KR Reykjavik : L'Histoire d'un Club de Football Islandais

Le KR Reykjavik, club de football emblématique d'Islande, possède une histoire riche et complexe, marquée par des succès retentissants, des moments de crise et une passion indéfectible de ses supporters. Ce club, le plus ancien d'Islande, a joué un rôle central dans le développement du football islandais et continue d'inspirer les générations de joueurs et de fans.

Les Débuts et les Défis Initiaux

Le KR Reykjavik a été fondé le 16 février 1899 par un groupe de jeunes passionnés de football. Dès ses premières années, le club s'est distingué par son esprit pionnier et son engagement envers le développement du sport en Islande. Cependant, les débuts ont été difficiles, avec des infrastructures limitées et un manque de ressources financières.

En cette veille de 1er mai, Geir Thorsteinsson, le président de la Fédération islandaise de football (KSI), qui reçoit dans ses bureaux aménagés au sein du stade national Laugardalsvöllur, à Reykjavik, n’a pas de trophée à présenter à ses visiteurs. Mais un album Panini, le premier de son équipe, accroché en évidence dans les couloirs de la Fédération. En cette veille de 1er mai, il est le seul à travailler.

L'Úrvalsdeild et la Domination Nationale

Le KR Reykjavik est le club le plus titré du championnat islandais, l'Úrvalsdeild, avec 26 titres à son actif. Ces succès témoignent de la constance et de la qualité du club au fil des décennies.

Le club le plus titré du championnat est le KR avec 26 titres, il s’agit également du club le plus ancien et le 1er club islandais, juste devant Valur avec 21 titres, les champions en titre.

Toujours classé parmi les premiers bien qu'en retrait ces dernières saisons, le KR compte 26 victoires en championnat et 14 en coupe, excusez du peu.

Le KR est à la fois le doyen des clubs islandais (sa création remonte au 16 février 1899) et surtout le plus titré du pays. Le club a été sacré 27 fois champion d’Islande (et 27 fois vice-champion), remporté 14 coupes d’Islande (dont 5 d’affilée entre 1960 et 1964), 5 coupes de la ligue et 5 super coupes d’Islande.

De 1990 à 1998, le noyau de la sélection était composé de joueurs évoluant en Islande (environ 55% à 73% de l’effectif). Cela n’est plus le cas aujourd’hui avec la tendance à la fuite des meilleurs talents qui partent tôt pour les académies de grands clubs en Angleterre et aux Pays-Bas principalement.

Le Tournant des Années 2000: Investissements et Formation

Il faut attendre les années 2000 pour constater les premiers exploits des "Strákarnir okkar" (Nos garçons). Ils frôlent la qualification à l'Euro 2000 en réussissant l'exploit d'un match nul face aux champions du monde en titre, la France. Insuffisant. Mais le pays, en plein boom économique, investit en infrastructures et formations des jeunes et des entraineurs.

Car le football islandais doit ses progrès autant à une génération de joueurs talentueux qu’à un plan de développement ambitieux mis en place dès 1996. Il suffit de quitter l’aéroport de Keflavik et de rejoindre la capitale Reykjavik pour percevoir la richesse des infrastructures sportives.

Au début des années 2000, l’Islande a commencé à développer ses infrastructures sportives. L’État a financé la construction de terrains couverts et chauffés avec des pelouses synthétiques adaptées au climat rugueux. Ces investissements ont révolutionné la pratique du football dans le pays, explique Gunnar Birgisson, l’un des entraîneurs du club de Breidablik.

La formation d’excellence des coachs islandais, impulsée par la Fédération, est aussi un atout. Au club de Breidablik, on en dénombre une quinzaine qui possèdent une licence UEFA-A, l’un des plus hauts diplômes européens délivrés.

L’Islande dispose d’environ 600 entraîneurs qualifiés dont 400 entraîneurs ayant la licence UEFA B nécessaire pour entraîner à partir des U10 ici sur l’île. Cette prise de conscience de former des entraîneurs qualifiés est apparue dans les années 2000 et particulièrement lors de l’année 2009.

En parallèle, la fédération a beaucoup misé sur le football féminin avec plus de 30% de licenciées féminines, soit plus d’un tiers du total des licenciés.

L'Ère Lagerbäck et l'Éclosion Internationale

En 2011, le sélectionneur suédois Lars Lagerbäck, leur apporte tout son savoir-faire. Ses compétences amènent l'Islande à à se qualifier pour l'Euro 2016. C'est lors de cette compétition que l'équipe se révèle.

