L'Épopée Européenne du CA Brive en 1997

L'année 1997 est gravée dans les annales du Club Athlétique de Brive (CAB). Le club a remporté la H Cup, la Ligue des Champions du rugby, marquant à jamais l'histoire du rugby français.

Genèse d'une Équipe de Légende

Le Club Athlétique Briviste a été créé en 1910. En août 1907, à la suite de la crise de la viticulture dans le Languedoc, des rugbymans de talents issus du 126ème régiment d’Infanterie sont mutés de Toulouse à Brive. Ils intègrent ainsi le Football Club Briviste. Un second club voit le jour au cours de ces années, le Stade Gaillard. Les deux clubs rivaux brivistes ne cessent de s’affronter. Le 15 mars 1910, les deux clubs brivistes fusionnent et donnent naissance au Club Athlétique Briviste.

La notoriété régionale de ce nouveau club ne cesse de progresser notamment grâce à ces bons résultats. Le club est champion du Limousin en 1913 et plusieurs fois dans l’entre deux guerres. Ainsi, Brive retrouve sa place parmi l’élite des clubs français.

Ascension et Premières Finales

Après la guerre, Brive renforce son effectif mais ne parvient pas à conclure. Il faut attendre 1947 pour que le club retrouve l’élite. En 1948, Brive atteint pour la première fois de son histoire les demi-finales du championnat de France. Le club de la cité gaillarde perd en demi-finale face au Stade Montois 8 à 0. C’est seulement en 1951 que le CAB atteindra à nouveau le quart de finale de la coupe de France avant d’être éliminé par le FC Lourdes. Le club briviste connaît alors un déclin. Toutefois le CAB ne restera pas longtemps en deuxième division. Avec leur nouvel entraîneur, l’international François Lombard dit “Duc”, les Brivistes sont sacrés champions de France de deuxième division en 1957.

En 1961, Brive termine premier de sa poule de championnat avec 12 victoires et seulement 2 défaites mais échoue en quart de finale. En 1963 Brive est finaliste du Challenge Yves Manoir mais échoue face SU AGEN. En 1965, le CA Brive est pour la première fois de son histoire en finale du championnat mais les Brivistes s’inclinent encore face à Agen. Puis le CAB échoue souvent les années suivantes en quart de finale.

En 1972, Brive remporte ses 14 matchs de championnat et termine premier à l’issue des matchs de poule. Toutefois, le club s’incline en finale face à Béziers 9 à 0. En 1974, le club de Corrèze termine demi-finaliste du championnat et finaliste du challenge Yves du Manoir sans concrétiser. En 1975, Brive est à nouveau vice-champion de France et 1976 demi-finaliste.

La Professionnalisation et le Challenge Yves du Manoir

De 1976 à 1995, Brive va rester dans le ventre mou du rugby sans briller. Il faudra attendre 1995 et la professionnalisation du rugby pour voir Brive sortir de la grisaille. Des jeunes joueurs éclosent et en 1996 Brive remporte le Challenge Yves du Manoir, son premier grand trophée.

La Saison de la Coupe d'Europe 1996-97

En cette saison 1996-97, Brive participe pour la première fois à une coupe d'Europe. Après avoir remporté feu le Challenge Yves du Manoir, les blancs et noirs s'asseoient à la table des grands du continent, la H CUP. Avec à la clé une première place de la poule C qui permet à Brive de recevoir en quarts de finale LLanelli le 17 novembre. Rebelote en demi, toujours en Corrèze. Nous sommes le 5 janvier 1997. La France est traversée par une vague de froid.

La veille, une bonne vingtaine de centimètres recouvre la pelouse du stade Amédée Domenech. Mobilisation générale. On rameute les troupes et Brive-la-Gaillarde montre que ce n'est pas un vain mot. Il fait un froid à ne pas tenter une relance de ses vingt-deux mètres mais le match aura lieu. Les bars de la ville s'en rappellent encore.

Parcours Épique vers la Finale

3000 fans sont montés au Pays de Galles, noyés dans un stade acquis aux enfants d'Elisabeth two. Le match ? Comme depuis le début de la compétition, Brive est en démonstration. Quatre essais superbes signés Sébastien Viars, Gérald Fabre et un doublé de Sébastien Carrat. Le patron de l'Europe est corrézien.

Le 25 janvier 1997. Une date marquée d’une pierre blanche dans les livres d’histoire du CA Brive et du sport limousin. Le club corrézien, jamais sacré champion de France de Première Division, battu pour la quatrième fois en finale en 1996, écrivait alors la plus belle ligne de son palmarès : un titre de champion d’Europe !

À l’Arms Park de Cardiff, devant plus de 40 000 supporters, les Brivistes, au terme d’un parcours parfait et d’une finale d’anthologie face à Leicester (28-9), étaient sur le toit de l’Europe.

