Roda JC Kerkrade : Histoire d'un Club de Football Emblématique

Quand on pense au football néerlandais, impossible de ne pas évoquer le jeu léché, la formation d’élite et l’influence majeure sur l’histoire du ballon rond. Parmi les clubs qui ont marqué l'histoire du football batave, Roda JC Kerkrade occupe une place particulière. Ce club, enraciné dans la région minière du Limbourg, a connu des moments de gloire et des périodes difficiles. Cet article explore l'histoire de Roda JC Kerkrade, de ses origines à ses défis actuels.

Dans des Pays-Bas où règnent sans partage trois grands clubs, l’Ajax, Feyenoord et le PSV, le territoire du Limbourg est méconnu. Appelée en néerlandais « Mijnstreek », la région des mines a été comme le Nord-Pas-de-Calais profondément marquée par l’exploitation charbonnière. Un demi-siècle après l’arrêt de l’activité, de nombreux vestiges subsistent notamment à Heerlen.

Le club de Roda JC, dans la ville de Kerkrade, fut et reste le club des mineurs à l’instar du Racing Club de Lens. Quand le Racing Club de Lens attire des supporters de toute la région, bien au-delà du bassin minier, le Roda JC affiche lui un supportérisme très local et donc fortement enraciné dans son passé industriel.

Cette spécificité du public tient à la concentration géographique de l’activité du charbon dans un espace restreint. Aujourd’hui, le club continue de cultiver au présent cette identité. Le kop du Parkstad Limburg est installé en Koempel tribune, littéralement la tribune du mineur.

Les drapeaux et étendards qui y flottent sont le plus souvent frappés du pic et de la hache, les emblèmes du mineur. De plus, le club intervient régulièrement dans les écoles en faisant découvrir les métiers de la mine aux enfants par des présentations d’outils ou des diffusions de films retraçant l’épopée minière du Limbourg. Enfin, chaque saison, le staff et les joueurs de l’équipe professionnelle descendent au fond de la mine.

Les Racines Minières et l'Identité du Club

Le Racing Club de Lens est loin d’être le seul club de football européen qui peut se targuer d’une culture houillère et ouvrière. À l’étranger, le bassin belge, du Borinage jusqu’à la Campine, la Ruhr en Allemagne ou le Limbourg aux Pays-Bas ont conservé les traces d’industries charbonnières aujourd’hui fermées.

Le club de Roda JC, dans la ville de Kerkrade, fut et reste le club des mineurs à l’instar du Racing Club de Lens. Quand le Racing Club de Lens attire des supporters de toute la région, bien au-delà du bassin minier, le Roda JC affiche lui un supportérisme très local et donc fortement enraciné dans son passé industriel.

Cette spécificité du public tient à la concentration géographique de l’activité du charbon dans un espace restreint. Aujourd’hui, le club continue de cultiver au présent cette identité. Le kop du Parkstad Limburg est installé en Koempel tribune, littéralement la tribune du mineur.

Les drapeaux et étendards qui y flottent sont le plus souvent frappés du pic et de la hache, les emblèmes du mineur. De plus, le club intervient régulièrement dans les écoles en faisant découvrir les métiers de la mine aux enfants par des présentations d’outils ou des diffusions de films retraçant l’épopée minière du Limbourg. Enfin, chaque saison, le staff et les joueurs de l’équipe professionnelle descendent au fond de la mine.

Plus précisément à Blegny-Mine. Plus proche géographiquement de nous, un autre sous-sol que celui du Pas-de-Calais a vu des millions de tonnes de charbon être remontés par des générations de mineurs. C’est en effet près de Valenciennes, à Fresnes-sur-Escaut, en 1720, qu’a été découvert le premier filon de ce qui allait devenir le plus important bassin houiller français. L’exploitation dans le Hainaut s’est arrêtée en 1989 à Wallers-Arenberg.

Une trentaine de puits ont été en activité entre 1752 et 1949 dans les faubourgs de Valenciennes. Comme à Lens avec Stanis ou Jean Donbrowski, de nombreux joueurs du VAFC sont à la fois footballeurs et mineurs ou fils de mineurs. On peut ainsi citer les frères Zaremba originaires de Fresnes sur Escaut et dont le père travaillait au fond.

