Le XV de France a connu des fortunes diverses lors de ses dernières rencontres. Entre victoires étriquées et défaites amères, les performances individuelles des joueurs ont été scrutées à la loupe. Voici une analyse détaillée des notes attribuées aux joueurs français, mettant en lumière les points forts et les faiblesses de chacun.

L'impact du coaching de Fabien Galthié était un des sujets à surveiller. Il y a dix jours, le remplacement massif et précoce de tout le cinq de devant avait coïncidé avec un regain des Irlandais, qui avaient fait jeu égal en seconde période (14-14). Ce dimanche, la première rotation, toujours vers la 50e, a concerné la première ligne avec les entrées de Neti, Lamothe et Montagne. Puis, à la 52e, Nouchi a succédé à Jelonch, Meafou à Guillard et Flament à Cros. Sans doute commotionné, Meafou est ressorti à la 64e. Cette fois, le coaching n'a pas été suivi d'une baisse d'intensité. Au contraire, Nouchi, Lamothe ou Neti ont par exemple apporté du jus.
Focus sur les matchs récents
France vs. Afrique du Sud: Un Défi Physique Insurmontable
Battu dans la dimension physique, le XV de France s'est logiquement incliné. Seuls les flankers Paul Boudehent et Anthony Jelonch ont donné l'impression de rivaliser. Régis Montagne et Emmanuel Meafou, eux, ont déçu.
Les Avants
- Baptiste Erdocio (5): Le pilier montpelliérain a répondu présent dans le défi physique, notamment en mêlée où il a récupéré une pénalité en première période. Très actif dans le travail de l’ombre, il a multiplié les courses pour participer aux rucks et assurer les sorties de balle. Comme ses coéquipiers, il a tout de même peiné à peser physiquement. Remplacé à la 48e minute par Jean-Baptiste Gros.
- Julien Marchand (6): Le talonneur a réussi un très propre 12 sur 13 sur ses lancers en multipliant les options comme celle de chercher Le Garrec en début de bloc. Actif dans le jeu, il réalise un grattage important au milieu du temps fort des Springboks. Il a avancé sur chaque percussion. Remplacé par son coéquipier en club Guillaume Cramont à la 48e minute.
- Régis Montagne (4,5): Le droitier français a vécu une première période très délicate. En difficulté sur les trois premières mêlées, il a concédé une pénalité dans ce secteur. Il est en retard sur le départ au ras de Cobus Reinach qui va marquer le premier essai des Boks. Le Clermontois a réussi une belle passe en pivot en deuxième période avant d’être remplacé par Dorian Aldegheri. Intéressant dans le jeu, il a souffert en mêlée.
- Thibaud Flament (6): Le Toulousain a encore une fois été très précieux dans le jeu aérien captant trois ballons en touche, il a réussi à mettre son équipe dans l’avancée dans un match où chaque centimètre gagné était un combat.
- Emmanuel Meafou (5): On a eu du mal à voir la puissance du numéro 5 français, il est pénalisé une fois en première période avant de mal couvrir le ruck qui amène l’essai de Reinach. A son actif, un bon contre ruck. Il parcourt 22 mètres balle en main en battant 1 défenseur. Remplacé par Romain Taofifenua.
- Anthony Jelonch (5,5): Jelonch adore ces matchs où le combat est la priorité, où sa puissance fait merveille. Il a réussi à faire mal aux Boks avec ces charges dévastatrices, il a marqué par la dureté de ses plaquages. Il a fini par disparaître comme ses coéquipiers devant le défi physique imposé par les Boks.
- Paul Boudehent (5): Plus en vue en deuxième période, le Rochelais a multiplié les tâches dans les zones de rucks avec notamment 9 plaquages. Très peu en vue balle en main il a peiné physiquement dans la dernière demi heure, rincé par la puissance de l’adversaire. Remplacé par Hugo Auradou à la 72ème minute.
- Mickaël Guillard (6): Le patron du paquet d’avant. Principal joueur ciblé en touche (6 touches captées), meilleur plaqueur en première mi-temps (8 plaquages), il continue de monter en puissance dans cette équipe où il devient indispensable que ce soit en deuxième ou troisième ligne. Il sort malheureusement épuisé avant la 50e minute. Remplacé par Oscar Jegou.