Pourtant, les Corréziens ne partaient pas favoris face aux Tigers. Des Tigers, toujours redoutables, tombeurs du Stade toulousain, tenant du titre, en demi-finale. Des Anglais qui jouaient aussi là leur première Coupe d’Europe puisqu’ils avaient alors « boycotté » la première édition tout comme les Écossais.

« On aime ce genre d’histoire où le petit renverse le monstre, soufflait l’ancien ouvreur Alain Penaud lors des commémorations des 20 ans du titre, et cela a été mis en relief par le fait que nous n’étions pas attendus à ce niveau mais la réalité est parfois travestie. « Géants » titrait Midi Olympique.

Dans la capitale galloise, le CAB entraîné par Laurent Seigne et Pierre Montlaur était intouchable. Même pour les Tigers des Graham Rowntree, Richard Cockerill, Martin Johnson, Dean Richards, Rory Underwood ou autre Will Greenwood entraînés par Bob Dwyer, le coach des Wallabies champions du monde en 1991.

« Ils venaient de mettre quarante points au Stade toulousain en demie et les deux tiers des tribunes étaient anglaises, se souvenait l’ancien pilier Didier Casadeï. C’était quasiment l’équipe d’Angleterre en face alors que nous n’étions que des joueurs de club, hormis quelques trois-quarts. Je crois qu’on a vraiment eu peur de passer pour des charlots, alors on a réalisé le match de notre vie. On avait la rage, c’était grandiose. »

« Nous étions les petits Poucets mais c’était étrange, reprenait l’ailier Sébastien Viars, auteur du premier essai corrézien, un bijou resté dans les mémoires. D’un côté, on affrontait l’ogre de l’époque qui avait secoué le grand Toulouse. D’un autre, il y avait une espèce de plénitude. Nous étions entrés dans la Coupe d’Europe sans se poser de questions, sans avoir de complexe. Il existe des périodes comme ça, très rares dans une carrière, où tu sens que rien ne peut t’arriver. Chaque joueur était en pleine forme, il n’y avait pas de blessés, tout roulait… Ce jour-là, nous étions à 100 % de nos moyens.

À 100 % pour accomplir l’un des plus gros exploits du sport français, trois ans seulement après celui de leurs voisins limougeauds en basket. Ce qui fera d’ailleurs du Limousin, la première région française à avoir deux clubs champions d’Europe dans des sports majeurs ! Le dernier titre en date pour le CAB (en senior).

Ce qui fera dire à Alain Penaud : « La brièveté de ce cycle permet de l’isoler plus facilement et lui donne un piment particulier. Si l’on compare au Stade toulousain des années 90, il n’y a pas la même passion dans les témoignages. Pour eux, c’était naturel. Pour nous, si elles ne le sont pas restées, toutes les planètes étaient alors alignées. Ce qu’on a fait nous a marqués à vie et, quand on se voit, c’est encore là. »

Un constat partagé par Sébastien Viars : « Les Toulousains, plusieurs fois champions de France et d’Europe, peuvent fêter un titre tous les ans s’ils veulent. Nous, anciens Brivistes, on n’a qu’un trophée à célébrer mais on ne le rate jamais.

Alain Penaud et Christophe Lamaison célébrant la victoire

Le 25 janvier 1997, un événement historique s'est déroulé au Pays de Galles. Le CA Brive a remporté le seul titre européen de son histoire. C'est un vrai "rouleau compresseur corrézien" qui s'est abattu sur les anglais de Leicester, alors la meilleure équipe d'Europe. Victoire nette 28 à 9.

25 ans après, qu'en reste-t-il ? Même s'il avoue "ne pas y penser pas non plus tous les jours", Alain Penaud garde en lui des souvenirs mémorables de ce 25 janvier 1997. "C'est un ensemble d'images qui reviennent la plupart du temps de manière assez désordonnée" raconte le capitaine du CAB. "Ça peut être des images du terrain, des images de la célébration immédiate après la fin du match. Mais, la descente de l'avion à Brive a été juste phénoménale, jusqu'à l'arrivée dans le centre ville et sur la place de la Gierle."

Son compère Titou Lamaison garde aussi l'image magique de ce moment. "Je crois qu'on avait pas du tout conscience qu'on allait faire de déplacer justement cette foule immense. Je crois que c'était tout le département de la Corrèze qui s'était déplacé pour venir nous saluer. la nuit a été très longue"

"C'est vrai que sur le moment, on en profite certainement, mais on se rend pas véritablement compte. Mais je crois que ça a vraiment touché les gens. La bande à Patrick Sébastien l'a réalisé, mais ce n'est pas qu'une question de talent rugbystique, explique Titou Lamaison, le trois quarts centre du CAB de l'époque_. "Quand il y a des gars qui croient en un projet, qu'il y a des dirigeants qui croient aussi en un club, des supporters également qui croient en une équipe, tout cela fait qu'on est arrivé à Cardiff avec des arguments, certes, mais aussi une envie d'en découdre." _Une envie mise au service du collectif. La preuve sur les images, où le capitaine Alain Penaud ne se met pas en avant plus que cela. "J'ai la sensation, vraiment, que sur cette année 97, il y avait autant de capitaines que de joueurs et ça rendait les choses beaucoup plus simples."

