L'histoire des frères Lech : Gloires du Stade de Reims dans les années 1970

Originaires du Pas-de-Calais, Georges et Bernard Lech ont marqué le Stade de Reims dans les années 1970, une période de transition pour le club mythique. Leur passage, bien que n'ayant pas été couronné de titres majeurs, a laissé une empreinte indélébile dans le cœur des supporters les plus anciens. Leur engagement et leur talent incarnent un pan important de l’histoire du club.

En 1972, le Stade de Reims reste une institution du football français, fort de ses six titres de champion et de ses exploits européens, mais cherche à retrouver sa gloire passée. C’est dans ce contexte que Georges Lech, ailier droit virevoltant et dribbleur exceptionnel, fait son arrivée.

Georges Lech : L'ailier droit talentueux

Formé à Lens, ce joueur à la technique raffinée et au flair redoutable compte 35 sélections en équipe de France. Son jeu, mêlant crochets rapides et accélérations fulgurantes, faisait souvent passer des nuits blanches aux défenseurs adverses, que ce soit pour inscrire des buts ou délivrer des passes millimétrées.

Né à Montigny-en-Gohelle dans le bassin minier et devenu international tricolore sous les couleurs sang et or, Georges Lech a marqué l’histoire du Racing (1962-1968). Après les renommés Arnold Sowinski, Henri Kowalkowski, Théodore Szkudlapski, Stefan Ziemczak ou encore Bernard Placzek, Georges Lech perpétue la tradition des noms d’origine polonaise au RCL. À 10 ans, Georges Lech fait ses débuts au club de Billy-Montigny avant d’être repéré par Henri Trannin, iconique recruteur du Racing Club Lensois.

Cette signature permet à son père, jusqu’alors mineur de fond, de devenir employé des Houillères pour l’entretien du stade Bollaert. Il côtoie ainsi le père de Maryan Wisniewski, autre joueur phare du RCL entre 1953 et 1963. Chez les Sang et Or, tout va très vite. À seulement 16 ans, il rejoint l’équipe professionnelle du club et fait ses débuts au plus haut niveau lors d’une rencontre de Coupe de France face à Lille (victoire 2-1). Peu à peu, il s’affirme comme un titulaire indiscutable sous la houlette du coach Elie Fruchart.

Appelé en Bleu à 18 ans, il honore sa première cape face à la Bulgarie (3-1, 26 octobre 1963) puis devient le plus jeune buteur tricolore de l’époque face à la Suisse (2-2, 11 novembre 1963). Après six ans et 214 apparitions sous les couleurs sang et or (78 buts), Georges Lech quitte Lens pour Sochaux (1968-1972), puis Reims (1972-1976).

Bernard Lech : L'intelligence de jeu au milieu de terrain

Georges rejoint en Champagne son frère Bernard, arrivé un an plus tôt. Bernard, milieu offensif de talent, est reconnu pour sa finesse technique et son intelligence de jeu. Ensemble, ils évoluent neuf saisons durant, alternant entre Lens et Reims, incarnant un football des années 70 fait de passion, de combat et d’amour sincère pour le jeu.

L'image des Lech - qui ont fini par se sentir plus Champenois qu'Artésiens - est associée à un football flamboyant, celui des cheveux longs et des idées fortes sur le jeu court. Un journaliste nancéien, Christian Portelance, a écrit avec inspiration que « Bernard Lech jouait au football comme on joue du piano, en glissant sur la vie ».

À Reims, ils côtoient des joueurs légendaires comme Carlos Bianchi, l’Argentin buteur au palmarès impressionnant, et Delio Onnis, autre grande figure du club.

Une période difficile pour le Stade de Reims

Toutefois, les années 70 ne seront pas celles de la splendeur retrouvée pour le Stade de Reims, qui oscille entre l’élite et la division 2. Malgré leur talent, les frères Lech ne soulèveront pas de trophées majeurs.

Georges, handicapé par des blessures récurrentes au genou, met un terme à sa carrière à seulement 31 ans, en 1976. Rémois d’adoption, il s’installe à Jonchery-sur-Vesle, où il conserve une maison familiale. Bernard, fidèle aux couleurs rouge et blanc, voit son fils espoir du club, dont la carrière est brutalement interrompue par la liquidation du Stade en 1991.

La lignée des Lech en rouge et blanc a failli se prolonger dans les années 90, quand Nicolas, le fils de Bernard, fut l'un des espoirs du Stade. Le contexte d'alors, avec la descente en D3 puis la liquidation, ne lui a pas permis pas d'exprimer tout son potentiel : « Il avait le niveau D2 mais ça s'est mal goupillé pour lui. C'est le genre de contexte qui fait la différence, qui fait que tu passes ou non au-dessus ».

Les plus gros dérapages des commentateurs sportifs ! (en plein direct...)

Tableau récapitulatif des carrières des frères Lech

Nom Poste Clubs principaux Période à Reims
Georges Lech Ailier droit RC Lens, FC Sochaux, Stade de Reims 1972-1976
Bernard Lech Milieu offensif RC Lens, Stade de Reims, Paris FC 1971-?

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