Anna Kristensen : L'ascension d'une étoile du handball danois

Les handballeuses françaises ont été battues par les Danoises 24-22 en demi-finale de l'Euro, ce vendredi à Budapest. Les Bleues sont tombées sur une Anna Kristensen en feu dans les buts. Un mur nommé Kristensen.

Un parcours jonché de succès

À 25 ans, Kristensen arrive déjà avec un CV dense : plusieurs titres nationaux au Danemark et deux médailles de bronze en Ligue des champions avec Esbjerg. La jeune gardienne internationale, MVP du dernier Euro après avoir littéralement écœuré l’équipe de France en demi-finale, rejoint donc le FTC.

La Team Esbjerg avait annoncé il y a quelques jours le départ d’Anna Kristensen, malgré sa volonté initiale de prolonger la gardienne. Le mercato a démarré très tôt cette année.

Euro 2024 : La révélation Kristensen

Ce vendredi, les handballeuses françaises ont été battues par les Danoises 24-22 à en demi-finale de l'Euro vendredi à Budapest. Alors que leur parcours avait été jusque-là impeccable, avec sept victoires en sept rencontres, ce match couperet a été fatal aux Bleues, qui n'ont jamais mené face aux Danoises et n'auront pas l'occasion de remporter de titre cette année, après l'argent récolté aux Jeux de Paris cet été.

En souffrance dans le premier acte, entre pertes de balles, approximations devant le but et déjà les nombreux arrêts d'Anna Kristensen (6/17 à la pause), la meilleure gardienne de cet Euro, les vice-championnes olympiques ont semblé à côté de leurs baskets quand en face les Danoises en profitaient pour prendre un peu d'avance avec Anne Mette Hansen et Mie Hojlund (13-11 à la pause).

Toujours dans la difficulté offensivement, les Bleues ont pu compter sur l'entrée d'Hatadou Sako dans la cage et sur l'apport de Pauletta Foppa pour égaliser difficilement peu avant l'entrée dans les 20 dernières minutes de jeu. Mais encore une fois, elles n'ont pas su trouver les solutions pour passer devant, ne parvenant à inscrire que trois petits buts en seize minutes.

Et Anna Kristensen n'y est certainement pas pour rien. Héroïque, elle a enregistré un total de 16 arrêts (44%), empêchant les Françaises d'espérer se rapprocher, malgré la bonne deuxième période de Glauser dans le but de l'autre côté. Les joueuses de Jesper Jensen en avaient profité de leur côté pour s'envoler, menant de cinq buts à moins d'un quart d'heure de la fin. Un retard que les Françaises n'ont jamais su combler, laissant leur rêve de titre s'envoler.

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Il y a un an, Kristensen avait mangé le cerveau des Bleues (16 arrêts à 43 %), sur la route du trophée de MVP du Championnat d'Europe. Alors qu'elle n'avait pas joué une minute aux Jeux Olympique de Paris (médaille de bronze) quelques mois plus tôt, la gardienne du club d'Esbjerg (1,81 m, 25 ans aujourd'hui) s'était révélée en l'absence des taulières Sandra Toft (non sélectionnée) et Althea Reinhardt (blessée). Ces dernières sont à nouveau forfaits lors de ce Mondial et plus personne ne s'étonne de voir l'explosive Kristensen confirmer sa place parmi les meilleures au monde à ce poste capital : 9 arrêts de moyenne à 36 %.

« Elle est très performante et donne beaucoup d'énergie à son équipe, souligne l'ailière droite française Lucie Granier. Mais elle n'est pas imbattable. L'important sera de rester stable. Elle cherche à piéger la tireuse et peut se retrouver en difficulté quand elle se fait piéger elle-même. On va essayer de la pousser dans ses retranchements, comme elle essaie de le faire avec nous. »

Les tops et les flops de la demi-finale

Les commentaires sont soumis à des règles de modération. lire la charte Découvrez nos tops et nos flops à l'issue de la défaite des Bleues devant les Danoises (22-24) en demi-finales de l'Euro.

  • Anna Kristensen: Difficile, voire impossible, de voir quelqu'un d'autre que la gardienne danoise en ce vendredi soir. Avec ses seize arrêts au total, elle a littéralement écoeuré toutes les Françaises, une par une. Il serait hasardeux de choisir une parade en particulier tant il y en a eu, peut-être ce penalty face à Sarah Bouktit manquant une énième occasion de -2 à cinq minutes de la fin.
  • Anna Mette Hansen: Meilleure buteuse de la rencontre avec sept unités, ses incursions ont trop souvent fait mal à la défense des Bleues. On savait qu'elle serait le principal atout offensif adverse, et c'est pourtant la force de l'équipe de France qui n'a pas réussi à contenir cette immense menace.
  • Mie Hojlund: C'est le triplé danois pour les bons points à distribuer, à tel point que la marge de deux buts ne reflète sans doute pas assez l'écart entre les deux nations. L'alter ego d'Anna Mette Hansen, avec cinq buts, est la deuxième meilleure réalisatrice de cette demi-finale.

