Dès son apparition sur les pelouses de football professionnel au milieu des années 2010, Kingsley Coman était promis à un avenir grandiose. Le nouvel arrivant connaît déjà une carrière mouvementée. Formé au Paris Saint-Germain, il est devenu une figure majeure du club bavarois entre 2015 et 2025.

Les Débuts Parisiens et l'Ascension à Turin
Entré à l’âge de huit ans au sein du Paris Saint-Germain, il y a suivi toute sa formation et obtenu quelques convocations dans les sélections de jeunes, des U16 aux U19. Deux années plus tard, il s'en va à la Juventus Turin, après avoir refusé de signer un contrat professionnel avec son club formateur. À Turin, l’international espoirs dispute une vingtaine de rencontres et participe au trente-et-unième scudetto de la Vieille Dame. Il remporte également la Coppa Italia et dispute à Berlin les dernières secondes de la finale de la Ligue des Champions, que la Juve perd face au FC Barcelone.
L'Éclosion au Bayern Munich et l'Appel des Bleus
L’ailier français s’impose dans l’équipe de Pep Guardiola, et son épanouissement intéresse forcément Didier Deschamps. Ce funeste vendredi 13 novembre 2015, Kingsley Coman devient le 883e joueur de l’histoire de l’équipe de France. Kingsley Coman connaît sa première sélection au Stade de France face à l’Allemagne un 13 novembre 2015 de sinistre mémoire, le soir où Paris subit l’une des plus terribles séries d’attentats de son histoire. Le hasard a voulu qu’il entre en jeu face à certains de ses coéquipiers du Bayern Munich.
En mars 2016, le Bavarois se distingue face à la Russie pour sa troisième sélection. Entré en jeu à la pause en remplacement de Martial, le numéro 20 des Bleus inscrit son premier but en bleu. Sur une ouverture de Dimitri Payet, il dribble habilement le gardien russe et envoie le ballon dans la cage d’une frappe brossée malgré un angle fermé.
Le 10 juin 2016, lorsqu’il entre en jeu à la place d’Antoine Griezmann à la 66e minute du France-Roumanie en ouverture de l’Euro, Kingsley Coman devient à 19 ans et 362 jours le plus jeune international français à disputer une phase finale. Kingsley Coman participe à six des sept rencontres de l’équipe de France durant le tournoi européen organisé dans l’hexagone. Il apparaît deux fois comme titulaire et quatre fois en entrant en jeu. Cela deviendra une des grandes caractéristiques de sa carrière en Bleu : soit remplaçant, soit remplacé, il ne dispute jamais les quatre-vingt-dix minutes d’une rencontre de l’équipe de France. Contre l’Irlande à Lyon, il entre même en jeu à la mi-temps pour être remplacé dans les dernières minutes de la partie.

Blessures et Résilience
Lors de la saison 2016/2017, le jeune français est confronté à différentes blessures musculaires qui lui font manquer la moitié des rencontres de la saison. Il n’est plus appelé par Didier Deschamps et ce n’est qu’en août 2017, plus d’un an après sa précédente sélection qu’il réapparaît chez les Bleus, pour le France-Pays-Bas remporté 4-0 au Stade de France.
L’émergence de Ousmane Dembélé puis de Kylian Mbappé bouleverse la hiérarchie des attaquants de l’équipe de France. En outre, une nouvelle série de blessures au début de l’année 2018 condamne la participation de l’ailier bavarois à la Coupe du monde russe de 2018. Kingsley Coman est régulièrement confronté à des blessures. Lorsque Didier Deschamps le rappelle en mars 2019, seize mois après sa dernière sélection, le joueur ne peut pas tenir sa place, trouvant le moyen de se blesser pendant l’échauffement à Chișinău juste avant la rencontre contre la Moldavie.
C’est finalement en juin qu’on le retrouve à l’occasion d’une rencontre contre la Bolivie à Nantes. Le joueur toutefois ne lâche rien. À l’automne 2019, il inscrit deux buts face à l’Albanie (4-1) puis un troisième contre Andorre (3-0) trois jours plus tard. Il joue cinq matchs consécutifs comme titulaire et n’est plus remplacé qu’en toute fin de match, souvent pour sortir sous les applaudissements du public.
Le Triomphe en Ligue des Champions et les Défis en Sélection
Lorsque le football sort des confinements durant l’été 2020, la Ligue des Champions est organisée sous forme de Final 8 à Lisbonne. Le Bayern se qualifie pour la finale où Coman retrouve le Paris Saint-Germain. Il se charge lui-même de marquer le but qui donne la victoire au club allemand, sans le moindre sentiment pour le club qui l’a formé. Parmi tous les buteurs tricolores en finale de C1, il reste le seul à avoir marqué contre un club français.
