Les tatouages sont devenus une partie intégrante de la culture NBA, ornant les corps des joueurs avec une variété de motifs et de symboles. Des dragons aux ailes d'oiseaux, en passant par des personnages de bandes dessinées et des références spirituelles, l'encre raconte des histoires personnelles et reflète l'évolution des tendances dans la ligue.

Si le phénomène s’est largement répandu dans la ligue depuis de nombreuses années, il pose encore parfois question.
L'Évolution des Tatouages en NBA
En observant les photos de joueurs des années 1950, 1960 ou 1970, nulle trace d’encre sur les peaux. On peut même supposer que dès la fin des années 1940, lors de la naissance de la ligue, ceux qui sortaient de leur service militaire, dans la Navy notamment, étaient tatoués. Chez les marins, la pratique était de rigueur et fait encore aujourd’hui l’objet de règles précises.
Dans les années 1990, la notion de tatou fait encore sourire certains joueurs comme Danny Ainge, alors arrière des Suns, qui pensait le phénomène réservé aux « gars qui montent des Harley-Davidson avec des vestes en cuir et des bottes avec éperons ».
Avec les tatouages, qu’ils soient de bon goût ou non, on n’hésite plus à parler de mode. « Les joueurs NBA aiment être à la mode, avoir le style », justifie à ce propos Glen Rice dont l’équipe du Heat compte déjà 7 joueurs tatoués sur 12.
Certains, comme Bimbo Coles, disent… ne pas vouloir se fâcher avec leurs mamans (Shaquille O’Neal assure avoir demandé sa permission). D’autres, comme le musculeux Kevin Willis, ne veulent pas « tâcher » leurs biceps.
Un homme va pourtant donner une autre dimension à la pratique : Dennis Rodman. Candidat au titre de joueur le plus fantasque de l’histoire, il aurait connu ses premières expériences en la matière lors de son année rookie chez les Pistons, en 1986, au contact du vétéran, Adrian Dantley, tatoué au niveau de la hanche.
En plus du bandeau frontal, le tatouage fait partie intégrante du « look » de la puce électrique des Sixers lorsqu’il est sur le parquet. Comme le futur MVP de la ligue gagne en popularité, la ligue est particulièrement méfiante quant à l’image qu’il renvoie.
« La raison pour laquelle je voulais porter une coudière ou être tatoué lorsque j’étais gamin ? Allen Iverson, rétorque le néo-Laker, qui a fait équipe avec un sacré oiseau du tatouage, en la personne de Chris “Birdman” Andersen. Il était incroyable sur le terrain, avec ce bandeau, cette coudière et ses tatouages. Je me disais ” Ça déchire ! “. Et c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai adoré quand j’ai fait mon premier tatouage.
« Chacun réagit à sa façon, poursuit l’ancien dirigeant en 2013. Je le regarde avec le spectre des gens qui nous demandaient comment on se sentait par rapport aux coupes afros car beaucoup de fans ont décroché à cause des afros. Et puis on est passés des afros aux « cornrows ». Nos joueurs sont encouragés à s’exprimer de toutes les manières et le tatouages en est une. Nous l’accepterons.
Si en 2003, l’auteur d’un ouvrage spécialisé évoque un taux de 70%, plus récemment un blogueur a tenu pendant plusieurs saisons une base de données plutôt méticuleuse affichant plutôt un taux de tatoués dans la ligue stable, autour des 55%.
« Il semble bien qu’aux États-Unis, les joueurs NBA (comme ceux de la NFL) soient pour beaucoup tatoués, poursuit le spécialiste, sachant que la fréquence dans cette tranche d’âge a son importance, tout comme l’origine sociale des joueurs. Même si le tatouage touche toutes les CSP, il est plus fréquent dans les catégories populaires.
Shane Battier est de son côté persuadé que les tatoués de la ligue influencent aussi le restant de la population. « Historiquement, ce qui est cool dans la NBA devient cool dans la culture pop. La culture populaire a emboîté le pas et les tatouages sont désormais très répandus.
Les tatouages sont ancrés dans la culture de la NBA : on estime que 55% des joueurs sont tatoués en NBA. Malgré leur émergence dans les années 90, cet univers a déjà ses icônes comme Dennis Rodman ou encore Allen Iverson.
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Les Tatouages : Une Addiction ?
Plusieurs joueurs actuels sont revenu sur leurs tatouages et leur rapport aux tatouages. Tout d’abord, les tatouages auraient des « effets addictifs ».
« Pendant une période de 2 à 3 mois, Steve (le tatoueur) tatouait littéralement tous les jours. Ces deux à trois mois, nous avons fait mon bras. Austin Rivers est revenu dessus aussi, lorsque celui-ci a eu son premier tatouage, il ne pouvait pas s’empêcher de revenir avec son ami toutes les semaines, « parce que c’est addictif ».
