Le football américain, bien que moins médiatisé que d'autres sports en France, possède une histoire riche et passionnante. Des pionniers des années 50 aux clubs actuels, le parcours de ce sport dans l'Hexagone est marqué par des moments de gloire, des défis et une passion indéfectible.

Les Pionniers: Les Sabres de Châteauroux
Dans les années 50 à 70, la France, membre de l'OTAN, abritait de nombreuses bases militaires américaines. C'est au sein de ces bases qu'ont émergé les premières équipes de football américain. Parmi elles, les Pirates et les Indians de Paris, les Falcons de Verdun, les Trojans d'Orléans, les Panthers de Poitiers, et surtout, les équipes de l'Air Force de Châteauroux, dont les performances ont fait rayonner le lycée et la base nommée "les Sabres".
Certains avaient déjà imaginé refonder une structure de football américain dans l'Indre, suite à la disparition des Orcs en 2011. En vain. Jusqu'à une petite quinzaine de jours, lorsqu'une flamme castelroussine a été ravivée. Non pas celle des Orcs. Mais celle des ancêtres français de la discipline, les Sabres, précurseurs du foot US en France dans les années 50 à 70, émanant de la base militaire américaine d'après-guerre. À l'initiative du projet : Floyd Segura, 29 ans, joueur passionné débarqué de Toulouse mais formé au football traditionnel, qu'il aime appelé « soccer », à la Tremblère de la Berrichonne. Son credo ? « Yard by yard ! » Comprenez : « Petit à petit ». Et ils sont déjà nombreux à suivre le mouvement, des officiels aux simples curieux en passant par les dirigeants et joueurs.
« J'ai joué avec les Ours de Toulouse durant dix ans et cela me manquait énormément quand je suis revenu à Châteauroux pour y travailler. Cela faisait un moment que j'avais envie de relancer quelque chose ici, d'autant que je connaissais le côté historique des Sabres et des Orcs », raconte le jeune homme à la triple casquette de président, joueur et coach de défense.
La Renaissance des Sabres
Aussitôt dit, aussitôt fait. « Nous avons eu beaucoup de soutien. Il y a même eu des retours des États-Unis où certains ont reconnu plusieurs photos postées. Et nous avons trouvé un accord avec la mairie qui nous autorise à bénéficier de créneaux pour nos entraînements », salive Floyd Segura.
Reste désormais à séduire un maximum de joueurs, de 21 ans et plus (lire ci-contre), débutants ou plus aguerris, pour intégrer ce projet d'un sport pour le moins atypique et peu médiatisé dans l'Hexagone. Et de préciser : « Nous allons attendre une saison avant d'intégrer un championnat. Cela va nous permettre de poser les bases et de construire un groupe prêt à être compétitif. Ça reste un sport particulier avec des règles et un langage très spécifiques, explique Floyd Segura. Il y a aussi des grands gaillards qui se rendent compte au bout de deux " tampons " que ce n'est pas fait pour eux… Mais lorsqu'on devient un vrai mordu comme je le suis, ce n'est que du bonheur. »
En plus de bénéficier des anciens équipements des Orcs (mis en location) via Sébastien Dorin, ancien de la maison, futur quarterback et trésorier des Sabres « new-look », le futur groupe a retrouvé Beaulieu dès lundi soir pour leur premier « training », où une quarantaine de joueurs étaient présents. Le retour vers le futur est en marche. « Let's go », les Sabres.
Le chiffre 21 : C'est l'âge minimum qu'il faut avoir pour prendre une licence chez les Sabres. « A terme, nous souhaitons évidemment se développer auprès de chaque catégorie d'âge. Mais pour démarrer, une seule équipe de seniors sera suffisante. Nous ne voulons pas aller trop vite », confie Floyd Segura, le président.
La phrase : « Le but est de créer un vrai spectacle avec à terme, les incontournables cheerleaders (pom-pom girls). Que les gens se disent le week-end : " Tiens, il y a un match des Sabres, il ne faut pas le rater ! " » Floyd Segura, le président des Sabres, espère que le projet séduira le public castelroussin d'ici la saison prochaine.
Pour cela , le club devra entretenir une communication régulière afin de tenir en haleine tous les curieux. « Pour une fois que Châteauroux est une référence historique… Autant en profiter ! », enchérit Rudy Thuillier, secrétaire et joueur du club, séduit par le projet.
La question : Quels créneaux d'entraînements ont obtenu les Sabres à Beaulieu ? Les entraînements, dits « trainings », auront lieu le lundi et le jeudi (à confirmer) de 20 h 30 à 22 h 30. Pour la première séance, les joueurs devront se munir de crampons en plastique et d'un protège-dents transparent ou blanc (les couleurs sont proscrites au foot US).
Les Ours de Toulouse: Un Club Historique
Fondés en 1986, les Ours de Toulouse font partie du paysage sportif régional. Le club compte entre 450 et 500 licenciés répartis sur trois disciplines : le football américain, le flag (une sorte de foot US sans contact) et le cheerleading (les fameuses pom-pom girls). « En termes d'effectif, on fait partie des cinq plus gros clubs français », souligne Philippe Palos, président des Ours depuis six ans.

La filière foot US des Ours accueille les enfants à partir de 12 ans. Une équipe féminine a également été créée. Quant à l'équipe fanion, elle évolue au deuxième échelon national. « Mais on a pour ambition de monter en en première division », prévient le président.
