L'histoire du Paris Saint-Germain a été marquée par la présence de plusieurs joueurs russes, chacun apportant sa propre contribution au club. L'arrivée potentielle de Matvey Safonov marque l'intégration du troisième joueur russe dans l'histoire du club, après Igor Yanovski et Sergueï Semak.
Selon plusieurs médias russes et français, le gardien russe Matvey Safonov serait en passe de devenir la première recrue du Paris Saint-Germain.

Matvey Safonov, potentiel futur gardien du PSG.
Les pionniers russes au PSG
Igor Yanovski
Igor Yanovski fut le premier joueur russe à rejoindre le PSG en 1999 en provenance d'Alania Vladikavkaz. Milieu de terrain robuste, Yanovski n'a jamais vraiment su s'imposer comme un élément clé de l'équipe parisienne. Principalement utilisé pour sa capacité à récupérer le ballon, il n'a pas réussi à se démarquer par des performances notables.
Durant ses deux saisons au club, Yanovski a disputé 86 matchs pour 2 buts, mais son impact est resté limité.
Sergueï Semak
Sergueï Semak rejoint le PSG en janvier 2005 en provenance du CSKA Moscou, quelques semaines après avoir fait souffert le PSG avec un triplé inscrit au Parc des Princes en Ligue des Champions provoquant l'élimination de notre club en phase de poule. Bien que capitaine en Russie, Semak n'a pas réussi à transposer son succès au sein du club parisien.
En une saison et demie, il a seulement disputé 31 matchs pour un seul petit but. Malgré sa réputation de joueur intelligent et polyvalent, il n'a jamais trouvé sa place dans l'équipe. Son passage au PSG est resté anecdotique, et il repart en 2006 pour le FC Moscou sans avoir laissé une empreinte significative.

Sergueï Semak lors de son passage au PSG.
Matvey Safonov: Un nouveau chapitre?
PSG : Très applaudi, même par ses rivaux ! Performance historique de Matvey Safonov #psg #football
À 25 ans, Safonov n’a jamais quitté son club formateur du FK Krasnodar, où il cumule 175 apparitions avec les « Taureaux » locaux. Sa longévité dans le but de Krasnodar lui a rapidement permis de taper à la porte de la sélection russe, dont il endosse le costume de titulaire depuis 2021 (13 apparitions). En raison de l’invasion des forces armées russes en Ukraine depuis le 24 février 2022, Safonov n’a disputé que des rencontres amicales avec la sélection.
Si une refonte offensive est à prévoir, l’apport de Safonov (1,92 m) dans les cages franciliennes pourrait apporter une concurrence à Gianluigi Donnarumma, capable de réaliser d’excellentes performances comme de commettre quelques erreurs préjudiciables. Le jeu au pied, en revanche, constituerait l’une de ses faiblesses. « Il a du mal quand il est mis sous pression et peut faire des erreurs de relance », indique le dirigeant d’un club russe à L’Équipe .
Après Arnau Tenas en 2023, Gianluigi Donnarumma en 2021, Alexandre Letellier en 2020, mais aussi Keylor Navas, Sergio Rico et Marcin Bulka en 2019, Safonov pourrait devenir le septième gardien recruté en cinq ans par le PSG. Celui de Sergio Rico, qui n’a pas joué un match depuis sa grave chute à cheval en mai 2023, s’achève à la fin du mois de juin. Le PSG ne semble pas avoir tranché, jusqu’ici, quant à l’avenir de l’Espagnol, ni celui d’Alexandre Letellier.
Safonov et Zabarnyi: Une cohabitation délicate?

