Les supporters du Paris Saint-Germain Football Club encouragent et soutiennent le club de football français du PSG. Au cœur de l'effervescence du Parc des Princes, le Collectif Ultras Paris (CUP) a insufflé un nouveau souffle, ayant obtenu l’aval du club et de la préfecture pour réinvestir la tribune Auteuil. Ces groupes, véritables piliers de l’ambiance dans les tribunes, ont traversé les époques, marquant l’histoire du club de leur empreinte indélébile.
Selon les archives du Paris Saint-Germain, le premier groupe de supporters ultras est apparu en 1978, à une époque où le club commençait à peine à se faire un nom dans le football français.
Mais qui sont réellement ces groupes d’ultras historiques du PSG ? Comment ont-ils évolué au fil des années ? Quelle est leur influence sur le club et sur le football français en général ?
Ligue 1 - Les Ultras "ont un rôle sociétal"
Les Origines du Mouvement Ultra
Le mouvement des “Ultras”, ces fervents supporters sportifs, a vu le jour à la fin des années 1960 et le début des années 1970 dans les stades italiens. Le terme ultra provient du latin et signifie celui qui « va plus loin que ». Le supporter ultra est justement celui qui va plus loin que le supporter classique dans le soutien qu'il apporte à son équipe favorite. Le supporter ultra cherche à pousser son équipe de manière fanatique et organisée.
Une organisation, par le biais d'associations, qui se démarque du club et cultive son indépendance décisionnelle et financière. L'historien Sébastien Louis rapporte que le mot ultra est dans les années 1960 « déjà utilisé par la presse italienne pour désigner des supporters excessifs » (1). Le mouvement va naître dans un contexte particulier et violent pour la péninsule. En effet, les années 1960 et 1970 sont celles que nous connaissons aujourd'hui sous la dénomination d' « années de plomb ». Une période de tension politique extrême débouchant sur des affrontements de rue et des actes de terrorisme.
Le contexte politique se ressent dans le choix des noms de groupes, comme par exemple Commandos. Le nom d'un groupe doit impressionner, l'une des premières entités ultras de l'histoire se nomme d'ailleurs Fossa dei Leoni (« La fosse aux lions »), un groupe supportant l'A.C Milan. Ces entités ultras sont l'œuvre de bandes juvéniles souhaitant s'affranchir des carcans sociaux et familiaux.
Ils apportent alors une nouvelle culture qui va dépasser celle des tifosi classiques. Si les drapeaux sont déjà très présents dans les tribunes italiennes, ces nouveaux groupes pérennisent l'utilisation des tambours et amènent de nouvelles pratiques comme le fumigène (autant présent dans les manifestations politiques dans les rues) et le tifo (ou scénographie car le mot tifo est inexact mais est entré dans le langage pour désigner cette animation). Ce dernier est une très grande toile reprenant un dessin confectionné par les membres des groupes et affiché généralement lors de l'entrée des joueurs.
Le virage (derrière les buts ou les places sont les moins chères) devient le lieu à défendre. Il devient le lieu sacré, le lieu de rendez-vous et d'expression du groupe ultra. Enfin, la bâche portant le nom du groupe devient le sceau de son identité, elle s'accroche aux grillages à domicile comme à l'extérieur. La bâche est au groupe ultra ce que le drapeau est à une nation.
Peu à peu le mouvement se répand à travers toute la péninsule mais aussi à l'extérieur de ses frontières. Notamment en France, avec la création du Commando Ultra en 1984 supportant l'Olympique de Marseille. Par la suite les groupes se multiplient, on peut citer les Boulogne Boys en 1985 à Paris ou encore les Ultramarines à Bordeaux en 1987.

Les supporters du PSG célèbrent une victoire avec des fumigènes.
Les Relations avec le Club et les Supporters
Jusqu’au milieu des années 90, des réunions régulières avec le club se tiennent au siège pendant que des revendications spontanées sortent en tribune. Les premiers tifos sont élaborés, les chants s’étoffent et les groupes écrivent leur histoire en tribune. On continue de jouer au chat et à la souris entre le permis, le toléré et l’interdit. Mais le contexte n’est pas encore très compliqué.
