Moussa Al-Tamari : L'étoile du Football Jordanien Brille en Ligue 1

Chaque nation de football émergente possède sa pépite, son modèle virevoltant prêt à conquérir l'Europe et à représenter valeureusement les couleurs nationales. La Jordanie possède son « Messi » : Moussa Suleiman Al-Tamari, ou « Moussa » pour ses proches. Découvrons le parcours exceptionnel de ce joueur talentueux.

Pour son deuxième match sous les couleurs de Montpellier, l’ailier offensif jordanien Moussa Al-Tamari a inscrit, un doublé face à l’Olympique lyonnais pour le compte de la deuxième journée de Ligue 1. Une performance qui a trouvé un large écho en Jordanie, notamment dans les colonnes du quotidien Al-Raï, l’un des trois grands journaux du royaume.

“L’étoile du football jordanien […] a imposé sa patte […] dans le championnat de France au niveau des grandes stars qui y évoluent, au point d’ajouter son nom dans la liste des pépites internationales, dans laquelle il entre par la grande porte.” Le joueur a même reçu les honneurs du prince héritier de Jordanie, Hussein ben Abdallah, qui a posté une séquence vidéo de l’un de ses buts.

Recruté cet été dans le club héraultais en provenance de Louvain, en Belgique, pour 2,5 millions d’euros, Moussa Al-Tamari, 26 ans, est non seulement le premier footballeur jordanien à évoluer en France, mais il est également le seul à jouer aujourd’hui en Europe.

Formé dans le club d’Al-Chabab en Jordanie, il a quitté en 2018 son pays natal pour rejoindre le club chypriote de l’APOEL, où il a gagné le surnom du “Messi jordanien”. La star de l’équipe de football de Jordanie (54 sélections, 13 buts), 82e au classement Fifa, s’est envolée par la suite pour la Belgique, où il a évolué ces deux dernières années, avant d’atterrir à Montpellier.

Après un parcours fait de “lutte, de patience et de travail acharné”, voici qu’Al-Tamari est aujourd’hui “en couverture des médias internationaux”, s’emballe un peu Al-Raï.

Émergence à Chypre

Lancé à ses dix-neuf ans, Moussa Al-Tamari devient rapidement une star locale et coqueluche de l'équipe nationale de Jordanie. Insaisissable balle au pied, le jeune gaucher est un phénomène, qui doit s'exporter pour poursuivre sa progression. Malgré le faible développement du football jordanien, Moussa est approché par un club européen, trublion de la Ligue des champions lors de la saison 2011-2012 : l'APOEL Nicosie, à Chypre.

Une première porte d'entrée vers le football européen.

« Il était assez vif et dribbleur. Il avait obtenu énormément de penalties cette année-là » Valentin Roberge, défenseur de l'Apollon Limassol et ancien adversaire de Moussa Al-Tamari.

Là-bas, l'international se développe tactiquement et athlétiquement. Il martyrise les défenseurs adverses, très rapidement trop faibles pour ses appuis déroutants. La première saison, il marque neuf buts et conduit l'APOEL vers le titre de champion. Le dernier soulevé par le club.

« Pour sa première, il avait fait une très bonne saison. Il avait été élu meilleur joueur du Championnat, se souvient Valentin Roberge, défenseur à l'Apollon Limassol et ancien adversaire de Moussa Al-Tamari, passé par Reims, Guingamp et le PSG. Il était assez vif et dribbleur. Il avait obtenu énormément de penalties cette année-là. »

Malgré des offres, notamment d'Italie, Moussa Al-Tamari reste une saison supplémentaire et connaît les joies européennes en Ligue Europa, contre Séville, en phase de poule, puis Bâle, en seizièmes de finale de la compétition. Ses statistiques déclinent, mais le potentiel reste sans limites.

Explosion en Belgique

Tombé sous le charme du jeune Jordanien, Marc Brys, le nouvel entraîneur de Louvain, l'attire en Belgique contre un chèque d'un million d'euros. Très vite, Moussa Al-Tamari se fait chambrer par ses partenaires, hilares à l'écho de son surnom : le « Messi jordanien ».

