La Réclamation de la FFF Suite au Match France-Tunisie : Explications

Le match entre la Tunisie et la France (1-0) s'est achevé dans la confusion la plus tardive, l'arbitre annulant sur le gong le but de l'égalisation tricolore.

L'équipe de France, battue par la Tunisie au stade Education City de Doha, avait émis des doutes quant à l'utilisation de l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR) pour annuler un but de Griezmann à la 98e minute. La fédération française de football porte l’affaire devant la Fifa.

La FFF annonce ce mercredi soir qu’elle va déposer une réclamation à l’instance au sujet du but refusé, après consultation de la Var, lors de la défaite des Bleus contre la Tunisie (0-1) mercredi dans l’ultime match de poule de Coupe du monde.

La France contre-attaque. Les Bleus ont encaissé, la première défaite de leur histoire contre la Tunisie (1-0). Pourtant, ils auraient pu (et du) poursuivre leur série d'invincibilités contre les "Aigles de Carthages". En toute fin de rencontre, Antoine Griezmann a, en effet, trouvé le chemin des filets adverses sur un ultime ballon joué dans la surface (90e+8). Une réalisation d'abord validée par l’arbitre néo-zélandais Matthew Conger, avant d’être refusée, à la suite de l'intervention de la VAR, pour un hors-jeu passif de l'attaquant français.

Fait rare, la Fédération française a décidé de porter réclamation après cette décision arbitrale. "Le but a été refusé, à tort, de notre point de vue", justifie l'instance dirigée par Noël Le Graët.

Ce recours a été officiellement envoyé à la Fifa, dans les 24 heures suivant la fin du match. Elle relève que la VAR a été utilisée "après la reprise du jeu et après la fin du match", ce qui est contraire au protocole d'utilisation de cette technologie, selon l'explication d'une source fédérale à l'AFP.

Pour être précis, ce n'est pas la nature du refus du but (invalidé pour une position de hors-jeu controversée) mais bien le timing de l'usage de la Var qui se retrouve dans le viseur des dirigeants français. L’officiel a, en effet, eu recours à la technologie après... avoir fait exécuter le coup d’envoi aux Tunisiens et juste avant de siffler la fin du match. Une possibilité qui n'entre pas dans le cadre très strict défini par l’Ifab, l’organe en charge des règles du football.

Dans une telle situation, l'arbitre "ne peut effectuer une analyse sauf en cas d’identité erronée ou en cas d’infraction passible d’exclusion telle qu’un comportement violent, crachat, morsure, et/ou propos ou actes blessants, grossiers ou injurieux".

Les Bleus avaient égalisé dans les arrêts de jeu de la seconde période par l’intermédiaire d’Antoine Griezmann. Une réalisation dans un premier temps acceptée par l’arbitre néo-zélandais Matthew Conger, avant d’être invalidée après intervention de la Var.

« Nous rédigeons une réclamation à la suite du but d’Antoine Griezmann, refusé à tort, de notre point de vue. Cette réclamation doit être envoyée à la Fifa dans les 24 heures suivant la fin du match », a expliqué dans la soirée la FFF au Parisien-Aujourd’hui en France.

La fédération avait dans un premier temps consulté la Fifa au sujet de ce but, avant donc d’annoncer sa volonté de déposer un recours.

Un Recours Basé sur un Usage Non Autorisé de la VAR

Pour être précis, ce recours ne porte pas sur la nature du refus du but, invalidé en raison d’une position de hors-jeu de l’attaquant de l’Atlético de Madrid sur le centre de Tchouaméni qui précède sa frappe. Mais sur le timing de l’usage de la Var. L’arbitre a en effet été appelé par l’arbitrage-vidéo après avoir fait exécuter le coup d’envoi aux Tunisiens, juste avant de siffler la fin du match. Or l’Ifab, l’organe en charge des règles du football, n’autorise pas cette possibilité dans ce cas précis.

« Si le jeu a repris après avoir été arrêté, l’arbitre ne peut effectuer une analyse sauf en cas d’identité erronée (NDLR : d’un joueur expulsé) ou en cas d’infraction passible d’exclusion telle qu’un comportement violent, crachat, morsure, et/ou propos ou actes blessants, grossiers ou injurieux », explique l’instance dans son protocole. Rien de tout ça dans ce but refusé aux tricolores.

