Il suffit de voir son sourire et sa mine rayonnante pour comprendre, d’un seul coup d’œil, que Julien Ory est un homme épanoui. À bientôt 30 ans, le troisième ligne de l’Union sportive seynoise (USS) a définitivement tourné la page du rugby professionnel. Après une pige de deux ans au Stade Français, le troisième ligne n'a pas retrouvé de nouveau projet.
Malheureusement, l’histoire s’est mal terminée. En 2024, après une saison minée par les blessures, Julien Ory se retrouve sans club et sans perspective. La chute : « J’étais écœuré.
Le passage de la lumière des stades de l’élite à l’ombre du chômage a été brutal. « J’étais écœuré. Dégoûté même. Pour moi, il n’y avait que le rugby qui comptait. Je ne voyais aucun avenir sans ce sport », confie-t-il via Var-matin avec une sincérité désarmante.
« J’ai dû me reconstruire et le fait d’être revenu aux sources, dans mon village du Brusc, auprès de ma famille et de mes amis, m’a fait beaucoup de bien.
Julien Ory n’a pas seulement retrouvé le plaisir des choses simples ; il s’est mué en chef d’entreprise. Au côté de son petit frère Laurys, il crée sa société d’élagage-paysagiste, « Ory Paysage ». Il s’engage également au côté de son oncle Yann au Bar des halles, dans les quartiers sud de La Seyne.
Quant à sa passion du jeu, il l’a quand même conservée en intégrant, en fin de saison dernière, son club formateur de l’USS. Une évidence pour lui de venir « filer un coup de main là où tout a commencé.
On le voit tout d’abord évoluer au poste de trois-quarts centre. « Tu ne pratiques pas le même sport quand tu joues derrière ou devant, plaisante-t-il. Un truc inconcevable dans mon esprit (rires). Mon ADN fait que je préfère jouer en troisième ligne.
Face à Nîmes, ce dimanche, il évoluera bien à l’aile de la troisième ligne. Et on peut lui faire confiance pour montrer la voie à ses coéquipiers, tous revanchards après les incidents du match aller : « On n’a rien oublié de ce qu’il s’est passé.
Et il ne faudra surtout pas l’oublier de la première jusqu’à la dernière minute de jeu ! Pas qu’une mi-temps… ». « Sans partir dans la connerie, et en restant à quinze tout le match, je veux qu’on les marque au fer rouge.
Qu’on s’envoie comme des gladiateurs. On n’a aucun complexe d’infériorité à avoir. Et surtout, il faut gagner ! Chose faite .
Des propos qui ne sont pas sans rappeler ceux de son illustre père, Franck, qui a sans doute été le plus grand guerrier de l’USS de ces trente dernières années. Une carrière où le rugby professionnel n’est désormais plus une priorité. Ni même une obsession.
Après ses deux saisons au Stade Français, le troisième ligne n'a pas retrouvé de nouveau projet. Mais il attend son heure et reste confiant. Après une pige de deux ans au Stade Français (et moins de 10 matchs joués sur chacune de ces deux saisons), Julien Ory se retrouve désormais sans club.
Le troisième ligne a évoqué cette situation très compliquée dans un entretien accordé à Var Matin. S'il n'a pas de club, Julien Ory reste en liens très étroits avec Toulon puisqu'il a reçu la permission de s'entraîner au centre d'entraînement (il a également été sélectionné par le RCT pour une étape de l'InExtenso SuperSevens).
Mais pour le reste, il ne peut rien faire d'autre qu'attendre qu'un club ait besoin de lui. Je fais partie de la liste de "jokers médicaux" de Provale. Elle permet, si un club m’appelle, de ne pas compter comme "joueur supplémentaire" (...) Quand il a su que je rentrais dans la région, Pierre (Mignoni) m’a appelé, m’a demandé quels étaient mes projets et m’a proposé de m’entraîner au Campus.
Il m’a dit que j’étais ici chez moi, ça m’a touché. J’ai saisi l’opportunité, et je vais tous les jours au Campus (...) Je ne veux pas lâcher. Tout peut aller très vite, alors j’attends qu’une porte s’ouvre. Je patiente et j’attends le bon coup de fil. Si un club m’appelle, je suis prêt dans les dix minutes qui suivent.
Pour le moment, l'ancien Toulonnais en est à "zéro contact avec zéro club". Et s'il parvient à gérer la partie physique en continuant de s'entraîner, le moral peut bien évidemment être fragilisé quand d'un coup, et alors qu'on l'a fait pendant plusieurs années de suite, on ne s'entraîne plus avec l'optique de matchs à jouer. Mais malgré tout, Julien Ory ne désespère pas.
C’est particulier de s’entraîner sans la carotte du match, sans la vie de groupe. Le plus dur, ça a été à la fin du mois d’août, quand tous les mecs ont retrouvé les terrains… Tu te demandes quand est-ce que tu vas reprendre, tu ne vois pas le bout du tunnel, il y a beaucoup de frustration. Je fais du rugby depuis mes 6 ans, des présaisons chaque été depuis mes 14 ans et ça fait 13-14 ans que je n’avais pas connu un été comme celui que je viens de vivre… C’est bizarre.
Tu attends que le téléphone sonne, mais tu es impuissant. Mais je sais que ça va tourner. Et il me tarde le premier contact, le vestiaire, l’avant-match, les copains…
Une situation forcément compliquée à gérer, moralement surtout avec un rythme chamboulé et des objectifs de matchs qui ont disparu. À bientôt 30 ans, Julien Ory affiche une mine rayonnante et un sourire qui en disent long sur son état d’esprit actuel.

Le Choix de Rester à La Seyne
Il semblerait que la montée en Nationale 2 de l'USS ait définitivement fini de le convaincre. À savoir celui de rester chez lui, dans le Var, et d'aider La Seyne à se maintenir en Nationale 2 la saison prochaine. La faute à sa réputation et à un concours de circonstances dans un premier temps, puis à une vilaine blessure à la cheville contractée lors d'une séance de sport, en fin d'année dernière.
"Je pense que je fais le bon choix en restant auprès des miens et de ce club qui m'est cher. Le club rouge et bleu, qui sera promu à l'intersaison, jouera d'ailleurs une demi-finale du championnat de France de Fédérale 1 ce dimanche contre Tyrosse.
Très peu utilisé lors de ses deux premières saisons avec les professionnels, Ory dispose de davantage de temps de jeu cette saison. Il compte déjà neuf titularisations en Top 14.
