Le volleyball, bien qu'il ait souvent été dans l’ombre d’autres sports plus médiatisés, possède une histoire riche en talents exceptionnels. De la plage aux grandes arènes olympiques, des joueurs et joueuses ont marqué le jeu par leurs exploits techniques, leur leadership et leur capacité à transcender les époques. Aujourd'hui, nous allons rendre hommage aux plus grands noms de ce sport, ceux qui ont laissé une empreinte indélébile sur l’histoire du volleyball.
Justine Wong-Orantes : La Libéro Américaine qui Brille
Le 4 de l’équipe US féminine de volley-ball est un sacré numéro. Dans l’équipe nationale féminine de volley-ball américaine, on demande le… 4 ! C’est Justine Wong-Orantes, américaine d’origine mexicano-asiatique, dont les longs cheveux bruns s’envolent à chacun de ses plongeons épiques pour renvoyer la balle. Car cette joueuse de volley n’hésite jamais à se jeter à plat ventre ou à improviser des postures de gymnaste sur le terrain pour faire ou recevoir une passe ou un service.
Tout est envisageable pour mener le game, surtout pour une « libéro » comme elle. Généralement plus petit que ses coéquipiers car il doit être au plus près du sol pour rattraper la balle coûte que coûte, il se dédie exclusivement à la défense. Il réceptionne le service adverse et délivre le meilleur lancé possible au passeur qui relaiera le ballon à l’attaquant. Le rôle du libéro est celui de « super défenseur » qui a donc la lourde charge de maintenir la balle en jeu dans l’échange. Le poste a d’ailleurs été créé (en partie) pour rendre le sport plus spectaculaire, en 1990.
La petite Justine est tombée dans la potion magique du volley étant enfant. Ses parents en ont toujours été fanas puisque joueurs passionnés, son père ayant même été entraîneur d’un club en Californie, où est née leur fille en 1995. « Quand j’étais jeune, je ne pouvais pas me passer de ce sport. Qu’il s’agisse des camps, des entraînements en club, sur la plage ou simplement pour jouer entre amis, j’ai toujours voulu m’améliorer et toucher le ballon.

En bonne Cali-girl, Justine Wong-Orantes débute sa carrière sportive en déchirant tout au beach-volley. Elle a été la plus jeune joueuse à obtenir la meilleure classification après avoir remporté un tournoi de plage avec sa partenaire, à l’âge de 12 ans à peine, et participe, à 16 ans, aux Championnats du monde de beach-volley 2011 de la FIVB (Beach Volley World Tour). Au lycée, elle se révèle une excellente passeuse dans une équipe considérée comme l’une des meilleures de Californie. Pourtant, son petit 1,60 mètre semble être un obstacle pour opérer à ce poste dans un grand programme universitaire.
Son entraîneur lui en propose alors un autre qui exige d’excellentes compétences en matière de défense et de réception de service : celui de libéro… C’est alors que Justine Wong-Orantes prend vraiment la lumière. « J’ai dû apprendre à diriger de différentes manières. Le volley-ball de plage m’a beaucoup aidée en ce sens », déclare-t-elle au Los Angeles Times, en 2021. Elle est repérée par des entraîneurs du Nebraska qui lui offrent une bourse d’études.
En 2016, consécration, Justine Wong-Orantes intègre l’équipe nationale des États-Unis et s’offre de belles victoires : elle remporte la médaille d’or de la Coupe panaméricaine de volley-ball et la médaille de bronze au Grand Prix mondial de volley-ball de la FIVB. La voie semblait toute tracée vers le succès. Mais, après quelques matchs difficiles, l’ascension est stoppée lorsqu’elle perd sa place de titulaire en tant que libéro en 2018.
