Le La Voulte Rugby (LVR) est un club de rugby emblématique de la région Ardèche, dont l'histoire est marquée par des moments de gloire et des défis constants. Le club de La Voulte-sur-Rhône, petite ville d'Ardèche, a marqué l'histoire du rugby français. Son parcours exceptionnel en 1970, couronné par un titre de champion de France, reste gravé dans les mémoires.
Cet article explore l'histoire riche et le palmarès du club, ainsi que son impact sur la communauté locale.

Carte de l'Ardèche, où se situe La Voulte.
Un Titre de Champion de France Historique (1970)
La Voulte, commune de l’Ardèche demeure la plus petite localité jamais sacrée championne de France. Un fait, un seul. On parle ici du Bouclier de Brennus, le vrai, pas d’un titre de série régionale. La Voulte a connu une gloire rare en remportant le titre de champion de France en 1970 face à Clermont (3-0). Ce titre déteint encore profondément sur l'identité de ses 5 000 habitants.
Une victoire 3-0 en 1970 contre l’AS Montferrand au Stadium de Toulouse. Pas la finale la plus flamboyante de l’Histoire, mais la plus symbolique, à plus d’un titre. Vainqueurs de Montferrand en finale (3-0), les frères Cambérabéro et l'entraîneur Jean Liénard reviennent à La Voulte triomphants.
Le 17 mai 1970, en finale à Toulouse, les Ardéchois s'imposent contre Montferrand sur le score de 3 à 0 grâce à un essai de Renaud Vialar. L'équipe de La Voulte est sacrée championne de France.
« A jamais les premiers! Les Voultains ont su déjouer les pronostics pour renverser l'AS Montferrandaise. Si la finale, remportée 3-0 avec un essai de Renaud Vialar, ne restera pas comme un grand moment de rugby, La Voulte a su décrocher son rêve. La complicité des Ardéchois leur a permis de faire front pour repousser les assauts auvergnats. Peu de grandes envolées mais un réalisme et une solidité à toute épreuve. La clé du succès. »
Quelques jours plus tard, le 19 mai, l'entraîneur Jean Liénard, les frères Camberabero, Guy et Lilian, et tous les autres joueurs sont accueillis en Ardèche par près de 20 000 personnes. Avec le bouclier de Brennus, ils réalisent un défilé triomphal dans les rues de la ville.
Pour célébrer les cinquante ans (plus deux) du titre décroché par les Ardéchois face à l’ASM (3-0), le bouclier de Brennus a été présenté au stade Battandier-Lukowiak. La célébration a débuté par un défilé qui est parti de la place du marché, en présence des champions de France 1970.
Parmi les champions de France 1970 présents, on pouvait compter Roger Cance, André Laréal, Nicolas Degrégorio, Paul Digonnet, André Faillon, André Dubouet, Renaud Vialar, Lionel Vialar, Serge Degueurce, André Roux et Max Répellin.

Exemple de célébration du Bouclier de Brennus.
Les Années Fastes et le Contexte Industriel
« On aperçoit d'abord, en toile de fond, les toits des usines, celles des industries qui ont permis à l'époque d'attirer de bons joueurs chez les Bleu et Blanc du LVS (La Voulte Sportif) pour rivaliser avec les meilleurs. On imagine les tribunes revivre, qui ont accueilli jusqu'à huit mille spectateurs « quand Béziers venait et qu'il y avait des gens jusque dans les arbres ! » »
Peu de cités doivent à ce point leur notoriété à un club sportif. La Voulte était un vrai trésor de l’Ovalie, une ville minuscule mais représentée lors des deux premiers grands chelems du XV de France avec les célèbres frères Cambérabéro et Jean-Claude Noble, couronnés en 1968 ; puis Jacques Fouroux* et Jean-Luc Averous, couronnés en 1977. Maurice Lira puissant troisième ligne a aussi fréquenté l’équipe de France dans les années 60. Didier Cambérabéro le sera dans les années 80.
La Voultesur-Rhône, bourgade, s’est permis de fréquenter l’élite pendant trente-cinq ans. Derrière cette réussite, il y avait un atout majeur, c’est vrai : l’usine de textile artificiel Rhône-Poulenc, un paquebot industriel qui a compté jusqu’à 1 200 employés. Il produisait la rayonne qu’achetait Michelin pour l’entoilage de ses pneus. À La Voulte, Rhône-Poulenc était propriétaire de la piscine, du Stade, de la moitié des maisons. La société employait aussi les joueurs évidemment.
