Dans le handball français, depuis 20 ans, le bonheur et la réussite sont contagieux. C'est une bonne maladie.
On ne les appelait déjà plus les Bronzés et pas encore les Costauds ou les Experts. Eux, c'étaient les Barjots. En réalité, rien d'autre que des Bronzés un peu plus mûrs. La même folie qu'à Barcelone, mais le vécu en plus. Celui d'un...
À tout jamais, une grande première: une équipe de France de sport collectif sur le toit du monde. Historique, donc. Rien de moins.
Les "Barjots", nom donné à l'équipe de France de handball dans les années 90 en raison du caractère de ses joueurs aussi imprévisible sur le terrain qu'en dehors, ont fêté jeudi les vingt ans de leur médaille de bronze décrochée aux JO de Barcelone.
La phrase est signée Grégory Anquetil, international de 1993 à 2005. Elle résume à elle seule l'influence qu'ont eue les "Barjots" sur le handball et sur les sports collectifs français en général.
En 1992, la France se présente aux Jeux Olympiques de Barcelone comme nation mineure du handball. Lors de son premier mondial à Berlin deux ans plus tôt, elle avait terminé à une anonyme 9e place.
"On est arrivé aux Jeux comme des enfants à Eurodisney" confesse Denis Lathoud, arrière gauche de l'époque. "Il y avait le village olympique, plein de stars qui se promènent, le bord de mer…".
"On avait regardé notre poule et lors d'un stage en Hongrie, on s'était dit : si on fait septième on se rase la tête, on se teint les cheveux en blond" ajoute-t-il.
D'emblée, les Bleus s'imposent face à l'Espagne (18-16) et ne s'inclinent que d'un petit but contre la Communauté des états indépendants (23-22) future championne olympique.
En battant pour la première fois l'Allemagne (23-20) puis la Roumanie et l'Egypte, les futurs "Barjots" accèdent aux demi-finales.
Chose promise, chose due, la plupart d'entre eux apparaissent face à la Suède cheveux peroxydés mais cela n'empêche pas leur défaite.
Néanmoins, en venant à bout de l'Islande dans le match pour la 3e place, ils décrochent une médaille de bronze historique, propulsant le handball en pleine lumière sur le sol national.
Ils tireront de cette distinction leur surnom de "Bronzés" avant de devenir "Barjots" pour leurs grandes gueules, leurs coupes de cheveux farfelues mais aussi leurs soirées mémorables d'après-match.
"Cette équipe a d'abord fait rire, elle a ensuite fait peur" souligne Greg Anquetil, avant de nous rafraîchir la mémoire. "Il y avait quand même les meilleurs joueurs du monde à leurs postes avec Stéphane Stoecklin, Jackson Richardson, Lathoud, Volle, Munier, Quintin, Gardent, Péreux…".
Cette incontrôlable bande de potes "qui n'avait aucune conscience de la rigueur du professionnalisme " dixit Lathoud a confirmé tout son potentiel après Barcelone avec une deuxième place au Mondial 93 avant un sacre historique en 1995.
Pour la première fois de l'histoire, une équipe française de sport collectif s'installait sur le toit du Monde.
Les secrets de cette réussite sont multiples.
"On s'est forgé tout seul et même arrivés en haut de l'affiche, on n'avait pas cette rigueur, on était juste content d'avoir des résultats ensemble".
Pour l'ailier Greg Anquetil "dans cette équipe tout coulait de source" et "l'amitié vache" qui unissait le groupe l'a surpris à son arrivée.
L'ex-international confesse même que "cette équipe marchait sur un fil et ça a parfois vacillé".
L'exemple du Mondial 95 gagné à Reykjavik est à ce titre évocateur. Au bord de l'implosion après les matches de poule, le groupe improvise une réunion dans un café de la capitale islandaise pour tout remettre à plat et aller au bout.
A l'inverse, lorsque l'entraîneur Daniel Constantini injecte du sang neuf en 1996, la greffe a du mal à prendre même si les Français décrochent tout de même le Bronze.
Depuis, le handball français vit une époque dorée, trustant de nombreux podiums internationaux sous la houlette des "Costauds" puis des "Experts".