Rien, pourtant, ne peut arrêter celle qui rêve depuis l’enfance de décrocher une médaille olympique… « C’est une prise de conscience de savoir que votre poste peut être supprimé à tout moment si vous n’êtes pas à la hauteur, surtout à un niveau aussi élevé, expliquait sa mère, Winnie Wong, au Los Angeles Times. Mais elle n’a jamais abandonné. Tenace et déterminée, croyant en sa bonne étoile, là revoilà back in the game en 2020.
L’entraîneur de l’équipe nationale des États-Unis, Karch Kiraly, annonce qu’elle fera partie de la liste des douze joueuses sélectionnées pour les Jeux Olympiques de Tokyo. C’est une première victoire pour Justine ! Car la suite est pavée d’or… L’entraîneur qualifie le parcours de sa joueuse comme de « peu orthodoxe » et loue sa capacité à ne pas s’arrêter « que les choses aillent dans son sens ou non ».
Aux JO de Tokyo, l’équipe américaine féminine remporte l’or olympique - une première pour les States en volley-ball féminin - et Justine Wong-Orantes est sous le feu des projecteurs. Elle est reconnue comme ayant joué un « rôle clé » dans ce résultat, « courant dans tous les sens pour aider son équipe à marquer des points contre son adversaire pendant les trois sets. » Preuve en est : elle est la joueuse qui s’octroie le meilleur pourcentage de réception de services lors de la compétition olympique.
Autre podium, personnel cette fois-ci : Justine Wong-Orantes est nommée « meilleure libéro » aux Jeux olympiques de Tokyo et à la Ligue des nations de volley-ball de la FIVB. Quel parcours ! Un vrai jeu, set et match. « Il y a des gens qui viennent me voir et me disent à quel point mon parcours est inspirant, c’est vraiment cool à entendre, confie-t-elle dans le LA Times. Le sport en général est une énorme plateforme pour redonner et vraiment inspirer, surtout les jeunes filles.
Après ce succès historique, l’équipe féminine américaine s’apprête à réitérer. « Ce tournoi a été un véritable honneur pour moi en tant que capitaine de cette équipe. Je suis très fière de faire partie de ce programme et d’être entourée d’êtres humains extraordinaires. Vivement une bonne saison pour les États-Unis ! ICYMI- nous nous sommes qualifiés pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 #ouioui », se réjouissait Justine sur son compte Instagram.
« Je dois lui rendre hommage pour sa résilience et sa ténacité. Elle n’a pas arrêté de travailler. L’histoire de Justine est celle d’une personne qui n’a pas perdu la foi », confirmait son coach au Los Angeles Times avant les JO de Tokyo.
Autres Figures Emblématiques du Volleyball Féminin
Outre Justine Wong-Orantes, plusieurs autres joueuses ont marqué l'histoire du volleyball féminin, tant en salle qu'en beach-volley:
- Lang Ping: Originaire de Chine, Lang Ping a non seulement marqué l’histoire en tant que joueuse, mais elle est également devenue l'une des plus grandes entraîneuses du monde. Surnommée « l'Hammer de Fer » pour sa puissance et sa précision en attaque, elle a laissé une empreinte durable dans le cœur des fans. En tant qu'entraîneuse, Lang Ping a mené l'équipe chinoise à de nouvelles hauteurs, remportant de nouveau l'or olympique en 2016.
- Yekaterina Gamova: À 2,02 mètres, Gamova était un véritable cauchemar pour les équipes adverses. Elle est l'une des meilleures attaquantes de l’histoire et a largement contribué à la domination de l'équipe nationale russe pendant les années 2000. Gamova a remporté deux médailles d'argent olympiques et a été désignée meilleure joueuse lors de nombreuses compétitions internationales.
- Kerri Walsh Jennings: Sans doute la joueuse de beach-volley la plus titrée de tous les temps. Aux côtés de Misty May-Treanor, elle a remporté trois médailles d'or olympiques consécutives, un exploit jamais égalé. Leur domination sur le circuit international a duré plus d'une décennie, faisant d’elles des légendes vivantes.
