Dans le monde intense et physique de la NBA, les blessures sont monnaie courante. Pour certains joueurs, un retour rapide sur le terrain nécessite le port d'un masque de protection. Au-delà de l'aspect médical, ces masques sont parfois devenus un symbole d'identité et de combativité.

Joel Embiid avec un masque de protection.
Le Masque de Joel Embiid : Un Retour en Force
Nous sommes en avril 2018, Philadelphie retrouve pour la première fois les Playoffs après cinq années de disette. C’était il y a quatre ans… quand Joel Embiid avait dû - suite à une fracture de l’orbite (déjà) - porter un masque pour revenir dans la compétition sans risquer une rechute au premier coup dans la figure. Seul bémol, le joueur star de l’équipe Joel Embiid, aka le symbole du Process, est forfait depuis une dizaine de jours car il s’est fracturé l’orbite gauche.
Une blessure assez particulière qui nécessite un certain temps avant d’être compatible avec la pratique du basketball de haut niveau. En plus, le chantier n’est pas beau et une opération est nécessaire, donc pas le choix pour Embiid : quand les autres joueront la fin de régulière, il faudra passer sur le billard, mais c’est pour revenir plus fort… et surtout masqué. C’est l’heure du test pour les Sixers, l’heure de voir si tous les efforts placés dans le tanking pendant de si nombreuses années vont porter leurs fruits. Le pivot n’en était qu’à sa première campagne de Playoffs, mais avait déjà montré tous les signes d’un futur grand.
L’image est marquante, car lors du retour de Jojo au match 3 contre le Heat, le bonhomme est équipé d’un masque facial pour protéger son visage et surtout éviter de prendre un caramel dans la tronche, ce qui est mine de rien un peu le quotidien des joueurs dans les raquettes NBA. Masked up and doing work! Vous avez crû que ça l’empêcherait de poser une mixtape sur tout le sud de la Floride le temps de trois matchs ?
Série figée à 1-1 lors de son retour, derrière plus une seule défaite et Embiid offre déjà un aperçu de tout ce qui fait de lui un attaquant difficilement contenable en 2022 : 3-points, shoot mi-distance, jeu de bourrin très efficace en dessous du panier. Les adversaires se font éteindre, à commencer par un jeune Adebayo qui prend une douche quasiment à chaque fois que Jojo débarque dans son périmètre, même son de cloche pour Whiteside lorsque c’est lui qui doit s’y coller.
Contre Boston en demi-finale de conférence, l’affaire se corse car l’équipe des Celtics est autrement plus solide que celle de Miami à l’époque. Pas un souci pour le Camerounais… qui envoie son record de points en Playoffs au premier match avec 31 points, et à l’extérieur s’il vous plaît. C’est qu’il commencerait à regarder un justicier masqué pour toute la Pennsylvanie le type. Un masque et un pivot ayant faim de Playoffs qui se cache derrière, cela avait donné une belle - mais trop courte - campagne 2018 en postseason pour Embiid.
L'Incident Winslow et la Détermination d'Embiid
À peine revenir à la compétition, avec un masque de protection pour éviter d'aggraver sa blessure au plateau orbital, Joel Embiid a eu la désagréable surprise de voir le Miami Heat tenter de le faire sortir du match par des moyens autres que sportifs.L'ailier du Heat, Justise Winslow a été pris en flagrant délit en train de casser les lunettes du masque d'Embiid. Après avoir marché dessus, Winslow a terminé son oeuvre à la main, forçant Joel Embiid à se trouver un masque de rechange. Heureusement pour le pivot et les Sixers, ils avaient prévu le coup.
«Justise a marché dessus et a essayer de les casser avec ses mains, mais ils ne savaient pas que j'ai presque 50 rechanges, a révélé Embiid après la rencontre. Et d'ajouter, menaçant : «Il leur faudra plus que ça pour me sortir de la série.

Richard Hamilton avec son masque emblématique.
Rip Hamilton : Le Masque Comme Signature
Stuart Scott Explains Why Rip Hamilton Wears the Mask
Si LeBron James ou Kyrie Irving ont porté le masque avec style ces dernières années, personne n’arrive à la cheville de Rip Hamilton dans ce domaine. A chaque nez cassé, on est obligé d’avoir une pensée pour la légende de Detroit. Drafté en septième position par les Wizards en 1999, c’est bien dans le Michigan que Richard va écrire sa légende.
Il débarque chez les Pistons lors de sa quatrième saison, dans un échange comprenant notamment Jerry Stackhouse. A la frontière canadienne, il retrouve enfin un effectif taillé pour les Playoffs avec lequel il ne va pas tarder à marcher sur la Ligue. Mais avant cela, cet arrière à la fois longiligne et dur au mal, capable d’écraser des gros tomars ou de finir tout en finesse près du cercle a dû prendre une décision qui changera son image à jamais.
Victime de deux fractures du nez en 2002 et 2003, il refuse d’entendra parler d’un masque à porter jusqu’à la fin de sa carrière. Mais au troisième accident du genre, il est obligé de se rendre à l’évidence. Avec son jeu sans concession, le prochain contact un peu rugueux pourrait lui valoir un vrai séjour à l’hôpital ainsi qu’une opération chirurgicale. Fataliste, Rip Hamilton accepte de porter un masque le 10 mars 2004, un peu à reculons.
