Affaire Auradou-Jegou : Histoire de deux joueurs de rugby accusés de viol en Argentine

L'affaire impliquant les deux rugbymen français, Hugo Auradou et Oscar Jegou, accusés de viol aggravé en réunion en Argentine, a suscité une vive controverse. Cet article revient sur les principaux événements, les procédures judiciaires et les réactions qu'elle a engendrées.

Les faits et l'enquête initiale

Tout a commencé dans la nuit du 6 au 7 juillet, après le premier match des Bleus face à la sélection argentine (28-13). Oscar Jegou et Hugo Auradou ont été arrêtés par la police en Argentine suite à une plainte pour agression sexuelle. Selon l'AFP, qui cite une source judiciaire, leur arrestation ferait suite à une plainte déposée contre eux pour agression sexuelle.

La procureure Daniela Chaler a indiqué que la déclaration de la plaignante a été longue, avec de nombreux détails sur le déroulement de la soirée et qu'une médecin légiste a constaté des blessures. Le média argentin MDZ rapporte que les examens médicaux effectués ont fourni des « preuves concluantes ». « Il s’agit d’un délit susceptible d’une peine lourde », a-t-elle ajouté.

Versions contradictoires

Selon Maître Natacha Romano, l'avocate de la victime, sa cliente est rentrée à l’hôtel avec l’un des deux joueurs impliqués, « identifié en premier lieu comme Hugo (Auradou) ». Toujours d’après l’avocate de la victime, « il l’attrape immédiatement, la jette sur le lit, commence à la déshabiller et se met à la frapper sauvagement d’un coup de poing, dont l’hématome est visible sur le visage de la victime. Environ une heure plus tard, « entre le deuxième, qui s’appelle Oscar », a assuré l’avocate, l’accusant des « mêmes faits de violence et d’abus sexuel ».

Elle tente de s’échapper au moins cinq fois. Mais Hugo se réveille et la reprend », a-t-elle encore affirmé. Des accusations de violence que l’avocat de la défense, Me Rafael Cuneo Libarona, réfute : « Elle prétend avoir été battue, les caméras (de surveillance de l’hôtel) disent qu’elle ne l’a pas été », a quant à lui expliqué à plusieurs médias dont l’AFP l’avocat des deux rugbymen.

Réactions et mesures prises

Suite à ces arrestations, le président de la Fédération française de rugby Florian Grill a improvisé une conférence de presse, lors de son arrivée à Buenos Aires. « Si les faits sont avérés, ils sont incroyablement graves. Il faut avoir une pensée pour la jeune femme. En de telles circonstances, « le rugby est anecdotique, tout le reste est accessoire. L’enchaînement est dramatique », a-t-il également reconnu, en référence à l’affaire Melvyn Jaminet, survenue la veille de l’arrestation.

Dans un communiqué, publié mardi soir, la Fédération française de rugby a annoncé que son président et son vice-président, Jean-Marc Lhermet, avaient rencontré les deux joueurs. « Ces derniers ont confirmé avoir eu dans la nuit une relation sexuelle avec la jeune femme mais ont fermement nié toute forme de violence », écrit l’instance.

La ministre française des Sports Amélie Oudéa-Castéra avait réagi, sur X : « Si l’enquête établit les faits reprochés, ils constituent une atrocité sans nom. Ce n’est pas la seule affaire d’agression sexuelle dans le monde du rugby ces derniers mois.

Les procédures judiciaires et leurs évolutions

Ce lundi, le parquet de Mendoza a donc fait connaître sa décision, quant à la détention d’Oscar Jegou et Hugo Auradou : les deux joueurs du XV de France, visés par des accusations de "viol aggravé", viennent d’être déclarés libres par le procureur en charge de l’affaire, Dario Nora. Pour rappel, Jegou et Auradou étaient depuis le 17 juillet placés en résidence surveillée, sous contrôle judiciaire et équipés d’un bracelet électronique le temps du déroulement de l’enquête.

Ce régime va donc prendre fin dans les prochaines heures : la demande de libération formulée officiellement par leurs conseils judiciaires, la semaine dernière, a donc été acceptée. Plus de bracelet électronique, donc. S’ils ne seront plus assignés à résidence, les deux joueurs ne se verront donc pas restituer leur passeport et n’auront pas le droit de quitter le territoire argentin pour revenir en France.

Bien qu'au début de la présente enquête, il y ait eu une série d'éléments objectifs qui ont déterminé la nécessité d'ordonner la détention des accusés, à l'heure actuelle, le niveau de conviction nécessaire n'a pas été atteint pour que le ministère public puisse demander la détention préventive des accusés.