Les flops

  • Sébastien Gardillou: Le sélectionneur a peut-être manqué de variété et surtout de panache dans les moments difficiles, c'est-à-dire quasiment tout le temps, surtout en fin de match quand le couperet se rapprochait de plus en plus et qu'aucun nouveau schéma offensif n'a réellement été proposé. Les Danoises n'ont jamais été surprises.
  • Tamara Horacek: Depuis qu'elle a fini meilleure buteuse de Paris 2024, et elle l'avait confirmé jusqu'alors durant cet Euro, l'arrière et demi-centre d'origine croate a changé de statut. Mais on ne l'a clairement pas assez vu sur ce grand rendez-vous, un peu à l'image de Pauletta Foppa qui n'a inscrit que quatre buts.
  • Laura Glauser: Si elle a su sortir quelques parades comme à son habitude, qu'on espérait importantes, elle n'était pas non plus dans son meilleur jour et ce n'est pas un hasard si Hatadou Sako est entrée à sa place à la pause.

Un défi pour les Bleues

Pour dominer le Danemark, ce vendredi à Vienne (20h30) et rejoindre la finale, l'équipe de France devra trouver l'antidote à la jeune gardienne Anna Kristensen (24 ans) qui réalise un Euro exceptionnel.

La grande menace plane toujours devant la cage du Danemark, mais elle porte un autre nom. Ce vendredi (20h30) à Vienne en demi-finales du Championnat d'Europe, les Bleues feront face à la méconnue Anna Kristensen, qui a brillamment pris le relais de l'emblématique Sandra Toft (non sélectionnée puis rappelée en tant que remplaçante) et d'Althea Reinhardt (blessée), la paire qui les avait tant malmenées en demi-finales du Mondial 2021 (victoire française 23-22).

La joueuse du club d'Esbjerg (1,83 m, 24 ans) ne compte que 34 sélections mais est la numéro 1 du tournoi au nombre d'arrêts (75 en 7 matches soit 10,7 de moyenne), à un exceptionnel ratio de 39,7 %. Encore mieux que les stats déjà excellentes des Bleues Laura Glauser (36,7 %) et Hatadou Sako (37,5 %).

Le sélectionneur Jesper Jensen, qui la dirigeait également à Esbjerg la saison passée, se félicite de lui avoir donné sa chance : « Elle est incroyable dans ce tournoi. Elle est jeune pour le poste de gardienne mais cela fait longtemps qu'elle est forte en club et elle a gagné beaucoup d'expérience en jouant le Final Four de la Ligue des champions l'an passé. On avait de bonnes certitudes sur le fait que ce serait sa compétition et elle nous a donné raison. » Les Bleues sont prévenues.

Julie Scaglione : L'autre menace danoise

Ce Mondial est celui de l'éclosion de Julie Scaglione (1,83 m, 21 ans), annoncée depuis qu'elle avait fini meilleure buteuse du Mondial jeunes 2022 mais freinée par une rupture des ligaments croisés d'un genou en janvier 2024, qui l'a arrêtée pendant 15 mois.

L'arrière gauche, fille de la championne du monde 1997 Lone Mathiesen, est la meilleure buteuse de son équipe à 5,3 buts par match et 64 % de réussite. Dans la lignée de ses performances avec le club d'Ikast, où elle est la 2e marqueuse de la Ligue des champions (52 buts en 8 matches), à égalité avec la pivot de Metz et des Bleues Sarah Bouktit.

Aussi dangereuse de loin qu'en pénétration, elle comble le vide laissé par la blessure de Mie Höjlund, l'une des grandes tourmenteuses de l'équipe de France à l'Euro 2024.

Sébastien Gardillou, le sélectionneur des Bleues, ne cache pas son admiration : « C'est une extraterrestre, avec une laxité folle au niveau du bras. Elle est spontanée et n'a peur de rien, c'est un vent de fraîcheur dans le handball mondial. (B. Paquot/L'Équipe)

Un nouveau départ pour le Danemark

Adversaire des Bleues en quarts de finale du Mondial, ce mercredi à Rotterdam (21 heures), le Danemark se présente lui aussi avec une équipe profondément renouvelée par les absences pour maternité ou sur blessure. « Neuf des 15 joueuses des JO de Paris (médaille de bronze) ne sont pas là, souligne la sélectionneuse Helle Thomsen, ex-coach de Nantes (2022-2024), qui a succédé cette saison à l'historique Jesper Jensen. C'est un nouveau départ, une nouvelle équipe. »

« C'est super car c'était rude de s'adapter à tous ces changements. On a encore eu des blessées lors du dernier match de préparation, souligne Thomsen. Mais certaines joueuses que l'on attendait plutôt dans deux ou trois ans font du bon boulot. » Aux côtés de l'expérimentée capitaine Anne Mette Hansen (ex-Messine) et de l'euphorique demi-centre Helena Elver, deux grandes menaces se dressent face aux Bleues : la gardienne Anna Kristensen et la jeune arrière gauche Julie Scaglione.

Mais les tombeuses de la France en demi-finales de l'Euro 2024 (24-22) ont fait forte impression, avec six victoires en six matches.

Les statistiques clés d'Anna Kristensen à l'Euro 2024

Statistique Valeur
Nombre d'arrêts 75
Moyenne d'arrêts par match 10,7
Pourcentage d'arrêts 39,7%

tags: #kristensen #handball #gardienne