Joueurs NBA Sans Domicile Fixe : Des Parcours Atypiques

Séries cultes, joueurs de légende, rivalités exacerbées, parcours atypiques… Régulièrement, une histoire sur la NBA pour briller en société. Profitons de cette période creuse et sans match pour nous cultiver un peu.

Le monde de la NBA est souvent perçu comme un univers de paillettes et de millions de dollars, mais derrière cette façade se cachent des histoires poignantes de joueurs qui ont connu des difficultés extrêmes. Cet article explore les parcours atypiques de certains joueurs de la NBA qui ont été confrontés à l'errance, à la pauvreté et à d'autres défis majeurs.

Jimmy Butler : Du Sans-Abris à la Star de la NBA

Mais ce qui nous intéresse chez ce jeune joueur, ce n’est pas que le basket, mais surtout son parcours, qu’il a longtemps gardé secret. Né en 1989 au Texas, il ne connaitra pas son père qui abandonne le foyer alors que Jimmy n’est qu’un nourrisson. « Je n’aime pas ton regard. Va-t’en. À un âge où les ados pensent avant tout aux filles, au sport, voire à l’école (plus rare, je le concède), il se retrouve sans maison, sans famille, sans argent.

Il va alors devoir survivre seul, en squattant chez des amis, allant d’une famille à l’autre. Avec un échappatoire, le basket. Il va d’ailleurs commencer à attirer l’attention et l’été avant son année senior au lycée. Il est suivi, mais malheureusement pas par les coachs de Divison 1 NCAA, mais à un niveau local, il se révèle comme une potentielle star à Tomball, où il vit. Il est d’ailleurs suivi par un jeune homme de 2 ans son cadet, Jordan Leslie. Jimmy a alors 17 ans et la rencontre entre les deux teenagers se fait évidemment sur un terrain de basket, lors d’un concours à 3 points improvisé entre eux.

La mère de Leslie, Michelle Lambert, est d’abord réticente à accueillir Jimmy. Elle vit avec ses 4 enfants d’un premier mariage. Son nouveau mari en a également 3. Le foyer ne roule pas sur l’or. Et Jimmy n’a pas forcément bonne réputation. Il est donc autorisé à rester, mais que pour 1 ou 2 nuits à la fois. Mais chaque soir, l’un des enfants réclame son tour : « Ce soir, Jimmy reste pour moi ». Finalement, il deviendra après quelques mois un membre de la famille. Mais avec des restrictions, qu’il n’avait jamais connues. Un couvre-feu pour rentrer le soir, l’obligation d’aller en cours et d’améliorer ses notes, des corvées à la maison.

« Je lui ai dit que mes enfants l’admiraient. Il devait éviter les problèmes. Travailler dur à l’école. Il devait être un exemple. Et vous savez quoi ? Jimmy l’a fait. Il devient dans le même temps une star pour Tomball High School, terminant son année senior à 19,9 points et 8,7 rebonds par match. Insuffisant cependant pour retenir l’attention des grosses écuries NCAA. Il jouera donc au Tyler Junior College, près de chez lui.

Il terminera meilleur scoreur de son équipe en freshman et sera alors courtisé : Marquette, Kentucky, Clemson, Mississipi State et Iowa State lui font une offre. C’est sa mère d’adoption qui lui conseillera Marquette pour des raisons scolaires. Parce qu’il lui fallait un bon diplôme en cas d’échec au basket. « Je n’ai jamais été plus dur avec un joueur que je l’ai été avec Jimmy. J’étais sans pitié avec lui parce qu’il ne savait pas à quel point il pouvait être fort. Toute sa vie on lui a dit qu’il n’était pas assez bon.

Mais d’échec, il en fût presque question lors de ses débuts à Marquette. Il passa son année sophomore sur le banc pour 5,6 points et 3,9 rebonds. Barré par Wes Matthews and Lazar Hayward. Lui qui était le go-to-guy avant, se retrouve limité et frustré. Une nouvelle expérience pour lui. « J’ai été encadré par les meilleurs. Ces gars m’ont tellement appris sur comment jouer et comment être un homme […] Je veux être un type sur qui mon équipe et mon coach peuvent compter.