Le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps a déclaré : « Je suis en attente d’une réponse sur le règlement. Je ne les connais pas tous par cœur. L’arbitre a sifflé le coup d’envoi (NDLR : après le but de Griezmann) et la fin du match et je ne suis pas sûr que le match pouvait reprendre. Je suis allé voir l’arbitre pour discuter. Je suis en attente d’une réponse et je ne dirai pas ce qu’il a dit. Je ne veux pas le mettre en cause. Vous avez le numéro de Collina (le patron des arbitres à la Fifa) ? »

Malgré cette défaite, au dénouement rocambolesque, la France a terminé en tête de son groupe. La France a quand même terminé première de son groupe, malgré ce revers contre les Maghrébins.

La FFF ne remet pas en cause la position d’Antoine Griezmann, qui peut également faire débat, mais l’usage de la Var. L’arbitre néo-zélandais de la rencontre Matthew Conger a, dans un premier temps, validé ce but avant de donner le coup d’envoi puis de siffler la fin du match. Mais il a ensuite été appelé par l’arbitrage-vidéo pour consulter les images et a finalement annulé le but tricolore.

Or, il n’aurait pas dû puisque le jeu avait repris. «Si le jeu a repris après avoir été arrêté, l'arbitre peut uniquement effectuer une analyse en cas d'identité erronée ou d'infraction passible d'exclusion (violence, crachat, morsure, propos ou actes blessants, grossiers ou injurieux)», indique la loi 1.10 du Var publiée par l’IFAB. La réalisation d’Antoine Griezmann aurait donc été injustement refusée.

A la Fifa maintenant de trancher et l’équipe de France pourrait finalement voir son match nul être validé, même si l’instance n’a pas communiqué ni précisé quand elle répondrait à la réclamation française.

À la 97ème minute, après que la Tunisie ait mené 1-0, Antoine Griezmann offre le nul à l’équipe de France. Seulement, après avoir relancé le jeu et sifflé la fin du match, l’arbitre de la rencontre, Matthew Conger, demande à consulter l’assistance vidéo (VAR) afin de confirmer ou non un potentiel hors-jeu de l’attaquant français.

Quelques minutes plus tard, le but du numéro 7 des Bleus est annulé. Une décision qui fait débat. En effet, le protocole de la VAR n’autorise pas de revenir sur une action après une remise de jeu. Le but aurait donc dû être considéré comme entériné.

Il n’existe qu’une seule possibilité d’analyse vidéo après remise de jeu : selon l’article 1.10 du protocole VAR, elle ne concerne pas la vérification d’un hors-jeu sur un but. Il précise que “si le jeu a été arrêté et a repris, l'arbitre ne pourra pas procéder à une révision, sauf en cas d'erreur d'identité ou d'expulsion potentielle liée à un comportement violent, un crachat, une morsure ou un acte extrêmement offensant, insultant et/ou abusif.”

À la suite de la rencontre Antoine Griezmann ainsi que Didier Deschamps se sont exprimés sur cette erreur d’arbitrage. Le sélectionneur de l’équipe de France a déclaré qu’il était en attente de réponses : “L’arbitre a sifflé le coup d’envoi et la fin du match. Est-ce qu’il a droit de revenir ? J’ai discuté avec lui. Je lui ai demandé. Je suis en attente d’une réponse”, a-t-il confié en conférence de presse.

La Fédération Française de Football (FFF) avait donc 24h après le match pour déposer réclamation. La FFF l'a fait, confirmant qu’une lettre avait été rédigée à l’attention de la FIFA.

Le score final, qu’il soit de 1-1 ou 1-0, ne changera rien au classement du groupe D : la France conservera sa place de leader tandis que la Tunisie se maintiendra toujours sur la 3ème marche du podium.

En revanche, la FFF peut s'estimer lésée concernant le classement mondial de la Fifa: la défaite contre la Tunisie fera perdre environ 38 points à la France, ce qui la placera sous la menace de l'Angleterre, cinquième du classement avant le Mondial. En ce qui concerne les dotations financières, l'impact d'une défaite est nul pour la Fédération.

Mercredi soir, le sélectionneur Didier Deschamps s'était déjà interrogé sur la situation. "L'arbitre a sifflé le coup d'envoi et la fin du match. A-t-il le droit de revenir (sur le but) ? Je ne suis pas sûr", a-t-il expliqué en conférence de presse. "J'ai été le voir. Je suis en attente de la réponse".