- Paola Egonu: Présentée en Italie comme « une star du volleyball, de la libre pensée et de la société moderne », Paola Egonu, 1m95 de puissance et de grâce, est bien plus qu’une athlète : elle est un symbole, une voix, une révolution. Ouvertement bisexuelle, elle parle de ses relations avec une sincérité rare dans le sport de haut niveau.
- Clémence Vieira et Aline Chamereau: L’équipe de France féminine de beach-volley a vécu une semaine historique à Düsseldorf. Clémence Vieira et Aline Chamereau se sont illustrées en atteignant la finale du championnat d'Europe, une première depuis 1999. Après avoir renversé des montagnes tout au long du tournoi, les Bleues ont décroché la médaille d'argent, un exploit qui marque l'histoire du beach-volley français.
Le Volleyball Féminin Professionnel aux États-Unis
La League One Volleyball (LOVB), toute nouvelle ligue professionnelle de volley féminin aux États-Unis, a bouclé sa première saison avec un Championnat national composé de six équipes. « Le volley est en pleine explosion en ce moment, à l'image du sport féminin en général, explique Rosie Spaulding, la patronne de la LOVB. Il y a plus de 38 millions de participants aux États-Unis. C'est le sport qui a la plus grosse croissance au lycée, et qui bat tous les records d'audience TV à l'université. Le volley est prêt à passer au niveau professionnel. »
La LOVB propose à chaque joueuse un salaire minimum fixé à 60 000 dollars par saison, en plus d'autres avantages comme une couverture santé. « Les grands clubs en Italie et en Turquie proposent de meilleurs salaires. Mais ça reste plus intéressant que d'autres championnats européens de moyenne catégorie. Au niveau sportif, on est sur un haut de tableau italien. Le niveau technique et physique est plus élevé qu'en France », ajoute Christina Bauer.
La LOVB est une ligue fermée qui est propriétaire des six clubs engagés dans le Championnat. Elle vise un développement progressif en accueillant « entre 2 et 4 nouveaux clubs en 2027 grâce à des investisseurs extérieurs » détaille Rosie Spaulding. « Et je suis convaincue par le produit qu'on propose. On a cette ambition de devenir la NBA du volley féminin ».
Christina Bauer, elle, devrait jouer ses tout derniers matches professionnels ce week-end avec Houston. Avant de tirer un trait sur une carrière longue de 24 ans. « Il est temps de passer peut-être de l'autre côté, en travaillant dans l'organisation du volley. Ça pourrait se faire ici, ou alors en France » réfléchit-elle encore, avant de conclure : « J'encourage en tout cas les joueuses françaises à venir tenter l'aventure en LOVB ».
Les "Sorcières de l'Orient" : Un Symbole de la Renaissance Japonaise
Dans les années 1960, le Japon est en pleine reconstruction. Signe du grand retour du pays sur la scène internationale, Tokyo organise les Jeux olympiques de 1964. Surnommées les « sorcières de l’Orient », ces joueuses se sont hissées au sommet du volley mondial au prix d’un entraînement intensif. Avec ce nouveau documentaire sportif, Julien Faraut revient sur le destin hors du commun de ces sportives dont l’incroyable parcours est intimement lié au renouveau japonais.

Lorsque Nichibo, l’un des grands groupes de textile japonais, met en place son équipe de volley-ball, il sollicite Daimatsu Hirobumi pour entraîner les ouvrières. Après le travail, les joueuses doivent s’entraîner trois fois plus que leurs homologues soviétiques pour rattraper leur retard. En dehors des frontières japonaises, les images de cette préparation intense étonnent voire choquent. Pourtant, les joueuses reconnaissantes défendent aujourd’hui encore leur entraîneur devant la caméra de Julien Faraut. Certaines allant même jusqu’à le considérer comme un père de substitution.