Dans cet intervalle de vingt ans, les Français ont disputé huit finales internationales pour sept titres gagnés.
Et si les descendants des "Barjots" ne sont plus aussi déjantés, il n'en reste pas moins tout autant carnassiers.
Les Bronzés (1992)Contrairement aux autres surnoms symbolisant plusieurs années, les Bronzés ne font référence véritablement qu'à une seule compétition: les Jeux olympiques de Barcelone.
«Le nom n'a pas dû être compliqué à trouver», nous avoue Jérôme Fernandez, l'actuel capitaine de l'équipe de France, «puisqu'il se rapporte directement à la médaille de bronze aux JO de 1992.»
«Ce surnom m'inspire la notion de commencement», confie au Scan Sport Xavier Barachet, âgé de ... quatre ans à l'époque. «Sans ces joueurs-là, sans ce qu'ils ont véhiculé, sans un entraîneur comme Daniel Costantini, nous n'en serions pas là aujourd'hui.
Une opinion totalement partagée par Fernandez: «Je reste très admiratif de cette génération qui a permis à notre sport de sortir de l'oubli. C'est elle qui a donné envie aux suivantes de faire des exploits et de remporter des médailles.»
Y en-a-t-il un qui l'a plus inspiré que d'autres? «Au niveau du jeu, évidemment, j'avais un regard plus particulier sur ceux qui évoluaient à mon poste, à savoir Denis Lathoud et Frédéric Volle. Mais il y avait aussi l'incontournable Jackson (Ndlr: Richarson) qui a tellement marqué de son empreinte cette période, et même les suivantes.
Les Barjots (1993-1996)Sans doute le surnom et la période la plus emblématique de l'équipe de France.
Pour Fernandez: «Ce surnom les représentait bien. C'était une génération à part, qui avait tout sacrifié pour l'équipe de France. Ils passaient énormément de jours ensemble en sélection, souvent au détriment de leurs carrières en clubs. Cela a payé et cela a permis de lancer le handball français sur la voie que l'on connait aujourd'hui.»
Un avis rejoint par Michaël Guigou: «Leur surnom a sans doute été le plus facile à trouver, encore plus que les Bronzés. En plus de coupes de cheveux extravagantes, de bizutages complètement fous et d'une hygiène de vie qui n'avait rien de monacale, les Barjots ont donné à la France son premier titre de championne du monde dans un sport collectif.
Mais cette folie, aujourd'hui, ne passerait plus pour Guigou: «Ce n'est plus possible, certains auraient dû arrêter leur carrière beaucoup plus tôt. Nous sommes rentrés dans d'autres exigences, que ce soit avec les clubs ou les compétitions internationales. Le rythme des matches n'est plus le même non plus.»
Barachet, lui, ressort la boîte à souvenir: «J'ai commencé le handball alors que cette génération touchait à sa fin. Quand j'entends ce surnom, immédiatement, je vois les photos de jeunesse de Philippe Gardent, de Laurent Munier… Cela me fait rire.
Après avoir atteint les sommets du monde, l'équipe de France allait connaître un quinquennat plus difficile, marqué par une seule médaille, en bronze, lors du Mondial 1997.
Mais la fin de carrière de nombreux Barjots et l'arrivée de Claude Onesta sur le banc en lieu et place de Daniel Costantini ouvrait une nouvelle ère: celle des Costauds, qui débutait par un nouveau titre de champion du monde, décroché à domicile en 2001.
Arrivé en 1997 en sélection, Fernandez y a pris pleinement son essor à ce moment-là: «Je suis arrivé avec une génération qui avait beaucoup de pression sur les épaules, car elle devait reprendre le flambeau d'une génération dorée. Ce surnom est donc venu du fait que nous ayons réussi à prendre le relais en devenant nous aussi champions du monde en 2001.
