L'Histoire des Confrontations entre le Kazakhstan et la Hongrie au Hockey sur Glace

Le hockey sur glace est un sport où les confrontations entre nations peuvent marquer l'histoire. Les matchs entre le Kazakhstan et la Hongrie sont particulièrement intéressants, surtout lorsqu'ils sont cruciaux pour la relégation ou le maintien dans les compétitions internationales.

Une cage de hockey sur glace.

L'affiche du soir à Herning s’appelle Hongrie-Kazakhstan. Une programmation curieuse qui fait démarrer la rencontre après minuit en heure d’Astana. Sans surprise, ce match-clé pour la relégation intéresse peu de monde en dehors des deux pays concernés.

Kazakhstan 🇰🇿 vs Hungary 🇭🇺 | Olympic Ice Hockey Qualification 2024 – Group D | Goals & Highlights

Match Décisif pour la Relégation

À chaque défaite du Kazakhstan, la Hongrie s’approche un peu plus du maintien vers l’élite mondiale. Elle peut aussi l’obtenir elle-même si elle obtient un petit point de plus. Cela s’annonce tout de même difficile tant la Suisse impressionne depuis neuf jours.

Avec la défaite des Allemands face au Kazakhstan, survenue quelques heures auparavant, l'enjeu du dernier match était clair : la Grande-Bretagne devait gagner pour empêcher le Danemark de gagner ce Mondial à domicile.

Hongrie vs Kazakhstan : Un Match Tendu

La Hongrie a besoin de prendre 3 points pour passer devant le Kazakhstan (qui a battu la Norvège 2-1 en ouverture). Mais elle n’a plus battu cet adversaire depuis douze ans.

Dès la première action, le jeune gardien Maksim Pavlenko s’avance hors de son secteur réservé, perd son bâton dans un contact avec Erdely et ne sert plus à rien quand la passe de Henrik Nilsson est déviée par Janos Hári dans la cage complètement désertée (0-1).

Les Hongrois doublent la mise en contre-attaque à l’avant-dernière minute. Pas en contrôle de sa crosse, Domán Szongoth la lève au visage de Mukhametov, qui n’a pas de grille, lui. Le joueur de 16 ans prend logiquement 2’+2′ pour crosse haute, à une minute de la pause.

Il reste trois minutes à jouer à 5 contre 4 pour le Kazakhstan en deuxième période. Il s’installe avec une circulation de palet très rapide. Le slap très puissant d’Orekhov ne fait pas trembler Balizs. Sur le lancer suivant, Henrik Nilsson dégage aussitôt le rebond.

Milan Horvath retient Gaitamirov et son coach Gergely Majoross fait une moue dépitée… et prémonitoire. Nikita Mikhailis reçoit le palet dans le cercle droit et place un tir du poignet absolument parfait dans la lucarne proche (1-1). L’attaquant du Metallurg Magnitogorsk a frappé au meilleur moment pour relancer son équipe.

Vilmos Galló dribble Orekhov, teste le gardien au premier poteau, puis fait le tour de cage et reçoit la passe de Janos Hári qui a pris le rebond. L’attaquant de KooKoo en Liiga, clairement le Hongrois le plus dangereux, marque ainsi dans le haut du filet en seulement 14 secondes (1-3, photo ci-dessous).

Vilmos Galló marque un but crucial.

Quand le Kazakhstan passe à l’offensive, Panyukhov s’y fait pénaliser en faisant trébucher Szathmary parce qu’il chasse un rebond. Nagy prend une pénalité tardive pour avoir retenu Volkov du bras dans un duel.

Bolyakin sort son gardien pour jouer à 6 contre 4 et le lancer balayé de Valeri Orekhov entre les cercles bat Balizs côté mitaine (2-4). Dans le cas d’un scénario d’égalité Norvège/Kazakhstan/Hongrie, les joueurs d’Asie centrale ont une différence de buts et font donc la mauvaise opération. Ce qui est sûr, c’est que la lutte pour la relégation s’annonce très incertaine dans ce groupe B. Rien n’est encore joué.

Réactions et Analyses

Gergely Majoross (entraîneur de la Hongrie) :

« Nous savions que nous ne serions pas coincés longtemps dans notre zone, car le Kazakhstan est essentiellement une équipe de contre. Notre défense agressive les a arrêtés assez rapidement et nous sommes sortis de notre zone. Leurs attaques sont menaçantes, on l’avait vu à Bratislava lors des qualifications olympiques. Nous avons donc joué de façon plus mature qu’à l’époque, l’élan de la jeunesse était cette fois à notre avantage, pas à notre désavantage. Nous nous préparons pour les adversaires et essayons d’éliminer leurs forces, mais nous ne sommes pas venus ici en pensant que nous devions gagner, parce que nous n’avons pas à le faire, il n’y a pas de pression sur nous. »

Oleg Bolyakin (entraîneur du Kazakhstan) :