« 80 % de l’effectif travaillait à l’usine, avec des horaires adaptées pour pouvoir s’entraîner. Indirectement, La Voulte était l’un des premiers clubs professionnels de l’Histoire. Et ceux qui ne travaillaient pas à Rhône-Poulenc, étaient liés à la société parce qu’ils étaient commerçants et qu’on leur achetait des fournitures ou parce qu’ils étaient petits chefs d’entreprise et qu’ils devenaient sous-traitants. »
C’est Jean Palix qui a fait venir les deux frères Cambérabéro à La Voulte en 1955. « Le médecin du club, le docteur Delvecchi qui était Bayonnais passait ses vacances sur la côte landaise, il se renseignait sur les joueurs du cru. On lui avait parlé de nous qui jouions à Tyrosse, il a signalé notre existence à Jean Palix. »
Le patron embaucha les deux « Cambé » à l’usine et même leur père, Robert. Le système fonctionnait ainsi. Avec tous ces renforts du Sud-Ouest, La Voulte devint un petit bastion abonné aux phases finales, trois fois demi-finaliste (1959, 1965, 1970). Pas une escouade brillante ou impériale, mais un commando industrieux et difficile à manoeuvrer.
Il fallait un homme providentiel pour forger ce destin, il s’appelait Jean Palix, directeur général de l’usine Rhône-Poulenc, le vrai père du La Voulte Sportif. Rampa était finalement un président plus « conventionnel », assez en phase avec son époque : un homme d’affaires généreux, qui embauchait chez lui et donnait des coups de pouce à ceux qui voulaient se lancer.
« Il nous donnait les moyens de réussir. J’ai monté des cabinets d’assurance, indirectement, je lui dois beaucoup, il m’a donné le sens des valeurs nécessaires. Ce titre de 1970 on l’a aussi interprété comme la rencontre d’un club, d’un président, et d’un entraîneur : Jean Liénard, figure truculente et meneur d’hommes.
Mais dans une région ou le tissu économique n'était pas le plus vivace, ce que la prestigieuse entreprise avait apporté au club, elle le reprit en s'éclipsant, annonçant un déclin progressif d'un Champion de France. « Le club a réussit à se qualifier constamment jusqu'en 74, mais les problèmes du club ont été précédés par ceux de l'usine. Elle est passée de 2.500 employés en 1964-1965 à 35 dans les années 80, et comme elle ne fournissait plus de travail, le club n'attirait plus de joueurs… il y avait bien sur moyen de caser un ou deux joueurs dans les petites entreprises de la région, mais plus comme pouvait le faire la grande entreprise, et petit à petit, La Voulte a décliné » concède l'ancien demi de mêlée international, l'air triste.
52 ANS DU LA Voulte Sportif - Champion de France Rugby 1970 - 14 05 2022
Tableau des Périodes et Événements Marquants
| Période | Événement Marquant |
|---|---|
| Années 1970 | Apogée du club avec le titre de champion de France |
| Milieu des années 1980 | Déclin industriel et fin des années fastes |
| 2010 | Fusion avec Valence |
La Fusion et la Renaissance: La Voulte Rugby (LVR)
Rhône-Poulenc a quitté les lieux au milieu des années 1980, les cheminées se sont essoufflées, les années fastes ont pris fin. Jusqu'à rendre inévitable une fusion avec Valence, en 2010.
Depuis, le LVS végète dans des limbes administratifs. Bruno Dupuis, qui n'a pas voulu laisser s'éteindre la légende dans ces terres qui serpentent entre Drôme et Ardèche au gré du Rhône, a fait naître de ces cendres le LVR (La Voulte Rugby), 160 licenciés qu'il fait vivre avec 45 000 € annuels.
Il est organisé par le LVR (La Voulte Rugby), nouveau club créé au moment de la fusion entre Valence et le LVS (La Voulte Sportif), en 2010, entente qui a ensuite fusionné en 2016 avec Romans pour devenir le VRDR.