Egalement le meilleur buteur de l’histoire du club, Serge Masnaguetti, ancien ouvrier des mines de fer de Lorraine qui est arrivé à Valenciennes à la seule condition de pouvoir continuer à cotiser au régime minier. Edouard Stachowicz dit Stako natif d’Escaudain était à la fois mineur et footballeur.

Longtemps dans l’ombre médiatique du voisin lensois pour l’appropriation de son passé minier, Valenciennes a vu naître des initiatives pour réveiller cette histoire dans les tribunes du stade du Hainaut. Ainsi, une partie de l’exposition organisée pour les 110 ans du VAFC était consacrée à l’histoire minière.

Lors de la Sainte-Barbe, le coup d’envoi fictif fut donné par un ancien mineur de fond et un ancien sidérurgiste. Egalement, le club a signé une convention avec le Centre historique minier de Lewarde. L’ensemble du staff et des joueurs, aussi bien de l’équipe première que du centre de formation, iront visiter le musée pour s’imprégner de l’histoire de la région.

Autrefois, les tribunes du stade Nungesser et du stade Bollaert étaient garnies par des mineurs de fond. Aujourd’hui, leurs descendants sont eux aussi dans les tribunes. De quoi espérer une réconciliation entre supporters lensois et valenciennois autour de ces valeurs communes ? Ou imaginer des rencontres de préparation d’avant-saison entre clubs avec des racines communes ?

Parkstad Limburg Stadion, le stade de Roda JC Kerkrade

Les Ambitions Européennes et les Défis Financiers

Roda JC n'a participé qu'à neuf compétitions européennes dans son histoire, jamais à la C1. Si le Feyenoord, l’Ajax et le PSV Eindhoven se tirent invariablement la couverture du spectacle sportif aux Pays-Bas depuis plusieurs années, ce sont les tréfonds de l’Eredivisie qui agitent les coulisses du football batave.

Comment Aleksei Korotaev, un milliardaire suisso-russe ayant fait fortune dans la banque, désormais propriétaire du fonds d’investissement AK Investment Holding Limited, se retrouve parachuté comme nouvel actionnaire de Roda JC, club de Kerkrade, ville de 46 000 habitants collée à la frontière allemande ? Grâce à un fan de Roda JC, bien sûr !

Stijn Janssen, avocat fiscaliste et collaborateur de Korotaev à Dubaï - là où il est domicilié - a convaincu ce dernier de mettre quelques deniers dans le club des Miniers du Limburg. 5 à 10 millions d’euros (une pécadille !) pour être plus exact, obtenant au passage un statut d’actionnaire minoritaire avant, peut-être, une plus grosse acquisition en juin prochain. De fait, le budget de Roda JC devrait passer de 10 à 15, voire 20 millions.

Korotaev s’est senti pousser des ailes lors de sa première conférence de presse : « Je veux jouer la Ligue des champions d’ici cinq ans ! » Très bien. Pour cela, il faudra disposer des trois gros clubs bataves (Ajax, Feyenoord, PSV) dont les budgets sont quatre à cinq fois supérieurs à celui de Roda JC après apport suisso-russe.

Avant ça, il faudra se maintenir en Eredivisie, le club pointant actuellement à l’avant-dernière place du championnat. Enfin, il faudra y aller mollo sur les effets d’annonce, Aleksei : le banquier avait pronostiqué Roda JC gagnant 2-1 sur l’Ajax le week-end dernier. Dans les faits, l’ancien attaquant du PSG et de Chelsea devrait se concentrer sur le centre de formation ainsi que sur le scouting du marché français.

« Je pense que j’ai l’œil pour découvrir des talents. Je vais faire l’inventaire et voir ce qui se passe. J’ai un énorme réseau et je vais l’utiliser pour faire venir des joueurs au club » , a-t-il annoncé. Mais l’arrivée d’Anelka du côté de Kerkrade ne réjouit pas tout le monde, puisque Ron van der Wieken, porte-parole de la communauté juive aux Pays-Bas, a qualifié la venue du Français de « sujet honteux » , ayant toujours en travers de la gorge sa célébration de but en forme de quenelle lorsqu’il jouait à WBA.

