Depuis cinq ans, Julien Legrand est un pilier du REC (Rennes Étudiants Club), témoignant de son engagement et de son talent au sein de l'équipe. Arrivé alors que le club évoluait en Ligue B, il a connu les défis de la relégation en Élite masculine il y a deux saisons, avant de célébrer la remontée en LBM lors du dernier exercice. De tous les instants, de tous les combats, Julien Legrand est un cadre du REC.
Au-delà de son rôle sur le terrain, Legrand offre un regard éclairé sur les deux niveaux de la hiérarchie nationale du volley-ball. "On est déjà très contents d’être de retour chez les pros, ça fait du bien", confie-t-il. "Il existe un monde entre les deux, l’Élite est très hétérogène. L’an passé, sur la phase régulière on a eu trois matches compliqués, le reste du temps c’était relativement facile. Cette année, c’est bien plus homogène. Chaque week-end, il faut avoir les crocs car si on ne s’emploie pas à fond, on va perdre."
Cet article explore le parcours atypique de Julien Legrand, un joueur de volley-ball français qui a su se réinventer et s'imposer dans un nouveau rôle au sein de son équipe. Après avoir évolué comme libero, Legrand a démontré sa polyvalence en devenant attaquant-réceptionneur, un poste où il s'épanouit pleinement.

Une Reconversion Surprenante
Il y a un an, l'entraîneur du REC, Olivier Bouvet, a pris la décision audacieuse de modifier l'organisation de son équipe, confrontée à de nombreuses blessures. C'est ainsi que le libero, Julien Legrand, a été repositionné comme réceptionneur-attaquant lors d'un match à Royan. "À l’époque, ça m’avait surpris", reconnaît Legrand. "Avec l’entraîneur, on n’avait pas la même vision des choses. Pour moi, il y avait suffisamment d’autres joueurs pour évoluer à ce poste."
Au début, ce fut difficile car ça faisait quelques années que j’avais complètement lâché ce rôle qui me plaisait beaucoup quand j’étais jeune.
Les Défis de l'Élite et de la Ligue B
Legrand souligne également les différences structurelles entre les deux championnats. "Il ne faut pas oublier que l’Élite reste amateur, ou semi-pro", explique-t-il. "Certaines formations arrivaient à Rennes le jour même, sans faire de décrassage le matin, ni entraînement la veille. Même si on l’a fait une ou deux fois, ce n’est pas viable, c’est trop difficile d’aller à l’extérieur sans se préparer en prenant des repères dans la salle adverse."
Malgré les efforts du REC pour optimiser sa préparation, Legrand insiste sur le niveau de compétition plus élevé en Ligue B. "Il existe un gap entre l’Élite et la Ligue B", affirme-t-il. "Je le redis, on doit batailler à chaque fois pour bien figurer, alors que notre collectif est supérieur cette saison. On ne va pas rouler sur la division cette fois. En face, il n’y a pas de trou, il y a un ensemble de bons joueurs pros. L’an passé, sur chaque poste, on pouvait avoir affaire à certains éléments qui étaient assez moyens. En Ligue B, tout le monde peut mettre le ballon par terre."

Un Rôle de "Couteau Suisse" Assumé
Depuis le début de la saison, le REC doit composer avec les pépins physiques de plusieurs joueurs, ce qui a contraint le nouvel entraîneur, Olivier Bouvet, à réorganiser fréquemment son équipe. Lors d'un match contre Royan, il a notamment dû pallier les absences de ses deux centraux titulaires en repositionnant Daulton Sinoski au centre et Julien Legrand comme réceptionneur-attaquant.
« Il avait d’autres solutions que de me mettre à ce poste, expose ce dernier. Mais dans sa tête, ce nouveau système allait surprendre nos adversaires, et ça a plutôt bien marché, même si on n’a pas gagné. »
En même temps, passer de libero à réceptionneur-attaquant n’était pas une véritable découverte pour le Nordiste d’origine. « Avant d’arriver à Tourcoing où j’ai joué pendant deux ans, puis au REC où j’attaque ma 3e année, j’avais évolué dans ce secteur, que ce soit en N2 ou en élite masculine. Mais, au bout de cinq ans sans attaquer, il n’était pas évident de retrouver ses marques. Olivier m’attendait plus sur un rôle de serveur car il sait que j’aime beaucoup ça, c’est mon secteur préféré au volley. C’est un peu bizarre de dire cela alors que je suis libero, mais je fais des services à l’entraînement de temps en temps. Je dispose d’un beau panel dans cet exercice, j’avais carte blanche.
Et en attaque, malgré son déficit en taille (1,85 m), il a également montré qu’il n’avait rien perdu de ses aptitudes. « Physiquement, je m’attendais à ce que ça soit dur, c’est sûr. Tout le monde savait que j’allais avoir des ballons, et pour bien les négocier, il fallait que je joue intelligemment, plutôt en finesse qu’en force face au block adverse. Avec ma patte gauche, j’ai réussi à faire dix points. Dans l’ensemble, je suis satisfait de ma prestation.»
Julien Legrand, 23 ans, assume ce rôle de couteau suisse, mais il sait que ce remplacement ne peut durer éternellement. S’il peut envisager d’être encore présent comme R4 face à France Avenir et à Martigues, il devrait récupérer son rôle de libero ensuite en fonction du rétablissement rapide, ou non, de Tuitoga et Castelnau. Presque à contrecœur. « On m’a cantonné là-dessus car je savais que je ne pouvais pas aller vers le très haut niveau ailleurs. Étant donné que c’était mon rêve d’être pro, j’ai accepté ça difficilement. Je n’éprouve pas énormément de plaisir à être uniquement défensif, c’est très dur.
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Palmarès récent en Beach Volley
Julien Legrand ne se limite pas au volley-ball en salle. Il excelle également en beach volley, comme en témoigne sa victoire récente aux côtés de Liam Patte. Ils ont remporté la finale face à Lilian Le Meur et Jeremy Ullmann (21-15, 21-15).
Chez les femmes, Ophélie Lusson et Alex Merle ont remporté la finale face à Celia Molinos et Emere Maau Boutry (21-8, 21-17). Charly Samier et Enzo Tomietto ont remporté la finale pour la troisième place aux dépens de Simon Lebecq et Thomas Lapierre (22-20, 21-18).