Son retour chez les Bleus en fin d’année 2020 est retardé par de nouveaux pépins physiques. Il apparaît en toute fin de match contre le Portugal (0-0) en octobre 2020 et participe à la qualification des Bleus pour la phase finale de la Ligue des nations puis à celles de la Coupe du monde 2022. Kingsley Coman fait partie des vingt-six appelés pour la phase finale. Mais le retour inattendu de Karim Benzema a rebattu les cartes de la hiérarchie. Le joueur du Bayern se retrouve sur la banc lors des deux premières rencontres contre l’Allemagne et la Hongrie.
Il entre en jeu contre le Portugal à Budapest puis en huitième de finale contre la Suisse à Bucarest. Un match absolument fou où Coman, entré à la mi-temps, aurait pu faire la décision si sa frappe en toute fin de match n’avait pas percuté la transversale alors que le score était de 3-3. Bien que blessé à la cuisse, il insiste pour rester sur le terrain, mais doit finalement sortir à la 111e minute.
S’il rencontre toujours quelques problèmes musculaires, Kingsley Coman tient régulièrement sa place en équipe de France. Didier Deschamps en fait même parfois un arrière latéral, du moins un ailier chargé de nombreuses tâches défensives, lors de la saison 2021-2022 où il est en concurrence dans le rôle de piston droit avec Jonathan Clauss. Toutefois, son corps ne laisse pas le joueur tranquille. En octobre 2021, c’est une arythmie cardiaque qui l’empêche de participer à la phase finale de la Ligue des nations, que la France remporte en Italie.
Ni titulaire en puissance, ni remplaçant par défaut, son type de jeu tout en percussion est une remise en cause permanente. Il n’a pas non plus l’âme d’un buteur et doit justifier sa place à chaque sortie.
Coupe du Monde et Perspectives d'Avenir
La Coupe du monde se déroule, une fois n’est pas coutume, en fin d’année civile. Kingsley Coman est dans le groupe chargé de défendre le titre mondial. Didier Deschamps en fait toutefois un remplaçant de luxe (il n’est titulaire que pour le troisième match du premier tour, sans enjeu contre la Tunisie). Le Bavarois (car il y a toujours, depuis 1982, un joueur du Bayern en finale de Coupe du monde) participe à l’extraordinaire remontée des Tricolores, matérialisées par deux buts de Mbappé, un pénalty puis une reprise de volée à l’issue d’une action dont Coman est à l’origine, après avoir chipé le ballon dans les pieds de Lionel Messi.
Les deux équipes ne parvenant pas à se départager à l’issue de la prolongation, le titre mondial se joue aux tirs au but. Kingsley Coman est le deuxième tireur des Bleus et voit sa tentative repoussée par le diabolique Emiliano Martínez.
Au début de l’année 2023, l’Euro 2024 est le nouvel objectif des hommes de Didier Deschamps. Kingsley Coman participe aux rencontres éliminatoires, notamment le carton (14-0) contre Gibraltar où il inscrit deux buts. Un an plus tard, en août 2025, il annonce son départ du Bayern après dix saisons. A vingt-neuf ans, l’international français rejoint le club saoudien d’Al-Nassr.
Beaucoup y voient alors la fin de sa carrière internationale, mais Didier Deschamps lui maintient sa confiance. Lors du rassemblement de septembre 2025, alors que deux attaquants (Dembélé et Doué) quittent le groupe sur blessure après le premier match, le sélectionneur fait appel à Kingsley Coman pour le match contre l’Islande, et le fait entrer après l’heure de jeu. Depuis 2015, malgré plus de cinquante sélections, Kingsley Coman n’a joué aucune rencontre dans son entièreté.
Kingsley Coman connaît mieux que quiconque l’affiche entre le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich. Formé à Paris et devenu une figure majeure du club bavarois entre 2015 et 2025, il a disputé pas moins de neuf de ces affiches, plus que toute autre confrontation hors Bundesliga.
| Compétition | Nombre de matchs | Buts |
|---|---|---|
| Ligue 1 (PSG) | 0 | 0 |
| Bundesliga (Bayern Munich) | 196 | 40 |
| Équipe de France | 55 | 8 |
Interrogé sur ses préférences par Le Parisien, Coman a hésité entre ses deux clubs de cœur avant de trancher avec humour. « Maintenant que je ne joue plus au Bayern, je vais dire : Allez Paris », a-t-il lancé avant de se corriger : « Ah bah non (rires). J’ai davantage d’amis au Bayern qu’au PSG, donc je serai pour le Bayern mardi. J’ai passé tellement de temps à Munich… Bien sûr, j’ai été formé à Paris, c’est mon club de cœur. Mais j’ai joué dix saisons au Bayern et j’ai affronté tellement de fois le PSG que j’ai dû me détacher un peu de cela.