Les Arrières
- Nolann Le Garrec (4): Malgré sa belle chistera d’entrée, le demi de mêlée tricolore a été en difficulté. Chahuté dans les rucks, il a peiné à mettre du rythme et ses jeux au pied d’occupation trop imprécis, souvent trop longs, ont rarement permis de créer de l’avancée et faire souffler son paquet d’avant. A son actif une grosse activité défensive (cinq plaquages). Remplacé par Maxime Lucu.
- Romain Ntamack (3,5): Comme son partenaire de la charnière, le Toulousain a été peu à son aise dans la première partie de la rencontre. Souvent arrêté, il a lui aussi connu du déchet dans son jeu d’occupation à l’image de son coup de pied directement en touche en deuxième période. Un match raté.
- Louis Bielle-Biarrey (4): Une première mi-temps dans laquelle il n’ a pas touché un seul ballon avant de monter en puissance en deuxième période où sa qualité sous les ballons haut, sa vitesse ont causé des difficultés aux Boks. Son carton jaune coûte cher à l’équipe de France: derrière les Bleus encaissent 12 points.
- Gaël Fickou (4,5): Le capitaine tricolore a joué son rôle d’organisateur, sans flamber. Le capitaine de la défense termine la rencontre sans le moindre plaquage réalisé. Il est à l’origine du deuxième essai tricolore en décalant Romain Ntamack d’une belle passe pivot. Remplacé par Nicolas Depoortere.
- Pierre-Louis Barassi (4): Le centre toulousain n’a pas semblé à son aise dans cette rencontre. Rarement dans l’avancée, il a souvent subi la puissance sud africaine. Il défend très mal sur l’essai de Grant Williams montant en pointe alors que le demi de mêlée s’engouffre dans le trou derrière le groupé pénétrant.
- Damian Penaud (5,5): Ultra-réaliste, l’ailier bordelais a enfin battu le record de Serge Blanco en marquant ses 39e et 40e essais, plus de huit ans après sa première réalisation en Bleu, en Afrique du Sud. Parfaitement servi dans son couloir par le pied, puis la main de Ramos, il a joué son rôle de finisseur. On n’a trop peu vu l’ailier de l’UBB et son plaquage haut permet aux Boks de revenir dans la partie.
- Thomas Ramos (7,5): LE patron des Bleus. Après un premier duel aérien perdu, l’arrière a réalisé un sans-faute. D’une diagonale au pied parfaite, il offre le premier essai à Damian Penaud (4e minute) après une inversion parfaite devant la montée défensive, avant de récidiver 20 minutes plus tard d’une passe vissée parfaitement ajustée. Impeccable au pied avec 100% de réussite face au perche. Il termine capitaine.
France vs. Fidji: Une Victoire Laborieuse
Porté par un Charles Ollivon tranchant et omniprésent en défense, le XV de France, bien qu'indiscipliné et inconstant, a dominé les Fidji (34-21), ce samedi à Bordeaux. À l'ouverture, Romain Ntamack a vécu une soirée compliquée, n'ayant que trop peu pesé avec son jeu au pied et dans l'animation des Bleus. Ce samedi, contre les Fidji et devant son public à Bordeaux, Nicolas Depoortere a marqué les esprits en inscrivant deux essais. Le XV de France a enregistré sa première victoire de sa tournée d’automne, mais a montré trop de lacunes contre les Fidji, ce samedi 15 novembre à Bordeaux.
Notes des joueurs clés
- Ramos (5,5): Sa précision face aux perches reste précieuse, avec presque un sans-faute dans son rôle de buteur. Mais l’arrière toulousain n’a pas eu l’impact qu’on lui connaît dans le jeu courant.