Une Causerie Mémorable

Parmi les choses qui ont rendu possible cette victoire, il y a le discours d'avant match de l'entraîneur Laurent Seigne. Titou Lamaison raconte. "C'était une des plus belles causeries à laquelle j'ai pu assister. Laurent appréciait les joueurs mais appréciait avant tout les hommes. Il connaissait notre vie personnelle et il savait pertinemment quelles étaient nos qualités, nos défauts."

Quand on s'est levé du siège, on avait qu'une envie : en découdre avec les Anglais" - Titou Lamaison, trois-quart centre du CA BriveSon discours était mémorable car selon Titou Lamaison, Laurent Seigne "a eu un mot pour chacun, un mot qui qui a fait mouche pour chacun de nous : les revanchards, les anciens et les nouveaux qui avaient fait donc ce challenge de venir en Corrèze, ceux qui avaient changé radicalement de sport comme Sébastien Carrat, par exemple."

"Le club aurait bien voulu réunir ces grands champions pour fêter ces 25 ans. Malheureusement, le Covid est passé par là. Il faudra attendre pour boire une coupe de champagne ensemble. Restent les souvenirs et la Coupe, dont une réplique trône à l'étage du club house du CA Brive.

Pour toute une génération, ce titre restera inoubliable. Il sera aussi l'occasion pour certains joueurs comme Alain Penaud de se montrer.

Interview de Christophe Lamaison après la qualif de Brive en finale de la coupe d europe 1997-1998

Composition de l'Équipe Championne d'Europe 1997

Arrière talentueux de Brive de 1990 à 1998 et international à seize reprises, Sébastien Viars a sélectionné les champions d'Europe 1997 dans son XV de légendes en ajoutant quelques grandes figures du club sur son banc. "Non, honnêtement, je ne vois pas comment ce serait possible de choisir une autre équipe."

A l'heure de se prêter au petit jeu du XV de légendes, Sébastien Viars, arrière de Brive de 1990 à 1998, s'est retrouvé confronté à cette évidence : comment ne pas aligner le XV de départ du 25 janvier 1997 dans son intégralité ? Celui-là qui a terrassé Leicester 28 à 9 en finale de Coupe d'Europe, offrant à Brive ses lettres de noblesse sur la scène continentale.

"C'est le titre le plus probant du club et il avait été gagné avec la manière en plus. Tous à leur niveau, ces joueurs ont marqué leur époque, par leur talent et par leur caractère. Chacun a été au top au même moment, c'est comme si les planètes avaient été alignées. Je ne vois pas comment je pourrais enlever deux ou trois mecs. Je ne vois pas qui j'enlèverais d'ailleurs.

Mais même le charisme d'un Amédée-Domenech ou le talent d'un Jean-Luc Joinel ne sauraient contrecarrer la magie des héros de 1997, dont le souvenir rend nostalgique tous les amoureux du CABCL. Sébastien Viars le premier : "Cette équipe a marqué toute une génération par ce qu'elle accompli. Le jour de la finale, tout ou presque s'est passé à la perfection. Il n'y a eu que Titou (Lamaison) et moi qui avions été nuls au pied. Sinon, il y aurait eu quarante points d'écart... Mais le reste avait été tellement maîtrisé avec quatre essais, les ailiers avaient marqué, du spectacle, de la gestion et aussi du panache... Pourtant, nous étions en stress avant le match. Nous n'étions pas favoris : en face, Leicester avait un gros palmarès et avait mis une dérouillée au Stade toulousain en demie. Mais il y avait dans le fond une sérénité irrationnelle dans nos rangs. Personne ne faisait de complexe sur le plan individuel. Quand on se regardait, avec nos egos, il y avait une confiance absolue en chacun de nous et entre potes. Nous avions la rage dans le ventre et le feu dans les yeux.

Cette génération dorée aura connu un jour de gloire mémorable. Sans véritable lendemain. Sébastien Viars le regrette : "C'est tellement dommage de ne pas avoir été capable de lancer une épopée à la Stade toulousain. Même le Stade français ou Biarritz ont eu cette capacité à se remobiliser. Nous, après, nous avions eu moins faim. Ce groupe aurait mérité d'enchaîner les titres mais il s'est disloqué. Tout le monde en est responsable, le club n'a pas été capable de faire en sorte que ça perdure. Même si l'année d'après, nous revenons en finale (défaite contre Bath), c'était déjà friable et loin d'être aussi solide. Mais nous étions comme ça : cette équipe, c'était une marmite bouillante qui pouvait exploser à tout moment. C'est ce qui a été notre force."

