Les Guignols et le PSG : Une explication

Pendant trente ans, entre 1988 et 2018, les Guignols de Canal Plus ont refait l’actualité à travers des personnages clés représentés par des marionnettes. Le foot, bien sûr, n’y a pas échappé.

Les Guignols du PSG

Les débuts des Guignols et l'arrivée du foot

Les Guignols de l’Info ont été créés en 1988 sur la chaine Canal Plus. Sur le modèle de l’émission anglaise Spitting Image, des marionnettes représentant des personnalités réelles donnent leur version de l’actualité dans un journal télévisé quotidien d’une dizaine de minutes. Au début, le monde sportif n’avait pas trouvé sa place dans les Arènes de l’Info, premier nom de l’émission. Il est vrai qu’à la fin des années 1980, il n’occupait pas en France l’espace médiatique autant qu’aujourd’hui.

Les premiers footballeurs parodiés

Le premier footballeur à avoir sa marionnette aux Guignols est Diego Maradona, représenté comme un imbécile bouffi et détruit par la drogue. C’est finalement Bernard Tapie qui le premier représente durablement le monde du foot aux Guignols. Sa marionnette est une grande gueule sûre d’elle, qui s’autodéfinit comme étant « sévèrement burné ».

Les footballeurs font vraiment leur apparition aux Guignols fin mai 1992, avec les marionnettes de Michel Platini, sélectionneur de l’équipe de France, et de Jean-Pierre Papin, avant-centre et buteur des Bleus. Dans le même temps apparaissent également les marionnettes du célèbre duo de commentateurs TV, Thierry Roland et Jean-Michel Larqué. C’est ici que naitra le fameux « Tout-à-fait Thierry ».

Le PSG, cible privilégiée des Guignols

En 1991, la chaîne Canal Plus, qui diffuse les Guignols, est devenue propriétaire du Paris Saint-Germain. Du coup, le club parisien est la cible privilégiée de l’émission. On voit ainsi apparaitre les personnalités du club parisien et en premier lieu le président-délégué Michel Denisot, que les Guignols transforment en un personnage taciturne, tout en retenue, tellement peu enthousiaste qu’il rate chacune de ses blagues, et se sent obligé de les ponctuer d’un honteux « Désolé« .

En 1995 apparaît Luis Fernandez, l’entraineur emblématique de ces années PSG-Canal, un homme enthousiaste à la syntaxe aussi douteuse que ses options tactiques.

L'ère des stars et des entraîneurs

C’est à partir de la Coupe du Monde 1998 que le public français devient très réceptif aux choses du foot, et donc qu’apparaissent régulièrement aux Guignols les footballeurs les plus en vue. Dans les années 1998-2000, les Guignols n’hésitent plus à créer une marionnette liée au foot dès qu’un joueur ou un dirigeant fait l’actualité. On voit ainsi apparaître le Brésilien Ronaldo, potentiellement le meilleur joueur du monde, auquel les Guignols donnent un caractère bionique. On voit aussi l’énigmatique Nicolas Anelka.

Passé l’an 2000, les entraîneurs ont la part belle. On aperçoit aussi Rolland Courbis, Vahid Halilhodžic, et Jacques Santini. Les stars de l’époque voient rapidement arriver leur marionnette, à l’existence plus ou moins durable, de Ronaldinho Gaucho, le joueur brésilien qui aime tant faire la fête à Cristiano Ronaldo, le portugais mi-footballeur mi-gravure de mode, surtout préoccupé par son look.

Puis en 2006 arriva Raymond Domenech. Le sélectionneur de l’équipe de France deviendra par la suite ce personnage acariâtre qui se plaît à de donner des airs de grand penseur et à mépriser son entourage, journalistes et joueurs compris. Après le Mondial catastrophique de 2010, c’est l’ancien joueur Laurent Blanc qui prend les choses en main en devenant sélectionneur de l’équipe de France. Les Guignols en font un homme rigoureux qui cherche à avoir un message clair, mais qui transforme ses réflexions en syllogismes.