Il faut aussi savoir que la plupart des joueurs se font tatouer durant l’offseason. En effet, ça peut paraitre logique au vu du temps libre qu’ils ont, mais ce n’est pas pour cette raison ! En effet, pour Jordan Clarkson, son tatouage qui a mis le plus de temps à cicatriser était son « peace sign ». étant donné qu’il plie régulièrement son genou, surtout quand il joue.
Tout comme Clarkson, Terry Rozier se fait tatouer surtout pendant l’offseason. Quant à lui, Bradley Beal dessine lui même la plus part de ses tatouages.
La raison à cela : il met du temps pour avoir un tatouage, pour savoir si c’est vraiment ce qu’il veut et de la manière dont il le veut. L’arrière des Suns affirme que « tous ses tatouages ont un sens et qu’il n’aurait jamais un tatouage qui n’a pas de sens ».
« Les tatouages sont très importants pour moi, simplement pour raconter mon histoire, mon histoire de vie et toutes les épreuves auxquelles j’ai été confronté, toutes les cicatrices, les essais, les tribulations et les triomphes que j’ai surmontés dans ma vie. Donc c’est simplement mon histoire.
L'Âge des Premiers Tatouages
Certain se sont fait tatouer très jeune. C’est le cas d’Austin Rivers qui a eu son premier tatouage à l’âge de 14-15ans. Mais aussi celui de Terry Rozier, qui s’est fait tatouer à 14 ans son nom et un ballon de basket avec une couronne. « Un tatouage typique d’un gamin de 14 ans » selon lui.
Tout comme Rozier, Bradley Beal s’est fait tatoué a 14 ans, un ballon de basket et son nom comme premier tatouage. LaMelo Ball, c’est à l’âge de 16 qu’il se fait tatouer « GOD et « FEAR » sur ses poignets.
Damian Lillard a été tatoué pour la première fois à 18 ans. Sa mère lui refusait systématiquement, lui accordant la permission seulement quand il aurait son diplôme. D’ailleurs, son premier tatouage est un tatouage qu’il a en commun avec ses frères.
Contrairement à d’autre joueurs, Aaron Gordon s’est fait tatouer pour la première fois à 20 ans. J’étais déjà en NBA depuis plusieurs années. Mon frère, ma sœur et quelques-uns de mes amis m’ont dit : « Mec, quand est-ce que tu vas te faire ton premier tatouage ? Tu as de l’argent, tu as réussi, autant te faire tatouer. » Alors je me dis, je pense que c’est le moment.
Évidemment, ça arrive assez souvent que des joueurs « couvrent » leurs tatouage. Souvent lié au regret de celui-ci ou juste, que cela ne leur plaisait plus. Mais ce n’est pas le cas pour Clarkson. Heureusement pour eux, la plupart des joueurs de la ligue ne regrette aucun de leurs tatouages.
Dans les deux tatouages ci-dessus, Jordan Clarkson et Damian Lillard souhaitent rendre hommage à des membres de leurs familles. La famille est un des thèmes récurrents.
Pour Austin Rivers, mais pas que, la foi a une place très importantes dans la vie. Pour des athlètes, le sport compte énormément pour eux, et ils ont grandi autour de ça.
Pour rendre hommage à ses ancêtres, Aaron Gordon s’est fait ce tatouage représentant le massacre envers les américains natifs qu’il y a eu par le passé.
Les Tatoueurs Vedettes de la NBA
Pour faire des tatouages, il faut évidemment un tatoueur. Le plus connu de tous, Steve Wiebe est reconnu pour avoir tatoué de multiples joueurs NBA comme Tatum, Gary Payton II, KD, Jordan Clarkson etc… On pourrait dire que c’est le maître des tatouages en NBA.
Steve Wiebe n’était pas connu alors quand KD a vu son Instagram et a contacté Steve afin de le tatouer. À partir de là, c’était l’explosion. Il s’est fait de plus en plus connaitre et son nom s’est répandu dans la ligue.
Mais il ne fait pas que tatouer. Steve a de vrais liens avec les joueurs qu’il tatoue. Il est notamment parti en Grèce avec Kevin Durant et DeAndre Jordan. Selon lui, c’est ce qui rend son travail unique, ce sont les relations qu’il construit qui rendent tout cela unique.
Le tatouage, cela ne se limite pas à simplement un dessin sur un corps. C’est bien plus que ça. En NBA, cette culture est particulièrement développée, et se voit sur beaucoup de corps de joueurs. Un hommage éternel.