Lyes Houri, donc, mais aussi Beni Badibanga (Standard Liège), Bryan Verboom (Zulte-Waregem), Ognjen Gnjatic (Platanias), Simeon Raykov (Lokomotiv Plovdiv), Thanasis Papazoglou (Courtrai), Stefan Savić (Slaven Belupo), Mohamed El Makrini (Odense) et Gyliano van Velzen (Volendam) ont signé à Roda JC en moins d’un mois - pour les amoureux des maths, ça fait un joueur toutes les 81 heures.

Parmi ces neuf recrues, certaines ont oublié de faire leurs devoirs avant de se faire interviewer par la presse néerlandaise. Lorsque le journaliste de NOS mentionne le nom de Kerkrade, l’ailier belge Beni Badibanga répond, étonné : « Quoi ? C’est quoi, Kerklaar ? Un ami m’a demandé dans quelle ville jouait le club de Roda. Je ne sais pas, va falloir que je demande. » Bah tu joues à Kerkrade, cher Beni, et non Kerklaar. Une ville située à quarante bornes de ton ancien club, le Standard Liège.

La Fusion Avortée et les Espoirs de Renaissance

Les clubs néerlandais du Roda JC Kerkrade et du Fortuna Sittard, qui évolue en D2, vont fusionner la saison prochaine pour former un seul club professionnel en Eredivisie. Le stade du futur club sera le Parkstad Limburg stadion de Roda à Kerkrade, tandis que le Fortuna Stadion servira à la formation des jeunes.

Les deux clubs étaient en difficulté financière et quasiment obligés d'en arriver là. La nouvelle structure tentera de s'imposer parmi les poids lourds du football néerlandais.

La région compte 4 clubs pros sur un territoire 2 fois plus petit que le département du Nord, et 2 fois moins peuplé. Autrement dit, on se marche sur les pieds. Maastricht, Venlo, Sittard et Kerkrade sont représentés, mais aucun des 3 premiers n'arrive a vraiment s'en sortir en 2e division, et Roda est en difficulté.

La fusion entre le Fortuna Sittard (Eerste Divisie) et Roda est envisagée, et même quasiment officielle en Avril 2008, mais la région refuse de laisser couler les dettes existantes.

Roda est dans une situation précaire, un investisseur australien mystérieux, et une relégation qui se rapproche a grands pas. Finalement, il évite la dernière place a l'ultime journée en allant chercher une incroyable victoire sur la pelouse du Feijenoord.

Reste encore les barrages, et le club se sauve en égalisant a 5 minutes de la fin de son match contre Leeuwarden. Le couperet est passé près, une reconstruction s'opère alors.

Le club réduit la voilure, et s'en sort surtout grâce a des paris réussis, mais reste dans une situation relativement peu sûre. 6e a la surprise générale l'an passé, il a malheureusement perdu des cadres.

Confusions et Désillusions : Une Montée Manquée en Eredivisie

Il s'en mord encore les doigts. Le speaker du stade de Roda JC Kerkrade a commis une énorme boulette vendredi soir, annonçant par erreur la montée du club en D1 néerlandaise, provoquant une envahissement de terrain par des supporteurs d'abord euphoriques avant d'être refroidis.

Deuxième au classement, le club de Roda a longtemps cru basculer en Eredivisie après sa victoire face à Cambuur (2-0), vendredi. Car dans le même temps, Groningen, troisième, était mené 1-0 à Telstar.

À la fin de la partie, le speaker de Roda a annoncé la montée du club une première fois, ce qui a rendu les supporters ivres de bonheur. Mais dans la foulée, Groningen égalisait à la 95e minute de jeu.

Le speaker, mal informé, annonçait ensuite que Gronigen était finalement battu 2-1, provoquant l'envahissement de terrain par les supporteurs. "J'aurais dû mieux vérifier, mais la connexion internet est très mauvaise ici. Je ne suis qu'un humain", s'est justifié le malheureux.

Roda devra donc encore patienter avant de connaître les joies de la montée, qui est toutefois loin d'être acquise. Au classement, Roda devance Groningen de trois points (mais avec une différence de buts défavorable) avant la dernière journée de championnat.

Une ultime journée qui prévoit un déplacement de Roda à... Gronigen et fera forcément un malheureux.

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