« Peut-être qu'un jour on pourra récupérer notre nom, espère-t-il, on verra... »
L'Héritage et les Souvenirs
À l'étage du complexe sportif, il y a aussi une salle qui renferme les trophées et les souvenirs. Masqué par une rangée de cintres, un cadre un peu défraîchi avec une reproduction un peu cheap du bouclier, quand les clubs modernes peuvent exposer une réplique bien plus clinquante.
Dupuis ne s'en formalise pas, les photos de la parade du Brennus dans les rues bondées de la vieille ville ont l'air d'avoir bien plus de valeur à ses yeux. « C'est LE souvenir de toute génération ! s'illumine-t-il soudain. J'avais dix ans... J'étais au match, à Toulouse. Un train bleu et un train blanc avec les supporters étaient partis de La Voulte. Au retour, c'était extraordinaire, un truc de folie ! Dans les wagons, ça défilait de partout, la buvette était remplie, les femmes étaient torse nu... À la Voulte, il y avait un monde énorme dans les rues, je me souviens de la fête, du bruit... Après, je ne suis pas allé à l'école de toute une semaine, ça m'avait rendu malade. J'ai fait un de ces pics d'albumine... L'émotion. »
Kevin Gourdon: Un Enfant du Club
Kevin Gourdon, le flanker du Stade Rochelais et de l'équipe de France, a fait ses débuts à cinq ans à La Voulte. Il n'a pas oublié son club formateur, témoignant de son attachement à ses racines.
« Il m'a appelé cet été, après la tournée en Argentine, raconte Joris Dupuis, l'un des sept Voultains à rallier La Rochelle pour le week-end. Il voulait l'adresse du club pour envoyer en cadeau une partie de la dotation de l'équipe de France. »
Même ses débuts avec La Voulte ont été inoubliables. « Ce fameux tournoi à Annecy, sourit immédiatement Jeannot Alcalde, un bonnet de Père Noël qui se balance sur son crâne jovial. On avait fait une petite sélection des meilleurs joueurs du club, et on l'avait pris quand même, même s'il avait cinq ans et demi et qu'il venait d'arriver. Eh bien... on l'a perdu ! »
« Ce club a une histoire, il a baigné dans le culte de joueurs d'exception. Là, à travers Gourdon, il continue à exister », Florent Hilaire.
Les Défis Actuels
Les rugbymen de la Voulte Valence ont encaissé dimanche leur cinquième défaite d'affilé face à la Seyne-sur-mer. Ils n'ont pas remporté une seule victoire en championnat cette année.
Le Sacre de 1970 : Un Exploit Inoubliable
En mai 1970, La Voulte-sur-Rhône réalise un parcours exceptionnel. Cette année là, le club voultain s'extirpe difficilement des phases de poule pour jouer les phases finales… au bout du chemin, Toulouse et la finale du Championnat remportée 3-0 face à Montferrand, dans le sillon d'une charnière landaise, reine de l'Ardèche, composée par Lilian et Guy, « les Cambé Tyrossais » ou « les lutins de La Voulte ».
De retour à La Voulte le lundi de pentecôte, la foule attend ses héros : « Les décapotables étaient là pour nous faire traverser la ville bondée qui nous acclamait. Après cela a été très dur pour mon frère et moi car nous étions invités partout pour fêter ce titre… je crois que j'ai du dormir 4H en huit jours… mais ce sont des souvenirs fantastiques ».
Jean Liénard : L'Architecte de la Victoire
Et les travailleurs venus à La Voulte pour trouver un gagne pain firent, en 1970, monter la mayonnaise préparée par l'entraîneur Jean Liénard pour un véritable festin : « cela a été une saison magnifique mais le véritable exploit a eu lieu en demi face à Agen, grandissime favori de l'épreuve.
Aux plus jeunes, on rappellera qu’il était le père spirituel de Jacques Fouroux, ce n’est pas peu dire. Lors des entraînements, il programmait des séances de joug qui traversaient le terrain. Il avait le charme canaille de ces coachs qui ne sombraient pas dans un esthétisme naïf ou hypocrite : « Il reste le grand entraîneur du club, la référence absolue. Un fort en gueule ? Oui, mais bienveillant et charismatique. Je l’ai toujours vouvoyé, détaille Averous. Il était très complémentaire de Rampa, on ne pouvait les dissocier. »
Guy Cambérabéro ne risque pas non plus d’oublier ce mentor : « Il savait s’adapter à ses hommes, à leurs caractéristiques. Il savait aussi leur parler. » Nous avions rencontré bien plus tard Liénard alors qu’il était à Grenoble.