Hommage à Kobe Bryant
Grand ami de Kobe Bryant, LeBron James a décidé d'honorer sa mémoire avec un tatouage hommage : un serpent, "Black Mamba" oblige, avec les numéros 8 et 24 sous lesquels on peut lire "Mamba 4 Life", prennent place sur la cuisse gauche du "King".
LeBron n'est pas le seul joueur des Lakers à s'être fait tatouer pour rendre hommage au monument de la franchise californienne tragiquement décédé dans un accident d'helicoptère, notamment en compagnie de sa fille Gianna, dimanche 26 janvier en Californie.
Mike Scott : Une Toile d'Expressions Personnelles
S'il est plutôt du genre joueur de l'ombre, Mike Scott attire tous les regards depuis son arrivée à Nancy fin octobre. Il y a ses 612 matches en NBA (Atlanta Hawks, Washington Wizards, LA Clippers, Philadelphia 76ers), forcément, CV surdimensionné à l'échelle du basket français, mais la dégaine de bad boy de l'ailier américain du Sluc (2,03 m) n'y est pas étrangère non plus. Ses bras, son cou et son buste sont presque entièrement recouverts de tatouages, symboles souvent déroutants d'une personnalité à contre-courant.

Sur son cou, Mike Scott a fait tatouer une tête de mort en flammes, son tatouage préféré. (Christophe Berlet/L'Équipe)
Une Source d'Inspiration Inattendue
Anticonformiste. Scott, 34 ans, dit avoir arrêté de les compter. Il parierait sur « 80 ou 85 », dont un magma... d'émojis sans signification particulière, si ce n'est quelques jeux de mots bien sentis çà et là. Son corps est une toile qu'il peint à l'instinct, guidé par la seule obsession de ne ressembler à aucun autre. Sa principale source d'inspiration ? La messagerie de son téléphone, inépuisable caverne d'Ali Baba. « Ça peut sembler stupide mais c'est mon style, ma marque de fabrique, sourit Scott, joker médical de luxe de Donte Grantham jusqu'au 18 décembre. On aime ou on n'aime pas. » Vous le trouvez ridicule ? L'Américain s'en cogne et vous le dit en rébus sur son bras droit : eye-donut-carrot-all (« I do not care at all », « Je m'en moque complètement »).
Si les plus curieux lui parlent surtout du doigt d'honneur tatoué sur son bras gauche, un de ses préférés, ou de la danseuse sans visage encré sur le droit, ses tatouages racontent aussi sa fierté d'avoir grandi à Chesapeake (Virginie) et sa passion dévorante pour les jeux vidéo, rétro (Mortal Kombat, Mario, Zelda, Pac-Man...) ou pas (Call of Duty, FIFA).
Sans oublier sa fascination pour les araignées et l'astronomie, nourrie par des films comme Armageddon, Deep Impact et Interstellar. « Ça doit être mon côté intello », badine l'Américain, convaincu de l'existence d'une vie extraterrestre : « Sur internet, tu lis toutes les semaines des histoires d'apparitions inexpliquées, des pilotes qui disent avoir vu des choses voler, trop vite et trop bizarrement pour qu'il s'agisse d'avions. Je ne sais pas à quoi les extraterrestres peuvent ressembler, s'ils ont des grosses têtes, de gros yeux, mais je pense que le gouvernement américain a déjà trouvé un corps ou un vaisseau qu'il garde en observation quelque part, dans le secret. Pour mener des expériences ou je ne sais pas quoi d'autre. »
Les Débuts et les Réactions Familiales
C'est à l'université de Virginie que Scott a chopé le virus. « Laugh now, cry later ». Quatre mots et deux masques aux expressions opposées (joie-tristesse) tatoués sur son triceps gauche comme une invitation à profiter de l'instant présent.
« Je me souviens avoir eu peur de le dire à mon père, un ancien Marine, rembobine l'ailier, qui avoue à demi-mot avoir cédé à un effet de mode à l'époque. Quand j'ai enfin trouvé le courage, ça n'a pas eu l'air de le gêner plus que ça. Alors deux ou trois semaines plus tard, j'y suis retourné. »
Accro, Scott enchaîne avec une citation : « No one can see through what I am except for the one who made me ». Traduction : « Personne ne peut lire en moi à part mon créateur ». Puis il se fait tatouer le prénom de son petit frère Antonn sur le poignet, gauche toujours. Suivront un ballon de basket en 3D sur son épaule droite et « tout un tas de petits tattoos », dont les initiales de ses parents sur son cou. La goutte de trop pour son père.