Guigou aussi a fréquenté les Costauds: «Je les ai bien connus puisqu'ils étaient une petite dizaine à évoluer à Montpellier à cette époque-là. Et puis j'ai joué avec eux en intégrant l'équipe de France en 2002, un an après leur titre mondial à Bercy. J'ai été fier de pouvoir évoluer avec ces joueurs-là, en particulier Jackson qui était mon idole. C'était incroyable pour moi de passer en si peu de temps des tribunes, où je les supportais à Bercy en finale en 2001, à joueur proprement dit.»
«Néanmoins», précise l'ailier de Montpellier, «je ne sais pas pourquoi on leur a donné un tel surnom.
Autant les trois autres, la symbolique est claire, autant là… C'est sans doute parce qu'elle avait une dimension physique supérieure, notamment en défense avec le duo Bertrand Gille-Didier Dinart.
En 2008, avec le bronze européen et surtout l'or olympique après lequel elle courrait, la France rentrait dans l'ère des Experts, cette fameuse génération qui allait être capable de détenir en même temps les trois grands titres du handball: mondial, européen et olympique.
«C'est le surnom que je préfère et c'est celui qui dure depuis le plus longtemps», précise Fernandez. «C'est aussi celui qui nous définit le mieux. On est passé de joueurs talentueux à joueurs très bien entraînés et préparés. Forcément, quand on arrive à un tel niveau, cela demande une certaine expertise.
Un enthousiasme moins présent chez Guigou: «D'être un joueur de l'équipe de France, cela me fait quelque chose. D'être un Expert en revanche, je n'y attache pas d'importance. On subit plus qu'autre chose cette histoire de surnom. C'est sympa, cela permet de démarquer les générations et peut-être aussi de créer un lien différent avec le public mais dans notre vie de groupe, ce n'est qu'un détail.»
Même constat chez Barachet: «Je ne sais pas si cela nous correspond tant que cela.
«Il faudra sans doute changer de nom quand il n'y aura plus Fernandez, Omeyer et Narcisse dans l'équipe», répond Guigou.
«Je me souviens qu'il y avait eu quelques tentatives de la part de la presse après le dernier Euro, comme les Invincibles ou les Indestructibles…» Avant d'analyser l'un des derniers possibles, dans un grand éclat de rire: «Les Rois du désert circulent désormais? Alors on aura tout eu.»
Fernandez, lui, n'est pas pressé de changer d'ère: «Je trouve que les Experts, c'est très bien, et j'espère que cela va durer encore un petit moment.
Les barjots champion du monde de handball en 1995
Le monde du handball, et plus largement le sport français, est en émoi. Denis Lathoud, un membre emblématique de l’équipe de France de handball connue sous le nom des ‘Barjots’, est décédé à l’âge de 59 ans.
Annoncé par Philippe Bana, président de la Fédération française de handball, cette nouvelle plonge le milieu sportif dans un profond chagrin. Le parcours de Lathoud, tant en tant qu’athlète qu’entraîneur, marque une époque dorée du handball tricolore et laisse un héritage indélébile dans la mémoire collective.
Né le 13 janvier 1966 à Lyon, Denis Lathoud a su tirer parti de sa stature impressionnante de 1,98 m pour briller au poste d’arrière gauche. Sa carrure massive, couplée à une agilité remarquable, lui a permis de devenir l’un des joueurs les plus redoutables sur le terrain.
Le parcours sportif de Lathoud a commencé dans des clubs locaux, notamment Vénissieux et l’USAM Nîmes. Au cours de sa carrière, il a démontré une polyvalence et une ténacité inégalées, passant ensuite par des clubs prestigieux comme PSG-Asnières, Ivry, et Marseille. Son impact sur le handball français a été prodigieux.
En 1995, il a conquis le titre de champion du monde avec les ‘Barjots’, une équipe qui alliait talent, solidarité et passion. Cet exploit a non seulement marqué l’histoire du handball, mais a également placé la France sur la carte mondiale du sport.
Le palmarès de Denis Lathoud est une véritable vitrine de son talent et de sa détermination. Ces distinctions témoignent d’une carrière consacrée au sport, où chaque performance sur le terrain a été le fruit d’un travail acharné et d’une détermination sans faille. Son amour du jeu et son engagement ont fait de lui une véritable légende.