Les vrais combats et les négociations difficiles avec le club arriveront plus tard. La situation et l’architecture des tribunes allaient se complexifier. Le club décide d’avoir une politique de sécurité que j’appellerais « du loup dans la bergerie ». Ils veulent acheter une forme de paix sociale. Tout le monde n’allait pas y trouver son compte. C’est une période trouble pour le Virage qui était loin d’être uni et très largement instrumentalisé.
Certains ont collaboré pour sauver leur peau, d’autres ont profité de larges passe-droit obtenus par des personnes qui allaient les évincer quelques années plus tard. Quelque chose que tu ne pourras pas enlever de la tête de certains, un nouveau Virage est né avec les Supras, groupe se revendiquant apolitique et ouvert à tous donc cosmopolite, « The Boss », président des SA, était d’origine algérienne (respecté par ailleurs par certains gars du KOP) et le Virage était et est toujours ni plus ni moins la tribune de tous, des blancs, des noirs et des arabes, symbole de la mixité sociale et raciale.
La période entre 1996 et 2000
La période entre 1996 et 2000 a donc été compliquée, pressions d’un côté et défections de l’autre, qui n’étaient pas pour contribuer à la bonne santé du groupe. Nous n’avions qu’une seule chose à faire : résister et tenir. C’est ce que j’ai essayé de faire avec d’autres pendant une belle période : un septennat. Puis la roue tourne, comme on dit. Les regrets sont néanmoins nombreux, des gars qui ont écrit de très belles pages des SA et pour lesquels j’avais une grande estime sont partis. J’y ai cassé des amitiés.
Il n’est pas toujours évident de comprendre les prises de décisions et surtout les réactions d’un président de groupe. Personne n’est à sa place. Je ne veux certainement pas dire par là qu’il a toujours raison, personne n’est doué de la bonne décision ou réaction en toute circonstance. Le climat était très particulier et loin d’être confortable, tu n’y es pas forcement préparé et tu es particulièrement seul (les conseils et appuis des anciens sont inexistants puisqu’ils ne sont pas restés). Néanmoins personne ne m’a forcé à prendre la place.
Ensuite, de nouvelles générations arrivent avec de nouveaux talents. J’en profite pour signaler que dans cette interview, beaucoup n’ont pas été cités, mais chaque personne qui est passée au groupe sait ce qu’il a fait, ce qu’il a apporté aux Supras et au Virage. Je citerais en particulier « TGV » et Philippe alias « Fulup » pour le coup, des vrais hommes de l’ombre, mais qui ont tellement fait pour le groupe. Ils ont disparu de la vie du groupe aussi discrètement qu’ils y étaient arrivés, mais on ne les a pas oubliés ! Je passe la main à Boat en mai 2003.
Le groupe commence à avoir du répondant en tribune depuis un certain temps maintenant, les mecs commencent à ne plus se laisser faire. C’est beaucoup plus tard, ça c’est la fin du conflit avec Graille-Larrue, à la fin de la saison 2004/2005. C’est l’aboutissement d’un travail de longue haleine, c’est vrai. Il y a un truc dont on n’a pas parlé qui est fondamental, parce qu’on a parlé tout à l’heure de l’impulsion de la culture ultra. A mon époque, on regarde aussi beaucoup ce que font les Tigris, parce que les Tigris c’est un groupe moteur, qui est en avance sur son temps.
Quand j’arrive, le groupe est en déclin, il y a une génération qui arrive et qui travaille, on s’inspire bien sûr de l’Italie, mais on s’inspire aussi beaucoup des Tigris. Les Tigris et les LF, à l’époque, faut l’avouer, n’ont pas beaucoup d’estime pour nous. Parce que tu as une génération qui vient d’exploser. Le groupe est à la limite de la rupture et de l’arrêt pur et simple, et tu n’as pas de culture ultra bien implantée. Autour du groupe, t’as des mecs qui viennent avec des écharpes aux poignets et nous on va essayer de changer ça.