En senior, il attire l’attention des scouts NBA par sa polyvalence et sa capacité à défendre sur plusieurs postes. Malgré cela, Jimmy Butler joue sans savoir qu’il est observé. Le point culminant de cette saison se déroulera lieu lors de la « senior night ». Ce soir là, Michelle Lambert l’accompagne à son entrée sur le parquet, comme le veut la tradition. Il s’agit pour eux deux d’un grand moment d’émotion car personne ne connaît vraiment l’histoire de Butler.

«Je lui rends hommage pour m’avoir aidé à devenir qui je suis. Je l’aime. Vous pourriez penser qu’elle m’a donné naissance. C’est ma famille. C’est Michelle Lambert. Finalement, Jimmy Butler racontera son histoire en juin 2011 lors d’une interview à Chad Ford (ESPN). Parce que la NBA est tellement médiatisée que la vie d’un joueur est scrutée. « Son histoire est l’une des plus remarquables que j’ai vues dans mes nombreuses années de basketball. Il y a eu temps de fois dans sa vie où il était voué à échouer. Chaque fois, il a réussi à surmonter des obstacles énormes.

Mais surtout, Jimmy Butler voulait montrer qu’il était fier de son parcours, qu’il lui avait permis de devenir l’homme et le joueur qu’il est maintenant. S’il est fier de cette interprétation de son histoire par les GM, il craignait tout de même d’être pris en pitié. Ce dont il a horreur. « Il n’y a aucune raison d’avoir pitié. J’aime ce qui m’est arrivé. Cela a fait de moi ce que je suis. Je suis reconnaissant des défis auxquels j’ai fait face.

Pas de pitié alors pour Jimmy Butler. Seulement du courage. Comme lorsqu’il défend maintenant sur les meilleurs joueurs NBA. Parce que son parcours lui a appris que tout était possible. En prenant les choses les unes après les autres, jour après jour. Toute sa vie il a dû lutter contre les doutes des gens. Mais ils ne connaissaient pas son histoire. Maintenant si. Ils sont donc prévenus.

Tout ce dont Butler a besoin, c’est qu’on lui donne sa chance. Comme Michelle Lambert l’a fait.

Delonte West : De la NBA à la Rue

Le joueur américain Delonte West a évolué pendant neuf ans au sein de la NBA, la meilleure ligue de basket-ball du monde. Mais des images, relayées ces jours-ci sur internet, le montrent sous un pont, à Dallas, en situation d’errance. Tristes images, pour les fans de basket, habitués à suivre leurs vedettes de NBA à la télé. Alors que la plupart des joueurs sont millionnaires, qu’ils trustent les spotlights une bonne partie de l’année, Delonte West, lui, galère.

Cet Américain de 36 ans a joué pour quatre formations de NBA (Boston, Cleveland, Seattle, Dallas), un total de 432 matchs, après avoir été recruté en 24e position à la Draft 2004 (la sélection pour entrer en NBA). Dans sa carrière, il n’était pas considéré comme une étoile de la ligue, mais il a tout de même fait sa part du travail avec chacune de ses équipes. L’un de ses équipiers, la star LeBron James, pouvait d’ailleurs en attester. Les statistiques sont ainsi plutôt bonnes (moyenne de 9,7 points par match). Sauf qu’il aurait très mal géré sa fortune depuis l’arrêt de sa carrière en 2013.

Une photo de lui postée récemment sur les réseaux sociaux a ainsi fait malheureusement sensation aux États-Unis. On peut y voir Delonte West à la rue, en situation d’errance. Des habitants de Dallas ont confirmé, suite à cela, que West serait sans domicile fixe. Plusieurs sources affirment qu’il serait ruiné. Une vidéo (voir ci-dessous) l’a par ailleurs montré en train de tournoyer sous un pont, visiblement pas tout à fait dans son état normal.

