Le football se nourrit de rivalités entre clubs, qu'elles soient entre voisins ou concurrents. C'est une question d'ego, de passion et parfois même de suprématie sportive. Dans la vie d'un supporter, il y a des moments forts et des périodes plus calmes. Les deux clubs ont digéré leur rentrée européenne à leur façon. Au Parc des Princes, le PSG n’a pas forcé, à Madrid l’OM n’a pas tenu.
Évoquer, chaque année, comme sommet de la saison la rivalité OM-PSG, c’est souvent se tromper. Le championnat de France, vu de la capitale ou de la Canebière, ce n’est pas toujours la même réalité. A chacun de regarder son nombril.
C'est l'affiche opposant l'Olympique de Marseille (OM) et le Paris Saint-Germain (PSG). Ce sont deux dates cochées chaque année par de nombreux fans de football : les matches entre l’Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain sont toujours attendus.
Cette saison un peu plus. Car les deux équipes sont relativement proches en haut du classement du championnat de France de football. Seulement cinq points séparent le club de la capitale, leader mais fébrile, et son dauphin, en réussite sous les ordres d’Igor Tudor. La victoire logique des Marseillais, début février en Coupe de France (2-1), ajoutera sans doute un sentiment de revanche chez les joueurs de Christophe Galtier.
Car perdre un Classique n’est jamais anodin, depuis le début des années 1990 et la naissance d’une rivalité entre l’OM et le PSG.
L’OM, dont les dirigeants ont eu cette fois la bonne idée de ne pas se comparer au champion d’Europe parisien, veut monter en puissance. Le PSG, handicapé par les absences sur blessures dont il ne pouvait pas ignorer l’arrivée au regard de ses mois écoulés à tout gagner ou presque, a le devoir de ne pas perdre.
Aujourd’hui, Bernard Tapie est statufié devant le Vélodrome, Canal Plus est en mêlée avec le Top 14. Une rivalité? L’OM affiche 75 saisons de présence dans le championnat de France (il était de la première édition professionnelle en 1932). A jamais le plus ancien? Mais le Paris SG, dernier né des années 70, est le seul club à compter 51 saisons d’affilée dans l’élite.
Ce week-end d’OM-PSG, il y a d’autres oppositions que, localement, les supporters trouvent bien plus passionnantes. En Ligue 1? Nantes-Rennes et Lens-Lille. En Ligue 2? Rodez-Clermont et Grenoble-Annecy. Ou, pour le fun, un torride choc vendéen Les Herbiers - La Roche-sur-Yon en National 2… A chacun de choisir.
Ce dimanche 26 février 2023, l’OM reçoit le PSG au stade Vélodrome, dans le cadre de la 25e journée de Ligue 1. Un Classique toujours attendu, encore un peu plus cette année avec la proximité entre les deux équipes tout en haut du classement. Deux clubs rivaux depuis le début des années 90 et un pacte entre Bernard Tapie et Canal +.
Le 4 janvier 2026, le PSG affrontera pour la première fois le Paris FC en Ligue 1.
La Naissance d'une Rivalité
Depuis le début des années 90 où Bernard Tapie, homme d’affaires parisien, a mis en scène la rivalité de «son» OM d’adoption face au club de la capitale, avec la complicité de Canal +, alors diffuseur exclusif et généreux de la D1, la passion s’est un peu étiolée mais le parfum d’un «clasico» ne s’évapore pas totalement du récit médiatique.
Empruntée à la rivalité culturelle née de l’inimitié entre Barcelone et le Real Madrid, l’appellation, détournée en France, s’accroche ici à l’enjeu sportif qui a pu, un temps, dans les années 90, opposer sérieusement à la même hauteur les protagonistes.
Une idée de Bernard Tapie. Alors président du club phocéen, il cherche à relancer l’intérêt du championnat, surdominé par son équipe, car les suiveurs commencent à se lasser. L’enjeu est économique et l’homme d’affaires va trouver un allié : Canal +, qui devient propriétaire du PSG en 1991. La chaîne fait la promotion de l’affiche. On oppose les deux plus grandes villes de France, la capitale et la province, le Nord et le Sud. Avec succès.