On voit que les Tigris ne sont pas du tout structurés comme ça. Eux ils sont à fond dans la culture ultra. Ils importent vraiment de manière intensive le truc italien. Eux explosent à ce moment-là, et ils créent une émulation. On se dit « putain, c’est un bon groupe, ils sortent du beau matos, ils imposent la culture ultra dans leur bloc, leurs étendards ils sont mieux finis, il y a du détail ». Ça commence à éloigner les mecs qui sont peinturlurés, des écharpes en veux-tu en voilà, ceux qui gueulent quand ça agite des drapeaux. Ils les dégagent de leur bloc à coups de mégaphone.

Tifo des Supras Auteuil.
L'évolution du look et de la culture
C’était assez différent Aujourd’hui, le dress-code de base chez les ultras ou les hooligans se ressemble beaucoup, avec des marques hors de prix, tout le monde en Stone Island. Nous, ça n’a jamais été notre délire, le trip poseur. Quand tu vois nos photos de groupe de l’époque, tu vois une bande de jeunes en virée qui passent du bon temps, pas une bande de hools dans une représentation viriliste, les poings en garde, comme c’est devenu la norme même pour des petits groupes de province.
T’as des « bandes » à Tours, à Rouen, c’est délirant, pour nous c’était des scènes insignifiantes. Donc le look qui s’est substitué petit à petit, c’était le look ultra de l’époque, jean ou jogging, baskets, sweat capuche, matos de groupe essentiellement. Mais on n’était pas du tout dans la reproduction du look hooligans. Si t’avais mis une bande d’Auteuil et une bande de Boulogne côte à côte, t’aurais fait la différence rien qu’à la dégaine.
Chez nous, c’était hyper bigarré. T’avais pas tellement de mecs en Lonsdale à Auteuil par exemple. Du côté des Supras, on a toujours fait cohabiter des mecs issus de cultures différentes : hip hop bien évidemment, mais aussi des rastas, des mecs Rock and Roll, des gars qui écumaient les teufs électro ou des spécialistes du karaoké spécialité variété française ! Les Supras c’est peut-être le groupe qui a fait le plus cohabiter de cultures différentes. C’était très métissé au niveau culturel.
T’avais des mecs qui écoutaient Lunatic, d’autres Agnostic Front ou Burning Spear et parfois même les trois à la fois. Pour revenir au sujet, les Tigris créaient beaucoup d’émulation, et avec les Lutèce, ça faisait 3 groupes qui étaient en compétition. On regardait beaucoup ce que faisaient les Tigris, ça nous donnait la motivation pour renouveler le stock de deux mats, éloigner du bloc les mecs qui ne chantaient pas. Il faut comprendre qu’une tribune ça s’éduque et que rien n’arrive spontanément.
Pour devenir une tribune à majorité ultra, il a fallu imposer ce modèle. Ce qui paraît naturel aujourd’hui, chanter dans un bloc, agiter des drapeaux tout le match, ça ne l’était pas à l’époque et il a fallu l’imposer. C’était super important, une première pierre dans la symbolique ultra de la défense de l’institution. Celui sans liseré blanc. Epoque Anelka, Luccin, Dalmat… On organise un sit-in devant la boutique des Champs. Ça ne servait à rien de faire des banderoles ou des chants si on n’accompagnait pas la démarche par des actes.
Et bloquer l’accès de la boutique sur les Champs, c’est un acte fort. C’est l’époque où le PSG veut commencer à faire un toilettage grossier sur le mode Canal + banlieues friendly. Ils voulaient se servir du club comme vitrine culturelle de l’idéologie diffusée par la chaîne. On n’avait pas Photoshop à l’époque, c’était très artisanal et malgré ça ils arrivaient à faire des visuels qui avaient de la gueule. Ils avaient un temps d’avance sur les visuels, le matériel… Ils nous ont obligés à bouger notre cul. Revenons sur les années 2000.