Si le départ de Denis Lathoud laisse un vide immense, son héritage perdurera dans le cœur des amateurs de handball. Il a ouvert la voie à de nombreux jeunes athlètes, prouvant que le travail et la persévérance peuvent mener à des accomplissements extraordinaires. La mémoire de Lathoud continuera de vivre à travers les récits et les victoires, notamment celles des ‘Barjots’. Ses contributions au sport doivent être célébrées et rappelées aux nouvelles générations, qui pourront s’inspirer de son parcours.
Après avoir raccroché les crampons, Lathoud a poursuivi sa passion du handball en tant qu’entraîneur, marquant une nouvelle étape dans sa carrière. L’entraîneur du Dijon Bourgogne Handball a transmis son expérience aux jeunes talents, jouant un rôle essentiel dans leur développement. La transition vers le coaching n’est pas toujours facile, mais pour Lathoud, elle est née d’une volonté profonde de transmettre son savoir-faire et sa passion. Son parcours professionnel en tant qu’entraîneur a été jalonné d’expériences enrichissantes, lui permettant de perpétuer l’héritage qu’il a contribué à construire en tant que joueur.
Devenir entraîneur comporte de nombreux défis. Denis Lathoud a affronté ces défis avec détermination, montrant qu’il n’était pas seulement un joueur exceptionnel, mais aussi un mentor qui souhaitait voir d’autres briller. L’influence de Lathoud en tant qu’entraîneur se ressent encore aujourd’hui dans les clubs où il a exercé. Des jeunes athlètes témoignent de l’impact positif qu’il a eu sur leur développement en tant que joueurs et en tant que personnes. Son approche humaine du coaching a permis à ses joueurs de se sentir valorisés, leur insufflant la confiance nécessaire pour réaliser leurs ambitions.
A la suite du décès de Denis Lathoud, le monde entier du handball rend hommage à un athlète qui a marqué l’histoire de ce sport. Des messages de condoléances affluent de la part d’anciens coéquipiers, d’entraîneurs et de jeunes athlètes qui ont eu l’honneur de le connaître et de travailler avec lui. Philippe Bana, président de la Fédération française, a exprimé son chagrin en déclarant : « Denis Lathoud est parti cette nuit. Le roc nous quitte. Repose en paix frère. Tout le handball adresse ses condoléances à sa famille. Ces mots résonnent particulièrement car ils traduisent la valeur humaine que Lathoud représentait. Bien au-delà des terrains, il était apprécié pour son charisme, sa joie de vivre et sa passion pour le sport. Des témoignages de coéquipiers sont nombreux et révèlent l’affection et le respect qu’ils avaient pour Denis Lathoud. Ces témoignages soulignent non seulement ses compétences en tant que joueur, mais aussi les relations interpersonnelles qu’il entretenait. De la victoire aux défaites, il demeurait toujours un pilier de soutien pour son équipe.
Denis Lathoud a laissé un héritage qui ne peut être effacé. Son parcours glorieux et son dévouement indéfectible pour le handball en ont fait une légende incontestée de ce sport.
Le 21 mai 1995 à Reykjavik, en Islande, les Barjots du handball entraient en effet dans l’histoire du sport tricolore en devenant la première équipe à décrocher un titre mondial.
Ils resteront à jamais les premiers, les Barjots, à décrocher le premier titre mondial dans un sport collectif pour une équipe de France.
Le 21 mai 1995, trois ans après l’épopée des Bronzés qui les avait vus monter sur la troisième marche du podium aux Jeux olympiques de Barcelone, les Barjots viennent à bout de la Croatie en finale à Reykjavik (Islande), les propulsant sur le toit du monde du handball.
HANDBALL - Après une finale perdue contre la Russie en 1993, les « Barjots » ont de nouveau la possibilité de décrocher le Graal en 1995. Inutile de vous prévenir qu’ils n’ont pas fait deux fois la même erreur. Cette finale, les Bleus l’ont gagnée !
Après s’être imposée contre l’Espagne lors des huitièmes, l’équipe de France élimine ensuite la Suisse. Débarrassés des Allemands en demi-finale, les coéquipiers de Grégory Anquetil ont rendez-vous avec la Croatie pour jouer le titre. Et ce France - Croatie là a bien tourné en faveur des « Barjots ».
