Julie Le Blévec : Une Carrière de Handballeuse Marquée par la Résilience

Dans le monde exigeant du handball professionnel, l'histoire de Julie Le Blévec est un témoignage de courage, de détermination et de résilience. Son parcours, jalonné de défis sportifs et personnels, inspire par sa force et son optimisme. Cet article retrace la carrière de Julie Le Blévec, en mettant en lumière ses débuts, ses succès, mais aussi les épreuves qu'elle a surmontées.

Les Débuts et la Formation

Julie Le Blévec, née dans une famille de handballeurs, a naturellement été attirée par ce sport dès son plus jeune âge. Ses parents, Anne et Antoine Le Blévec, étaient eux-mêmes des joueurs de bon niveau. Sa sœur, Margot, partage également sa passion et joue à Nice.

Elle a fait ses premières armes à l'Union Pays d'Aix Bouc Handball, avant de rejoindre le centre de formation de Metz en 2018. Après son baccalauréat, elle y a passé trois ans, puis a signé son premier contrat professionnel. Elle est ensuite partie une saison en prêt à Fleury, avant de revenir dans l'effectif professionnel de Metz.

Margot Le Blévec : "Je suis née sur un terrain. Mes parents, Antoine Le Blévec et Anne Richardet, étaient handballeurs aussi jusqu’à un bon niveau. On a aussi des oncles et tantes qui jouaient. Donc c’est venu naturellement. Quand j’étais plus petite, j’ai aussi fait de la gym. Et c’était au même endroit ! Donc j’alternais les pratiques et les jours. Je passais tous mes samedis à la salle à regarder toutes les équipes. D’abord ma mère puis ma sœur."

Julie Le Blévec : "Moi je ne suis venue au hand qu’à 7 ans car quand j’ai voulu démarrer, il n’y avait pas de mini-hand dans le club, et j’étais un peu petite pour jouer avec les grands. Mais ça s’est quand même fait très naturellement ensuite. J’ai, malgré tout, essayé d’autres sports comme la gym, le judo et le foot."

Parcours en Club

Après avoir quitté Metz pour Saint-Amand Porte du Hainaut, Julie Le Blévec a été confrontée à un défi inattendu. Une tumeur cancéreuse rare située dans l’ovaire droit l’a privée de compétition pendant plus d’un an. Après deux opérations et des séances de chimiothérapie, Julie Le Blévec, 25 ans, est de retour.

Julie Le Blévec : "Effectivement. Pour recontextualiser, j'ai joué deux ans à Metz, dans l'ombre avec très peu de temps de jeu. Pour autant, j'ai beaucoup appris à l'entraînement et avec mes coéquipières. Venir à Saint-Amand était l'occasion d'entrer dans un projet qui me donnerait plus de temps de jeu. J'avais hâte de pouvoir me jauger sur le terrain avec ce temps pour m'exprimer. J'ai essayé de m'accrocher pendant la préparation, même si je sentais qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Tout était nouveau, le club, les coéquipières, le contexte. Le timing n'était pas forcément bon, même si je pense qu'il n'y a jamais de bon timing pour être malade."

Elle avait quitté Metz pour Saint-Amand Porte du Hainaut. Une tumeur cancéreuse rare située dans l’ovaire droit l’a privée de compétition pendant plus d’un an. Après deux opérations et des séances de chimiothérapie, Julie Le Blévec, 25 ans, est de retour.

Lorsqu'elle signe à l'été 2024 au Saint-Amand Handball-Porte du Hainaut (Nord), elle est loin d'imaginer que sa saison sera aussi difficile. Formée au Metz handball, le meilleur club français, où la concurrence est intense, l'ailière droite rejoint alors le Nord afin de gagner du temps du jeu.

Julie Le Blévec : "J'avais tellement à cœur de mettre en application tout ce que j'avais appris à Metz. Malheureusement les choses ne sont pas vraiment passées comme prévu car j'avais pas mal de symptômes physiques. Beaucoup de fatigue, des douleurs au ventre. Cela s'est empiré mais on ne pouvait pas forcément les relier à quelque chose d'aussi grave. J'ai eu le temps de me faire opérer une première fois et après d'être dans l'attente des résultats."