L'importance de la culture Ultra
Oui car on a beaucoup travaillé pour imposer la culture ultra et marginaliser la culture « Footix » qui existait aussi chez nous. On se déplace partout et plus nombreux. On multiplie les tifos, en commun avec les autres groupes, mais aussi sur notre bloc. On fête en 2001 les dix ans du Groupe et c’est l’occasion pour nous de travailler comme des tarés pendant des semaines pour faire un tifo sur toute la tribune avec des supports inédits. Les « Footix » faisaient partie de l’histoire du groupe.
Notre particularité c’était de rassembler un peu tout le monde. Il y avait des mecs un peu footix qui étaient aussi dans nos cars et c’est avec plaisir qu’on les accueillait. Par contre dans le bloc on avait cette exigence. Tu étais là pour chanter, sinon tu allais un peu plus haut. C’est à cette époque et le travail autour de ce tifo de 2001 que va se créer la section la plus importante de l’histoire du Groupe : la Génération Supras.
En 2002, elle est officialisée avec des objectifs clairs. Ce n’était pas une section affinitaire, mais une section avec une valeur utilitaire. Elle devait identifier des jeunes présentant un profil qui pouvait correspondre à nos valeurs et les intégrer progressivement dans le groupe en valorisant leur investissement dans les activités essentielles, en particulier leur présence lors des permanences et avant-matchs au Parc pour contribuer à l’activité première du Groupe, c’est-à-dire l’organisation de l’animation en tribune au sens large.
La GS a accompli un véritable travail d’éducation des jeunes membres à la tribune et à nos valeurs : dévouement, humilité et fun ! Ce n’est pas un hasard si de nombreux membres de la GS sont toujours présents 20 ans après dans notre communauté. Beaucoup ont imprimé viscéralement la mentalité du Groupe. Leur arrivée nous a fait du bien. Ils sont rapidement devenus un bon groupe. Déjà car ça devenait difficile de rentrer à Auteuil. Il y avait une longue liste d’attente.
Le seul endroit où il y avait de la place c’était chez eux, côté tribune Paris. Et puis ils étaient bons dans ce qu’ils faisaient. Du coup le Virage plus la Tribune G, c’était vraiment devenu impressionnant. On avait rencontré les ATKS, ils nous avaient présenté leur projet. On était évidemment favorables à une extension de la culture ultra du Virage vers la G. Je ne suis pas certain que ça se reproduirait aujourd’hui, à savoir un groupe majeur qui aide un jeune groupe à prendre son essor.
On ne les voyait pas du tout comme des « concurrents », bien au contraire. Lors de leur premier match, le PSG ne voulait pas qu’ils déploient leur bâche. Le club ne voulait pas d’un groupe dans la tribune G. Nos gars sont passés par-dessus le grillage en tribune G pour mettre la pression sur les stewards et permettre aux Authentiks de déployer leur bâche. Ça a commencé comme ça. Les ATKS ont très vite progressé et sont devenus un groupe important dans l’ambiance du Parc.
Le centre de gravité vocal s’est alors déplacé en partie vers la G et les Supras avaient donc un rôle central à jouer pour coordonner les chants entre la tribune G et le Virage Auteuil. On partageait la même mentalité en mettant au centre l’humilité et le fun. La plupart de leurs membres auraient sans doute été Supras si le Virage avait eu la place de les accueillir. Leur émergence symbolise également en creux la montée en puissance du Virage dans la culture urbaine parisienne, qui ne pouvait plus accueillir tous les gens qui voulaient le rejoindre.
Le désir de prendre part à l’ambiance du VA a donc débordé et s’est prolongé en tribune G grâce aux Authentiks. Beaucoup de jeunes supporters ne le savent pas, mais dans les années 1990 jusqu’au début des années 2000, la région parisienne compte de nombreux supporters de l’OM, qui ne veulent pas supporter un club de « facho ». C’est le travail entrepris par les groupes du VA et de la G qui a ancré le PSG dans la culture urbaine francilienne à un moment où on ne pouvait pas compter sur les résultats de l’équipe pour populariser le club dans les quartiers notamment.
