Les Wriggles : Une Histoire Déjantée et un Regard Acide sur la Société

Les Wriggles, c'est avant tout un nom qui évoque le mouvement, la torsion. En anglais, "to wriggle" signifie se tortiller, une image qui correspond parfaitement à l'esprit de ce groupe atypique. Complètement tordants, ces cinq diablotins déjantés se déchaînent comme des fous, passent allègrement d'une musique à l'autre, virevoltent, rebondissent et apparaissent toujours là où on ne les attend pas.

Un Come-Back Attendu

Après neuf ans de silence, Les Wriggles, ces cinq chanteurs qui fanfaronnaient sur scène de 1995 à 2009, ont signé leur come-back. Une cinquantaine de dates sont programmées et, preuve que le public ne les avait pas oubliés, beaucoup affichent déjà complètes.

Les fans ont remarqué du mouvement dans la formation. Des visages ont changé. Si Stéphane Gourdon, Antoine Réjasse et Franck Zerbib participent à cette recomposition, deux anciens membres - Frédéric Volovitch et Christophe Gendreau - n'ont pas souhaité rempiler. Les Wriggles nouveaux sont pourtant toujours cinq grâce à l'arrivée du musicien Emmanuel Urbanet, venu des Joyeux Urbains, et du comédien Fabien Marais.

« On ne remplace pas un Wriggles, prévient cependant Stéphane Gourdon. On ne s'est pas dit qu'il fallait remplacer Christophe et Frédo. On aurait pu revenir à trois mais cinq, c'est mieux pour les harmonies et occuper l'espace sur scène ».

Un Humour Acide et Engagé

Car les Wriggles, c'est d'abord une bonne bouffée d'humour… acide. Rien n'arrête en effet ces cinq chanteurs, héritiers trash des Frères Jacques, capables de s'amuser du drame du petit Grégory (le titre Plouf) ou de décrire une Candy mourant du cancer (Petite Candy).

Loin de vivre dans leur bulle, les fanfarons, qui ont pris une tête de clown grimaçant comme emblème, racontent notre société et ses travers (Pourquoi), évoquent les couples homos (Mon petit mec et moi) ou dénoncent le racisme (Délit de face, yes !). On ne sort pas indemne d'un spectacle des Wriggles. « On veut bousculer les gens, reconnaissent les trublions. Et pas qu'ils sortent en se demandant simplement : Maintenant, qu'est-ce qu'on mange ? ! »

Les Débuts : Une Blague Entre Amis

Évidemment, l'histoire a commencé comme une blague. Les cinq membres initiaux se croisent à Paris à l'École de théâtre de la rue blanche. Ambiance bande de potes et colocation, les copains, une vingtaine d'années alors, improvisent des sketchs dans leur cuisine commune. Ils se décident à en faire un spectacle en 1995. « On est un groupe né du prix de l'immobilier », rigole Stéphane.

Pour trouver une identité visuelle, les cinq compagnons portent du rouge. Parce que « chez Tati, la tenue la moins chère qu'on est dégotée était rouge. Et ça pétait bien », se souvient Sébastien Lalanne, le metteur en scène des débuts, également de retour avec le groupe.

Le public découvre alors une musique théâtrale, où chaque titre est porté par un sketch et des interprètes sur ressorts, toujours en mouvement. Suivent cinq albums, dont un best of, plusieurs spectacles et une notoriété croissante.

Les Difficultés et la Séparation

Mais avec le succès et le temps, surgissent les problèmes d'ego. Pas évident d'être toujours d'accord à cinq. Le groupe se fissure en 2006 avec le départ de Franck et Antoine. Les Wriggles continueront à tourner à trois jusqu'en 2009. A l'époque en fait, chacun se lance sur son propre chemin artistique, loin des autres.

Mais, durant toutes ces années, le clown restait tapi dans l'ombre et dans les cœurs. « On veut renouer avec l'esprit des débuts, rentrer dans le tas et faire mal » confie aujourd'hui Stéphane.

Un Nouveau Spectacle Prometteur

Le nouveau spectacle comptera une douzaine d'anciens morceaux, comme La Petite Olive (l'histoire d'une olive gorgée de connaissances et de soleil qui fait le tour du monde), Poupine et Thierry (une idylle entre un lapin et une belette surprise par un chasseur) et Monolithe (une affaire de gaz sur une montgolfière).

Mais une quinzaine de nouveautés sont prévues dont un texte signé par l'ancien membre Fredo. Et, promesse de Wriggles, cela va piquer. « Nous restons méchants et grinçants. On n'est pas là pour faire du divertissement, rappelle Franck. D'ailleurs, le public est maso. Les gens nous aiment parce que nous sommes impitoyables avec eux. »

Les Wriggles et le PSG : Une Affaire d'Humour Noir

Les Wriggles ont marqué les esprits avec leur chanson "PSG", une satire mordante sur les supporters du club parisien. Cette chanson, comme beaucoup d'autres de leur répertoire, aborde des sujets sensibles avec un humour noir décapant.

Dans un contexte de rivalités exacerbées dans le monde du football, où chaque manifestation de mécontentement est amplifiée par les médias, Les Wriggles ont su pointer du doigt l'absurdité de certaines situations avec leur style inimitable.

Extrait des paroles de la chanson "PSG" (transcription) :

  • « Qui c’est les plus bons, les meilleurs, les champions ? PSG ! »

Les Wriggles et la Société : Une Analyse Philosophique

L'œuvre des Wriggles, avec son humour grinçant et sa capacité à aborder des sujets tabous, peut être analysée à travers le prisme de la philosophie. Leur remise en question des normes et des conventions sociales, leur critique des travers de la société, résonnent avec les réflexions de penseurs tels que Bernhard Waldenfels sur l'étranger et le nationalisme.

En mettant en scène des situations absurdes et en dénonçant les injustices, Les Wriggles nous invitent à une réflexion critique sur notre propre rapport au monde et à l'autre.

Conclusion

Les Wriggles, avec leur humour décalé et leur regard acéré sur la société, ont marqué la scène musicale française. Leur retour est une excellente nouvelle pour tous ceux qui apprécient l'intelligence et l'irrévérence.

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