Sollicitée par l'AFP mercredi soir et jeudi, la Fifa n'a pas réagi à cette situation rocambolesque.

Antoine Griezmann lors du match France-Tunisie.

Les Différences Entre Réserves, Réclamation ou Demande d’Évocation

Les clubs ne choisissent pas forcément le bon point de règlement lors d’une contestation.

Chaque saison, des clubs découvrent après leur rencontre du week-end qu’un joueur adverse était suspendu ou que le club face auquel il a joué avait un nombre de mutés supérieur au règlement. En cette fin de saison, il y a aussi la règle des joueurs qui ont joué dans une catégorie supérieure lors des cinq derniers matchs.

Mais pour récupérer les points de ce match, ce n’est pas automatique. On fait un petit point, notamment sur le rôle de l’évocation.

Des Erreurs Administratives Qui Coûtent Cher !

C’est une subtilité du règlement qui n’est pas toujours connue des clubs mais qui a finalement de lourdes conséquences… Prenons exemple d’un club qui a inscrit sur la feuille de match un joueur qui n’était pas celui qui a joué. Une erreur administrative, sans volonté de tricher, mais qui peut valoir de perdre quatre points (les trois points de la victoire + un point de pénalité).

Mais pour récupérer les quatre points, l’adversaire doit obligatoirement faire une demande d’évocation auprès de la commission compétente.

Voici la petite subtilité de l’article 187 des règlements généraux de la FFF. Concernant les réclamations : « Le club fautif a match perdu par pénalité mais le club réclamant ne bénéficie pas des points correspondant au gain du match. Il conserve alors le bénéfice des points acquis et des buts marqués lors de la rencontre. » Et concernant les évocations : « La sanction est le match perdu par pénalité et le club adverse bénéficie des points correspondant au gain du match. »

Évocation = Récupération des Points !

Pour faire une demande d’évocation, il faut prendre en compte les cas particuliers : « participation d’un joueur non inscrit sur la feuille de match ; inscription sur la feuille de match, en tant que joueur, d’un licencié suspendu, d’un joueur non licencié au sein du club, ou d’un joueur non licencié ; acquisition d’un droit indu, par une infraction répétée aux règlements ; inscription sur la feuille de match d’un joueur venant de l’étranger et n’ayant pas fait l’objet de la procédure de délivrance du Certificat International de Transfert ».

En conclusion, les règlements doivent être lus avec attention. Sur toutes les réclamations pour un joueur suspendu ou non inscrit sur la feuille de match, par exemple, l’adversaire ne récupère jamais les points.

  • 186.1. prévues, pour les réserves, par l’article 142. irrecevabilité.
  • souhaite, formuler ses observations dans le délai qui lui est imparti.
  • pas des points correspondant au gain du match.

Évocation

Même en cas de réserves ou de réclamation, l’évocation par la Commission compétente est toujours possible et prévaut, avant l’homologation d’un match, en cas :

  • de fraude sur l’identité d’un joueur ;
  • d’infraction définie à l’article 207 des présents règlements ;
  • de participation d’un joueur non inscrit sur la feuille de match ;
  • d’inscription sur la feuille de match, en tant que joueur, d’un licencié suspendu, d’un joueur non licencié au sein du club, ou d’un joueur non licencié.

Le club concerné est informé par l’organisme gérant la compétition et il peut formuler ses observations dans le délai qui lui est imparti.

Dans les cas ci-dessus, et indépendamment des sanctions prévues au Titre 4, la sanction est le match perdu par pénalité et le club adverse bénéficie des points correspondant au gain du match.

Le droit de l’évocation est mis à la charge du club déclaré fautif.

On ne peut pas sérieusement contester que le jeu avait repris et qu’une révision de la décision d’accorder le but n’était alors pas autorisée. Pas tellement car la position française me semblait une application assez claire du règlement. Quand bien même cela ne changeait rien au classement, on a bien constaté une méconnaissance du règlement de la part de l’arbitre.

Le débat n’est pas de savoir s’il y avait hors-jeu, mais si un article du règlement de la VAR a été respecté ou pas.

Exactement. Désormais, dans un cas pareil, on peut imaginer qu’un autre arbitre ne renouvellera pas une erreur grossière de cette nature. Cependant, il y a certainement d’autres sources de conflits potentiels dans le règlement de la VAR.

On ne peut corriger par exemple qu’une « erreur manifeste » via la VAR. Mais qu’est-ce qu’une « erreur manifeste » ?

