Kylian Mbappé : Retour sur le Conflit Financier avec le PSG et les Actualités Judiciaires

En litige depuis leur séparation à l'été 2024, le clan Mbappé et le PSG étaient convoqués, lundi 17 novembre, devant les Prud'hommes de Paris. L'audience, opposant une star du ballon rond à un club désormais champion d’Europe, est très médiatisée. Les montants sont si énormes qu'on peine à y croire.

Dans une salle chauffée par la précédente audience entre le PSG et l’avocat de Kheira Hamraoui, la présidente du conseil des prud’hommes, Marie-Anne Kovrig, est surprise par le nombre d’avocats qui lui font face ce lundi 17 novembre : ils sont dix. Elle assure que «ce sera une heure de plaidoirie par partie, une heure et quart grand maximum.» La pièce est trop petite pour accueillir la passe d’armes entre le PSG et Mbappé, lors de laquelle des sommes inhabituellement hautes seront évoquées.

Le contexte est explosif entre les deux parties, après un divorce dans la douleur à l’été 2024, où le jouer est parti pour le Real Madrid sans que le PSG ne touche d’indemnités de transfert. De son côté, Mbappé avait déposé plainte pour harcèlement moral - si cette dernière a depuis été retirée, une information judiciaire a été ouverte après avoir accusé la direction parisienne du non-versement de ses derniers salaires et primes.

Les deux parties ont chiffré le litige qui les oppose depuis le départ du capitaine des Bleus à l'été 2024. Le capitaine de l'équipe de France réclame 263 millions d'euros de dommages et intérêts à son ancien club, dont 55 millions de salaires et primes. Les champions d'Europe en demandent 440 en retour à l'attaquant du Real Madrid pour avoir manqué à sa parole de ne pas partir libre de tout contrat.

Dans les locaux parisiens de la juridiction des Prud'hommes, peu habituée à traiter des cas aussi médiatiques, le club de la capitale a réclamé 440 millions d'euros à son ancien buteur, notamment en compensation d'un transfert avorté après une offre de 300 millions d'euros du club saoudien d'Al-Hilal. Une proposition, formulée en juillet 2023, qu'a déclinée par l'actuel joueur du Real Madrid, qui aurait manqué à sa parole de ne pas partir libre, ont plaidé les avocats du PSG.

"Il devait partir", Mbappé aurait dû quitter le PSG en 2021, selon Leonardo

Les Demandes Financières Vertigineuses

Pendant que le capitaine des Bleus demande 263 millions d’euros à son ancien club, le PSG lui réclame désormais jusqu’à 440 millions d’euros. Face à l’incrédulité générale devant des sommes si vertigineuses, Me Renaud Semerdjian, l’un des sept conseils du PSG, confirmait auprès de l’AFP en sortant de l’audience : «C’est bien 440 millions que l’on demande», alors que le chiffre de 240 millions était annoncé un peu plus tôt.

Détail des demandes du PSG :

  • 20 millions d'euros pour préjudice à l'image.
  • 60 millions d'euros pour mauvaise foi dans l'exécution d'un accord daté d'août 2023.
  • 180 millions d'euros pour la dissimulation de cet accord.
  • 180 millions d'euros de perte de chance de transférer le joueur.

L'énorme marge de 200 millions s'explique notamment par le caractère cumulatif des deux sommes de 180 millions d'euros réclamées par le PSG. Au sein même du club de la capitale, certaines sources avançaient pourtant un peu plus tôt que ces deux sommes ne pouvaient s'additionner.

Détail des demandes de Kylian Mbappé :

  • Licenciement sans cause : 44,6 millions d'euros.
  • Harcèlement moral : 37,5 millions d'euros.
  • Rappels de salaires et congés (avril à juin 2024) : 19 millions d'euros.

Le capitaine de l’équipe de France réclame alors le paiement de ces sommes, accompagnées d’indemnités de préjudices, le total pouvant s’élever jusqu’à 263 millions d’euros. Ses avocats demandent la requalification de son CDD, signé à l’époque, en CDI. Contre un PSG qui «croit que tout s’achète», ils évaluent notamment un licenciement sans cause à 44,6 millions d’euros, le harcèlement moral à 37,5 millions d’euros et des rappels de salaires et congés pour les mois d’avril à juin 2024 à 19 millions d’euros.

Jugement attendu le 16 décembre. Les avocats de Kylian Mbappé et de son ancien club, le PSG, avaient rendez-vous ce lundi devant le conseil des Prud’hommes de Paris, concernant un désaccord contractuel né avant le départ de l’attaquant vers le Real Madrid à l’été 2024.

Les sommes réclamées à la partie adverse ont grimpé vertigineusement, de part et d'autre, durant l'audience. Kylian M'Bappé demande désormais 263 millions d'euros**, comprenant, en partie, la somme de trois mois de salaires et de primes non versés, soit 58 millions d'euros, le harcèlement moral évalué à 37 millions d’euros ou encore le manquement aux obligations de sécurité évalué, lui, à 18 millions d'euros. Les avocats de l'ancien attaquant du Paris-Saint-Germain dénoncent notamment la requalification de son contrat de CDD en CDI et le harcèlement moral qu'il dit avoir subi à la fin de son contrat.

De son côté, le PSG a formulé ses griefs : dissimulation par M'Bappé de l’accord verbal pour renoncer aux trois mois de salaire, perte de chance de réaliser un transfert après une offre du club saoudien d'Al-Hilal de 300 millions d'euros, déclinée par le joueur, en juillet 2023. Le club parisien dénonce également un préjudice d'image. Au total, il demande à son ancien attaquant la somme de 440 millions d’euros.