Devant près de 5000 spectateurs en Islande, le score est net, 23 - 19. Pour la première fois de leur histoire, les Bleus sont sur le toit du monde. Ce trophée devient également le premier mondial pour la France tous sports collectifs confondus. Quand on vous dit qu’ils sont vraiment rentrés dans l’Histoire ! Info : A titre personnel, Jackson Richardson est élu meilleur joueur du mondial.
Presque 30 ans plus tard, pour le documentaire « Or Norme » sur BeIN Sports, Denis Lathoud était retourné avec François-Xavier Houlet en Islande, à Akureyri, devant le café de ce petit port de pêche près de Reykjavik. C’est ici que « le Grand » comme le surnommaient ses potes - et il en avait beaucoup - a fait basculer le destin du handball français, un jour de mai 1995.
« Je garderai pour toujours ces deux jours en Islande lors desquels nous avons fait véritablement connaissance lui et moi.
Christian Gaudin (gardien) : ll a connu de nombreuses expériences sur des bancs avant d’arriver sur celui de Cesson Rennes en 2018.
Bruno Martini, après avoir été un immense gardien, a rempli son armoire à trophée en tant que manager général du PSG.
Frédéric Volle (arrière) : Il est l’un des seuls à ne plus faire partie du monde du handball aujourd’hui. Il est devenu maître-chien au Canada.
Denis Lathoud (arrière) : Il est aujourd’hui entraîneur de Strasbourg en Proligue depuis 2019.
Guéric Kervadec (pivot) : Il est entraîneur en N3 au Pays d’Auray, dans le Morbihan. Avant ça, il a connu une expérience de Directeur sportif à Créteil en 2010.
Grégory Anquetil (ailier) : Si vous êtes un assidu des retransmissions des matches de handball, vous l’avez sûrement vu ou entendu sur la chaîne L’Équipe où il est consultant.
Laurent Munier (demi-centre) : Depuis 2002 où il a pris sa retraite, il est le manager général de Chambéry, son dernier club. Le club savoyard a remporté un Trophée des champions (2013) et une Coupe de France (2019).
Jackson Richardson (demi-centre) : En 2014, il a débuté une carrière d’entraîneur prenant en main Dijon de 2015 à 2018 et Chambéry de 2014 à 2015. Il est également le sélectionneur du Gabon depuis 2017 qu’il mène à la 5e place du championnat d’Afrique des Nations en 2018 à domicile, le meilleur résultat du pays dans cette compétition.
Stéphane Stoecklin (arrière) : Depuis la fin de sa carrière à Chambéry, il est parti tenter l’aventure en Asie.
Patrick Cazal (arrière) : En 2008 il entre au club de Dunkerque en tant qu’entraîneur. D’abord en qualité d’adjoint auprès de l’ancien cessonnais Yérime Sylla, puis en tant que numéro un lors de la saison 2011.
Philippe Gardent (pivot) : Entraîneur de Toulouse depuis 2015, il a effectué un passage à Paris sous l’ère Qatari, démarré en 2012.
Thierry Perreux (ailier) : Il est coordinateur technique au PSG. Auparavant, il était entraîneur-adjoint de Zvodimir Serdarusic, également au PSG.
Daniel Constantini (sélectionneur) : Après avoir mis un terme à sa carrière d’entraîneur d’abord au Stade Marseillais de 1973 à 1985 puis à la tête de l’Équipe de France pendant 16 ans jusqu’en 2001, il est devenu consultant Radio pour RMC Sport. En 2010, il est élu meilleur entraîneur de handball de tous les temps selon la Fédération internationale de handball (IHF), devançant le Suédois Bengt Johansson avec 6,88 % et le Russe Igor Tourtchine et le Roumain Ioan Kunst-Ghermănescu.