Ce triomphe d'un jour ajoute à la mystique de cette formation passée à la postérité : vingt-trois ans plus tard, aucune autre équipe française n'a à ce point survolé une finale de Coupe d'Europe. "Le plus important, c'est que nous soyons restés potes, conclut Sébastien Viars. Nous avons notre groupe Whats'app commun. Et chaque fois que l'on se voit, dans le regard, ça se sent que l'on a vécu quelque chose de fort." Le plus grand moment de l'histoire d'un club centenaire.

Voici la composition de l'équipe :

  • 15 - Sébastien Viars
  • 14 - Gérald Fabre
  • 13 - Christophe Lamaison
  • 12 - David Venditti
  • 11 - Sébastien Carrat
  • 10 - Alain Penaud
  • 9 - Philippe Carbonneau
  • 7 - Grégory Kacala
  • 8 - François Duboisset
  • 6 - Loïc Van der Linden
  • 5 - Grant Ross
  • 4 - Eric Alegret
  • 3 - Richard Crespy
  • 2 - Laurent Travers
  • 1 - Didier Casadeï

Remplaçants : 16. Michel Yachvili, 17. Amédée Domenech, 18. Roger Fite, 19. Jean-Luc Joinel, 20. Marcel Puget, 21. Pierre Chadebech, 22. Jean-Marie Soubira, 23.

Voici un tableau récapitulatif des joueurs clés de l'équipe et de leurs rôles :

Poste Joueur
Arrière Sébastien Viars
Ailier Gérald Fabre
Centre Christophe Lamaison
Demi d'ouverture Alain Penaud
Demi de mêlée Philippe Carbonneau
Troisième ligne Grégory Kacala

Suites et Héritage

L’année suivante, Brive échoue de peu d’un doublé historique. Le CAB s’incline 18 à 19 face à Bath.

En 2001, le club corrézien est en difficulté et ne peut éviter la relégation en Pro D2. Depuis 44 saisons sans interruption, Brive figurait parmi l’élite du rugby français.

Après onze années sans briller parmi l’élite du rugby national, le CA Brive connait une nouvelle relégation en 2012 en Pro D2. En 2013, vice-champion de France de Pro D2, le club de Corrèze dispute les barrages d’accession au Top 14 et décroche sa place et son retour dans l’élite.

Doté d’un nouveau manager, l’objectif du CAB est de remonter en TOP 14. Le CABCL termine la phase régulière à la première place et signe sa remontée en remportant son match de barrage face à Grenoble.

Après une 12ème place au classement et un maintien assuré lors de la dernière journée de la saison 2021/2022, les Brivistes risquent de jouer à nouveau le maintien pour cette nouvelle saison. Depuis sa remontée en TOP 14 en 2019, le CAB lutte pour rester dans l’élite du rugby français.

L’an dernier, Brive termine 12ème devant les deux promus Perpignan et Biarritz. Avec une expérience plus importante en TOP 14, le Cab a assuré son maintien mais devra à nouveau défendre sa place cette saison.

De plus, des cadres du CAB ont quitté les rangs lors de l’intersaison comme Fa’aso’o, Kamikamica, Bekoshvili, Chauvac, Thomas, Lebas, etc. Ainsi un nombre important de joueurs d’expériences ont pris la direction de nouveaux clubs.

La saison dernière a été difficile pour les Corréziens. Néanmoins le CAB continue en TOP 14 pour cette nouvelle saison. Le budget du CAB a été réduit suite à des difficultés financières la saison dernière.

L’objectif des Brivistes sera donc clairement d’aller chercher le maintien cette saison. Après 13 départs, 8 nouvelles recrues ont intégré Castres pour cette saison 2022/2023. De plus, le staff a été réorganisé.

L’ancien coach Didier Faugeron a réintégré les bancs corréziens en tant que coordinateur sportif. Ses missions seront notamment de prendre en charge la cellule recrutement du club afin de progresser davantage sur l’émergence des jeunes joueurs.

Alors que 13 joueurs ont quitté le club, le staff a misé sur un recrutement sélectif et de qualité en recrutant seulement 8 joueurs. Ainsi Marcel Van der Merwe, Abraham Papali’i, Sammy Arnold, Rodrigo Bruni, apporteront leurs expériences au groupe.

Sur les 8 recrues, 7 officient en tant qu’avant. L’objectif du CA Brive pour cette nouvelle saison de TOP 14 sera de se maintenir dans l’élite du rugby français. Pour éviter le couperet de la relégation en Pro D2, la saison de Brive risque d’être compliquée.

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