Le renouveau du PSG et l'arrivée de Zlatan

En 2012, c’est de nouveau le Paris Saint-Germain qui intéresse l’émission. Les Guignols représentent le président qatari comme un prince arabe qui ne parle que via son traducteur, un certain Leonardo. L’arrivée d’une recrue d’envergure, en l’occurrence l’immense Zlatan Ibrahimović, va non seulement attirer les projecteurs sur le Paris Saint-Germain, mais également donner un coup de fouet à l’émission en perte de vitesse. La marionnette de l’attaquant suédois est à la mesure du personnage : égocentrique, arrogante et ne parlant d’elle qu’à la troisième personne. Surtout, elle emploie son prénom à toutes les sauces et fait du verbe « Zlataner » une nouvelle expression, lui donnant le sens qu’elle souhaite selon le contexte.

Six mois après Zlatan, une deuxième recrue de dimension internationale signe au PSG : L’Anglais David Beckham, recruté moins pour ses talents de footballeur que d’icône publicitaire. Les Guignols ne s’y trompent pas, ne faisant s’exprimer son double de latex qu’en citant le nom de ses sponsors.

Par la suite, les joueurs du Paris Saint Germain inspireront les auteurs des Guignols, notamment le Brésilien chevelu David Luiz, très prosélyte, et le jeune Serge Aurier qui insulte ses partenaires sur les réseaux sociaux. Les guignols adoptent également Marcelo Bielsa, le truculent entraîneur argentin de l’Olympique de Marseille. Bien entendu, les deux meilleurs joueurs du monde de la décennie 2010 ne sont pas oubliés : L’argentin de Barcelone Lionel Messi et le Portugais du Real Madrid Cristiano Ronaldo.

La fin des Guignols et l'héritage

En 2015, le rachat de Canal Plus par le milliardaire Vincent Bolloré fait planer une menace de disparition des Guignols, que l’homme d’affaire n’apprécie pas du tout. L’émission est maintenue tant bien que mal à des horaires fluctuants.

Sur le plan du foot, les Guignols gardent parmi leurs cibles favorites le Paris Saint-Germain, club ultra-richissime qui domine l’espace médiatique français. Toutes les figures du club ou presque ont le droit à leur double de latex : Unai Emery, l’entraîneur, Edinson Cavani, l’attaquant uruguayen, Neymar le coûteux brésilien et Kilian Mbappé le jeune prodige.

L’émission des Guignols de l’Info a été supprimée en juin 2018.

Depuis que Mbappé a annoncé en interne son désir de quitter la capitale française à l’issue de la saison, Luis Enrique a eu carte blanche dans la gestion du champion du monde 2018. Hier soir, en décidant de sortir Mbappé dès la 64e minute du Clasico OM-PSG, Luis Enrique n’a sans doute pas fait ce choix uniquement pour piquer son joueur.

Face aux médias, Luis Enrique a donc une nouvelle fois dû passer devant le jury populaire pour s’expliquer. «Moi je n’ai rien vu. Rien du tout». En revanche, l’ancien boss du Barça s’est montré moins patient à l’heure d’expliquer son choix de sortir son attaquant. «C’est la même musique, chaque semaine, c’est fatigant. Je suis le coach, je prends les décisions et je le ferais jusqu’à mon dernier jour à Paris. Je prends ces décisions pour rendre mon équipe meilleure et les meilleures décisions pour notre équipe.

Suite à l’épisode d’hier, le coach des Rouge et Bleu a rappelé à ses joueurs la nécessité de mettre les égos de côté et qu’il était le seul à décider qui sortir et qui faire entrer durant les matches. Enfin, il leur aurait indiqué que seul l’entraîneur était irremplaçable dans cette équipe, sauf décision contraire du président al-Khelaïfi.

Les Guignols

DIDIER DESCHAMPS : le foot c’est toute sa vie ! ⚽️ - BEST-OF - Les Guignols - CANAL+

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