stanley, la plus prestigieuse récompense de la NHL :
| Année | Vainqueur | Finaliste | Score |
|---|---|---|---|
| 2025 | Florida Panthers | Edmonton Oilers | 4-2 |
| 2024 | Florida Panthers | Edmonton Oilers | 4-3 |
| 2023 | Vegas Golden Knights | Florida Panthers | 4-1 |
| 2022 | Colorado Avalanche | Tampa Bay Lightning | 4-2 |
| 2021 | Tampa Bay Lightning | Montréal Canadiens | 4-1 |
| 2020 | Tampa Bay Lightning | Dallas Stars | 4-2 |
| 2019 | St. Louis Blues | Boston Bruins | 4-3 |
| 1975 | Philadelphia Flyers | Buffalo Sabres | 4-2 |
| 1974 | Philadelphia Flyers | Boston Bruins | 4-2 |
| 1973 | Montréal Canadiens | Chicago Black Hawks | 4-2 |
| 1972 | Boston Bruins | New York Rangers | 4-2 |
| 1971 | Montréal Canadiens | Chicago Black Hawks | 4-3 |
| 1970 | Boston Bruins | St. Louis Blues | 4-0 |
| 1969 | Montréal Canadiens | St. Louis Blues | 4-0 |
| 1968 | Montréal Canadiens | St. Louis Blues | 4-0 |
| 1955 | Detroit Red Wings | Montréal Canadiens | 4-3 |
| 1954 | Detroit Red Wings | Montréal Canadiens | 4-3 |
| 1953 | Montréal Canadiens | Boston Bruins | 4-1 |
| 1952 | Detroit Red Wings | Montréal Canadiens | 4-0 |
| 1951 | Toronto Maple Leafs | Montréal Canadiens | 4-1 |
| 1950 | Detroit Red Wings | New York Rangers | 4-3 |
| 1949 | Toronto Maple Leafs | Detroit Red Wings | 4-0 |
| 1948 | Toronto Maple Leafs | Detroit Red Wings | 4-0 |
| 1947 | Toronto Maple Leafs | Montréal Canadiens | 4-2 |
| 1946 | Montréal Canadiens | Boston Bruins | 4-1 |
| 1945 | Toronto Maple Leafs | Detroit Red Wings | 4-3 |
| 1944 | Montréal Canadiens | Chicago Black Hawks | 4-0 |
| 1943 | Detroit Red Wings | Boston Bruins | 4-0 |
| 1942 | Toronto Maple Leafs | Detroit Red Wings | 4-3 |
| 1941 | Boston Bruins | Detroit Red Wings | 4-0 |
| 1940 | New York Rangers | Toronto Maple Leafs | 4-2 |
| 1939 | Boston Bruins | Toronto Maple Leafs | 4-1 |
| 1938 | Chicago Black Hawks | Toronto Maple Leafs | 3-1 |
| 1937 | Detroit Red Wings | New York Rangers | 3-2 |
| 1936 | Detroit Red Wings | Toronto Maple Leafs | 3-1 |
| 1935 | Montréal Maroons | Toronto Maple Leafs | 3-0 |
| 1934 | Chicago Black Hawks | Detroit Red Wings | 3-1 |
| 1933 | New York Rangers | Toronto Maple Leafs | 3-1 |
| 1932 | Toronto Maple Leafs | New York Rangers | 3-0 |
| 1931 | Montréal Canadiens | Chicago Black Hawks | 3-2 |
| 1930 | Montréal Canadiens | Boston Bruins | 2-0 |
| 1929 | Boston Bruins | New York Rangers | 2-0 |
| 1928 | New York Rangers | Montréal Maroons | 3-2 |
| 1927 | Ottawa Senators | Boston Bruins | 2-0 |
| 1926 | Montréal Maroons | Victoria Cougars | 3-1 |
| 1925 | Victoria Cougars | Montréal Canadiens | 3-1 |
| 1924 | Montréal Canadiens | Calgary Tigers | 2-0 |
| 1923 | Ottawa Senators | Edmonton Eskimos | 2-0 |
| 1922 | Toronto St. Patricks | Vancouver Millionaires | 3-2 |
| 1921 | Ottawa Senators | Vancouver Millionaires | 3-2 |
| 1920 | Ottawa Senators | Seattle Metropolitans | 3-2 |
| 1919 | Stanley Cup annulée | Stanley Cup annulée | Stanley Cup annulée |
| 1918 | Toronto Hockey Club | Vancouver Millionaires | 3-2 |
Le Hockey en Russie : Entre Football et Hockey sur Glace
En Russie, le hockey fait de l’ombre au football. Deux sports sont incontournables en Russie : le football et le hockey sur glace. Alors que le football russe dégringole petit à petit, le hockey a encore de beaux jours devant eux. Que ce soit avec la KHL, Kontinentalnaïa Hokkeïnaïa Liga ou Ligue continentale de Hockey, soit le championnat pour les équipes eurasiennes, ou avec la sélection nationale de hockey.

Au cours de l’histoire sportive soviétique, le hockey et le football furent liés. Les équipes étaient régies par des Sociétés Sportives intégrant de nombreux sports. De ces joueurs, nombreuses sont les légendes soviétiques. Ainsi, on peut également citer Valentin Granatkin, l’esprit soviétique oublié, lui, le premier vice-président de la FIFA, longtemps président de la fédération de football de l’Union soviétique et gardien de but lors de sa carrière de joueur, étant, dans l’histoire, le seul gardien à jouer pour la sélection nationale d’URSS à la fois avec l’équipe de football et celle de hockey.
Cet aparté historique met en évidence les liens sportifs très forts qui existent entre ces deux sports. De nos jours, le professionnalisme sportif fait qu’on ne retrouve plus ce caractère de polyvalence, les Sociétés Sportives n’existent plus réellement et les clubs de hockey et de football sont assez distincts. Au point que, dans certaines villes, l’un ait pris le dessus sur l’autre.
tags: #ligue #continentale #de #hockey