En 2016, une première photo, postée sur les réseaux sociaux, avait laissé apparaître un Delonte West en difficulté, avec une veste d’hôpital, dans la rue, un verre à la main. Un peu avant, le joueur avait avoué avoir postulé à un emploi chez Home Depot (un magasin de bricolage) pour pouvoir faire vivre sa famille. Cette nouvelle photo a en tout cas fait beaucoup de bruit aux États-Unis, où traditionnellement, les joueurs du moment sont vénérés sans que l’on ne s’intéresse véritablement à leurs autres facettes parfois plus sombres.

La problématique de l’après-carrière est aussi pointée du doigt, sachant que ce n’est pas le premier joueur (des quatre grands sports US) à traverser des moments durs quand il a raccroché. Certes, Delonte West n'est pas le joueur NBA le plus célèbre des années 2000, mais avec ses huit saisons dans la ligue et ses 9.7 points de moyenne, le petit meneur de jeu était un personnage incontournable des parquets.

Les fans NBA, et les fans de sports américains en général, le savent bien, nombreux sont les sportifs qui sombrent dans la dépression et dans la pauvreté. Quelques exemples récents (Lamar Odom, Allen Iverson ou encore Scottie Pippen) rappellent qu'entre la gloire et l'enfer, il n'y a qu'un pas. Hier, une vidéo dans laquelle on peut voir Delonte West dans un état déplorable a fait le tour des réseaux sociaux.

Son nom n’avait peut-être pas beaucoup franchi les frontières de la NBA où il a officié durant quelques années. De joueur NBA à SDF, Delonte West vit une période compliquée. Il y a 10 ans, Delonte West était un joueur de NBA de talent, coéquipier de LeBron James chez les Cleveland Cavaliers. Drafté en 2004 par les Bolton Celtics, il a connu une belle carrière en NBA avec 8 saisons, 432 matchs et 16 millions de dollars de gains accumulés avant de mettre un terme à sa carrière en 2015. Sauf qu'aujourd'hui, il est en grande détresse sociale et a été arrêté dans la rue, dans un état second, dans une ville de la banlieue de Washington.

Filmé torse-nu, tabassé sur une bretelle d'autoroute, les images ont fait le tour des réseaux et ont beaucoup choqué. Beaucoup se sont émus de la situation actuelle de West, notamment Jameer Nelson, son ancien coéquipier en universitaire. "Voir ces vidéos me rend malade. J’ai parlé avec Delonte ces derniers mois, juste pour être présent, en tant qu’ami. Ce que je sais, c’est que quand tu as des difficultés mentales, émotionnelles ou physiques dans la vie, il faut en parler à quelqu’un. À un docteur."

Delonte West, qui a avoué souffrir de troubles bipolaires et de pensées suicidaires, avait déjà fait parler de lui en 2010 après avoir été arrêté pour possession d'arme illégale. On espère pour lui qu'il se remettra vite sur pieds. Delonte West est aidé par son ancien patron (photo illustration). Delonte West est aidé par son ancien patron (photo illustration). Delonte West, 37 ans et originaire de la capitale des États-Unis Washington D.C., vit une descente aux enfers depuis la fin de sa carrière. En 2012, il a ainsi mis un terme à sa vie de joueur NBA, et puis, tout s’est enchaîné. Dernièrement, il a fait l’actualité après avoir été tabassé dans les rues de Dallas. Sur les réseaux sociaux, de nombreux fans et membres de la NBA se sont émus de cette situation.

« Les gens disaient qu’il était à quelques kilomètres de chez moi, alors j’ai roulé à sa recherche », a-t-il expliqué. Encore un long chemin à parcourir, mais il a fait le premier pas et partage cette photo avec nous tous en guise de remerciement pour notre amour et soutien. C’est une histoire assez extraordinaire qui s’est déroulée dans l’Ohio ces derniers jours. Un sans-abri de la région possède en effet un don : une voix faite pour la radio. A Columbus, les automobilistes le connaissent bien et l’un d’eux décide de le filmer pour faire connaitre sa voix au pays. Quelques heures après, Ted Williams envahit les réseaux sociaux et devient une sensation sur Youtube. Son rôle au sein de l’équipe n’a pas encore été précisé mais étant donné la place de l’histoire dans les médias nord américains, on peut imaginer qu’il sera mis en avant dans les prochains jours.