L'arbitre a sifflé le coup d'envoi et la fin du match. A-t-il le droit de revenir (sur le but) ? Je ne suis pas sûr", a-t-il expliqué en conférence de presse. "J'ai été le voir. Je suis en attente de la réponse".

Cela crée un précédent dangereux que de constater qu’on peut s’affranchir des règles de l’utilisation de la VAR sans qu’il ne se passe quoi que ce soit. Pourtant, la protection des intérêts de la FIFA et du football en général aurait, pour moi, été davantage assurée par la confirmation rétroactive de la validité du but.

Les acteurs du football auraient eu la confirmation de l’obligation pour les arbitres de respecter le processus réglementaire. Cela serait à mon sens moins dangereux que de cautionner la méconnaissance d’un règlement.

Il y a des tas des matches durant lesquels des décisions d’arbitrage peuvent prêter à caution sans pour autant remettre en cause la pérennité du football. Puisque nous approchons du dénouement de la Coupe du monde, nous pouvons, par exemple, citer le débat existant depuis 56 ans autour de la validité du but de Geoff Hurst lors de la finale de la Coupe du monde 66 entre l’Angleterre et l’Allemagne.

En lisant strictement le règlement, on pouvait estimer que les chances de succès de la réclamation de la FFF étaient sérieuses.

Cette affaire pose plus de problèmes qu’il n’y paraît. A partir du moment où une application manifestement erronée du règlement est validée par la FIFA, cela ouvre des brèches dans lesquelles beaucoup d’arbitres, éventuellement de mauvaise foi, pourraient s’engouffrer.

Pourquoi édicter un règlement si on ne sanctionne pas son non-respect ? Un règlement est fait pour être appliqué et sa méconnaissance doit être sanctionnée, quel que soit l’enjeu (ou l’absence d’enjeu) sportif », indique Maître Charles Amson, qui répond aux questions de News Tank.

Il s’agit du point de départ d’une bagarre générale qui impliquera des joueurs des deux équipes. Dans le même temps, ailleurs sur le terrain, un membre du staff tricolore est mis au sol est frappé par des joueurs adverses.

Deux joueurs colombiens ont ainsi été exclus, l’un dans le temps additionnel de la seconde période, l’autre alors que le match était déjà terminé.

La Fédération française de football a quant à elle porté plainte devant la Fifa au lendemain de cette bagarre impressionnante à Doha.

La Fédération française n’a pas précisé la nature de sa plainte et la Fédération internationale, organisatrice de la compétition, n’a pas fait de commentaire sur les incidents.

En 8es de finale du Mondial U17, la France affrontera le Brésil, tombeur du Paraguay aux tirs au but au tour précédent.

TF1 va envoyer un courrier à la FIFA, car nous sommes très mécontents de la situation. C’est un préjudice pour le téléspectateur, un préjudice d’image pour nous.

« On est face à une erreur de l’arbitre de la FIFA qui a fait appel à la VAR alors qu’il n’en avait pas le droit selon le règlement. C’est très pénalisant pour nous. Mais à cet instant, c’est trop tard, on a donné le top pour rendre l’antenne. La régie finale a pris la main.

Il y a deux écoles parmi les observateurs : ceux qui pensent que la FFF a eu une attitude de mauvaise perdante, et ceux qui la défendent en disant qu’il était nécessaire d’éclaircir une telle situation. Je suis partisan de la deuxième position.

Certes, contrairement à la Ligue des champions par exemple, la Coupe du monde ne donne pas lieu au versement d’une dotation qui varie selon le nombre de points acquis en phase de groupes. Seule la qualification compte.

Les attaquants ont souvent des primes de but dans leurs contrats avec leurs clubs et/ou leurs sponsors, ce qui est peut-être le cas d’Antoine Griezmann. Aurait-il pu se retourner contre la FIFA si la FFF ne l’avait pas fait ?

A charge pour lui de démontrer que l’invalidation de son but l’empêchait de toucher une prime ou le privait d’un avantage quelconque. Un juge étatique ou le Tribunal Arbitral du Sport, théoriquement susceptible d’être saisi, pourrait considérer qu’il y a eu une faute, laquelle a entrainé un préjudice qu’il faut réparer.

Malgré cette défaite, au dénouement rocambolesque, la France a terminé en tête de son groupe.

La VAR en action.

L'arbitrage vidéo au football

tags: #la #fff #porte #reclamation