Sur ses bras, l'Américain accumule des émojis sans signification particulière. (Christophe Berlet/L'Équipe)
« Là, il s'est vraiment mis en colère, raconte le numéro 3 du Sluc, dont l'apport a été immédiat malgré le manque de rythme. Il m'a dit que j'allais ruiner mes chances dans la vie, que je n'avais plus d'autre choix que de réussir dans le basket. » Les remontrances du paternel ne l'empêcheront pas de se faire tatouer une tête de mort en flammes sous sa pomme d'Adam quelques années plus tard.
La Fièvre des Tatouages à Atlanta
« J'avais toujours voulu un tatouage dans le cou. Un truc hardcore, badass. Si je ne devais en garder qu'un, ce serait celui-ci. J'en ai tellement bavé, allongé pendant deux heures et demie, crispé, les mains moites... » Scott sortait alors de sa troisième saison avec Atlanta, la plus aboutie collectivement de sa carrière en NBA, avec une finale à l'Est (perdue contre Cleveland, 0-4). C'est à cette époque - il restera cinq ans en Géorgie (2012-2017) - qu'il a fait la plupart de ses tatouages, pris d'une « fièvre » qu'il ne s'explique pas vraiment.
La première fois qu'il lui avait réclamé un émoji, au sortir de sa saison rookie, son pote tatoueur l'avait envoyé bouler : « Mec, dégage de chez moi ! » À Atlanta, il a vite trouvé son bonheur chez une artiste qui a, depuis, déménagé en Floride : « Je pouvais en faire dix par séance, parfois plus, se marre Scott. Je me levais le matin, j'avais envie d'un tatouage, j'y allais. "Encore des émojis ?" Personne ne lui avait jamais demandé ça. Mais je voulais justement me démarquer ».

Anticonformiste, le basketteur est presque entièrement recouvert de tatouages sur son corps : il en possèderait « 80 ou 85 » mais il a arrêté de les compter. (Christophe Berlet/L'Équipe)
Peut-être était-ce aussi sa façon d'exprimer ce qu'il ne pouvait verbaliser, lui l'introverti, cantonné pendant toute sa carrière à un rôle d'energizer en sortie de banc. Shooteur accompli mais limité par ses minutes (16,5 par match en moyenne en saison régulière), joueur de devoir plus que machine à highlights.
Une Phrase en Français : Un Acte de Rébellion
Loin du star-system mais pas « contre le monde », comme pourrait le suggérer cette phrase tatouée en français sur son torse. « C'est une histoire marrante, sourit l'Américain. J'ai rarement été largué à l'université, mais ç'a été le cas avec le français. Je n'étais pas un cancre, j'avais même pris un prof particulier. Mais rien n'y a fait, je n'y arrivais pas. Mon directeur d'études m'avait poussé à apprendre le français alors que tout le monde me conseillait de choisir l'espagnol. J'étais en colère contre lui, et ce tatouage, c'était ma façon de dire "j'emmerde tout le monde". Quand je vois la façon dont ma fille de 4 ans le parle aujourd'hui, je regrette de ne pas avoir commencé plus tôt. »
L'Avenir de Scott et les Tatouages
Passionné par l'astronomie, l'ailier-fort de Nancy a fait tatouer le système solaire sur son avant-bras droit et affiche aussi plusieurs aliens sur le reste de son corps, convaincu de l'existence d'une vie extraterrestre.

Passionné par l'astronomie, l'ailier-fort de Nancy a fait tatouer le système solaire sur son avant-bras droit et affiche aussi plusieurs aliens sur le reste de son corps, convaincu de l'existence d'une vie extraterrestre. (Christophe Berlet/L'Équipe)
Scott ira où le vent le mènera, mais Nancy et la France garderont, à coup sûr, une place à part dans son coeur. Au point d'envisager un nouveau tatouage ? « Pourquoi pas la tour Eiffel ?
Les Thèmes Récurrents des Tatouages NBA
Les joueurs NBA utilisent leurs tatouages pour exprimer une variété de thèmes personnels et culturels.
- Famille: Hommages aux membres de la famille sont fréquents.
- Foi: La spiritualité et la religion sont des thèmes importants pour de nombreux joueurs.
- Sport: Le basket-ball et l'amour du jeu sont souvent représentés.
- Héritage: Certains joueurs honorent leurs ancêtres et leur histoire à travers leurs tatouages.
Statistiques Clés sur les Tatouages en NBA
| Année | Pourcentage de joueurs tatoués |
|---|---|
| 2003 (estimation) | 70% |
| Actuel (estimation) | 55% |
Les tatouages sont devenus une forme d'expression personnelle et culturelle profondément ancrée dans la NBA. Des hommages aux légendes du jeu aux déclarations personnelles audacieuses, l'encre sur les corps des joueurs raconte des histoires fascinantes qui vont bien au-delà du terrain de basket.