Palmarès des Barjots
- 1993 : médaille d'argent, monde Vice-champions du monde en Suède
- 1995 : médaille d'or, monde Champions du monde en Islande
- 1996 : 4e place aux Jeux Olympiques d'Atlanta
Le surnom de « Barjots » est dû à l'état d'esprit général des joueurs qui abordaient les compétitions dans des conditions toujours particulières, perdant face à des équipes abordables pour ensuite enchaîner des matches nettement meilleurs face à de grosses équipes. Les joueurs avaient aussi l'habitude de fêter des titres ou des médailles avec des coupes de cheveux très particulières à une époque où cela n'était pas courant. D'autres pratiques telles que le bizutage pour les nouveaux étaient fréquentes.
L'origine du sobriquet est né d'une simple interview entre Philippe Gardent, le capitaine et François Brassamin, journaliste de L'équipe, la veille de la finale de 1993, durant laquelle le journaliste demande à Gardent de donner un trait de personnalité qui illustre parfaitement chaque joueur de l'équipe de France. Au beau milieu de l'interview, le capitaine déclare : « on est tous des barjots ».
Pas le temps de souffler ! Les reliefs des agapes de fin d’année traînent encore sur la table du salon, vos estomacs fatigués terminent des blocs de foie gras entamés, quelques cotillons émergent entre les coussins du canapé et vous arrosez vos repas des soirs de semaine avec des fonds de bouteilles de champagne… Oui, mais 2017 est là, dans l’entrée. Car à partir du 11 janvier, les handballeurs prennent le contrôle de votre emploi du temps. Non seulement ce 25ème championnat du monde de handball peut voir l’équipe de France conserver une nouvelle couronne mondiale, mais en plus… il se déroule dans l’Hexagone. Et, afin de bien préparer l’événement, on vous propose une petite séance de révision. Comment l’incroyable histoire de cette équipe de France a-t-elle été bâtie ?
C’est un peu l’acte de naissance du handball français. Emmenés par Daniel Constantini, Jackson Richardson, Pascal Mahé ou Frédéric Volle, cette équipe bat l’Espagne chez elle et remporte la médaille de bronze face à l’Islande. Dans une interview pour France TV, Olivier Girault se rappelle : « C’était un groupe qu’on n’attendait pas aux JO. Cette bande, qui s’est construite dans la douleur, est arrivée avec une volonté de fer, une envie. Elle n’avait pas le talent de celle d’aujourd’hui. Mais il s’est construit à travers le travail. Ils venaient tellement de loin qu’ils ont fait un truc extraordinaire. Les coupes de cheveux sont so 90s, mais les résultats enfin là. Il y a la Suède, en 1993, et une médaille d’argent au championnat du monde.
À Reykjavik, des Bleus survoltés éteignent la Croatie 23-19 et remportent le tout premier titre international des handballeurs - mais aussi des sports collectifs tricolores. Des pionniers.
Guéric Kervadec et Stéphane Stoecklin portent les Bleus au bronze à l’Euro 97 et quelques résultats mollassons s’ensuivent dans une période de transition. Et puis… À domicile, les Tricolores, pas tout à fait « Costauds » et encore dirigés par Daniel Costantini, deviennent une nouvelle fois champions du monde. Dans la foulée, ce sont Claude Onesta, Daniel Narcisse, Thierry Omeyer, Joël Abati, puis Luc Abalo ou Nikola Karabatic qui feront l’actu des Bleus. Avant le tournoi, nous étions loin de penser que nous allions quasiment tout gagner pendant dix ans. Il intervenait dans tous les domaines de la performance. Nous avions voulu faire appel à des intervenants multiples. Cela a bougé les lignes. Il a fallu un temps de maturité pour que cela prenne.
Thierry Omeyer, Luc Abalo, Michael Guigou, Jérôme Fernandez, Bertrand et Guillaume Gille, Didier Dinart, Cédric Sorhaindo, William Accambray, Daniel Narcisse ou Xavier Barachet… Ces noms, on les a tous entendus ici ou là pendant la longue moisson des Bleus ces 8 dernières années. La France qui gagne, dans toute sa splendeur.
| Année | Compétition | Résultat |
|---|---|---|
| 1993 | Championnat du Monde | Vice-Champions |
| 1995 | Championnat du Monde | Champions |
| 1996 | Jeux Olympiques d'Atlanta | 4ème place |