L'Ukrainien Illia Zabarnyi et le Russe Matvey Safonov ensemble sur le terrain avec le PSG ? Le club de la capitale croit en cette cohabitation.
Alors que Matveï Safonov a réalisé une très belle prestation, samedi soir face à Rennes (5-0), les spéculations autour de la cohabitation entre le gardien russe et le défenseur ukrainien Illia Zabarnyi sont également allées bon train. Tandis que le Russe Matveï Safonov brillait dans les buts du PSG, samedi soir face à Rennes, le défenseur ukrainien Illia Zabarnyi était lui absent, officiellement malade.
Une absence leur a sauté aux yeux : celle du défenseur Ilya Zabarnyi, 23 ans, Ukrainien arrivé dans la capitale la saison dernière. "Zabarnyi absent juste à cause de la présence de Safonov aux cages où il est suspendu ?" questionne ainsi un supporter sur X. "Si c’est un faux forfait, à cause de la politique, moi je veux qu’il dégage" enchaîne un autre, plus virulent.
Agacé qu’on puisse douter du professionnalisme du défenseur, le club parisien n’a pas compris ce début de polémique. Il a fait savoir que le joueur était victime d’une grippe qui l’avait déjà contraint de s’absenter de l’entraînement le vendredi.
Lors des négociations autour de son transfert, la présence de Safonov dans l'effectif parisien a fait partie des points abordés, et l'ancien joueur de Bournemouth a rejoint le PSG en connaissance de cause. « Vous pensez qu'on ne l'a pas pris en compte dans notre réflexion ? » ironise-t-on en haut lieu.
Personnellement engagé, Zabarnyi a dénoncé les attaques russes à maintes reprises. Il a toujours pris le soin de ne pas associer son image à celle Safonov. « C'est normal qu'il se protège, dit-on au PSG. Safonov est le gardien de la Russie. Mais entre les deux, il n'y a rien d'anormal. Il y a du respect sur le plan professionnel. »
Le Russe et l’Ukrainien pourraient disputer leurs premières minutes communes ce mercredi soir à Bilbao, en Ligue des champions. Alors que leur relation suscite de nombreuses spéculations, le PSG gère le sujet avec sérénité.
Le contexte plus large des joueurs russes à l'étranger
Championnat réputé peu exportateur comme la Turquie en Europe, la Russie a longtemps eu cette étiquette. Salaire élevée, confort au pays, culture différente des autres pays européens… De nombreux facteurs ont expliqué cette réticente des talents russes à aller voir ailleurs si le prè est plus vert.
Il faut dire qu’il faut revenir à la fin des années 2000 et au début des années 2010 pour voir des joueurs russes évoluer hors de leur pays. Celle-ci trouvait sa source avec l’Euro 2008 où la Sbornaya avait atteint les demi-finales. Offrant ainsi une belle exposition aux meilleurs joueurs russes à une époque où le championnat local était moins exposé, la sélection avait permis de lancer une ouverture vers l’extérieur mais cela n’avait pas duré.
La dynamique initiée ne s’était pas maintenue et les choix du gouvernement russe n’avaient pas aidé. En vue de la Coupe du monde 2018 organisée à domicile, la Russie avait limité le nombre de joueurs étrangers à six sur les terrains. Garder les meilleurs éléments russes était donc crucial pour les clubs qui ont fait des places de choix aux internationaux.
Avec 0 joueur évoluant à l’étranger lors de la Coupe du monde 2014, le seul et naturalisé Roman Neutsdäter (Schalke 04) à l’Euro 2016 ainsi que Vladimir Gabulov (FC Bruges) et Denis Cheryshev qui a vécu en Espagne depuis son enfance (Villarreal) à la Coupe du monde 2018, la Russie s’est refermée sur elle-même.
Si cela a été payant avec un quart de finale à la Coupe du monde 2018, cela a tout de même freiné une certaine logique d’évolution en maintenant les joueurs dans une zone de confort. Cela s’est traduit d’ailleurs sur la scène européenne.
Régulièrement entre la 6e et la 7e place (une 8e place) entre 2008 et 2019, la Russie a décliné jusqu’au 10e rang avant son exclusion des compétitions européennes en 2022 avec la Guerre en Ukraine.
Pour ce qui est des carrières individuelles, l’exportation des joueurs russes a pu reprendre comme souvent grâce à ses meilleurs talents.
Un nouveau dossier qui montre que malgré la guerre, les mentalités isolationnistes des joueurs russes sont moins marquées. Avec des talents comme Konstantin Tyukavin (21 ans, Dinamo Moscou), Sergey Pinyaev (19 ans, Lokomotiv Moscou) ou encore Nikita Saltikov (19 ans, Kylya Sovetov) qui pointent le bout de leur nez, nul doute que ce phénomène risque de se poursuivre.
D’autant plus que la limite de joueurs étrangers qui est actuellement de 8 a de fortes chances de passer à 13 la saison prochaine. Une réforme qui ne contraindra plus les clubs à forcément miser autant sur les locaux après plusieurs années à intensifier la formation.