La décision de justice sera connue le 16 décembre.

Nasser al-Khelaifi avec Kylian Mbappé lors de la prolongation de son contrat avec le club parisien le 23 mai 2022.

Une Relation Houleuse et des Accusations Croisées

Une relation houleuse s’est installée entre les deux camps dès l’été 2023, lorsque le PSG a compris que le joueur irait jusqu’au terme de son contrat - prévu en 2024 - sans le prolonger, privant le club d’indemnités de transfert. Mbappé avait pu être réintégré, pour jouer sa dernière saison, à la suite d’une discussion en coulisses débouchant sur un accord, aujourd’hui contesté et qui fait l’objet de réclamations financières. Le camp du joueur aurait accepté de renoncer à des primes à la valeur oscillant entre 55 et 79 millions d’euros. Ses avocats affirment qu’aucun accord n’a jamais existé. L’avenant venant le formaliser «n’a jamais été signé», admet de son côté le PSG.

A ce sujet, Mbappé avait déclaré à la presse en janvier 2024 : «Avec l’accord que j’ai passé avec le président cet été, peu importe ma décision, on a réussi à protéger l’ensemble des parties.»

En retour, le PSG additionne «vingt millions de préjudice à l’image, 60 millions pour mauvaise foi dans l’exécution d’un accord daté d’août 2023, 180 millions pour la dissimulation de cet accord et 180 millions de pertes de chance pour transférer le joueur», selon Me Renaud Semerdjian. Le club de la capitale estime faire face à «quelqu’un de déloyal, qui savait dès juillet 2022 qu’il ne voulait pas prolonger», selon Me Patricia Moyersoen. Elle revient sur la lettre envoyée en 2023, datée de 2022, dans laquelle il écrit renoncer à activer la 3e année optionnelle. «L’enjeu est colossal» pour le PSG qui assure qu’il aurait essayé de vendre Mbappé dès 2022 - une offre du club anglais de Liverpool est évoquée - s’il avait eu cette information.

Me Delphine Verheyden, avocate de Kylian Mbappé depuis ses débuts, a tenu à rappeler au conseil des prud’hommes que leur «vocation» était «de préserver les salariés, la partie faible, et non l’inverse». Ce à quoi la défense du club répond que «le sport professionnel fonctionne avec des contrats à durée déterminée», conformément aux règles de la Fifa.

Sur le volet harcèlement moral de l’affaire, Me Verheyden énumère plusieurs événements «horribles» pour son joueur : la mise à l’écart au moment de la tournée au Japon en 2023, l’offre de 300 millions d’euros d’un club d’Arabie saoudite qu’elle n’a jamais vue sur son bureau. Puis le courrier alarmiste de la direction du PSG accusant Mbappé de «fragiliser considérablement la situation sportive et financière» du club, avec le risque de provoquer une «vague de licenciements» s’il ne prolonge pas. «Tous les ingrédients du harcèlement moral sont réunis», conclut Me Frédérique Cassereau.

Le PSG nie en bloc ces accusations, tentant notamment de dédramatiser la question du «loft», groupe de joueurs en instance de départ et placardisés dans lequel Mbappé avait été placé à l’intersaison 2023, aux côtés de Julian Draxler et Leandro Paredes.

Les Positions Antérieures et les Enjeux

"Il y a juste un salarié face à un mauvais payeur", avait dénoncé en avril l'avocate du joueur, Maître Delphine Verheyden, lors d'une conférence de presse, ajoutant que "Kylian Mbappé assume de faire respecter ses droits, pour lui, mais aussi pour tous les autres joueurs" lésés par leur club.

Le Paris Saint-Germain, quant à lui, dénonçait la "mauvaise foi répétée" de l'ex-joueur parisien. En avril, l'ancien attaquant du PSG avait obtenu, par la justice, la saisie de 55 millions d'euros à titre conservatoire sur les comptes bancaires du PSG. Il demande à présent que cette somme lui soit versée.

Les deux camps se sont déjà opposés sur ce sujet devant les instances sportives, LFP (Ligue de Football Professionnel) et FFF (Fédération Française de Football), qui se sont dites inaptes à faire exécuter leurs décisions, favorables au joueur. Ce litige empoisonne depuis longtemps les relations du joueur avec son ancien club. Mbappé avait fait saisir 55 millions d'euros sur les comptes du PSG, qui a finalement dû se résoudre à laisser gratuitement partir sa star à Madrid l'été suivant.

L'argumentaire du PSG plaidant une "perte de chance" repose sur le fait que le joueur a refusé une offre du club saoudien d'Al-Hilal à hauteur de 300 millions d'euros l'été précédant sa fin de contrat. "Le 22 juillet [2023], un club d'Arabie saoudite propose d'acheter Kylian Mbappé pour 300 millions d'euros. Une proposition valable jusqu'au 25 juillet à minuit. Le joueur venait alors d'être exclu du groupe par le club au moment où les joueurs et le staff se sont envolés pour une tournée en Asie. Une décision motivée par son refus de prolonger son contrat à Paris au-delà de juin 2024. Le PSG assure que cette réintégration s'est faite au terme d'un accord entre les deux parties stipulant que le joueur devait abandonner une partie des sommes dues à la fin de son contrat, pour préserver la santé financière du club.

Kylian Mbappé lors d'un match avec le PSG.

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