« Nous avons perdu dans le mouvement, perdu encore une fois les duels pour le palet, perdu tous les combats. Quelle en est la raison ? Nous allons la chercher. Nous avons accordé beaucoup de buts à l’adversaire, alors il a profité de sa chance. C’est alarmant d’avoir complètement perdu la concentration, bien qu’on ait prévenu pour la troisième période qu’il fallait se mobiliser. Malheureusement, notre premier trio a amorcé à la fois le match et la troisième période par un but encaissé. Nous encaissons le deuxième but sur un engagement en zone adverse. On perd beaucoup de mises en jeu, on joue très mal sur les rebonds, la réaction est faible. Les joueurs adverses récupèrent le palet et se ruent à l’attaque, et pour je ne sais quelle raison, nos attaquants ne les bloquent pas. Les décisions sont aussi un peu un mystère pour nous. Il y avait une tâche à accomplir, faire des passes directes après un engagement, mais les défenseurs ont commencé à chercher de longues passes. Le plus important est de se débarrasser du fardeau de la défaite, de se rétablir demain. »

Oleg Bolyakin, entraîneur du Kazakhstan.

Suisse vs Hongrie : Une Confrontation Inégale

Le match est tellement sous contrôle de la Suisse qu’il devient bloqué. Pendant les onze premières minutes de la deuxième période, le compteur des tirs affiche à peine 2 à 1 par la Nati. La Hongrie commence à perdre sa concentration et à commettre des erreurs qu’elle évitait jusque là : Kristoff Papp se fait voler le palet en zone neutre par Timo Meier puis Bence Szabo se fait contrer le palet près de son but par Tyler Moy.

Ádám Vay se reprend en repoussant la reprise de Nicolas Baechler, servi au poteau gauche par une diagonale de Meier, mais Baechler donne alors en retrait à Janis Moser qui lance un missile dans la lucarne opposée (0-5). Un but est logiquement refusé à Moy car Kevin Fiala a bousculé le gardien.

Mais le festival offensif se poursuit avec un doublé de Dominik Egli (0-6), un lancer du capitaine Andrea Glauser dévié sous les bottes de son malheureux gardien par la crosse de Hari (0-8) et surtout un incroyable hat-trick d’Andres Ambühl, servi seul devant la cage par Sandro Schmid (0-7), puis auteur d’un tir rasant à une minute de la fin en utilisant le trafic (0-9).

Cela fait un moment qu’on compatit pour les Hongrois, dont les supporters ont maintenant les mines déconfites. Seul le public suisse chante encore. Et ce n’est pas fini, Kevin Fiala vient marquer un dernier but du revers à trente secondes de la fin. Le coach hongrois demande un challenge car la jambe de Fiala percute la botte du gardien au moment où le puck la franchit.

La stat la plus incroyable, c’est que la Hongrie a encaissé plus de buts (10) qu’elle n’a cadré de tirs (6). N’enfonçons pas plus loin le couteau dans la plaie… Consolons les perdants par un constat : comment croire que cette équipe suisse laissera le moindre point au Kazakhstan ?

Andres Ambühl devient le plus vieux joueur à réussir un triplé au championnat du monde, et le deuxième meilleur marqueur suisse de l’histoire derrière Bibi Torriani. La Suisse réussit la plus large victoire dans un Mondial depuis un Russie-Italie sur le même score en 2019.

Témoignages

Tamás Ortenszky (défenseur de la Hongrie) :

« Nous avons produit un bel effort, nous avons bloqué beaucoup de tirs, nous avons patiné contre une équipe meilleure sur le papier, nous avons combattu, maintenant nous nous concentrons sur le prochain match contre la Norvège demain. Si nous gagnons, nous nous maintenons. Ce n’est jamais arrivé à la Hongrie, on essaie de faire en sorte que ça arrive. »

Patrick Fischer (entraîneur de la Suisse) :

« Nous avons bien joué derrière et beaucoup créé devant. C’était un test de caractère pour nous. Nous savons comment nous devons jouer, que ce soit contre la Hongrie, contre le Kazakhstan ou en quart de finale, et c’est que nous avons fait. »

Gergely Majoross (entraîneur de la Hongrie) :

« On a pris la réalité en pleine face. Bien sûr, nous n’étions pas à notre meilleur. Nous n’en sommes pas au point où nous pouvons réussir autant de matchs en si peu de temps à un tel niveau. Avec notre meilleure performance, nous aurions peut-être pu contenir l’adversaire à 5 ou 6 buts. Ce match est instructif pour comprendre que ce que nous faisons en Hongrie ne suffit pas pour rivaliser avec la Suisse. »

Feuille de match du 13 mai 2025

Mardi 13 mai 2025 à 20h20 au Jyske Bank Boxen de Herning.

  • 0-1 à 00’15” : Hári assisté de Nilsson et M.
  • 0-2 à 18’31” : Terbócs assisté de B.
  • 1-2 à 34’32” : Mikhailis assisté d’Orekhov et Shestakov (sup.
  • 1-4 à 43’35” : Vincze assisté de Papp et Hári (sup.
  • 2-4 à 59’01” : Orekhov assisté de Shestakov et Starchenko (sup.

Remplaçant : Jelal-ad-Din Amirbekov (G).

Remplaçant : Ádám Vay (G).

Équipe Buts Assistances Minutes de pénalité
Hongrie Hári, Terbócs, Vincze Nilsson, Papp, Hári ...
Kazakhstan Mikhailis, Orekhov Orekhov, Shestakov, Starchenko ...

tags: #kazakhstan #hongrie #hockey