« On se demandait ce qu'était ce surnom. On trouvait ça vraiment exagéré. Ça nous a beaucoup fait rire au début », reconnaît Pierre-Yves Ngawa, défenseur belge, devenu proche de l'international jordanien.

« On se demandait ce qu'était ce surnom. On trouvait ça vraiment exagéré » Pierre-Yves Ngawa, coéquipier d'Al-Tamari à Louvain.

« C'était un bon joueur, rapide, électrique. Mais il n'aimait pas défendre. L'entraîneur l'a accompagné, ironise le défenseur. Balle au pied, il avait déjà un potentiel incroyable, bon dribbleur, bon centreur. Et il a énormément progressé. Très clairement, c'est l'un des meilleurs dribbleurs du Championnat (deuxième joueur réussissant le plus de dribbles selon Wyscout). Il n'enchaîne pas les passements de jambes, mais ses crochets courts vont très vite. Il possède également une très bonne frappe de balle, un très bon pied gauche, le pied droit, un peu moins. C'est un gaucher. Dans le Championnat belge, c'est le plus rapide. Son seul point d'amélioration, c'est la finition. »

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Buteur à six reprises cette saison en Championnat, Al-Tamari pourrait en être à « une dizaine » selon son coéquipier. « On a tout de même vu la progression en trois ans », s'enthousiasme Pierre-Yves Ngawa.

Chambreur en chef

Effacé lors de ses débuts dans le vestiaire de Louvain, Moussa Al-Tamari attire les doutes de ses coéquipiers, surpris par son comportement. « Moussa, il faut apprendre à le connaître. La première image n'est vraiment pas la bonne. Il est réservé et très calme, et on peut croire que c'est de l'arrogance. Mais ce n'est pas du tout le cas. C'est quelqu'un d'adorable. Quand il est à l'aise, c'est le premier à faire des blagues et se cacher dans les vestiaires. Je suis bien placé pour le savoir, il s'était immiscé dans mon casier pour me faire peur, j'étais sa victime », plaisante Jean-Yves Ngawa.

« Au début, on se disait que c'était un fainéant. On s'est tous trompés. Il travaille énormément » Pierre-Yves Ngawa, coéquipier d'Al-Tamari à Louvain

Dans le vestiaire montpelliérain, sa bonne humeur et ses chambrages à répétition seront une bouffée d'air frais. D'autant que le Jordanien n'en oublie pas de travailler intensément, pour survoler les limites fixées.

« Moussa est très professionnel. Et c'est quelque chose que l'on ne remarque pas directement. Il ne va pas vouloir montrer qu'il travaille dur. Quand il rentre chez lui, il va à la salle de musculation, qui n'est pas dans le centre d'entraînements. Il fait très attention à ce qu'il mange. Le préparateur physique le savait, mais nous n'étions pas au courant. Au début, on se disait que c'était un fainéant. On s'est tous trompés. Il travaille énormément », se rappelle le défenseur belge.

La star nationale

Moussa Al-Tamari est une star en Jordanie. Le petit prodige sur qui reposent tous les espoirs du pays.

« Quand je vois sa popularité en Jordanie, c'est incroyable. Au début ça lui a joué des tours. Sa toute première année, les supporters de Moussa incendiaient les réseaux sociaux du club. Ils sont plus nombreux que ceux de Louvain. Certains venaient jusqu'au stade », reconnaît Ngawa.

Une fois la connexion établie avec ses fanatiques, Moussa Al-Tamari s'est calmé et la relation est devenue saine. « Quand il est en équipe nationale, il dit que pour lui c'est le rêve. »

Un nouveau rêve s'est réalisé pour le jeune Jordanien jeudi. Libre de tout contrat, il s'est engagé à Montpellier, en Ligue 1. Une étape importante, « au bon moment », selon son copain de Louvain.

« Il y a trois ans c'était le petit jeune. Il a atteint un certain niveau de maturité. C'est le bon moment. J'ai joué avec beaucoup de Français, donc je connais la Ligue 1 de loin. S'il progresse pour concrétiser les actions, vous allez voir ce que vous allez voir. Son potentiel n'a aucune limite », conclut Pierre-Yves Ngawa.

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