Le parcours historique de ces championnes est indissociable de l’histoire d’un pays en reconstruction. Parfois l’histoire se répète. En 1940, le Japon est privé des JO qu’il devait organiser. Ceux de 1964 sont l’occasion de montrer le retour du Japon sur la scène internationale d’après guerre. Pour le Japon, les JO de 1964 sont l’occasion de montrer au monde son incroyable modernisation en un temps record. Les sorcières symbolisent cet effort collectif national de reconstruction.
JO PARIS 2024 - Le film des plus grands moments d'émotions tricolores
Un Moment de Paix aux Jeux Olympiques de Paris 2024
Lors de la finale féminine de beach-volley aux Jeux olympiques de Paris 2024, un événement insolite a marqué les esprits. La rencontre opposait le Brésil au Canada et, au cœur du troisième set, une légère altercation a éclaté entre les joueuses.
Pour calmer les esprits, le DJ a eu l'idée de lancer le célèbre morceau « Imagine » de John Lennon. Les joueuses ont alors troqué leur regard assassin pour un large sourire, et le public a chanté en chœur, transformant la scène de conflit en un moment de communion.
Finalement, c'est la paire brésilienne Silva Ramos-Santos Lisboa qui a remporté l’or contre la doublette canadienne composée d’Humana-Paredes et Wilkerson.
Le Parcours Historique de l'Équipe de France aux Championnats d'Europe
L’équipe de France féminine de beach-volley a vécu une semaine historique à Düsseldorf. Clémence Vieira et Aline Chamereau se sont illustrées en atteignant la finale du championnat d'Europe, une première depuis 1999.
Après avoir renversé des montagnes tout au long du tournoi, les Bleues ont décroché la médaille d'argent, un exploit qui marque l'histoire du beach-volley français.
Les Moments Clés de Leur Parcours :
- Victoire en demi-finale contre les championnes d'Europe en titre, les Allemandes Svenja Müller/Cinja Tillmann.
- Une finale accrochée face aux Ukrainiennes Maryna Hladun et Tetiana Lazarenko.
- Une première manche arrachée après avoir sauvé six balles de set (23-21).
« C’est difficile de ne pas être triste d’avoir perdu, surtout vu le score. Mais le staff nous rappelle qu’on repart avec une médaille d’argent, et c’est énorme ! On a mis tout ce qu’on avait sur le terrain, il y a de quoi être fières. »
Les Clés du Succès de l'Équipe de France
Plusieurs facteurs ont contribué à ce succès :
- Un staff étoffé: L'équipe bénéficie d'un encadrement de qualité avec des entraîneurs expérimentés et une préparatrice mentale.
- Une préparation rigoureuse: Aline Chamereau et Clémence Vieira ont mis en place une nouvelle dynamique de travail axée sur la communication et la confiance.
- La confiance en leurs capacités: "Sur ces derniers matches, on a réussi à trouver de la sérénité, ce qui nous fait tenir notre niveau de jeu," souligne Chamereau.
Ce dimanche, elles peuvent marquer un peu plus l'histoire du beach français et donner de la lumière à ce sport qui reste peu développé dans l'Hexagone. « On veut montrer que le beach-volley français est performant, souligne Aline Chamereau, et donner envie à davantage de jeunes d'y jouer.
Tableau Récapitulatif des Joueuses Célèbres
| Nom | Nationalité | Réalisations Notables |
|---|---|---|
| Justine Wong-Orantes | Américaine | Médaille d'or aux JO de Tokyo, Meilleure libéro JO de Tokyo et Ligue des nations |
| Lang Ping | Chinoise | Or olympique en tant que joueuse (1984) et entraîneuse (2016) |
| Yekaterina Gamova | Russe | Deux médailles d'argent olympiques |
| Kerri Walsh Jennings | Américaine | Trois médailles d'or olympiques consécutives en beach-volley |
| Paola Egonu | Italienne | Star du volleyball, symbole de la libre pensée et de la société moderne |
| Clémence Vieira et Aline Chamereau | Françaises | Médaille d'argent aux Championnats d'Europe |