Caleb Swanigan : Une Fin Tragique

Caleb Swanigan était un de ces sans-grade de la puissante Ligue américaine. Caleb Swanigan a été retrouvé mort ce 21 juin chez lui, à Fort Wayne dans l’Indiana. Les causes de son décès ne sont pas encore connues mais il semble que le basketteur soit décédé de cause naturelle. Il avait 25 ans.

Une enfance difficile

Quel destin tragique que celui de cet ailier fort qui pouvait aussi jouer pivot ! Né à Indianapolis, Swanigan a eu une enfance sordide, bringuebalé de foyers en famille d’accueil. Quand il a fêté son 13e anniversaire en 2010, il avait déjà connu cinq foyers pour sans-abri avec sa mère et ses cinq frères et sœurs. Il avait aussi été inscrit dans 13 écoles différentes.

Boulimique de nourriture, il n’était à la préadolescence qu’un enfant obèse sans avenir destiné à faire la manche dans les coins des rues où il dormait. Son père Carl est mort en 2014 des suites du diabète. Il pesait 230 kg pour 2,03 m au moment de son décès. Son fils a commencé à prendre le même chemin avant de s’en écarter, puis d’y revenir à la fin de sa courte vie. À 14 ans, Caleb Swanigan mesurait 1,88 m mais pesait autour de 160 kg.

Le Basket comme Rédemption

C’est le basket qui l’a sorti une première fois de l’enfer. Sa taille (2,06 m à l’âge adulte) lui a permis d’être repéré par Roosevelt Barnes, un coach de l’AAU (Amateur Athletic Association), une ligue de basket amateur comme il en existe aux États-Unis où le sport business écrase tout. C’est là, vers 15 ans, que le jeune Swanigan, vite surnommé « M. Basketball » par ses nouveaux potes, est devenu un joueur de basket.

L’adolescent redescendu à 120 kg, son poids de forme, s’est transformé en un athlète musclé à force de rééquilibrer son alimentation. Champion du monde avec les U 17 puis les U 19 américains, en 2014 et 2015, il a fait les beaux jours de Purdue, une puissante université américaine. En 2017, à 20 ans, l’ancien sans abri s’est présenté à la draft NBA. Il est choisi en 26e position par les Portland Trail Blazers et sa trajectoire incroyable passionne vite l’Amérique.

L’intérieur a disputé 75 matchs NBA entre 2017 et 2020 entre Portland et Sacramento, son autre franchise. Son temps de jeu moyen, environ huit minutes par match, n’a pas été époustouflant. Il est resté un joueur de banc qui pouvait entrer à tout moment pour marquer un ou deux paniers. C’est pourquoi il n’était pas un joueur très connu en Europe. Il s’est investi durant sa carrière dans les écoles américaines pour aider les enfants à mieux manger chaque jour, la malbouffe étant un fléau aux États-Unis.

La Dépression et la Fin Prématurée

Swanigan a disputé son dernier match NBA quand le Covid a mis la NBA à l’arrêt en mars 2020. Tout a recommencé quand le virus s’est fait moins virulent, mais pas lui. Sans le basket, sa seule raison de vivre, le joueur a sombré dans une profonde dépression dont il ne s’est jamais relevé.

En 2021, il avait évité la prison pour récidive de possession illégale de marijuana. « Il paraît clair qu’il a des soucis dans sa vie. Vous ne savez rien de ce qu’il traverse et vous ignorez ce qui l’a mené vers ce changement drastique.

Tableau Récapitulatif

Joueur Carrière NBA Difficultés Rencontrées
Jimmy Butler Depuis 2011 Sans-abris, famille d'accueil
Delonte West 2004-2012 Problèmes de santé mentale, errance, pauvreté
Caleb Swanigan 2017-2020 Enfance difficile, obésité, dépression

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