« PSG-OM, ce sont des gens intelligents qui se sont entendus pour réaliser une bonne affaire », reconnaissait Alain Cayzac, dirigeant historique du club parisien. Tous les ans, le choc fait des cartons d’audience pour ce Classique, devenu au fil des années un incontournable de la première division française, à la place d’OM - Bordeaux, qui représentait l’évènement des années 80 mais qui n’en était plus un après la perte d’influence des Girondins.

Décembre 1992: Le PSG - OM le plus chaud de l’histoire
Avant le match, Artur Jorge, l’entraîneur du club parisien, lance les hostilités. « On va leur marcher dessus et quand je dis ça, ce n’est pas dans le mauvais sens. On va juste leur rentrer dedans comme dans un grand match de Coupe d’Europe. L’OM va vivre l’enfer… », lâche le Portugais dans les colonnes de L’Équipe. Tapie placarde ces mots dans le vestiaire pour motiver ses joueurs.
Le match ? Une boucherie. Cinquante-cinq fautes mais aucun carton rouge. Michel Girard, l’arbitre de la rencontre, est dépassé par les évènements. L’OM s’impose finalement (0-1).
Après le match, Raymond Goethals, l’entraîneur marseillais, revient sur les propos de son pendant parisien. « À Paris, ils avaient dit qu’ils voulaient nous marcher dessus. Pensez donc, Boli, Casoni, Di Meco, on ne leur marche même pas sur les pieds… », dit-il.
Bernard Lama, gardien du PSG, est furieux. « Les Marseillais sont des voyous et je suis bien placé pour le savoir puisque j’en côtoie certains en équipe de France, précise-t-il. C’est honteux. Ils donnent l’image de ceux qui les dirigent. Je suis heureux de ne pas être Marseillais. »
Le président parisien, Michel Denisot, conclut : « La mentalité des Marseillais était infecte. Si l’arbitre M. Girard avait oublié ses cartons rouges à la maison, je lui pardonne, s’il y a une autre raison, c’est beaucoup plus grave. »
Le début de la rivalité, avec bien d’autres anecdotes entourant la rencontre la plus médiatique du championnat de France, quand elles ne furent pas éclipsées par des incidents en dehors du terrain.
La simulation dans la surface de Fabrizio Ravanelli en 1997, qui offrira la victoire à l’OM et qui lui vaudra les surnoms de « tricheur » et « truqueur » par Eric Rabesandratana, les expulsions des deux Leroy, Jérôme (OM) et Laurent (PSG), qui s’étaient échangé de violents coups en 2000, ou encore quand Pape Diouf, le président du club phocéen, a envoyé ses « Minots » au Parc des Princes, en 2006, afin de protester contre le quota de supporters qu’il jugeait insuffisant pour le déplacement dans la capitale.
Un boycott et une équipe B envoyée qui n’empêcheront pas les Marseillais de prendre un point héroïque (0-0).

Hâtivement on parle de derby quand l’appellation, chipée au football britannique, concerne plutôt la rencontre entre clubs de quartiers proches, vous le savez déjà. Comme à Londres, Liverpool, Glasgow, Edimbourg, Birmingham, Sheffield, etc. En France? Il n’y a pas de fête mémorable récente entre voisins proches. Lyon-Saint-Etienne sent le soufre mais il y a toujours le Rhône et 60km entre les deux cités.
Il faudra patienter jusqu’au 4 janvier 2026 pour s’essayer enfin à nouveau à l’exercice. Ce jour-là, le Paris SG recevra au Parc des Princes le Paris FC, promu. Une rue sépare le Parc des Princes du stade Jean-Bouin où se produit le nouveau venu. Une petite langue de macadam et des années d’histoires entre deux destins. Parlera-t-on de «clasico» entre les équipes parisiennes dans 10, 20 ou 30 ans? Ce sera peut-être devenu le «Parisco». Une rivalité entre parigots.
⚡️ L'HISTOIRE du Classique PSG - OM
| Club | Présence dans le championnat de France |
|---|---|
| Olympique de Marseille (OM) | 75 saisons |
| Paris Saint-Germain (PSG) | 51 saisons d’affilée dans l’élite |
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