Une autre influence étrangère a eu un impact fondamental sur les progrès islandais : l’arrivée, en 2012, de l’ancien sélectionneur de la Suède (de 2000 à 2009) et du Nigeria (2010), Lars Lagerbäck.

« L’adaptation a été facile car Lars vient de Suède, une culture qui n’est pas si différente de la nôtre. Les Islandais sont juste peut-être un peu plus individualistes. On n’aime pas trop les réunions [sourire] », souligne Heimir Hallgrimsson.

Lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2014, les Strákarnir okkar brillent une première fois, mais échouent en barrage contre la Croatie (0-0, 2-0), une première belle campagne qui en amènera d'autres.

Lors des éliminatoires de l'Euro 2016, les Vikings vont réussir leur pillage puisqu'ils caracolent en tête d'un groupe très difficile du début à la fin avec la République Tchèque.

L'équipe d'Islande célébrant une victoire à l'Euro 2016.

Face au Portugal (1-1), la Hongrie (1-1) et l'Autriche (2-1), les coéquipiers d'Eidur Gudjohnsen parviennent à s'extraire de la phase de poules offrant ainsi un joli souffle glacial à la compétition. L'épopée ne s'arrête cependant pas là puisque l'Angleterre tombe à son tour face à un adversaire coriace et solidaire (2-1). L'aventure s'achève en quart de finale contre la France (5-2), mais qu'importe, l'Islande a totalement dépassé les attentes et vient d'écrire la plus belle page de son histoire footballistique.

Supporters islandais célébrant une victoire

La Coupe du Monde 2018 et les Défis Post-Épopée

Les bons moments ne s'arrêtent pas tout de suite pour l'Islande. Digérant vite sa campagne historique ainsi que le départ de Lars Lagerbäck, les Strákarnir okkar vont reprendre le chemin du succès avec celui qui officiait aussi comme dentiste Heimir Hallgrímsson sur le banc.

Dans un groupe homogène, mais compliqué avec la Croatie, l'Ukraine, la Turquie, la Finlande et le Kosovo, l'Islande va s'offrir la première place du groupe et devenir le pays le moins peuplé à participer à une Coupe du monde.

Cette fois encore, l'Islande montre un joli visage en accrochant notamment l'Argentine (1-1), mais les défaites contre le Nigéria (2-0) et la Croatie (2-1) mettront fin à leurs rêves de nouvelle épopée.

Depuis, c'est de plus en plus compliqué pour l'Islande. Terminant par deux fois dernière de sa poule de Ligue des Nations avec 0 point, la formation insulaire a manqué le dernier Euro.

Ses seules victoires ? Par deux fois contre le Liechtenstein (4-1 et 4-0). Des résultats qui témoignent du déclin sportif de l'équipe.

Scandales et Reconstructions

Star de l'équipe qui a brillé en Premier League avec Swansea, Tottenham et Everton, Gylfi Sigurðsson a provoqué un sacré tollé cet été. Écarté de l'équipe première d'Everton, le milieu offensif est accusé d'abus sexuel sur mineurs.

Alors que son club avait entretenu le flou dans un premier temps, c'est le média local Morgunbladid qui avait révélé que l'individu arrêté était le joueur de 32 ans (31 ans au moment de son arrestation ndlr).

Neuvième président de l'histoire de la fédération islandaise de football, Guðni Bergsson a d'ailleurs dû démissionner suite à la révélation de différents scandales sexuels qui concernaient la sélection nationale.

Tout a démarré cet été quand Þórhildur Gyða Arnarsdóttir a annoncé à la télévision islandaise qu'elle avait été agressée ainsi qu'une amie par un international islandais en 2017.

Le joueur accusé pour agression sexuelle n'était autre que Kolbeinn Sigþórsson ancien de l'Ajax Amsterdam et du FC Nantes et meilleur buteur de l'histoire de la sélection (26 buts en 64 matches).

Comme le souligne le média anglais The Athletic, d'autres cas ont été couverts par la fédération au cours des dernières années.

Ce qui a poussé le conseil d'administration de la KSI à publier un communiqué d'excuse : «chères victimes. Nous, le conseil d'administration de l'Association islandaise de football, vous croyons et tenons à vous présenter nos sincères excuses. Nous savons qu'en tant que parties responsables, nous vous avons laissé tomber et nous avons...