Les Frères Cambérabéro : L'Âme du Club
Les frères Cambérabéro, Lilian et Guy, sont des figures de proue de La Voulte.
« Lorsque nous sommes arrivés, La Voulte jouait en Deuxième division, mais c'était déjà une belle formation. Guy était International C en arrivant et a donc débuté directement en Equipe 1, moi j'ai gagné ma place au fur et à mesure. Et dès notre première saison, nous montons ».
Lilian Cambérabéro, indissociable de son frère Guy, est l'un des grands joueurs de rugby français des années 1960. Demi de mêlée, avec "la passe la plus longue du monde" à l'époque, il était la plupart du temps associé à son frangin, demi d'ouverture. Ils ont fait les grandes heures du XV de France, avec le premier Grand chelem de l'histoire des Bleus en 1968, et de leur club ardéchois de la Voulte, avec un bouclier de Brennus, récompense du champion de France, en 1970.
Et en bon demi de mêlée malin, Lilian met un terme à sa carrière juste après ce titre, comme il avait prit congé du XV de France, deux ans plus tôt au terme du Grand Chelem tricolore de l'histoire en 68 : « Je ne pouvais pas mieux terminer. »
L'Héritage et l'Avenir
Aujourd'hui en Fédérale 2, La Voulte tente de survivre, et vise une montée qui ne lui est pas impossible au regard de l'effectif et de la motivation des décideurs comme l'apprécie beaucoup Lilian Cambérabéro : « l'équipe dirigeante, menée par Jean-Louis Reyes fait du très bon travail, mettant l'état d'esprit en avant, restant ainsi dans la ligne directrice qui a toujours été celle du club… et je crois qu'ils ne sont pas loin de monter ».
« Il est difficile de voire le club descendre et descendre encore… Mais ce qui me rassure et maintien l'espoir, est que La Voulte reste fédérateur, que ce soit pour les joueurs ou pour les supporters ». Si les valeurs de son club de cœur restent immuables, l'espoir perdure… les bonnes âmes et les bonnes volontés sont légions dans la région, et le passage des Journées des Ambassadeurs dans le Comité Drôme Ardèche pourrait permettre de montrer que le passé n'est pas une page qui se tourne et s'oublie, mais bien un opus qui se relit, ou même se réécrit…
Palmarès de La Voulte
| Année | Événement | Résultat |
|---|---|---|
| 1959 | Championnat de France | Demi-finale |
| 1965 | Championnat de France | Demi-finale |
| 1970 | Championnat de France | Champion |
Pour ce énième renouveau, le club compte s'appuyer sur des entraîneurs compétents pour mener le LVR vers de nouveaux horizons. Bruno Ranchon sera entraîneur des avants en charge de l'équipe première avec une certaine philosophie du rugbyqu'il a déjà présenté aux joueurs déjà présents au club. "Nous allons vivre ensemble une aventure humaine. Pour cela vous allez devoir faire preuve d'une rigueur nécessaire et obligatoire, le rugby se pratique avec 90 % de physique et avec le ballon, c'est une manière de progresser en s'amusant et en jouant. D'autant que nous allons disposer d'une vidéo à chaque match pour analyser et créer des fiches de stats individuelles et collectives."
Gaëtan Aubert sera entraîneur des arrières en charge de la première, Joan Martinez, entraîneur des avants en charge de l'équipe réserve le dimanche et Tony Faugeron entraîneur de la réserve en charge des arrières. Voilà pour la partie terrain. et pour mener à bien ces projets, d'autres hommes avec d'autres missions seront de la partie. Siouda Mehdi, arbitre du club, aura en charge de l'accompagnement du projet sportif pour les prochaines saisons tandis Que Louis Zancanaro, joueur, as'occupera de la coordination sportive. Dans le cadre du programme "Campus 2023", Wilfried Adjahouinou a rejoint le club comme apprenti et il prépare un diplôme de management des associations sportives. À ce jour le club dispose d'un effectif de 59 joueurs dont 40 de la saison dernière qui ont confirmé leur présence. S'ajouteront une dizaine d'autres dont le retour est attendu au club ainsi que des rugbymen en provenance de divisions supérieures à celle dans laquelle le club va évoluer et dont la mutation est en cours.
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