Nos groupes étaient en phase avec la réalité musicale, artistique, culturelle et sociologique de l’époque et cela a contribué à renverser cette tendance et à attirer tous les jeunes franciliens vers le PSG. Les ATKS ont bien sûr pris part à cette lame de fond et ont forgé leur propre identité au fur et à mesure et c’est devenu le fameux Funky Group. Ils ont été fidèles à l’idéal commun qu’on partageait et ont participé à l’aventure jusqu’au bout en 2010, dans les pires moments.

Collectif Ultras Paris (CUP).
Le Plan Leproux et ses conséquences
Le Plan Leproux, mis en place en 2010, a bouleversé l’ambiance du Parc des Princes. Cette réforme radicale visait à éradiquer la violence entre supporters. Le PSG des années 2000 était gangréné par des affrontements entre groupes de supporters. La rivalité entre la tribune Boulogne et la tribune Auteuil engendrait une tension permanente. En 2010, un drame marque un tournant : un supporter décède après une rixe entre ultras parisiens.
Face à cette escalade, la direction du club, sous l’impulsion de Robin Leproux, décide d’agir drastiquement. Les tribunes du Parc des Princes étaient animées par des groupes ultras aux identités opposées. Boulogne, historiquement lié aux mouvances de droite, et Auteuil, plus multiculturel et ancré à gauche, entretenaient une rivalité virulente. Les incidents se multipliaient, allant de simples tensions verbales à des affrontements physiques.
La situation atteint son paroxysme en février 2010, lorsqu’un supporter du virage Boulogne, Yann Lorence, est battu à mort par d’autres Parisiens. Ce drame met la pression sur les autorités et la direction du PSG. Le Plan Leproux repose sur un principe simple : dissoudre les groupes ultras en supprimant leur ancrage dans les tribunes. La billetterie est totalement remaniée avec l’instauration du placement aléatoire.
Cette stratégie vise à empêcher toute reformation des groupes et à pacifier l’ambiance du Parc des Princes. Par ailleurs, les abonnés historiques se retrouvent exclus, contraints de souscrire à une carte d’abonné avec contrôle d’identité. Dès l’entrée en vigueur du Plan Leproux, le Parc des Princes devient méconnaissable. Les chants orchestrés disparaissent, laissant place à une atmosphère aseptisée. Les nouveaux spectateurs, plus familiaux et moins engagés, n’ont pas la même culture ultra.
Le PSG gagne en tranquillité ce qu’il perd en passion. Le club parisien a changé de visage après 2010. L’arrivée des Qataris en 2011 accélère cette transformation. Désormais, le PSG cible un public international, attiré par les stars recrutées à prix d’or. Le Plan Leproux a aussi marqué une rupture avec l’identité historique du club. Les ultras parisiens, privés de tribune, se dispersent ou disparaissent.
Face à la perte d’ambiance, le PSG amorce un retour des ultras en 2016. Le Collectif Ultras Paris (CUP) est créé, avec l’accord du club et des autorités. Ce retour marque la fin du modèle strict imposé par le Plan Leproux, tout en conservant une politique de sécurité rigoureuse. Le Plan Leproux a profondément modifié le PSG et ses supporters. Aujourd’hui, le club a retrouvé une ambiance plus vibrante, mais le débat sur l’identité des tribunes parisiennes reste ouvert.
Tableau récapitulatif des événements clés
| Période | Événement | Conséquences |
|---|---|---|
| Années 1970-1980 | Apparition des premiers groupes ultras (Kop de Boulogne) | Développement d'une culture de supporters passionnés et engagés |
| Années 1990 | Rivalité croissante entre les tribunes Boulogne et Auteuil | Augmentation de la violence et des tensions |
| 2010 | Mise en place du Plan Leproux | Dissolution des groupes ultras et atmosphère aseptisée au Parc des Princes |
| 2016 | Retour des ultras avec la création du Collectif Ultras Paris (CUP) | Amélioration de l'ambiance, mais débat persistant sur l'identité des tribunes |
Le CUP et l'animation des tribunes
Ces dernières heures, le Collectif Ultra Paris, principal groupe de supporters du PSG, a annoncé que certains de ses membres animeront la tribune Boulogne, située en face de leur habituel virage à Auteuil la saison prochaine. Une décision pour une ambiance plus généralisée dans le stade, qui reçoit un accueil mitigé.