Au fur et à mesure des examens, l'éventualité tant redoutée se concrétise : un cancer rare de l'ovaire droit. "J'ai quand même pu me préparer parce qu'à ce moment-là, on sentait un peu les choses venir. Le cancer, à l'exception de son signe astrologique - elle est née fin juin -, reste un mot très abstrait pour celle qui est également étudiante à l'Ecole nationale d'ingénieurs de Metz (elle suit ses cours à distance) : "J'étais un peu dans l'inconnu. J'associais le cancer à des mots clés comme chimiothérapie ou combat, la notion de se battre contre la maladie. Mais je ne savais pas exactement à quoi cela faisait référence."

Si, dans le jeu, la handballeuse avoue parfois éviter le combat physique, la Provençale ne se défile pas sur le terrain de la maladie, même si la chimiothérapie est éprouvante.

Le Combat contre la Maladie

En 2024, Julie Le Blévec a été confrontée à un diagnostic de cancer de l'ovaire, une épreuve qui l'a tenue éloignée des terrains pendant de longs mois. Elle a subi deux opérations et des séances de chimiothérapie à Marseille, entourée de sa famille. Cette période a été marquée par le soutien indéfectible de ses proches, de son club et des équipes médicales.

Julie Le Blévec : "J’avais une masse au niveau de l’ovaire droit, qu’il fallait retirer. Je suis descendue dans le sud, pour être avec ma famille, et j’ai fait tout mon parcours de soin à Marseille. J’ai été opérée une première fois à la rentrée, puis j’ai appris qu’il s’agissait d’une tumeur rare de l’ovaire droit, qu’il allait falloir enchaîner avec de la chimio."

Julie Le Blévec : "Être éloignée du terrain était difficile parce que c'est ma passion première. Mais il y a aussi le fait de voir son corps devenir de plus en plus faible. Surtout quand on est dans un objectif de construction et de développement constant au niveau des capacités physiques. Et là, malgré nous, on se voit décliner et il faut réussir à l'accepter."

Pendant sa convalescence, Julie a pu compter sur le soutien de son club, qui lui a assuré qu'elle serait attendue à son retour. Elle a également gardé le contact avec ses coéquipières, qui lui ont témoigné de leur soutien.

Le Retour sur les Terrains

Après une longue période de rééducation, Julie Le Blévec a fait son retour sur les terrains avec son club du Saint-Amand Handball-Porte du Hainaut. Son premier match de championnat a été un moment fort en émotions, marqué par l'excitation et la joie de retrouver les sensations du jeu. Elle a même terminé meilleure réalisatrice de son club lors de ce match.

Julie Le Blévec : "On avait déjà joué un match de Coupe de France, mais le premier match de Championnat marque plus franchement le début de saison. Je me souviens que j’étais très excitée. Peut-être un peu trop. Excitée de retrouver les sensations, l’adrénaline. En plus, mes parents étaient dans la salle, ils m’avaient fait la surprise de venir me soutenir sans me le dire. C’était un vrai bonheur de voir tout le monde, de se rappeler tout ce que l’on avait traversé ensemble."

L'esprit de Julie Le Blévec est désormais totalement tourné vers des objectifs sportifs. Son retour à Metz Handball après un an de prêt«Je suis très, très contente d’avoir retrouvé l’éthique de travail surtout. C’est le truc, handballistiquement parlant, qui m’avait manqué. S’entraîner tous les jours, c’est un vrai régal ici , j’adore. En partant à Fleury, les filles, les copines de Metz m’ont manqué aussi et je suis très contente de les retrouver. Il y a aussi ce côté humain et le quotidien que j’adore vivre ici, avec l’engagement à l’entraînement, l’enchaînement des matchs, les Arènes… »

Elle a repris rapidement la compétition avec son club du Saint-Amand Handball-Porte du Hainaut (Nord) après avoir été diagnostiquée d'un cancer très rare de l'ovaire. À chaque fois qu'elle saisit un ballon de handball, Julie Le Blévec profite de chaque instant.

Julie Le Blévec : "Rien que la sensation du toucher, le fait de manipuler le ballon, c'est quelque chose qui me manquait. Parce que pour moi, c'est vraiment associé au plaisir pur du jeu et du handball. Car la jeune handballeuse, âgée de 25 ans, a conscience d'avoir remporté le match le plus compliqué de sa carrière professionnelle."