Meilleur scoreur de son équipe cette année-là avec 17,6 pions de moyenne, il devient aussi champion NBA pour la première fois de sa carrière. « J’aime ça, il fait partie de mon identité. Même ceux qui ne regardent pas le basket, une vieille dame par exemple, ils savent tous qui porte le masque.
Pour certains c’est une manchette, pour d’autre un tatouage ou des bracelets, mais ces signes distinctifs sont nécessaires pour permettre de sortir de la masse de joueurs et de se forger une identité propre. En faisant le choix du masque avec un bandeau pour la touche de style, Richard devient reconnaissable au premier coup d’œil. Son orthésiste, Jeremy Murray, lui doit d’ailleurs un bon nombre de ses clients du quotidien actuels.
Grâce à un modèle aussi exposé que Rip Hamilton, trois fois All-Star, le successeur de Jerry McHale auteur du masque de Bill Laimbeer au début des années 90 notamment reçoit plusieurs commandes chaque semaine et réalise entre 75 et 100 moulages par an. « Rip porte systématiquement son masque et c’est un All-Star. C’est un bel ambassadeur pour le basket. Il est sympa et anime des camps pour les jeunes durant la période estivale.
Plus qu’une idole, Rip Hamilton est devenu un véritable symbole de combativité mais aussi de tolérance. Moqués par leurs camarades, des enfants ont ainsi retrouvé confiance grâce au sniper des Pistons qui a réussi à rendre cool quelque chose qui ne l’était pas. Retraité depuis cinq ans, Hamilton ne changerait pour rien au monde son look et son parcours en NBA. De toute façon il aurait tort, car si le Hall of Fame semble un poil trop élevé pour lui, il fait déjà partie de la légende des Pistons où son numéro 32 a été retiré en février dernier.
Il n’y aura toujours qu’un Mask, et il souffle ses quarante bougies aujourd’hui.
Onyeka Okongwu et son Masque Inspiré de Bane
Onyeka Okongwu a fait son retour sur les parquets samedi avec les Hawks, à la suite d'une opération dentaire. Pour son retour, l'intérieur des Atlanta Hawks Onyeka Okongwu a porté un masque de protection digne de Bane, vilain de l'univers Batman, contre les Charlotte Hornets, samedi. Victime d'une fracture dentaire le 28 janvier contre les Boston Celtics, l'intérieur des Atlanta Hawks a affronté samedi les Charlotte Hornets (119-126), quelques jours après avoir été opéré.
À cette occasion, Okongwu (2,03 m) portait un masque de protection original, semblable à celui de Bane, vilain de l'univers Batman. En plus de sa grille verticale devant sa bouche, le masque noir englobe complètement les joues et le nez de l'Américano-Nigérian. Cette saison, Onyeka Okongwu compte en moyenne 16,3 points, 7,9 rebonds et 3,3 passes par rencontre, réalisant les meilleures statistiques de sa carrière.
Les Difficultés de Devin Booker avec son Masque
Touché dans le Game 2, tel un boxeur après un combat, Devin Booker était bien sur le parquet de Los Angeles pour ce Game 3. “C’était le pire moment”, explique-t-il en conférence de presse. “Habituellement, on fait cette procédure sous anesthésie générale, mais là, comme on avait un vol à prendre quelques heures après, ils m’ont simplement fait une anesthésie locale.
“C’était mon joueur préféré”, assure Devin Booker. “J’avais eu des petites conversations avec lui dans le passé, et j’ai pensé que c’était le moment idéal pour lui parler et lui demander des conseils. Il m’a dit qu’il se sentait à l’aise pour pénétrer avec, comme s’il avait une protection de plus. Néanmoins, avec un vilain 5/21 au shoot dans cette troisième manche, difficile d’ignorer que le All-Star a été en difficulté à cause du masque, même s’il s’en défend.
Sauf qu’une autre difficulté s’est greffée à ce masque : Patrick Beverley. Le chien de garde des Clippers est monté en intensité sur lui, après la démonstration du Game 1 (40 points). Et face à Beverley depuis deux matches, Booker est à 3/15 au tir… “Il est ultra agressif”, constate le joueur. “Il conteste, limite mes possessions.
“Il y a eu des moments où, collectivement, la balle ne circulait pas”, analyse le coach. “Pour Booker, des soirées sans arrivent rarement. Patrick est un excellent défenseur, mais il y a aussi des moments où c’est lui qui a manqué des tirs. Je vais regarder les images. Beverley est très physique, c’est sûr, il peut éteindre un joueur.
Tableau Récapitulatif des Joueurs NBA et leurs Masques
| Joueur | Équipe | Raison du Masque | Période | Particularités |
|---|---|---|---|---|
| Joel Embiid | Philadelphia Sixers | Fracture de l'orbite | 2018 | Retour rapide en Playoffs |
| Richard Hamilton | Detroit Pistons | Fractures répétées du nez | 2004-2009 | Masque comme signature, champion NBA |
| Onyeka Okongwu | Atlanta Hawks | Fracture dentaire | 2024 | Masque inspiré de Bane (Batman) |
| Devin Booker | Phoenix Suns | Blessure au visage | 2021 | Difficultés d'adaptation |