Affaire Jegou-Auradou : les poursuites pour viol contre les 2 rugbymen abandonnées|TF1 INFO

De fait, la décision médiane de cette libération fait suite aux auditions des principaux protagonistes : celle de la plaignante, mardi dernier, qui avait maintenu ses accusations de "viol aggravé" et repris son récit en détail, face à la contradiction des avocats de la défense incarnée par Me Libarona ; puis celle des deux joueurs, jeudi dernier, qui ont été entendus six heures durant.

Retour en France et suite de la procédure

Hugo Auradou et Oscar Jegou, les deux rugbymans du XV de France accusés de viol en Argentine, ont été autorisés à quitter le territoire argentin. Ils sont arrivés à l’aéroport de Paris - Charles-de-Gaulle mercredi en début de soirée. Ils restent poursuivis par la justice argentine dans ce dossier.

L’accord de principe donné par le parquet est « assorti de règles », a rappelé Martin Ahumada, porte-parole de la justice provinciale : « Par exemple, ils doivent se présenter s’ils sont convoqués au consulat d’Argentine en France, doivent établir une adresse réelle et virtuelle, et doivent se présenter à Mendoza [ville située à 1 000 kilomètres de Buenos Aires] si cela leur est demandé. »

Réactions du public et du monde du rugby

Un sondage Odoxa, réalisé pour Winamax et RTL, révèle que 68 % de Français refusent de voir Hugo Auradou et Oscar Jegou sélectionnés de nouveau en équipe de France de rugby, pour le moment. L’affaire Auradou-Jegou a terni l’image du rugby pour 57 % de Français, amateurs de rugby, interrogés par l’Institut de sondage Odoxa. Enfin, ce sondage met en évidence qu’une grande majorité de Français (7 à 9 sur 10) approuvent les mesures de la Fédération française de rugby fixant un cadre plus strict autour des équipes de France.

La Fédération française de rugby (FFR) a salué mardi « avec satisfaction » le retour en France des joueurs, une « nouvelle avancée vers la vérité judiciaire des faits ». Le Stade rochelais, club d’Oscar Jegou, s’est dit « soulagé et impatient de retrouver Oscar à La Rochelle dans les prochaines heures ». La Section paloise (club d’Hugo Auradou), a estimé qu’« avant de penser à la suite il est important de laisser Hugo retrouver sa famille, ses proches et ses coéquipiers qui sont impatients de le revoir ».

Témoignage de la plaignante

Dans un extrait d’une émission « Envoyé Spécial » publié sur les réseaux sociaux, la plaignante raconte pour la première fois à la presse française sa version de la nuit du 6 au 7 juillet, où elle a rencontré Hugo Auradou dans une boîte de nuit à Mendoza. Elle a ensuite expliqué qu’une fois arrivée dans la chambre d’hôtel elle aurait demandé à partir. Mais Hugo Auradou l’en aurait empêché : « Il m’a attrapé le cou. Il m’a mise sur le lit. Il m’a déshabillée comme une brute. »

Selon la plaignante, Oscar Jegou est ensuite entré dans la chambre. Après avoir cru que le joueur allait l’aider, elle a expliqué qu’il « a abusé [d’elle] ». « Tout le monde me demande aujourd’hui : “La porte était ouverte, pourquoi tu n’es pas sortie ?” Je ne pouvais pas sortir, parce qu’Hugo restait toujours autour de moi. J’ai préféré me laisser faire après tous les coups que j’avais reçus. Si cela n’était pas le cas, je ne serais peut-être pas en vie aujourd’hui », a-t-elle poursuivi, avant de lister ses blessures, joignant des photos à l’appui.

Évolution récente et perspectives

Une audience de non-lieu est prévue le 18 octobre prochain dans le cadre de l’affaire Auradou-Jegou, les deux rugbymen français accusés de viol aggravé en réunion, cet été, en Argentine. Dans le cadre de cette affaire, une audience de non-lieu est prévue le 18 octobre prochain pour examiner « des doutes et des absences de preuves ».

Tableau récapitulatif des événements clés

Date Événement
6-7 juillet Faits présumés de viol aggravé à Mendoza, Argentine
8 juillet Arrestation d'Oscar Jegou et Hugo Auradou
17 juillet Placement en résidence surveillée
12 août Libération sous contrôle judiciaire
Début septembre Retour des joueurs en France
18 octobre Audience de non-lieu prévue

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