Avec son témoignage, Julie Le Blévec veut montrer que le cancer n'est pas une fatalité pour une sportive de haut niveau. À l'image de Camilla Herem, légende du handball norvégien (plus de 332 sélections), de retour sur les terrains seulement cinq jours après une chimiothérapie destinée à traiter un cancer du sein : "Je me suis dit si l'opportunité m'est donnée de m'exprimer sur le sujet et que ça peut aider d'autres personnes, j'aimerais évidemment le faire. J'ai eu la confirmation que ça pouvait être un exemple. Quand j'ai vu Camilla rejouer très rapidement en ayant perdu ses cheveux à la suite du traitement, je me suis directement construite par comparaison avec elle. Je me disait : 'Waouh, c'est fort… Et c'est courageux.' Je pense donc que ça pourrait aussi aider d'autres personnes atteintes du cancer."

Elle a également participé au jury du concours national d'écriture Portez Haut les Couleurs, organisé par la LFH avec Butagaz et Short Édition, sur le thème de l'engagement.

Études et Projets d'Avenir

Parallèlement à sa carrière sportive, Julie Le Blévec est également une étudiante assidue. Elle est en dernière année d'un BUT gestion des entreprises et des administrations, avec une spécialisation en management. Sa sœur Margot est également élève dans une école d'ingénieur à Metz.

Julie Le Blévec : "Quand tu rentres en centre de formation, tu es obligée d’être inscrite dans une école. Après, de toutes façons, pour moi c’était obligatoire de faire des études. Et mes parents me l’ont toujours dit aussi : on ne vit pas du hand jusqu’à sa retraite. Il faut penser à l’après. Surtout, on ne sait jamais s’il y a une blessure qui arrive ou quelque chose, il faut avoir une porte de sortie. On ne sait pas de quoi est fait demain. Je suis donc dans ma dernière année (qui en compte 3) d’un BUT gestion des entreprises et des administrations. En GEA, il y a des spécialisations, soit finance, soit RH, soit management. Moi j’ai pris management. Ça ouvre à beaucoup de choses comme la gestion de projets dans le marketing."

Margot Le Blévec : "Depuis 2018, je suis élève dans une école d’ingénieur qui s’appelle l’ENIM et qui est aussi à Metz. J’ai un cursus aménagé car mon école doit initialement durer 5 ans, mais c’est ma 6e année et je pense qu’il me faudra sûrement 8 ans pour tout boucler. Pour moi, c’était vraiment indispensable de suivre une voie qui me plaisait car le sport de haut niveau, ça n’est pas éternel. Au-delà de ça, chez moi, le fait d’apprendre et de développer ma curiosité, c’est quelque chose qui me fait m’épanouir au quotidien. C’est aussi par plaisir que je fais des études. Concernant le choix de l’ingénierie, ça restait quelque chose d’assez généraliste en après bac donc ça me convenait quand même assez car je ne savais pas vraiment quoi faire. Comme je suis curieuse, je me suis dit que ça ne me fermerait aucune porte."

Elle envisage également de se consacrer à l'écriture à l'avenir, une passion qu'elle a toujours cultivée.

Une Source d'Inspiration

Julie Le Blévec : "Pour aller plus loin que le handball, la situation, la maladie m'a fait ouvrir les yeux, m'a fait grandir. Dans le handball, et dans le sport de haut niveau, parfois, nous pouvons avoir des limites mentales. Les performances peuvent être liées à ce qui se passe dans la tête. Ici, le rapport au corps était différent. Il fallait me mettre des limites physiques, me retenir, alors que la tête voulait encore plus. Je n'avais pas l'habitude, il fallait me retenir, me poser un cadre pour ne pas faire de bêtises."

Son parcours est un exemple de courage et de détermination, et elle espère que son histoire pourra inspirer d'autres personnes confrontées à des épreuves similaires.

Julie Le Blévec : "Si mon parcours peut être évoqué comme motif d’espoir et d’exemple, ça me ferait plaisir. Mais si je sens, chez les gens autour de moi, plus d’empathie ou un regard différent, alors non, je n’en ai pas envie. Je suis revenue. Je me sens à 100%. Je ne me caractérise plus comme malade."

Aujourd'hui, Julie Le Blévec continue de se battre sur les terrains de handball, avec la même passion et la même détermination qu'avant. Son histoire est un témoignage de courage et de résilience, et elle espère que son exemple pourra inspirer d'autres personnes confrontées à des épreuves similaires.

Julie Le Blévec : "L’envie qui me vient en premier, la seule en vérité, c’est de jouer. Les soirs de match, tout est décuplé. Les sensations positives comme négatives. Jouer, c’est l’unique chose qui m’anime aujourd’hui. Être sur le terrain. Pouvoir m’exprimer. Participer. Aider l’équipe."

tags: #julie #le #blevec #handball