L'Investissement dans la Formation
Les Ours de Toulouse sont donc un club historique du championnat. Si le club a déjà évolué en D1, il a plutôt l'habitude d'évoluer en D2 ces dernières années. Plus que des résultats rapides, le club a toujours cherché à se pérenniser. Pour s’installer durablement, le club a donc pris la décision d’investir dans la formation. Depuis longtemps les Ours possèdent des sections jeunes qui vont maintenant des U12 au U19. Si cela est courant au football ou au rugby, ça l’est beaucoup moins au football américain. Ce sport est souvent commencé sur le tard.
Si les meilleurs clubs du pays (Thonon, Marseille, La Courneuve…) ont évidemment des centres de formation développés, ce n’est pas le cas pour beaucoup de clubs de D2. C’est d’ailleurs une exigence de la fédération pour pouvoir évoluer au plus haut niveau fédéral. Preuve de la réussite de cette formation, les U19 ont atteint les demi-finales nationales l’an passé et les U16 sont la meilleure équipe de la région.
Autre bénéfice d’une formation au long terme, le club possède dans ces rangs des joueurs qui arrivent en équipe sénior avec presque dix saisons de foot US derrière eux. Les Ours évoluaient donc en D2 la saison passée. Cette division, appelée Casque d’Or, compte quatre poules organisées géographiquement.
Une Ambition Sportive
Qualifiés pour les phases finales, les Ours ont créé l’exploit en demi-finale de conférence Sud. Ils ont battu les Dauphins de Nice, pourtant favoris du championnat, chez eux. Malgré cette défaite qui les prive de la montée (seuls les finalistes du championnat montent en D1), les Ours ont effectué une saison satisfaisante sur le plan sportif.
Avec près de 300 licenciés et un budget de 80 000 euros, le club de Toulouse souhaite passer à la vitesse supérieure. Certes le budget n’est pas le même que les gros clubs que sont Thonon ou Marseille, mais il se situe dans la moyenne de ce qui se pratique dans le championnat de France.
Pour remplir ses objectifs et espérer une montée dans l’élite, les Ours peuvent s’appuyer sur un staff très compétent. Le football américain est un sport très tactique. Le staff peut avoir un rôle encore plus important que dans d’autres sports collectifs. Stéphane Murat (Directeur Sportif) et Rudy Fonkoue (Entraineur) sont tous deux expérimentés. Ils ont notamment joué et entrainé en équipe de France.
Ces deux entraineurs ont également une expérience en High School aux États-Unis (ce qui se fait de mieux derrière la NFL). Côté joueur, l’équipe compte s’appuyer encore une fois sur son centre de formation qui est son plus gros vivier. Elle pourra également compter sur son joueur international et président, Arnaud Montgénie.
Montée en Première Division
Les Ours de Toulouse vont évoluer en Première division du championnat de football américain à compter de février 2022. Malgré l’arrêt des compétitions il y a plusieurs mois pour cause de crise sanitaire, les mouvements entre divisions ne se sont pas arrêtés en foot US. Ainsi, les Ours, coachés par Rudy Fonkoué, sont montés administrativement… et sans jouer ! "Les clubs de Première division doivent remplir des conditions sportives mais aussi administratives pour pouvoir jouer en Elite. Or, depuis deux ans, notre club, de par ses structures, remplit ce cahier des charges.
Avec cette montée conjuguée au retour des matchs et des spectateurs le long de la main courante et en tribune, le président-joueur toulousain a des projets pour l’animation des matchs à domicile. « Avant la pandémie, on avait entre 200 et 400 spectateurs par match. On espère faire davantage et pour cela, il faut faire de chaque match un divertissement. On aimerait mettre en place par exemple, une fan zone sur le parking, des animations et des initiations au football américain… L’idée : c’est de venir passer un bon dimanche en regardant du foot US », explique Arnaud Montgénie.
Le club des Argoulets espère se faufiler dans le cœur des Toulousains et prouver que le foot américain peut prendre un bel essor dans la Ville rose. « Nous faisons partie des meilleurs clubs français de football américain. Nous aurons la même place, sportivement, que le Stade Toulousain !
Les Valeurs du Football Américain
Ancré dans le quartier des Argoulets, le club des Ours s’est imposé comme un acteur local majeur, alliant performance sportive, formation des jeunes et engagement social auquel Boris contribue grandement.
La charte des valeurs du club, partagée par joueurs, entraîneurs et bénévoles, repose sur des principes de respect, de solidarité et d’esprit d’équipe. Une devise résume cette philosophie : « La force ce n’est pas d’écraser les autres, la vraie force, c’est de les protéger. » Cette approche bienveillante se reflète dans chaque aspect de la vie du club.
Sport de contact jugé parfois un peu trop hâtivement, le football américain véhicule donc de belles valeurs. C'est ce qui a plu à Boris : au-delà de la rudesse, une vraie discipline, un esprit d'équipe et un respect omniprésent.
Les Ours de Toulouse sont bien plus qu’une équipe de football américain : c’est une institution locale qui incarne des valeurs de solidarité, d’effort, d’inclusion.
Tableau Récapitulatif des Équipes Mentionnées
| Équipe | Ville | Période/Statut |
|---|---|---|
| Les Sabres | Châteauroux | Précurseurs (années 50-70), Renaissance actuelle |
| Les Orcs | Châteauroux | Disparus en 2011 |
| Les Ours | Toulouse | Fondés en 1986, en Première Division |
| Les Pirates | Paris | Ancienne équipe |
| Les Indians | Paris | Ancienne équipe |
| Les Falcons | Verdun | Ancienne équipe |
| Les Trojans | Orléans | Ancienne équipe |
| Les Panthers | Poitiers | Ancienne équipe |