- Ollivon (8): Très présent en touche: tant offensivement que défensivement, le Toulonnais fut souvent la cible des lancers de Julien Marchand autour desquels les Bleus ont créé leurs mauls dominateurs, à l’image du deuxième essai marqué par le talonneur toulousain. Ollivon s’est aussi rapidement signalé en inscrivant le troisième essai bleu en se portant au soutien de Bielle-Biarrey qui avait débordé sur l’aile gauche.
- Depoortere (-): A marqué les esprits avec deux essais.
- Ntamack (-): Soirée compliquée, peu d'impact sur le jeu.
- Bielle-Biarrey (-): Dans une rencontre hachée: il n’a pas eu beaucoup d’occasions pour se mettre en évidence. Bizarrement, il a raté une passe pour Thomas Ramos alors qu’il avait tout son temps pour l’ajuster (13e). Une maladresse surprenante de sa part. En revanche, il a eu la classe d’offrir un essai à Charles Ollivon alors que sa vitesse lui aurait probablement permis de filer jusque dans l’en-but tout seul. Un altruisme récompensé. À noter aussi qu’il a gagné un joli duel aérien (55e).
Romain Ntamack - Fabien Galthié n'ont pas échappé aux critiques.
Tableau récapitulatif des notes (France vs. Fidji)
| Joueur | Note | Commentaire |
|---|---|---|
| Ramos | 5,5 | Précision précieuse, impact limité dans le jeu courant |
| Ollivon | 8 | Tranchant en défense, précieux en touche |
| Depoortere | - | A marqué les esprits avec deux essais |
| Ntamack | - | Soirée compliquée, peu d'impact sur le jeu |

Tournoi des Six Nations 2025
Les Bleus ont dominé la Squadra Azzura (33-8), et enchaînent une troisième victoire d’affilée en autant de rencontres, avec le point du bonus offensif. Après deux victoires d’affilée dans le Tournoi des six nations 2025, face à l’Irlande et le Pays de Galles, l’équipe de France masculine de rugby avait pour objectif de poursuivre sur sa lancée en l’emportant contre l’Italie, adversaire solide mais largement à sa portée.
L’objectif a été accompli par les hommes de Fabien Galthié, vainqueurs des Transalpins (33-8). Un score fleuve qui ne reflète toutefois pas vraiment la physionomie de la rencontre. Si les Bleus ont maîtrisé leur entame de match, avec un essai de Louis Bielle-Biarrey inscrit d’emblée (4e), puis un autre d’Emmanuel Meafou dès le quart d’heure de jeu, ils ont ensuite ralenti la cadence face à des Italiens plus entreprenants.
Les points clés du match
- Le cador: Thomas Ramos. L’arrière du Stade Toulousain s’est montré décisif en marquant un essai puis en transformant ceux de ses coéquipiers.
- Le fil du match:
- 7-0, 4e : après une récupération haute d’Antoine Dupont, Louis Bielle-Biarrey inscrit son 24e essai en 25 sélections.
- 12-0, 15e : après une série de passes sur le côté droit, Emmanuel Meafou aplatit dans l’en-but.
- 19-0, 29e : Thomas Ramos conclut l’action avec adresse après une récupération de Gailleton.
- 19-5, 32e : Ange Capuozzo punit la défense française.
- 19-8, 40e : Paolo Garbisi transforme une pénalité.
- 33-8, 77e : Émilien Gailleton inscrit le dernier essai des Bleus.
- Le chiffre: 12. Après un nouvel essai inscrit face à l’Italie, Louis Bielle-Biarrey devient le joueur ayant marqué dans le plus grand nombre de matchs consécutifs dans le Tournoi.
- La note du match: B −. Après une entame maîtrisée, les Bleus ont largement baissé le rythme, offrant une seconde période un peu soporifique.
Avec ce succès, l’équipe de France de rugby occupe la première place du classement et reste invaincue avant d’affronter l’Ecosse, deuxième, le 7 mars à Edimbourg (Royaume-Uni).

Focus sur certains joueurs
Louis Bielle-Biarrey
« L’ailier de l’Union Bordeaux-Bègles a réalisé un début de match tonitruant. Testé dans les airs sur des jeux au pied de pression, il a montré qu’il était au rendez-vous. Il a surtout fait parler son accélération fulgurante dans son couloir des cinq mètres, avec une première première action poursuivi au pied qui aurait pu être favorable à Charles Ollivon. Sur sa deuxième tentative, il décidait de faire le travail tout seul pour inscrire le premier essai de la rencontre. Et quel essai !
