L'histoire de la NBA est jalonnée d'équipes marquantes, mais certaines ont laissé une empreinte indélébile, non seulement par leurs succès, mais aussi par leur influence sur le jeu lui-même. Parmi celles-ci, les Phoenix Suns de Mike D’Antoni et Steve Nash occupent une place particulière. Bien que n'ayant jamais remporté le titre suprême, ils ont dicté les codes du basket moderne, inspirant notamment la dynastie des Golden State Warriors.
STEVE NASH, UN GÉNIE EN NBA - LNS #52
Pour comprendre l'impact des Suns, il faut remonter au milieu des années 2000, à une époque où leur jeu flamboyant terrorisait la ligue. Les rapprochements avec les Golden State Warriors de Stephen Curry et Klay Thompson, qui ont rythmé le règne des Golden State Warriors entre 2015 et 2019 sont tentants. Cinq finales de rang, trois titres. L’une des cinq dynasties les plus marquantes de l’Histoire de la NBA.

Les Suns, une équipe qui a révolutionné le basket
Mike D’Antoni a été promu sur le banc fin 2003, en remplacement de Frank Johnson. Dès la saison suivante, Phoenix terminait avec le meilleur bilan du championnat, 62 victoires, et Steve Nash était élu MVP. Avant de tomber en finales de Conférence contre les Spurs, futurs champions. Nouvelle épopée à l’Ouest et nouveau trophée de MVP pour le meneur canadien en 2006. Cette fois-ci, ce sont les Mavericks qui ont fait passer les Suns, privés d’Amar’e Stoudemire, blessé, à la trappe. 61 victoires suite au retour de l’intérieur All-Star en 2007. Mais pour une autre désillusion. Une demi-finale perdue, encore contre San Antonio, sous fond de polémique. D’Antoni a fait un dernier exercice sur le banc, en 2007-2008, conclu par une sortie de route au premier tour et une séparation.
Pas de titre à la clé mais un style de jeu qui a marqué les esprits. Menés par le génie de Nash, les Suns jouaient très vite, un style surnommé "seven seconds or less", soit leur temps de possession avant de prendre un tir. D’Antoni encourageait ses joueurs à constamment courir et dégainer, et de loin si possible.
Petite illustration en chiffres. En 2004-2005, Phoenix était de loin l’équipe la plus "rapide" de la ligue avec 97 possessions jouées par match. C’était aussi la meilleure attaque avec un rating offensif de 112,7 et l’équipe qui tentait le plus de tirs à trois-points avec plus de 24 en moyenne chaque soir. Même constat avec des chiffres plus ou moins similaires la saison suivante. Ils ont vite inspiré d’autres formations puisque, dès 2007, les… Warriors (de Baron Davis et Stephen Jackson, entre autres) jouaient encore plus rapidement que les Suns.
| Statistique | Valeur |
|---|---|
| Possessions par match | 97 |
| Rating offensif | 112,7 |
| Tirs à trois-points tentés par match | >24 |
"Pour moi, c’est à ce moment-là que la NBA a commencé à changer de style de jeu", souligne Kerr : "Mike est le coach qui a révolutionné le basket."
Une philosophie en avance sur son temps, source d'inspiration des Warriors
Dix ans après, Golden State gagnait 73 rencontres, effaçant des tablettes le record des Bulls de Michael Jordan. Cette saison-là, les Warriors pratiquaient un basket qui présente des points communs avec celui des Suns. 100 possessions par match, plus que n’importe quelle autre équipe. Et 31 tirs tentés derrière l’arc. Une évolution. En 2016, jouer 96 possessions par match et envoyer plus de 24 missiles de loin est devenu la norme. C’était même la moyenne NBA. Puis tout a explosé. Avant que la saison soit suspendue, l’équipe la plus "lente" de la ligue disputait 96 possessions en moyenne… Et Indiana était celle qui prenait le moins de trois-points avec 27 par match.

Ça montre à quel point les Suns de Nash étaient en avance sur leur temps. La NBA est une ligue où les vingt-neuf autres franchises s’inspirent de la trentième, celle qui domine. Les Warriors étaient au sommet. Et aujourd’hui, la plupart des coaches ont repris des principes de Steve Kerr. Qui s’est lui-même inspiré de D’Antoni… alors que Phoenix n’a pourtant pas gagné. "On a pris des éléments du système de Mike pour créer le nôtre, avec une vision encore plus large", admet le coach des Californiens.
Le style de jeu n’est pas tout à fait le même. Kerr est aussi influencé par Phil Jackson et Gregg Popovich, deux légendes pour qui il a joué au cours de sa carrière. Mais la connexion avec Phoenix est évidente. Après tout, il était même le GM de l’organisation sous Steve Nash ! C’est même lui qui a renvoyé D’Antoni. Nash, justement, est aujourd’hui consultant pour les Warriors. Quant à Alvin Gentry, il a été assistant de Kerr après avoir été longtemps l’assistant de D’Antoni aux Suns.
Le "small ball" de Golden State, avec des joueurs sans position fixe, le basket rapide, les tirs à trois-points… ça vient en grande partie des Suns. D’Antoni jouait sans vrai pivot - avec parfois Boris Diaw (et fin, en plus) - en poste cinq à une époque où les mastodontes étaient plus nombreux en NBA. Ou alors avec Stoudemire entouré de quatre joueurs extérieurs. Les bases du basket moderne.
Alors oui, les Suns n’ont pas été sacrés. Mais ils ont fait plus que ça. Ils ont mené une révolution, comme l’explique Steve Kerr : "Le fait que toute la ligue joue maintenant comme les Suns de Mike, ça valide ses accomplissements.