Expliquez-nous... le football islandais

Le 22 juin 2016, l’équipe nationale d’Islande entrait dans l’histoire en battant, dans le temps additionnel, l’Autriche (2-1) dans son troisième et dernier match de poule de l’Euro 2016. Pour leur première participation à la phase finale d’une grande compétition, les Islandais réussissaient à passer le premier tour, et cela faisait très, très plaisir à Gudmundur Benediktsson.

Les commentaires enflammés et les cris hystériques de l’Islandais avaient fait le tour du monde et largement participé au buzz autour des Vikings, qui avaient ensuite sortis l’Angleterre en huitièmes de finale (2-1) avant de tomber en quarts face aux Bleus (5-2).

Avant de devenir ce commentateur très expressif qui plait tant aux internautes, "Gummi Ben" a été joueur. Et même un excellent joueur. Pour certains observateurs, à 15 ans, il était même bien parti pour devenir le meilleur joueur d'Islande. Mais une blessure alors qu'il joue en Belgique et quatre opérations à l'âge de 20 ans ont eu raison de ses espoirs d'une carrière professionnelle.

Un aïeul prestigieux, un fiston bourré de talentA RMC Sport pour l'émission Footissime (sur RMC Sport1), Gudmundur Benediktsson est fier de montrer une statue d’Albert Gudmundsson (1923-1994) placée devant le siège de la Fédération islandaise de football. "C'est un grand, très grand nom du football islandais. C'est le premier footballeur professionnel du pays. Il a joué avec Arsenal, avec Milan, et bien sûr, il a joué en France (à Nancy, au Racing et à Nice, ndlr)", explique "Gummi Ben", qui est marié à Kristbjorg Ingadottir, ancienne footballeuse internationale et petite-fille d’Albert Gudmundsson.

Comme son arrière-grand-père Albert Gudmundsson, comme son père Gudmundur Benediktsson et comme sa mère Kristbjorg Ingadottir, Albert Gudmundsson Jr, 22 ans, joue avec la sélection nationale. Formé à Heerenveen et au PSV Eindhoven et joueur désormais de l’AZ Alkmaar, l’ailier était déjà dans le groupe islandais lors du Mondial 2018.

Devenu entraîneur une fois les crampons raccrochés, Gudmundur Benediktsson s’est tourné très vite vers le commentaire de match. Il était encore joueur du KR Reykjavik quand l’occasion s’est présentée pour la première fois.

« Lors d’une saison, j’ai souvent été blessé, et le club avait une station de radio. Une semaine, alors que j’allais manquer un match, ils sont venus me demander ‘Tu ne voudrais pas commenter le match de demain ?’. Et j’ai répondu ‘Oui, pourquoi pas, je peux essayer’. Je crois que ça s’est bien passé », se rappelle-t-il.

Joueurs emblématiques

Cette équipe surnommée la muraille bleue durant l’Euro le doit à l’ensemble de ses joueurs qui se regroupent en défense. Mais les deux métronomes sont R.Sigurðsson et K.Arnason.

Expérimenté avec environ 10 ans d’expérience en tant que joueurs professionnel chacun, ils sont tous les deux originaires de Reykjavik. Sigurðsson signe son premier contrat pro en Suède avec Göteborg où il passera 4 ans à défendre face aux attaquant de l’Allsvenskan.

Quand à son compatriote de 33 ans K.Arnason, il a également signé pro en Suède, mais au Djurgårdens IF. Il a ensuite voyagé entre le Danemark, l’Ecosse et l’Angleterre ou il passera 3 ans à Rotherham en D2 anglaise.

A.Gunnarsson est un viking par excellence. De par son style certes, mais c’est également le capitaine de l’équipe nationale. Ce milieu de 27 ans à vocation défensive à été formé au Þór Akureyri au milieu des fjords.

Gylfi est une jeune pépite islandaise, il quitte très vite de son pays natal après avoir joué pour Breiðablik. Il rejoint en 2008 le club anglais Reading FC en D2 anglaise où il s’imposera et marquera 22 but en 51 matchs.

Non titulaire durant cette euro, Alfred Finnbogason est pourtant une machine à marquer. C’est après ses 28 buts en 43 apparitions avec son club islandais de Breiðablik qu’il partira à la conquête de l’Europe.

L'Esprit du KR Reykjavik

Malgré les défis rencontrés, le KR Reykjavik reste un club emblématique du football islandais, porté par la passion de ses supporters et son engagement envers le développement du sport en Islande. Son histoire est un témoignage de persévérance, de résilience et de fierté nationale.

Le KR-völlur, stade du KR Reykjavik

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