C’est une nouvelle qui a vite fait parler. Une première. "Le Collectif Ultra Paris et le club se sont mis d’accord pour l’ouverture de l’animation et des chants en tribune Boulogne", est-il écrit. Le CUP évoque une "liste d’attente saturée au Virage Auteuil" pour justifier l’implantation en tribune Boulogne. "Même si le cœur du CUP se trouve à Auteuil, il est temps de voir plus grand et de redonner au Parc des Princes l’ambiance qu’il mérite, avec deux tribunes en fusion." Le groupe ultra évoque la présence de capos et tambours notamment dans les gradins.
Déjà des membres du CUP en Boulogne en Ligue des champions
Une décision saluée par certains mais qui n’a pas tardé à faire réagir d'autres suiveurs du club. Car le virage Boulogne, historiquement, est celui où est né le mouvement ultra parisien. Il s’y est développé avec des groupes bien précis, puis des tensions sont apparues et ont augmenté entre les deux virages qui animaient le Parc, notamment sur fond de désaccords politiques profonds.
Pour résumer: Boulogne revendiquait des idées nationalistes et d’extrême droite, à l’inverse d’Auteuil, qui s’opposait, parfois violemment. En 2010, le président de l’époque, Robin Leproux, avait fini par interdire le mouvement ultra de l’enceinte après la mort de Yann Lorence, ancien supporter, dans un affrontement entre membres des deux tribunes.
Le CUP a fait son retour à Auteuil en 2016, avec l’aide de Nasser Al-Khelaïfi. Quid de Boulogne? Jusqu’ici, impossible d’y chanter voire de s’y lever, sous peine d’être sorti du stade par des stadiers. Certains anciens de kops de Boulogne ont bien tenté et espéré faire renaître des mouvements dans cette tribune, sans succès.
L’idée étant, bien sûr, d’être indépendant du CUP. Mais ce dernier est donc en train de s’étendre. Le club valide ce projet. L'idée est de créer une dynamique complémentaire, que l'équipe soit encore plus poussée par les supporters qui ont eu un gros impact sur la saison dernière, selon la direction. Drapeaux, mégaphones, tifos seront autorisés pour ces quelques centaines de fans, qui seront dans la partie haute du stade et n'auront pas de nom particulier.
Mais des observateurs reprochent au CUP d'aller à l'encontre du mouvement ultra. D’autres, sans être agacés, sont circonspects. "De mon point de vue, le CUP a vu le jour en tribune Auteuil, les dirigeants du groupe sont tous des anciens d’Auteuil et sont donc des représentants de cette tribune. Pour moi, le CUP et les assos composant le groupe n’ont rien à faire dans la tribune d’en face, tout simplement", explique un membre du groupe.
Existe-t-il un risque de tensions en Boulogne? "Les anciens de Boulogne ont tiré un trait depuis un long moment sur leur activité (ultra, hooliganisme)", pense notre interlocuteur. "Seul quelques nostalgiques mènent quelques actions de temps à autres mais ne vont plus au Parc depuis longtemps."
Ce qui serait une petite révolution a déjà pointé le bout de son nez quand, lors des grandes affiches de Ligue des champions ces dernières saison, des membres du CUP étaient déjà autorisés à aller dans le virage d’en face par dizaines pour assurer une ambiance dans tout le stade, avec mégaphones et tambours. Ces tests ont été jugés concluants par le PSG, qui souligne une atmosphère plus positive et une ambiance plus généralisée quand les deux tribunes sont animées par le groupe.
"Une partie des supporters n’en a rien à foutre et souhaite voir un stade comme en demi-finale de Ligue des champions (avec une grosse ambiance partout)", lâche le supporter interrogé. "Et une autre partie trouve que le CUP n’a rien à faire à Boulogne car dans le mouvement ultra, ce n’est pas très commun d’avoir des membres de sa tribune dans un autre virage. D’autre part, il y a des assos qui souhaitent animer la tribune Boulogne avec volonté et envie tout en ayant un esprit ultra avec des animations." Ce dossier n’a pas fini de faire parler.