Que serait un match des Bleus sans au moins une action décisive de « LBB » ? En début de match, il a inscrit son 23e essai en 24 sélections (11e). Il a souvent déposé ses adversaires le long de la ligne grâce à des accélérations tranchantes. Sa vitesse a fait des dégâts en première période, moins ensuite. Trois plaquages ratés dont celui sur le dernier essai gallois (78e). Il termine avec 90 mètres parcourus, 3 franchissements et 4 défenseurs battus.
Antoine Dupont
Même après 62 sélections, il continue de faire des choses qui attirent des « oooooh » d'étonnement. En se sortant de plusieurs plaquages à l'arrêt, par exemple, ou avec des gestes défensifs de haute volée qui ont fait respirer les Bleus en première période, et encore avec ce jeu au pied millimétré pour l'essai inaugural de Bielle-Biarrey (4e). Au-delà de ça, son animation des temps forts français a été excellente. Remplacé par Serin (76e).
Théo Attissogbe
Convaincant à l'aile en ce début de Tournoi, Attissogbe a cette fois livré une prestation plus mitigée à l'arrière. Rarement tranchant. Après ses débuts réussis contre les Gallois, le Palois a confirmé. Il a souvent créé des brèches. Défensivement, « FBB » a encore apporté des garanties malgré un petit pépin à un doigt. Il avait déjà plaqué à 8 reprises en première période avant d'en effectuer 6 de plus en seconde (tous réussis). Précieux sur un contre-ruck (53e). Encore une prestation très propre. Remplacé par Gailleton (67e) sur un protocole commotion.
Emmanuel Meafou
Ses 142 kg ont fait très mal aux Italiens, des deux côtés du terrain. Après deux plaquages offensifs et une paire de charges décidées, il a inscrit son tout premier essai en Bleus d'une percussion impressionnante (15e). Plus original, son dégagement du gauche sur sa ligne d'en-but (20e). On l'a senti concerné en défense, pour sécuriser un ballon volleyé en l'air ou pour détruire un maul italien sur coup d'envoi. Il a tenu les 80 minutes (en restant actif), total qu'il n'avait jamais atteint en sélection (maximum 66 minutes).
Anthony Jelonch
Quand il sort avec les tempes qui fument, c’est généralement mauvais signe pour l’adversaire. Dans le Nord, le Gersois a donc concassé de l’Italien comme on prépare les conserves chez lui, au fin fond du Gers. En défense, c’est toujours le même morceau de bois. Ballon en main, il s'est employé à user le rideau italien, fut toujours fiable à la réception des renvois et fit même du demi de mêlée adverse un confit de canard, sur une charge en 2ème période. Bref, avec "Antho" à la sécu, ça aurait filé droit au salon de l’agriculture.
Encore une prestation de haut rang, dans un rôle moins organisateur que face à l'Irlande. On s'est d'ailleurs parfois demandé quel poste il jouait, tant on l'a vu jouer comme un centre, dans le dos d'un avant, Ramos le remplaçant en 10. Il en a profité pour faire parler sa vitesse et sa vista. Efficace au plaquage (7 sur 7), il l'a aussi été en attaque, avec un essai en soutien d'Attissogbe (39e) et deux passes décisives au pied parfaites pour Bielle-Biarrey 11e) et Attissogbe (58e). Il semble n'avoir jamais été aussi sûr de lui en Bleu.
Thomas Ramos
Il avait rayonné contre l'Irlande. Il a encore été à son niveau face à de faibles Gallois. Bien sûr, l'arrière toulousain s'est montré très précis au pied (sept transformations sur huit). Dans le jeu, il a parfois régalé comme sur cette passe après-contact pour Bielle-Biarrey. Seul bémol : un ballon perdu en début de seconde période. Ramos a battu 3 défenseurs, gagné 76 mètres et adressé 34 passes.